Terrorisme nucléaire au Québec
Cette possibilité doit être prise en compte

Terrorisme nucléaire, Québec, Gentilly-2, Terrorisme, nucléaire, Radioactivité, Santé, HQ


 

Titrage, choix des photos et mise en page : JosPublic
Publication ici le :
19 septembre 2011

 

Terrorisme nucléaire, Québec, Gentilly-2, Terrorisme, nucléaire, Radioactivité, Santé, HQ
   

Depuis le 11 septembre 2001:
des millions $ pour la sécurité
dans la région

Par: Brigitte TRAHAN
Le Nouvelliste, 10 septembre 2011

(Trois-Rivières) Depuis la tragédie du 11 septembre 2001,( 01 ) l'administration du Port de Trois-Rivières a dépensé environ 2 millions $ afin de resserrer la sécurité de ses terrains en installant clôtures, guérites et caméras. À cela s'ajoutent quelque 350 000 $ qu'elle doit annuellement débourser pour des services récurrents liés à la sécurité comme des logiciels et des gardiens, rapporte le président et directeur général, Gaétan Boivin.

Une partie du Port de Trois-Rivières

Tout de suite après le 11 septembre, l'administration portuaire a dû se plier, en effet, aux nouvelles réglementations de sûreté maritime promulguées par le gouvernement fédéral.

«Il fallait s'y conformer», signale M. Boivin.

Ne circule plus qui veut, depuis, sur les terrains du port, autrefois accessibles en tout temps par n'importe qui.

Parallèlement, la Commission canadienne de sûreté nucléaire ( 02 ) s'est dotée d'un règlement pour tous les opérateurs de centrales, incluant Gentilly-2 à Bécancour, rapporte Marie-Élaine Deveault, attachée de presse chez Hydro-Québec. «Pour des raisons évidentes, vous comprendrez qu'Hydro-Québec ne peut pas dévoiler les détails de ce plan», dit-elle.

Toutefois, on sait déjà que les gardiens sur le site et dans les bâtiments ont été armés. Hydro-Québec a aussi fait l'achat de deux blindés légers achetés d'une compagnie américaine pour la centrale nucléaire.

Une étude a été réalisée afin de voir, notamment, si un avion de ligne pourrait s'abattre sur le bâtiment du réacteur. Selon l'étude, cela est peu probable vu la faible hauteur du bâtiment du réacteur, soit 46 mètres par rapport à 454 mètres pour le Pentagone.

Pentagone 454 mètres de hauteur

Selon le maire de Bécancour, Maurice Richard, Gentilly-2 a été dotée «d'armement lourd qu'on ne précise pas pour des raisons de sécurité». Il ajoute que cet armement vise à «prévenir les attaques externes, autant terrestres qu'aériennes

Depuis le tristement célèbre «911», le public n'a plus accès à la seule centrale nucléaire du Québec.

«Dans la région, les deux endroits les plus visités sur le plan touristique, avant 2001, étaient le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap et la Centrale Gentilly-2», rappelle M. Richard.

De son côté, le Parc industriel et portuaire de Bécancour n'a pas fait l'objet de changements majeurs à ses efforts de sécurité à la suite de l'effondrement des tours jumelles.

«Nous avions déjà un comité mixte municipal, industries et ministères depuis plus de 20 ans à Bécancour », rappelle le maire. Certaines mesures de sécurité, comme des barrières et des agents de sécurité, ont toutefois été ajoutées par quelques entreprises, précise-t-il.?

Parc industriel et portuaire de Bécancour

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Précautions d’Hydro-Québec
envers le terrorisme nucléaire

Par: Michel-A. DUGUAY et
Philippe GIROUL
MSQN, le 13 septembre 2011

Dans l’édition du 10 septembre du Nouvelliste, Mme Brigitte Trahan a parlé des précautions prises par Hydro-Québec afin de protéger la centrale nucléaire Gentilly-2 contre une attaque terroriste et afin de rassurer ainsi le public québécois. Mme Trahan avait pris des informations auprès de Mme Marie-Élaine Deveault, porte-parole d’Hydro-Québec. Au lieu de nous rassurer cet article nous a fortement inquiétés; voici pourquoi.

Mme Trahan cite une étude d’Hydro-Québec suivant laquelle il est peu probable qu’un avion de ligne frappe la centrale parce qu’elle n’est pas suffisamment élevée au-dessus du sol. Cet «espoir» de l’étude citée est contredit par le fait qu’un Boeing 757 a frappé le Pentagone le 11 septembre 2001.

Le Pentagone a 24 mètres de hauteur, ce qui est moins élevé que le dôme de la centrale Gentilly-2 qui s’élève à 46 mètres.

D’autre part Mme Trahan cite le maire de Bécancour, M. Maurice Richard, selon lequel Hydro-Québec a installé de «l’armement lourd ….pour prévenir les attaques externes, autant terrestres qu’aériennes».

Il est légitime de se demander si Hydro-Québec nourrit ainsi «l’espoir» que l’équipement lourd pourra abattre à coup sûr des missiles lancés à partir de la terre, des airs ou du fleuve Saint-Laurent? Est-ce que de «l’armement lourd» pourra se tourner assez rapidement pour abattre un ou des missiles?

Les agences de sécurité canadiennes et américaines ont étudié ces questions. Elles ont publiquement prévenu les gouvernements que les réacteurs nucléaires sont sur les listes de cibles potentielles des groupes terroristes. Si ces agences sont convaincues que les avions et missiles terroristes n’atteindraient pas leurs cibles, pourquoi ont-elles prévenu les gouvernements d’une menace de terrorisme nucléaire?

Pentagone 24 mètres de hauteur
(77 ft 3½ in. : source site du Pentagone)

La firme française Areva ( 03 ) est une des plus importantes au monde dans la construction de réacteurs nucléaires. Dans ses nouveaux réacteurs à Olkiluoto en Finlande et à Flamandville en France, Areva a installé une double enceinte de béton armé d’une épaisseur totale de 2,6 mètres. Gentilly-2 a seulement un mètre de béton armé, ce qu’Areva juge insuffisant pour une protection anti-avion et anti-missile et insuffisant aussi pour contenir les effets potentiels d’un cœur en fusion, genre Fukushima. Il est légitime de se demander si Hydro-Québec a pris en considération ces précautions d’Areva?

La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a aussi des inquiétudes au sujet des attaques terroristes. Le 13 avril 2011, durant une audience publique de la CCSN à Bécancour, en réponse à une question du commissaire André Harvey, le vice-président de la CCSN Ramzi Jammal a décrit ce qui suivra l’impact d’un avion (ou autre événement) malveillant sur le réacteur nucléaire Gentilly-2 en ces mots (page 94 de la transcription sur le site web de la CCSN) : «Alors, le point c’est à faire ici; à préciser que l’arrêt va prendre place et le réacteur sera dans un état sécuritaire en cas où il y a un impact et puis l’analyse est déjà fait.» À noter l’expression «état sécuritaire».

Ce qu’il faut bien comprendre ici c’est que M. Ramzi Jammal parlait des deux premières secondes suivant une attaque terroriste. En effet, la fission nucléaire dans un réacteur est arrêtée en descendant en deux secondes des barreaux absorbeurs de neutrons. Même en admettant que les deux secondes aient été disponibles suite à un avertissement d’attaque, ce qui suivra pourra nous mettre dans la situation de Fukushima. Après l’arrêt de la fission nucléaire, la radioactivité du cœur du réacteur dégage pendant des heures une puissance thermique colossale capable de faire fondre le cœur si le refroidissement fait défaut.

C’est ce qui est arrivé à Fukushima ( 04 ). Le tremblement de terre et le tsunami ont mis hors de combat les quatre éléments nécessaires au refroidissement du coeur: des tuyaux intacts, des pompes fonctionnelles, de l’électricité et un accès à beaucoup d’eau. Il est fort probable que la destruction massive accompagnant une attaque terroriste mettrait hors de combat plusieurs de ces éléments.

Par rapport à cette question qui touche Hydro-Québec, nous demandons à la CCSN d’informer objectivement le public sur la problématique du terrorisme potentiel contre les réacteurs nucléaires canadiens. Il est légitime de se demander si simplement «espérer» qu’un avion ou missile terroriste va rater sa cible sera suffisant pour rassurer le public, ainsi que les firmes qui considèrent la possibilité de s’installer dans le Parc industriel de Bécancour, le plus grand au Québec.

La meilleure façon de sécuriser Gentilly-2 est de poursuivre indéfiniment l’arrêt actuel du réacteur et d’entrer dans la phase de déclassement. La majorité des emplois permanents après attrition (départ à la retraite) pourra être conservée en entreprenant ce déclassement pour lequel des fonds ont déjà été provisionnés. Ainsi, cette décision attendue par une grande majorité de québécois nous coûtera bien moins cher, avec comme heureuse conséquence de ne pas produire un autre 2500 tonnes de déchets radioactifs à léguer aux générations futures. 

Co-signataires :

Louis Bertrand, Sébastien Bois, Daniel Breton, Kim Cornelissen, Jacques Dagenais, Marie-France Doucet, Robert Duchesne, Gordon Edwards, Michel Fugère, Raymond Gauthier, François A. Lachapelle, Hélène Lamothe, François Lapierre, Denis l’Homme, Éric Notebaert, Denis Poussart, Jean-Yves Proulx, Gilles Provost, Lucie Sauvé, Colette Tardif, Jean Zigby

Notes & Références:

01

Qu'est-ce que la Tragédie du 11 septembre 2011 ?

Retour au texte

02

Qu'est-ce que la Commission canadienne de sûreté nucléaire ?

Retour au texte

03

Qu'est-ce que la firme française Areva ?

Retour au texte

04

Qu'est-ce que Fukushima ?

Retour au texte

Terrorisme nucléaire, Québec, Gentilly-2, Terrorisme, nucléaire, Radioactivité, Santé, HQ