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L'autre pollution qui embarrasse la pétrolière BP

Triste performance pour BP. On se souviendra de mars 2005 et d'une explosion à la raffinerie du groupe pétrolier britannique à Texas City USA. L’explosion avait fait 15 morts et 180 blessés. Aujourd'hui un autre événement incite plus de 2 000 personnes à se lancer dans un recours collectif pour obtenir réparation. La réclamation se situe à hauteur de 10 milliards de dollars pour des pollutions engendrées encore par une raffinerie de BP au Texas.

 

Regard monde

 
 
 

Par TF1 News
le 04 août 2010

 

L'accusation contre le groupe pétrolier britannique, déjà empêtré dans la marée noire du golfe du Mexique, est terrible : "Pour éviter de perdre un bénéfice en fermant une unité opérationnelle, BP a éjecté des milliers de livres d'un des carcinogènes les plus mortels et dangereux dans l'atmosphère, y exposant à leur insu les travailleurs du site et les habitants alentour". Cette phrase figure dans le texte de la plainte qui réunit plus de 2 000 personnes dans une action de groupe lancée aux États-Unis contre BP.

À l'origine de cette plainte : une avarie dans la raffinerie de BP à Texas City. Cette avarie est survenue dans une unité spécialisée dans l'hydrocraquage, opération pétrochimique qui permet de transformer des produits pétroliers lourds en produits légers, tels que les carburants. Le groupe pétrolier a fait état, dans une déclaration à la commission de la qualité de l'environnement du Texas, de la libération d'environ 500 000 livres (soit 227 tonnes) de produits chimiques dans l'air entre le 6 avril et le 16 mai 2010. Il a également rapporté une fuite de 17 000 livres (soit 7,7 tonnes) de benzène lors de cet incident.

"Ça suffit"

Un porte-parole de la compagnie pétrolière a assuré que les dispositifs de surveillance du site n'avaient pas témoigné de niveaux élevés de pollution durant l'incident. "Sur ce que nous savons des faits et des circonstances, BP ne croit pas qu'il y ait aucun fondement au paiement de dommages en lien avec cet événement", a dit le porte-parole Michael Marr.

 

L'explosion de 2005

Le ministère de la Justice de l'Etat du Texas a lancé une procédure pour déterminer si ces pollutions relevaient d'une juridiction pénale ou s'il s'agissait d'une simple question de réglementation.

Mais l'avocat Tony Buzbee, qui a déposé la plainte, veut clairement faire payer BP pour ses opérations à la raffinerie de Texas City, la troisième plus importante du pays. "Les autorités sont incapables de forcer BP à observer nos lois sur les émissions et les pénalités réglementaires sont insuffisantes. Ça suffit", a-t-il déclaré. La plainte souligne que des taux de benzène "40 fois supérieurs" aux niveaux tolérés dans l'Etat ont été relâchés dans l'air durant la période citée. Plusieurs des plaignants unis dans cette "class action" travaillent dans la raffinerie qui traite 465 000 barils de brut par jour.

Le contexte est éminemment défavorable pour BP, dont l'image s'est singulièrement dégradée aux États-Unis avec l'épisode de la marée noire. Et la raffinerie de Texas City est déjà tristement célèbre. En 2005, 15 ouvriers y avaient péri et 180 autres avaient été blessés dans une explosion. Et l'année dernière, l'Agence de la sécurité et de la santé au travail avait infligé des amendes pour un montant record de 87,4 millions de dollars à BP pour plusieurs violations des règles de sécurité dans cette raffinerie.

Explosion dans une raffinerie en mars 2005
BP connaissait la dangerosité de ses installations de Texas City

Agence Reuters
31 octobre 2006

Le groupe pétrolier britannique BP était au courant de la dangerosité des installations de sa raffinerie de Texas City (Texas, sud) où une explosion a fait 15 morts et 180 blessés en mars 2005 mais a peu agi pour les corriger, selon un rapport publié par le Comité américain pour la sécurité des industries chimiques américain (CSB) indique que ce rapport préliminaire montre que «la direction générale de BP était au courant des problèmes d'entretien, d'investissements et d'infrastructure bien avant mars 2005».

«BP y a répondu avec plusieurs mesures pour améliorer la sécurité. Cependant, la plupart de ces initiatives visaient à améliorer les procédures et à réduire les risques de blessures, alors que des risques catastrophiques pour la sécurité subsistaient», ajoute le rapport, citant la directrice du CSB Carolyn Merritt.

Il souligne que «des équipements dangereux et vétustes ont été laissés en service et des déficiences inacceptables dans l'entretien préventif étaient tolérées».

Le CSB a indiqué que son rapport définitif serait publié d'ici à mars 2007 mais qu'il avait voulu publier rapidement les conclusions provisoires.

Mme Merritt a rappelé que le CSB était déjà précédemment arrivé à la conclusion que la pièce directement responsable de l'explosion était d'un modèle dépassé et déjà remplacé dans la plupart des autres raffineries et usines chimiques aux États-Unis.

D'autres pièces essentielles étaient également soit hors d'état soit peu fiables et étaient reconnues comme telles par les personnes chargées de la surveillance du complexe.

BP avait annoncé en septembre dernier un passage en revue de l'ensemble de ses activités dans le monde. Le groupe britannique avait fait cette annonce au début d'un procès au Texas l'opposant à 550 plaignants, victimes ou parents des victimes de l'explosion. Le groupe a par ailleurs déjà réglé 650 plaintes à l'amiable.

BP avait également été condamné à payer une amende de 21,3 millions de dollars aux autorités d'hygiène et de sécurité américaines (OSHA) pour l'explosion après avoir décidé de verser des indemnisations se chiffrant à 700 millions de dollars aux victimes et à leurs familles.

En mai, BP avait indiqué que l'unité de la raffinerie dévastée par l'explosion avait été mise en route avec un niveau d'hydrocarbures bien trop élevé, ce qui avait causé la déflagration, ressentie jusqu'à 8 kilomètres à la ronde.

Le bilan avait, selon une enquête interne, été alourdi par la présence d'employés dans des bureaux temporaires installés à proximité de l'usine accidentée et par l'incapacité des responsables à évacuer le personnel lorsqu'il était devenu apparent que la pression augmentait dans l'unité et que de la vapeur s'échappait dans l'atmosphère.

«Depuis l'accident, BP a montré un souhait marqué d'améliorer les conditions de sécurité sur ses sites mondiaux, a rendu publiques les conclusions de sa propre enquête sur l'accident, a collaboré avec les enquêteurs fédéraux et a procédé à des changements internes pour mieux identifier et traiter les risques», a reconnu le CSB.

Un autre rapport d'experts indépendants sur les conditions de sécurité dans cinq raffineries de BP aux États-Unis doit être publié à la fin novembre, a indiqué le CSB.

L'autre pollution qui embarrasse la pétrolière BP

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