Baie de Terre-Neuve: des fuites de pétrole effriteraient les réserves de poissons

Depuis 2013, du pétrole suinte, parfois à grosses gouttes, parfois en laissant apparaître de grandes nappes.  C’est l’encrassement d’une région pittoresque dans l’ouest de Terre-Neuve, autrefois connue pour sa pêche au pétoncle.   Le ministère de l'Environnement a l’intention de chercher l’expertise nécessaire pour déterminer quelles sont les options disponibles pour le gouvernement de Terre-Neuve et du Labrador afin de gérer la situation.  Comme au Québec le ministère de l'environronnement dort au gaz, dans leur cas depuis 3 ans.                                                                                                                 - JosPublic

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Des résidents inquiets vivant près de Shoal Point dans la baie de Port au Port tentent de promouvoir une solution permanente à ces déversements en continu.  Communiqué de presse, photos et vidéos de la bouillonnante fuite d’un puits d’exploration de pétrole abandonné.  L'attention du gouvernement est difficile à maintenir.

« S’il y avait une fuite dans le port de la capitale St. John, la garde côtière aurait probablement réglé le problème en quelques heures», a déclaré Bob Diamond du Comité des pêches de Port au Port«Nous ne savons pas vraiment l’impact des fuites de pétrole.  Mais nous savons que pétrole, eau, poissons et tourisme, ne se mélange pas bien »

Ce qui est certain c’est que la pêche du pétoncle qui était le moteur économique crucial de la zone, s’est effondrée au cours des trois dernières années.

« Nos hypothèses sont que l’effondrement des "stocks" serait dû à trois éléments, la fuite en continu de pétrole qui pollue le milieu de vie des poissons dans la baie, les changements climatiques (changement de température de l'eau) et l’acidification des eaux. »

Diamond affirme que « c’est une fuite fabriquée par l’homme » et cette fuite provient de 12 sites d’exploration de pétrole abandonnés dans la région dans les années 1960 et certains d’aussi loin que les années 1800.   La surveillance et l’assainissement doivent s’intensifier, a-t-il ajouté.

 

Perry Trimper

 

Perry Trimper, le ministre de l’Environnement de la province dit que présentement il sollicite des conseils d’experts pour traiter la question.  Il a confirmé dans une déclaration du ministère qu’ils ont documenté des suintements avec odeur d’huile à Shoal Point.

Malgré les efforts déployés  à l’automne 2015 pour boucher des tuyaux, dans une région connue pour la pêche et le tourisme, Trimper avoue qu’en mai 2016 la fuite était toujours là mais une goutte à la fois.

Un fonctionnaire a de nouveau visité le site le 8 juillet 2016 et dit ne pas avoir vu d’huile sur l’eau mais il a remarqué une odeur d’huile.

Pas de calendrier des travaux

Un porte-parole de Trimper a également confirmé que la province a dépensé 263 000$ en 2015 pour tenter de contrôler temporairement les fuites d’hydrocarbures.

En août 2015, le consultant en environnement Amec Foster Wheeler avait évalué qu’avant les travaux  d’assainissement de l’automne 2015, un des puits fuyait d'un litre à l’heure.

Automne 2015, tentative de colmater un puits

Sortant de l'eau, une tête d'un puits de pétrole abandonné qui pollue la baie en continu

De son côté Chrysta Collins du ministère de l'Environnement affirme que « fondé sur les deux dernières inspections du ministère, le taux de fuite est beaucoup moindre et nous continuons a examiner les options disponibles pour prendre les actions nécessaires. »

Diamond raconte que le Comité des pêches a photographié d’importantes traces qui s’échappent de l’un des tuyaux réparé en mai 2016, alors qu’un second tuyau qui avait été bouché en novembre 2015 semblait être disparu.

Selon une mise à jour publiée par le Comité des pêches, « apparemment le second tube a été coupé en raison du mouvement des glaces et/ou des marées et des conditions météorologiques au cours des mois d’hiver »

«Nous savons qu’il y a des fuites naturelles provenant de gisements pétroliers dans la région, mais celui-ci est une fuite provoquée par l’homme et n’a rien de naturel ».   Le comité des pêches demande plus de recherches pour comprendre la décimation des quantités de crevettes et les risques que le pétrole fait courir à l’écosystème marin.  Le comité veut plus de contrôle réglementaire et de consultation publique avant que de futures explorations pétrolières ou gazières soient approuvées.

Le Comité exige que le gouvernement provincial énonce clairement quels sont les organismes chargés du nettoyage des fuites de pétrole et des sites abandonnés.

Une solution à long terme est en souffrance depuis trop longtemps dit Diamond « nous voulons qu’un inventaire soit fait des sites abandonnés, leur emplacement, leur état et les mesures correctives utilisables dès que nous identifions une fuite. »