Le Nigeria fait des "ajustements" à sa loi de réforme du secteur pétrolier

Agence France Presse
AFP
Publié le 5 novembre 2009

 

ABUJA - Les autorités nigérianes et les multinationales pétrolières opérant dans le pays mènent des discussions en vue de modifier la loi de réforme du secteur des hydrocarbures actuellement devant le parlement, a indiqué jeudi une source officielle.

"Nous faisons quelques ajustements pour répondre à certaines inquiétudes", a déclaré à l'AFP le conseiller pétrole du président nigérian Umaru Yar'Adua, Emmanuel Egbogah.

Les compagnies pétrolières, qui affirment soutenir de manière générale la réforme, ont exprimé des inquiétudes face à la nouvelle loi, la Petroleum Industry Bill (PIB), en débat au parlement depuis des mois.

Shell, Total, ExxonMobil ou encore Chevron redoutent un alourdissement de la pression fiscale et ont mis en garde dans des documents de travail contre des effets pervers du projet, notamment une baisse radicale des investissements et de la production de pétrole et de gaz.

M. Egbogah a nié que les "ajustements" à l'examen visaient à revoir à la baisse le projet de loi et ménager ainsi les majors.

"Nous essayons seulement de parvenir à une entente commune, d'harmoniser nos positions. Il y a bien sûr certaines choses qu'elles (les multinationales) n'aiment guère. Mais nous essayons de sauvergarder les intérêts de notre pays", a-t-il expliqué.

"Nous essayons de trouver des accords sur tous les points. Nous ne sommes pas en train de réviser à la baisse la loi. Dans certains cas, elles (les majors) se sont plaintes que les taxes, les royalties étaient trop élevées, mais elles ne sont pas trop élevées", a poursuivi M. Egbogah.

Une fois les ajustements faits, ils seront soumis au chef de l'État qui pourra à son tour les transmettre au parlement pour qu'ils soient insérés dans la texte de loi.

La PIB vise notamment à rendre plus efficace et financièrement autonome la compagnie pétrolière nationale (Nigerian National Petroleum Company, NNPC), gangrénée par la corruption.