Réfection de la centrale Gentilly-2
Des retards qui pourraient coûter cher
Gentilly 2: ne devrait-on pas abandonner?

 

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Échéancier des travaux de réfection de la centrale

Transparence de l'information par Hydro-Québec

Gentilly 2: ne devrait-on pas abandonner?
par François Pouliot

Échéancier des travaux de réfection de la centrale

Les travaux de préparation pour la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 accusent des retards qui pourraient coûter cher à Hydro-Québec.

Un an seulement après le début de la planification, le retard atteindrait déjà de six mois à un an, selon nos sources. Un retard qui serait presque impossible à rattraper.

Hydro-Québec entend donner une deuxième vie au réacteur CANDU, qui a été mis en service en 1983. Le coût du projet est estimé à 1,9 milliard de dollars pour prolonger sa vie utile jusqu’à 2040. Les travaux de réfection doivent en principe être lancés en 2012.

Or, les travaux de préparation ont pris de sérieux retards par rapport à l’échéancier prévu et aux projets comparables, selon « Pierre », un employé d’Hydro-Québec qui s’est confié à nous sous le couvert de l’anonymat parce qu’il craint les représailles.

Toujours selon nos sources, les coûts risquent d’être importants si l’arrêt du réacteur doit être retardé en raison du report des travaux. Les pénalités contractuelles s’élèveraient à 250 000 $ par 24 heures.

Pierre croit d’ailleurs qu’on tente de camoufler l’affaire. «Politiquement, ce ne serait pas bien vu d'annoncer un retard sur la réfection de la centrale qui est déjà assez controversée», soutient l’employé d’Hydro.

Les sous-traitants à blâmer?

Toujours selon Pierre, ce qui cause problème, c’est la sous-traitance du projet à des firmes de génie-conseil qui n’ont pas suffisamment d’expertise dans le nucléaire. L’administration du projet de préparation aurait d'abord été confiée à un ingénieur de la firme SNC-Lavalin avant de lui être retirée. C’est ensuite un ingénieur d’une autre firme privée, BPR, qui aurait pris le relais.

D’après Pierre, il n’y a qu’une solution pour régler les problèmes. «Hydro-Québec doit reprendre les rênes du projet», soutient-il.

Pour sa part, Hydro-Québec confirme que huit firmes participent au projet, mais assure en demeurer le maître d’œuvre. «Pour le moment, il est trop tôt pour parler de modifications au projet», indique la porte-parole Marie-Hélène Deveault. De son côté, l'administrateur de BPR nous confirme qu'il y a des ratés. «Je pense qu’au niveau de l'avancement du projet, chaque projet a ses difficultés», admet l’administrateur du projet Pierre Mathieu.

Marie-France Boulay, porte-parole de la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a pourtant reconnu, au cours d'un entretien téléphonique, qu'il y aurait «quelques mois d'écart par rapport aux délais qui étaient prévus à l'origine». Mme Boulay n'a pas pu préciser, cependant, quel impact ce retard aurait sur les coûts du projet.

Selon TVA, le retard atteindrait déjà de six à 12 mois dans les travaux de planification. La réfection comme telle devait débuter en mars 2011 pour être terminée à la fin de 2012, mais il est désormais acquis que ces jalons seront repoussés.

Personnes intervenantes

Cloutier, Alexandre  -  député provincial de la circonscription Lac-Saint-Jean, Région Saguenay/Lac-Saint-Jean

Deveault, Marie-Hélène - porte-parole d'Hydro-Québec

Gaudreault, Sylvain - député provincial de la circonscription de Jonquière Région Saguenay/Lac-Saint-Jean

St-Laurent, Jacques  - avocat président de la Commission d'accès à l'information CAI

Mathieu, Pierre - administrateur de projet pour BPR

Normandeau, Nathalie - député provinciale de la circonscription de Bonaventure Région de la Gaspésie

Vandal, Thierry - PDG Hydro-Québec

Organisations intervenantes

Commission d'accès à l'information du Québec

Parti Québécois

SNC/Lavalin

Groupe BPR

Sources

Agence La Presse Canadienne
Journaliste Sylvain Larocque
3 juin 2010

Agence QMI 
2 juin 2010

Réseau de Télévision TVA
3 juin 2010

Télévision Canal Argent
Journaliste MIchel Munger
4 juin 2010
Chroniqueur François Pouliot
7 juin 2010
 

Résumé et commentaires par JosPublic pour MétéoPolitique
En ligne le 22 juin 2010

M. Vandal a martelé qu'Hydro-Québec avait «les rênes du projet», malgré le rôle important que jouent les ingénieurs de firmes privées dans le projet.

Des experts analysent actuellement des travaux de réfection de centrales nucléaires réalisés au Nouveau-Brunswick et en Corée du Sud afin de retenir la meilleure voie à suivre pour Gentilly-2.

Hydro-Québec confirme le retard de Gentilly-2

Après l'avoir contredit, Hydro-Québec avoue à mots couverts que le gouvernement du Québec a raison d'affirmer qu'il y aura des retards pour la réfection de Gentilly-2.

Thierry Vandal
PDG d'Hydro-Québec

Selon un reportage de TVA, la réfection de la centrale nucléaire accuse des retards de six mois à un an. L'administration du projet aurait changé de main, passant de SNC-Lavalin à la firme BPR.

Thierry Vandal
, PDG d'Hydro-Québec, disait jeudi qu'il était trop tôt pour parler de retards car la réfection prévue pour mars 2011 est seulement au stade de l'avant-projet.