Coût de la production d'électricité par le nucléaire ou le solaire, croisement des trajectoires
Le solaire moins chère que le nucléaire : Déjà une réalité en 2010 en Caroline du Nord !

John O. BLACKBURN,
professeur émérite d'économie et Sam CUNNINGHAM
chercheur en master de management environnemental de l'Université de Duke en Caroline du Nord
Transmission: André Joffre,
ingénieur français spécialisé en électricité solaire et  H Sinclair via Natura Vox
Publié ici le 29 octobre 2010

 

Un autre rapport fait parler de lui dans le monde de l'énergie solaire. Ce rapport intitulé « Les coûts du solaire et du nucléaire : Le croisement historique des courbes » ( 01 ) dérange les tenants de l'atome et enchante les pros du solaire.

Ce travail a été rédigé pour la NC WARM (Warm Awareness and Reduction Network) par deux Américains de la Duke University de Caroline du Nord : John O.Blackburn, émérite professeur d'économie et Sam Cunningham, un jeune chercheur en master de management environnemental. Leurs travaux qui ont mis en balance les énergies solaire et nucléaire montrent que les coûts des systèmes solaires sont aujourd'hui tombés à un tel niveau qu'ils supplantent n'importe quel nouveau projet de centrale nucléaire.

Ce rapport, qui s'appuie sur la situation existante en Caroline du Nord, invoque ainsi précisément la frontière à laquelle s'opère la transition entre solaire et nucléaire. Elle est évaluée à 16 cents de dollar le kWh.

De plus les auteurs confirment que le potentiel de baisse du coût de l'énergie solaire photovoltaïque demeure important avec les nouvelles technologies et l'industrialisation des systèmes de fabrication, là où le coût du nucléaire, soumis à de nombreux retards des programmes voire même d'annulation pure et simple, est condamné à grimper inexorablement. 

L’étude analyse les coûts du solaire et du nucléaire sur une longue période. Elle constate que le coût des systèmes photovoltaïques a régulièrement baissé depuis 10 ans et devrait continuer de baisser d’ici 10 ans, tandis que le coût de construction des projets nucléaires subit une inflation sur plusieurs décennies et continue de grimper.

Dorénavant, en Caroline du Nord, le coût de l’électricité solaire pour de nouvelles installations est moins cher que celui de l’électricité issue des projets nucléaires proposés. Ce croisement des courbes de compétitivité, n’est pas sans conséquences pour les décisions à venir. Car la loi de l’Etat de Caroline du Nord prévoie les investissements au moindre coût, pour renforcer les capacités de production. Si les investissements les plus rentables concernent l’efficacité énergétique, l’éolien, le chauffe-eau solaire et la co-génération, le photovoltaïque rejoint le club des vertueux économiques. Des technologies qui sont toutes plus compétitives que l’électricité nucléaire.

Ce qui est intéressant dans cette étude, c’est l’approche libérale et économique défendue pour arbitrer les décisions d’investissement et tenter d’infléchir les plans de la compagnie électrique de l’État. Dans un modèle libéral, sans subvention publique, le nucléaire n’est pas compétitif.

L’étude reconnaît que l’électricité solaire bénéficie de réductions fiscales qui améliorent sa compétitivité. Toutefois, la courbe d’apprentissage industrielle parcourue depuis vingt ans démontre une trajectoire de « pure compétitivité » de l’électricité solaire d’ici dix ans, sans plus aucune aide publique.

La production nucléaire bénéficie également d’aides publiques et n'accepte toujours pas de mettre un coût à ses déchets qui seront à entretenir pour 1 000 ans. Présentement partout à travers le monde son lobby fait de plus en plus pression pour obtenir d’avantage de subventions. Cela semble inapproprié, pour une filière du nucléaire civile établie depuis quarante ans, qui n’a pas prouvé sa maturité pour atteindre la compétitivité. Le secteur nucléaire ne peut pas condamner le contribuable/consommateur à verser d’éternelles subventions, surtout qu’il n’existe aucune étude qui démontre que le coût de l’électricité nucléaire pourrait inverser sa tendance haussière.

L’étude fait aussi de la pédagogie pour expliquer que l’énergie est précieuse et qu’elle coûtera de plus cher qu’aujourd’hui. L’inflation énergétique est devant nous et la meilleure parade est d’investir dans l’efficacité et les énergies renouvelables.

Références:

01

Texte de présentation traduit mais il n'y a pas encore de version francophone de l'étude: « Les coûts du solaire et du nucléaire : Le croisement historique des courbes ». Par John O. Blackburn, émérite professeur d'économie et Sam Cunningham, jeune chercheur en master de management environnemental. Les deux sont de la Duke University de Caroline du Nord. États-Unis-d'Amérique.

PDF 18 pages

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