Énergie nucléaire
Un pari risqué?

 

Société Radio-Canada - Mauricie
Publié le 1 mars 2010

 

La réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 à Bécancour et l'achat de la centrale de Pointe Lepreau au Nouveau-Brunswick font courir un risque économique au Québec. C'est ce que conclut un professeur de l'Université Laval, Michel A. Duguay, dans une étude qui sera bientôt rendue publique.

M. Duguay, qui est professeur aux départements de génie électrique et de génie informatique, milite depuis plusieurs années pour l'abandon de l'énergie nucléaire. Pour lui, les investissements d'Hydro-Québec dans les centrales nucléaires sont trop importants.

« Au début, ils avaient évalué la réfection [de Gentilly-2] à 850 millions de dollars. Le jour de l'annonce, au mois d'août 2008, ça avait doublé, c'était rendu 1,9 milliard. C'est toujours comme ça dans le nucléaire. Darlington dans les années 80 à Toronto, ça avait été annoncé à 5 milliards pour quatre réacteurs, ç'a fini à 15 milliards », illustre Michel A. Duguay.

Le chercheur craint que les sommes investies pour rénover la centrale de Bécancour et acquérir celle de Pointe Lepreau, au Nouveau-Brunswick, entraînent une augmentation de la dette du Québec et nuisent à sa cote de crédit.

Ce n'est pas le temps d'augmenter notre dette avec des investissements non rentables. — Michel A. Duguay

M. Duguay estime également que le nucléaire représente un véritable danger et que les risques d'accident liés à son exploitation sont bien réels.

Hydro-Québec préfère ne pas commenter l'étude de Michel A. Duguay pour le moment.