Nigeria: le président accorde la préférence locale pour les affaires du pétrole

Par l'Agence France Presse
Publié le 22 avril 2010



 

Le président intérimaire du Nigéria
M. Goodluck Jonathan

 

Le président par intérim du Nigeria Goodluck Jonathan a signé une loi qui accorde la préférence aux compagnies locales dans le secteur des services pour les compagnies pétrolières, dominé jusqu'à présent par les grandes multinationales.

La nouvelle loi stipule qu'une "considération exclusive" doit être accordée aux firmes nigérianes pour fournir des services aux majors de l'or noir.

Elle "répondra au besoin nécessaire pour nous en tant que nation d'avoir une participation locale dans l'industrie du pétrole", a déclaré M. Jonathan.

"Dans ce cadre, il y aura une considération exclusive pour des compagnies de services nigérianes locales qui pourront prouver qu'elles possèdent l'équipement nécessaire, le personnel nigérian et la capacité de mise en oeuvre des tâches de l'industrie du pétrole et du gaz nigérians", a déclaré M. Jonathan en paraphant la loi.

En promulguant à Abuja la loi sur la participation locale dans le développement de l’industrie du pétrole et du gaz, M. Jonathan a indiqué que cette loi va « satisfaire le besoin urgent de notre jeune nation à garantir une participation de nos sociétés locales dans le secteur du pétrole ».

Il s’agit de toutes les autorités de régulation, des opérateurs, des entreprises et des sous-traitants, des partenaires et des autres entités impliquées dans tout projet, opération, activité ou transaction dans le secteur du pétrole et du gaz au Nigeria.

« Tous ces acteurs désignés vont prendre en compte la participation locale comme un élément important dans leur projet global de développement et leur philosophie de gestion dans l’exécution de leur projet », a-t-il annoncé.

« Nous sommes sûrement dans la voie d’une plus grande sécurité grâce à une propriété et une participation locales et un développement technologique », a ajouté le président Jonathan qui a salué l’Assemblée nationale et les citoyens niégérians acquis à cette loi.

Les rebelles armés du sud pétrolier du Delta du Niger réclament depuis des années un meilleur partage des richesses du pétrole en faveur des communautés locales.

Bien que le Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique avec 150 millions d'habitants, soit le 8e producteur mondial de pétrole, les richesses issues de cette exploitation s'évanouissent dans la corruption plutôt que de servir à améliorer le sort des populations majoritairement pauvres dans le pays.

Le Nigeria va également adopter un autre projet de loi sur l'industrie pétrolière, qui sera une réforme du secteur des hydrocarbures dont le fonctionnement n'a pas été modifié depuis les quelque 50 ans d'indépendance de la fédération nigériane.

Le pétrole est la principale source de devises du pays.

Après la promulgation de la loi, son initiateur, le sénateur Lee Maeba, a déclaré aux journalistes qu’elle s’imposait parce qu’aucune loi n’existait pour guider les activités des sociétés pétrolières et de gaz dans le pays.

« Il y a eu une ruée massive de toutes sortes de sociétés du monde entier vers le Nigeria pour exécuter des travaux que des sociétés locales peuvent valablement faire, et c’est ce qui explique la pauvreté au Nigeria malgré notre place de sixième producteur de brut mondial », a affirmé M. Maeba.

Il a expliqué que la loi rend obligatoire pour les sociétés multinationales de domicilier un minimum de 10 pour cent de leurs bénéfices annuels dans les banques nigérianes, devant leur accorder davantage de liquidités pour financer le développement du pays.