Retour à : Plan du site - Entrée MétéoPolitique - Environnement - Fiche Nucléaire - Analyses et Opinions

Centre du Québec - Bécancour - Centrales nucléaires Gentilly 1 et 2
Les mauvais coûts du nucléaire québécois

 

Jean-Thomas Bernard
du Département de science économique de l'Université d'Ottawa

 

Pierre Clouâtre
p.d.g. de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour de 1985 à 1998

 

 

Michel-A. Duguay
physicien nucléaire

 

Yves Duhaime
Ministre de l'Énergie et des Ressources du 30 avril 1981 au 27 novembre 1984

Tous l'admettent, la centrale nucléaire de Gentilly est en fin de vie utile. La question est posée quant à la pertinence ou non de la rénover. Ceux qui bénéficient des dépenses qu'elle engendre à l'État voudraient garder l'activité économique qu'elle génère, tout en oubliant les risques pour sécurité de la population. Une rénovation augmentera la durée de vie de la centrale pour un hypothétique 30 ans sans pouvoir éviter l'inévitable. Il faudra la fermer, lui mettre un sarcophage, faire un x sur l'utilisation des terrains près du fleuve qui sont contaminés, trouver quoi faire avec les déchets radioactifs qui y sont entreposés et payer au moins pendant mille ans pour empêcher que le coeur de la centrale se dégrade et augmente le danger pour la population. N'est-ce pas là, la description d'un gouffre financier. Alors, qu'est-ce qu'on en dit ?


JosPublic

 

 
 

Jean-Thomas Bernard
du Département de science économique de l'Université d'Ottawa
et de la faculté des sciences sociales de Laval

 
 

«Hydro-Québec ( 01 ) va commettre une grave erreur si elle va de l'avant avec Gentilly-2 », prévient le professeur Jean-Thomas Bernard

Spécialiste des questions énergétiques depuis plus d'une quarantaine d'années, notamment à l'Université Laval, le professeur Bernard ne croit tout simplement plus en l'avenir de la filière nucléaire au Canada. Trop lourde, trop chère et surtout incontrôlable au chapitre des dépassements de coût, assure-t-il.

Pour l'heure, Hydro-Québec évalue que les coûts de réfection de la centrale nucléaire de 675 mégawatts (MW) située à Bécancour dépasseront assurément les 3 milliards $. La direction de la société d'État est toutefois incapable de chiffrer le coût exact de la facture finale.

«

Hydro-Québec n'a plus d'affaire dans le nucléaire. L'aventure ne sera pas rentable
                                                 
  - Jean-Thomas Bernard

»

La fin de la vie utile du réacteur de Gentilly-2 est prévue l'été 2013. Le réacteur doit être mis en arrêt d'ici le 31 décembre 2012. Or, sans dévoiler publiquement son jeu, Hydro-Québec a pourtant déjà engagé plus de 850 millions $ pour rénover son seul réacteur nucléaire.

M. Bernard, qui penchait jusqu'à tout récemment pour la réfection de Gentilly-2, dit avoir refait ses devoirs après la tragédie de la centrale de Fukushima, au Japon. «Hydro-Québec n'a plus d'affaire dans le nucléaire. L'aventure ne sera pas rentable», dit-il en rappelant que les nouvelles normes de sécurité ont fait exploser les coûts de réfection des centrales nucléaires un peu partout sur la planète.

Chemin faisant, le coût de chaque kilowattheure d'électricité produit par Gentilly-2 (une fois rénovée) s'élèvera à plus de 12 ¢. «Un non-sens», soutient-il, alors que les Québécois paient en moyenne 7,5 ¢ chaque kilowattheure consommé et qu'Hydro-Québec exporte de l'électricité ces temps-ci à moins de 5 ¢ le kilowattheure aux États-Unis.


Encore une histoire de gaz!


La faiblesse des prix du gaz naturel (issu notamment des schistes aux États-Unis) aura finalement le dessus sur la filière nucléaire chez Hydro-Québec. Les économistes ne s'attendent pas à une remontée des prix du gaz d'ici 10 ans. Selon le professeur, la construction d'une nouvelle centrale au gaz naturel de 600 mégawatts (MW), soit presque l'équivalent de la production de Gentilly-2, coûterait à Hydro-Québec 600 millions $.

«Sur une période de 25 ans, ça veut dire que le coût moyen de production s'élèverait à 6 ¢ du kilowattheure pour une centrale au gaz
», a-t-il calculé.

Il faut savoir qu'Hydro-Québec, en raison d'importants surplus énergétiques, verse actuellement 150 millions$ par année à la société albertaine TransCanada Energy à titre de dédommagement pour qu'elle garde fermée sa centrale au gaz naturel de 507 MW à Bécancour.

Hydro-Québec n'a d'ailleurs jamais acheté un électron produit par cette centrale au gaz depuis 2008.  Elle avoue avoir ainsi versé en moyenne 150 millions $ par année à la société albertaine pour suspendre son contrat ferme d'approvisionnement de 20 ans en vigueur depuis 2006.

Depuis 2008, la société d'État aura donc versé plus de 750 millions $ en dédommagement à TransCanada

Usine de cogénération de TransCanada Energy ( 02 )

 
 

Pierre Clouâtre
P.D.G. de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour de 1985 à 1998

 
 

«La rénovation dépasserait les 2 milliards $. J'ai même entendu des gens dire 4 milliards $. Ça veut dire que, finalement, la centrale nucléaire va produire de l'électricité qui va coûter entre 0,15 $ et 0,20 $ du kilowattheure. On vend aux Américains entre 0,05 $ et 0,06 $ du kilowattheure et aux entreprises du Québec à peu près le même tarif.»

«Ça veut dire que cette centrale ne sera pas rentable»
, analyse-t-il.

L'ancien p.d.g. de la SPIPB raconte qu'autour de 1995 ou 1996, il avait participé à plusieurs rencontres avec Hydro-Québec à ce sujet. «On se posait la question à savoir si on était pour la rénover ou simplement la fermer. Dans leur esprit, ça n'avait pas l'air d'être rentable à long terme», se souvient-il.

«En plus, au mieux, la centrale nucléaire produit - et je dis bien au mieux - à peu près 2 % de l'électricité produite au Québec. Et on est déjà en surplus», fait-il valoir. «À mon avis, ce serait illogique de penser qu'on va la rénover», dit-il. Il faut tenir compte du contexte électoral, estime Pierre Clouâtre, pour comprendre pourquoi Québec tarde tant à annoncer publiquement sa décision.

À ceci, renchérit-il, il faut penser que des pressions sont peut-être exercées par SNC Lavalin ( 03 ). «Eux ont un intérêt tout à fait immédiat dans cette centrale-là. Ils viennent d'acheter Énergie atomique du Canada. C'est assez évident qu'ils doivent faire énormément de pression», déduit-il.

«Il y a aussi les entrepreneurs qui veulent avoir des contrats et qui doivent faire énormément de pression», ajoute celui qui occupe actuellement le poste de président du parti municipal trifluvien Force 3R.
( 04 )

«

Est-ce que le Québec va se payer une centrale nucléaire qui n'est absolument pas nécessaire pour la production d'électricité? Ce serait une rénovation illogique et non rentable
                         
                                 - Pierre Clouâtre

»

Les fameux 800 emplois

Questionné à savoir ce qu'il pense des 800 emplois qui seront perdus pour la région si Gentilly-2 est déclassée, l'ancien p.d.g. de la SPIPB explique que cette donnée doit être nuancée.

«Les chiffres qu'on m'a donnés, c'est qu'entre 300 et 450 emplois seraient nécessaires pour fermer la centrale nucléaire et que ça va durer une quinzaine d'années. Et actuellement, il y a entre 100 et 150 personnes qui sont déjà près de la retraite», ajoute-t-il.

«Donc la moitié des gens ne seront pas touchés par la fermeture», résume-t-il.

En toute transparence, il affirme son allégeance au Parti québécois et rappelle que le PQ a promis la création d'un fonds de diversification de 200 millions $ pour amortir les effets de la fermeture de Gentilly-2 (vous trouverez la position de chacun des partis politiques de l'élection 2012 au bas de cette page).

Selon lui, «on est beaucoup mieux d'investir dans la venue de nouvelles entreprises, entre autres au parc industriel de Bécancour qui est un parc plus que régional; c'est un parc provincial», fait-il valoir.

Finalement il estime que le déclassement de Gentilly-2 permettrait aux ingénieurs nucléaires québécois de développer une nouvelle expertise. Il rappelle en effet que l'Allemagne, pour une, a décidé de fermer ses installations nucléaires à la suite des événements de Fukushima. «Il va y avoir des besoins dans le monde pour des expertises de fermeture de centrales nucléaires», rappelle-t-il.

«On pourrait aussi développer d'autres applications de l'énergie nucléaire», suggère-t-il.
 
 

Yves Duhaime
Ministre de l'Énergie et des Ressources du 30 avril 1981 au 27 novembre 1984

 
 

«Si j'étais ministre de l'Énergie et que le dossier m'était déposé sur mon bureau ce matin, je le fermerais à deux heures de l'après-midi. Pas question d'aller de l'avant avec quelque chose dont on n'a pas besoin. Merci. Bonsoir.»

Il y a de ces ironies dans le cours de l'histoire. En octobre 1983, lors de la mise en service de la centrale nucléaire Gentilly-2, Yves Duhaime était justement ministre de l'Énergie et des Ressources et n'était pas partisan de la filière nucléaire.

Mais les travaux de construction de Gentilly-2, qui avaient été amorcés sous le gouvernement libéral de Robert Bourassa malgré les problèmes techniques rencontrés par Gentilly-1, avaient été complétés alors que le Parti québécois était au pouvoir. Il a été un témoin privilégié de ce qu'il appelle encore l'explosion des coûts de ce projet. «Si on avait été capable de tout arrêter ça, on l'aurait fait», dit-il avec le recul.

«La preuve des besoins de cette électricité-là n'est pas faite. La mise à jour des coûts n'est pas faite. Est-ce que quelqu'un peut me dire pourquoi on s'est embarqué là-dedans? Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de rénover Gentilly-2», tranche-t-il.

La position de l'ex-ministre, aujourd'hui retiré dans ses terres du secteur Saint-Jean-des-Piles, à Shawinigan, est le fruit d'une longue réflexion. «Il faut en parler. Il y a une offensive actuellement de la part de gens qui ont beaucoup à gagner dans la réfection de la centrale et c'est important d'y faire contrepoids. Parce que dans ces prises de position, il n'y a personne qui a fait la démonstration à savoir si c'est rentable et si on a besoin de cette énergie-là», plaide Yves Duhaime.

Essentiellement, sa prise de position repose sur ce constat de non-nécessité. Hydro-Québec, rappelle-t-il, est en situation de surplus. «Pour la période de 2009 à 2013, Hydro-Québec avait prévu des investissements de 25 milliards $, qui ne comprennent pas les coûts de réfection de Gentilly-2. On prévoyait aussi qu'à la fin de 2010, le surplus de production allait être de 11 térawattheures (TWh).

À la fin de 2011, le surplus allait être de 20 térawattheures. Ça, c'est 20 millions de kilowattheures. Gentilly-2 a une puissance de 635 mégawatts et une capacité annuelle de production de plus ou moins 5 térawattheures. Cinq térawattheures, c'est le quart des surplus d'Hydro-Québec. Sur un horizon prévisible, on n'a pas besoin de cette énergie-là», insiste-t-il.

Du même souffle, il rappelle qu'on assiste depuis quelques années à la fermeture d'usines énergivores, notamment dans les secteurs des pâtes et papiers et de l'aluminium, qui entraînent inévitablement une baisse de la demande.

Et tout ça, c'est sans compter les projets de barrages en cours comme Eastmain-1-A-Sarcelle-Rupert ou La Romaine, qui pourraient donner au total 16,7 TWh de plus. «Les quatre centrales de La Romaine ne sont pas incluses dans les surplus», note Yves Duhaime.

Des coûts considérables

L'autre grande inquiétude d'Yves Duhaime est aussi faite de chiffres mais auxquels on accole un signe de dollar plutôt qu'une unité de puissance ou d'énergie.

«Les coûts de construction de Gentilly-2 ont passé du simple au double. Et ce qui me fascine le plus, c'est que quand on a construit cette centrale nucléaire, on savait qu'elle aurait une durée de vie utile. Mais je ne pense pas que les coûts de démantèlement et les coûts reliés à la disposition des déchets nucléaires aient été comptabilisés», remarque-t-il.

Pas plus, d'ailleurs, que les coûts associés à la construction de la centrale TAG, composée de quatre turbines à gaz alimentées au diesel, qui doit servir de relève pour la production d'énergie servant à faire fonctionner Gentilly-2 en cas de problème majeur.

Ci-dessus: une activité de démantèlement d'une centrale nucléaire. Le parc nucléaire mondial arrive en fin de vie, après son déploiement massif d’il y a quelques dizaines d’années ; ce phénomène, couplé avec les changements de stratégie énergétique des pays qui investissent de plus en plus dans le renouvelable, ouvre un marché considérable aux entreprises spécialisées

 
«

Si on opte pour la réfection, il faut inclure les coûts reliés au démantèlement dans trente ans et les coûts pour disposer des déchets radioactifs. Tout ça pour de l'énergie dont on n'a pas besoin»
                                                                                           
 - Yves Duhaime

»

Selon lui les coûts «réalistes» de la réfection de la centrale nucléaire oscilleraient davantage autour de 4 milliards de dollars. Les dépassements de coûts pour la réfection de la centrale de Point Lepreau, au Nouveau-Brunswick, sont considérables: on est rendu à plus du double du montant de 1,4 milliard $ qui avait été estimé pour rénover la centrale jumelle de Gentilly-2.

«Tant que le gouvernement n'aura pas tous les chiffres concernant les coûts de réfection de la centrale, tant que ceux-ci ne seront pas mis à jour correctement et rendus publics, il ne devrait pas y avoir de décision de prise. C'est quelque chose qui nous engage, comme société, pour les 30 ou 40 prochaines années», ajoute Yves Duhaime.

Si le gouvernement choisissait d'aller de l'avant, alors Hydro-Québec pourrait voir sa dette augmenter d'au moins 3 milliards $, ce qui pourrait avoir un impact à court ou moyen terme sur les tarifs d'électricité. «Pourquoi augmenterait-on les tarifs pour une infrastructure dont on n'a pas besoin?», questionne-t-il.
Sécurité et environnement

La sécurité et les risques sur la santé et sur l'environnement ne doivent pas être pris à la légère dans l'analyse entourant la réfection ou le déclassement de la centrale nucléaire de Gentilly-2.

Selon Yves Duhaime, les lobbys prônant le déclassement de la centrale sont peut-être moins puissants que ceux qui poussent pour qu'on la rénove, mais il n'en demeure pas moins qu'on doit tenir compte du fait qu'on vit dans un monde en constante évolution.

Et que personne ne peut prédire ce que sera la sécurité internationale dans vingt, trente ou quarante ans.

«On parle d'un horizon qui nous mènerait vers 2035 ou 2040 si on rénove. C'est difficile de prévoir ce qui peut arriver d'ici là en matière de sécurité, de terrorisme. Le monde est en train de basculer», remarque-t-il.

Fouillant dans ses coupures de presse, Yves Duhaime passe en revue les voix qui se sont élevées contre la réfection de la centrale au cours des dix ou des quinze dernières années. Hubert Reeves et Steven Guilbeault sont parmi ceux-là. Il a conservé à peu près tout ce qui s'est écrit sur la centrale, ses retombées, ses risques, sa réfection.

Il ne cache pas lui-même une certaine inquiétude quant aux risques de cataclysme ou d'accident attribuable à une erreur humaine. «Ce sont des choses qui arrivent. On l'a vu à Tchernobyl, à Three Mile Island ou à Fukushima» ( 05 ), relève-t-il.

«Mais pour moi, l'argument de la sécurité vient en dernier lieu. J'en ai d'abord contre le principe de faire quelque chose dont on n'a pas besoin», conclut-il.

«

Les gens des chambres de commerce, les entreprises de construction et les firmes d'ingénieurs sont tous intéressés par un projet comme la réfection de la centrale nucléaire. Ce sont des lobbys puissants. J'ai vécu des situations semblables quand la pression est forte. Ça prend du courage pour dire non.
 Il faut de la poigne
                                                                                           
 - Yves Duhaime

»

Yves Duhaime insiste sur le fait que dans la décision que doit prendre le gouvernement concernant l'avenir de la centrale nucléaire de Gentilly-2, c'est l'intérêt du public qui doit primer et non les intérêts corporatifs de compagnies qui profiteraient des retombées passagères d'une réfection.

Les bénéficiaires du gouffre financier

Richard Perron, président de la Chambre de commerce et d'industries de Bécancour, Denis Gamache, président de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, Julie Boulet, ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Maurice Richard, maire de Bécancour, et Yves Lévesque, maire de Trois-Rivières

Ou qui contribuent au financement des partis politiques.

«Ça fait dix ans que le maire Richard et les chambres de commerce appuient la rénovation de la centrale.

Dans le cas des chambres de commerce, toutefois, on sent qu'il y a une modulation de cet appui. J'ai l'impression que ce que les gens veulent, c'est le maintien de l'activité économique que génère la centrale. Et ça, c'est parfaitement légitime.

Je suis même d'accord avec eux. Mais c'est là que le gouvernement doit entrer en jeu
», croit-il.

L'ex-ministre péquiste préfère en effet regarder du côté du versement potentiel d'une compensation, comme le promet aujourd'hui le parti qu'il a représenté tout au long de sa carrière politique. Un tel montant pourrait permettre d'attirer des compagnies dans des secteurs industriels de pointe.

À Bécancour, rappelle-t-il, il y a un port et des infrastructures adéquates. «Je lance l'idée comme ça, mais avec le développement des voitures électriques, est-ce qu'on ne pourrait pas penser qu'il pourrait y avoir une usine majeure reliée à cette production-là? Ou au moins à des composantes? On a ici une main-d'oeuvre spécialisée et un positionnement géographique avantageux, avec des voies de communication terrestres et maritimes importantes», fait valoir l'ex-ministre.

Il est essentiel, selon lui, de regarder ailleurs, notamment du côté des nouvelles énergies. «C'est pas mal plus intéressant, dit-il, que de s'engager à nouveau dans le nucléaire. Je pense que ce serait une erreur historique coûteuse de se lancer là-dedans. Surtout pour une centrale qui ne représente que 2 % de la capacité de production d'Hydro-Québec.»

 
 

Michel-A. Duguay
physicien nucléaire et professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières

 
 

De son côté, le professeur Duguay croit que le coût minimum de la réfection-reconstruction de Gentilly-2 sera de 4 milliards $.

Farouche opposant à la réfection de Gentilly-2, il s'appuie notamment sur un estimé fourni par la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) calculant que les coûts de la filière nucléaire se situent maintenant dans une fourchette de 4500-7500 $US par kilowatt.

En appliquant cette formule de prix au cas de Gentilly-2 (675 MW), les coûts de reconstruction pourraient alors s'élever entre 4 et 6 milliards $.

Le coût de chaque kilowattheure produit par la centrale passerait ainsi de 7,2 ¢ (estimé actuel d'Hydro-Québec) à plus de 15 ¢, précise-t-il.

«

Une facture de 4 milliards $? Difficile à justifier
                                            
- Michel-A. Duguay

»

L'énergie nucléaire serait d'ailleurs «très difficile à justifier», a fait valoir le grand patron du conglomérat General Electric (GE), Jeff Immelt, lors d'une entrevue accordée récemment au Financial Times de Londres.

Le pdg de GE, qui est pourtant l'un des principaux fabricants de réacteurs nucléaires dans le monde, note que l'essor du gaz naturel rend un investissement dans le nucléaire non rentable. «C'est juste difficile à justifier, le nucléaire, très difficile. Le gaz est tellement bon marché qu'à un moment, l'économie décide», a-t-il évoqué au quotidien financier à la fin du mois de juillet 2012.

 



 

Le solaire moins cher que le nucléaire :
déjà une réalité en 2010 en Caroline du Nord ! ( 06 )

L'Allemagne y est parvenue :
100 % d'électricité renouvelable
pendant 1 jour

Mine de rien, le 25 mai 2012, l'Allemagne est devenue détentrice d'un sacré record, à savoir être le premier pays qui aurait pu se passer intégralement de ses centrales thermiques et nucléaires pour produire son électricité, sur une journée. Il faut encenser l'impressionnant effort qu'à fait ce pays pour se doter d'un parc éolien et solaire à la hauteur de ses ambitions. Plus que l'éolien et la biomasse, c'est la production d’énergie électrique solaire qui, ce 25 mai, a été déterminante en dépassant les 22 gigawatts / heure, soit 50 % des besoins du pays. Un autre record mondial. ( 07 )

Cliquez sur les sigles pour savoir ce que les partis politiques en pensent:

Sources:

Journaux: Le Soleil, Le Nouvelliste pour Power Corporation
Site internet: de chacun des partis politiques

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par :
JosPublic
Publication : 16 août 2012

 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Notes & Références encyclopédiques:

01

Qu'est-ce que Hydro-Québec nucléaire ?

Retour au texte

02

Bécancour: 900 millions$ pour garder la centrale... fermée

Retour au texte

03

Le nucléaire intéresse toujours SNC-Lavalin. En dépit des craintes que soulève la crise japonaise, la société veut toujours acquérir Énergie atomique Canada dont les conservateurs veulent se débarrasser

Retour au texte

04

Qu'est-ce que le parti municipal trifluvien Force 3R ?

Retour au texte

05

Vous trouverez plusieurs textes à propos de Fukushima sur ce site. Cliquez ici

Retour au texte

06

Retour au texte

07

Rémy Olivier pour Univers Nature

Retour au texte

Retour a : Plan du site - MétéoPolitique - Environnement - Fiche Nucléaire - Analyses - Haut de page