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Un Japon tétanisé par le nucléaire
Fukushima, où le silence et les mensonges tuent

Au Québec remplacer le mot Fukushima par Gentilly 2 à Bécancour, pour l'Ontario remplacer par Pickering entre autres et ainsi de suite. Nous sommes tous à risque. Le nucléaire sécuritaire n'existe tout simplement pas


Commentaire de
JosPublic

Depuis décembre 2011, la catastrophe nucléaire de Fukushima ne fait plus la une des médias. Pour l’immense majorité de nos concitoyens et concitoyennes, la question est réglée et il va quasi de soi que l'entreprise Tepco ( 01 ), propriétaire de la centrale, dont le coeur du réacteur a fondu, maîtrise parfaitement la situation.

Tout cela est dramatiquement et tragiquement faux

l
Les personnes qui devaient être évacuées l’ont été, le taux de radioactivité baisse et le Japon, vu de l'extérieur, est prêt à faire redémarrer des centrales.

Sujets abordés

Nouveaux dégâts sur le réacteur no. 4

Normalisation de la situation ?

Le gouvernement laisse tomber les enfants

Promotion d'aliments contaminés

Sous-estimation de la radiation des travailleurs

Il faut envisager une évacuation plus large

Chut, le Japon va sortir du nucléaire

Mitsuro Sudo, devant le campement des protestataires des politiques nucléaires du gouvernement à Kasumigaseki ( 02 )

Textes de base par:
Olivier CABANEL,
Alissa DESCOTES-TOYOSAKI
Corinne LEPAGE,
Michèle RIVASI

Sources : Blogues et Rue 89
 

Choix de photo, commentaires, fusion de textes, mise en page, une partie des références et du titrage sont de : JosPublic
Publication ici le :
27 janvier 2012

 

Nouveaux dégâts à la centrale

 
 
«

« A la fin de l'année, le gouvernement a décrété que la situation à la centrale de Fukushima-Daiichi  ( 03 ) était sous contrôle. Mais le 1er janvier 2012, il y a eu un séisme de magnitude 7 au large de Fukushima qui a provoqué des dégâts sur le réacteur numéro 4. La nature est vraiment remarquable ! »                                                               Mitsuro Sudo

»

Devant le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie japonais, un vieil homme entre dans une tente. Il a une barbe blanche très touffue et un gros anorak rouge.

En ce matin de janvier 2012 à Tokyo, le carrefour de Kasumigaseki est rempli de fonctionnaires qui se hâtent vers les bureaux. « Certains d'entre eux entrent parfois dans notre tente pour nous dire “Courage ! ” avant de regagner leur poste », sourit le vieil homme.

Depuis 124 jours, Mitsuro Sudo, surnommé « Kuma », participe aux sit-in devant les haut lieux du gouvernement japonais pour protester contre la politique menée après Fukushima, accusant le pouvoir de :

  • non-assistance à personnes en danger,

  • reconstruction économique dans des zones hautement irradiées,

  • exporter le nucléaire ailleurs en Asie.

De pire en pire

Le 2 janvier 2012, l'opérateur Tepco annonce que le niveau d'eau de la piscine de refroidissement du réacteur numéro 4 (où est stocké le combustible usé), a baissé brusquement. Cela était dû aux suites du nouveau séisme du 1er janvier au large de Fukushima ( 04 )

Yukiko, photo ci-dessus, est originaire de la ville de Fukushima mais avoue ne jamais avoir été inquiétée par la centrale nucléaire jusqu'à l'accident : « Avant le 11 mars 2011, je n'aurais jamais pensé me retrouver un jour à manifester ou faire un sit-in ! »

« Nous organisons des roulements entre nous, et il y a une permanence de nuit aussi pour éviter les incendies », dit une autre femme. Les incendies et autres « vexations », les manifestants et activistes japonais sont habitués de les subir.

« Au début, il y avait toutes les nuits des camions de la droite ultra-nationaliste qui venaient faire du tapage nocturne. Il y avait quatre, parfois huit camions ! Ils mettaient à fond des chants patriotiques en nous insultant. »

Le plus étrange c'est que l'extrême droite se met aussi à tenir des discours antinucléaires. « lls ne supportent pas de voir des tentes dans le quartier ministériel, cela n'est pas conforme à l'image du Japon nationaliste », conclut Yukiko.

Il fait presque 0°C dans la tente comme à l'extérieur. «On attend le passage de l'électricien pour mettre le chauffage», plaisante Etsuji Shimada. Ce quinquagénaire a été chargé de planter la première tente le 11 septembre 2011. Activiste antinucléaire de longue date, Shimada se félicite de cette initiative qui a permis de réunir et coordonner des actions au niveau de Tokyo.

 

Normalisation de la situation - Est-ce possible ?

 

Pour que la situation se normalise, il faudrait au moins que la température à l’intérieur des réacteurs descende sous la barre des 100° C, or il apparait que cette température est toujours élevée, au point que personne n’est en mesure de s’en approcher.

Dans un article du journal « Politis », on apprend en effet que, malgré la poursuite des injections d’eau, la température varie entre 300° et 500°C, expliquant qu’en dehors de l’arrosage, les ingénieurs ne savent plus quoi faire. ( 05 )

En octobre 2011, une délégation de l’Agence internationale de l'énergie atomique AIEA s'est rendue sur le site dévasté, et nous propose un diaporama en 10 photos « à l’intérieur du cauchemar ».
( 06 )

Le secrétaire d’État à l’Environnement, le vice-ministre de l’Environnement et le vice-gouverneur de Fukushima - reconnaissent que la catastrophe est en cours et que rien n’est réglé. Les informations sont très rares. Les autorités admettent que trois cœurs nucléaires ont fondu et que les cuves ont été transpercées. Cependant, ils ignorent ou feignent de ne pas savoir ce qu’il se passe aujourd’hui, en particulier ce point vital de savoir si les planchers sous les réacteurs ont été percé par le corium ou non, ce qui signifierait, bien entendu, la pollution irréversible de la nappe phréatique. Concernant le traitement de l’eau, Greenpeace considère qu’il vient à peine de débuter. Les autorités reconnaissent l’entassement de boues radioactives dont évidemment personne ne veut parler mais aussi les millions de mètres cubes d’eau contaminée.

Les autorités japonaises ont reconnu le 25 janvier 2012, qu’il n’existait aucune trace des conversations de crise au plus haut niveau dans les jours qui ont suivi la catastrophe nucléaire de Fukushima. 

Le ministre du Commerce et de l’Énergie, Yukio Edano, a jugé « vraiment regrettable que les comptes rendus des réunions de la cellule de crise n’étaient pas été systématiquement conservés ».

« Étant donné l’impact social de la catastrophe et l’intérêt public à son égard, ces comptes rendus auraient dû être rapidement rédigés », a-t-il ajouté.

Yukio Edano

Des millions de mètres cubes d’eau contaminée

Tepco ne permet pas de savoir comment ils comptent résoudre le problème. En septembre 2011, il restait encore 102 000 tonnes d’eau à traiter. De plus, une bonne partie de l’eau radioactive a fui vers l’océan, ou les nappes phréatiques. ( 06 B )

Sous un apparent calme, la population est révoltée. On peut la comprendre. Ce qui lui est arrivé rappelle de très près ce que les européens ont vécu avec Tchernobyl ( 07 ) et la manière dont les choses se mettent en place nous renvoie au spectre du passé.

Tout d’abord, et même si on peut comprendre que, vivant en même temps un tremblement de terre et un tsunami, la situation était passablement désorganisée, l’organisation météorologique japonaise était tout de même dans l’incapacité suspecte de fournir les cartes des vents au moment de la catastrophe de Fukushima.

Les populations n’avaient aucune idée d’où venaient les vents. Aucune instruction ne leur a été donnée, aucune pastille d’iode ne leur a été distribuée. Il a fallu attendre plus d’un mois pour qu’elles puissent disposer d’une information publique sur le niveau de contamination et aujourd’hui, ce sont 40 000 dosimètres ( 08 ) qui restent bloqués par décision politique à l’aéroport de Tokyo.

Les familles ne savent donc pas quel est le niveau de la radioactivité dans laquelle elles vivent.

 

Le gouvernement laisse tomber les enfants

 

La radioactivité traverse la peau de tout ce qui est vivant et le contamine. Ce qui implique que la nourriture devient une préoccupation constante pour les familles qui vivent dans la région de Fukushima. De mois en mois, cela devient au sens propre du terme, véritablement tragique.

Ce n’est que 7 mois après l'événement que les thyroïdes de 360 000 enfants vont être examinées

On s’attend à des nouvelles pas très bonnes, vu que les autorités ont attendu 5 longs jours avant de distribuer les pilules d’iodes, décision trop tardive et donc inutile, puisque la radioactivité avait eu largement le temps de se fixer sur les thyroïdes des japonais, et particulièrement sur celles de leurs enfants.
( 08b )

Les premiers résultats viennent de tomber : 10 des 130 enfants évacués de Fukushima présenteraient des troubles thyroïdiens. ( 08c ) 

«

C’est contre ce mur de silence qu’il convient que, nous tous, nous nous révoltions car il s’agit d’enfants et les enfants de Fukushima pourraient être enfants (de Gentilly au Canada ajout de JosPublic), Fessenheim, du Bugey ou du Blayet. C’est notre responsabilité de parler, d’agir et d’aider les associations qui se battent avec les plus grandes difficultés sur place.   

Corinne Lepage ( 08D )

»
 

Contamination radioactive du lait

Alertez les bébés !

Masakatsu Kosone, agriculteur montre un compteur geiger utilisé dans sa ferme de Katsur

Des centaines de milliers de boîtes de lait en poudre pour bébés (Meiji) sont actuellement rappelés au Japon après que des traces de césium radioactif de la centrale nucléaire de Fukushima aient été détectées. La société, qui rappelle 400 000 boîtes au total, a publié les numéros de lots en ligne afin que les gens puissent vérifier par eux-mêmes: les lots contaminés peuvent être reconnus par leur date de péremption comme indiqué ci-après:
6/10/2012: 3, 4, 5 ou 24/10/2012: 21, 22, 23

Les mères inquiètes pour leurs enfants

Sur le plan de l’alimentation, des prélèvements sont faits par la Santé publique mais leurs résultats sont donnés bien après que les aliments ont été mis sur le marché et consommés.

L’essentiel pour ces mères est, bien entendu, la situation de leurs enfants. Au Japon, comme partout dans les pays membres de l’Agence internationale de l'énergie atomique, le niveau admissible pour les populations est de:

1 millisievert par an

Population en général ( 09 )

20 millisieverts

pour les travailleurs du nucléaire

Aujourd’hui, dans les zones où vivent ces gens, dans la préfecture de Fukushima, le niveau est largement supérieur avec 5 millisieverts, jusque parfois 20 millisieverts. Ces femmes exigent pour leurs enfants comme pour elles-mêmes le droit de vivre dans un environnement à 1 millisievert. Le problème est que personne n’a les moyens de répondre positivement à leurs questions.

     Charte du danger

Médecins écœurés

L'État japonais est allé loin dans le cynisme pour éviter l'affolement de la population : les pastilles d'iodure de potassium qui évitent la fixation d'iode radioactif sur la thyroïde n'ont pas été distribuées automatiquement à tous ceux qui auraient dû en prendre.

Les médecins n’ont plus le droit de parler et n’osent plus parler. Il semblerait qu’un réseau de pédiatres essaye de se mettre en place, que certains médecins, notamment dans les zones rurales, essayent d’organiser la population de manière à ce qu’elle se protège le mieux possible et qu’un suivi médical puisse être mis sur pied. Mais tout ceci se fait par une voie citoyenne, par une voie parallèle, presque de façon occulte. De manière évidente, les autorités nucléaires ont décidé qu’il n’y aurait pas de connaissances fines et précises des effets épidémiologiques de cette catastrophe.

Face à des autorités empêtrées dans des déclarations douteuses et minimisant l'impact réel des retombées de Fukushima, des mères inquiètes, des médecins écœurés par la désinformation et de jeunes militants s'engagent pour contrer la fatalité qui leur est imposée.

Des occupantes de la place Kasumigaseki de Tokyo

 

Promotion d'aliments contaminés

 

Du point de vue du changement et des décisions techniques à prendre, le monde agricole n’est pas en reste et devient lui aussi victime de la défaillance des autorités. La préfecture de Fukushima promeut les produits agricoles de la région de Fukushima et se plaint des mauvaises rumeurs qui les concernent. La chambre de commerce nage dans le déni total en offrant des paniers de produits locaux aux visiteurs.

La vérité est, bien entendu, que l’immense majorité des produits de cette zone ne devrait pas être consommée mais pour qu’ils ne le soient pas, encore faut-il que les agriculteurs qui les produisent puissent être indemnisés et gagner leur vie. Or, tel n’est pas le cas.

«

Cette situation absolument tragique à laquelle est exposé le Japon s’exprimerait ainsi pour tout pays industrialisé, les mêmes risques produisant probablement les mêmes effets. C’est précisément la raison pour laquelle la chape du silence s’est mise sur le Japon.

Corinne Lepage                       

»

 

Sous-estimation de la radiation des travailleurs

 

La radiation est mortelle à moyen et long terme et à très court terme si on en reçoit une intenses dose comme en reçoivent les travailleurs du nucléaire et surtout ceux que l'on nomme les liquidateurs, ceux qui se rendent le plus près des réacteurs.

À l'automne 2011, un travailleur anonyme du site nucléaire se faisant appeler Mr T.S., afin de ne pas perdre son emploi, a fait des déclarations publiques.

Il raconte sa situation lorsqu’il travaille dans la centrale : il a un système d’alarme personnel qui sonne si la radioactivité dépasse un certain niveau, mais il n’a pas la mesure exacte de ce qu’il a absorbé. ( 10 )

Il s’est donné une mission, avec son dosimètre personnel Geiger (qui ne le quitte pas), il mesure, partout où il passe, les taux de radioactivité, et lorsqu’ils sont importants, il prévient les habitants du secteur.

Il convient de rappeler que pour les travailleurs du nucléaire japonais, avant l’accident, la limite était d’un millisievert par an, elle est aujourd’hui 80 fois supérieure, mais ailleurs, comme en France par exemple, cette norme est toujours d’1 millisievert par an. ( 11 )

Et puis, ce serait oublier que la norme n’empêche pas le danger.

Ce travailleur anonyme explique qu’aujourd’hui, dans la centrale où il continue de travailler, la radioactivité est 10 000 fois plus élevée qu’avant l’accident. ( 12 )

Le 6 octobre 2012 un travailleur employé à la centrale nucléaire est mort subitement, mais les autorités affirment que les radiations ne seraient pas en cause.

Il a pourtant reçu, selon Tepco, une dose de 2,02 millisieverts, soit plus du double de la limite fixée avant l’accident.

Ce sera donc le 3ème mort officiel parmi les travailleurs de la centrale, en écartant les 2 morts du jour du tsunami. ( 13 )

On sait en tout cas, depuis le mois de mai 2011, que 4 956 travailleurs de Fukushima ont présenté des taux d’irradiation interne élevés, ainsi que l’a admis Terasaka Nobuaki, patron de NISA (Nuclear and Industrial Safety Agency).  ( 14 )

Au 18 avril 2011, on dénombrait 21 travailleurs ayant reçu des doses supérieures à 100 millisieverts, bien qu’en réalité, la dosimétrie individuelle de chaque travailleur ne soit pas connue avec précision, vu que les ouvriers s’échangeaient leurs dosimètres, lesquels étant à ce moment en nombre insuffisant. ( 15 ) 

Le 27 septembre, d’après l’IRSN le césium 134 et 137 de la région de Fukushima ont des taux comparables à ceux de la région de Tchernobyl, soit 15 millions de Bq/m2, et au delà de la zone d’exclusion des 20 km, on a mesuré des taux dépassant les 3 millions de Bq/m2. ( 16 )

Pas étonnant dès lors que les japonais refusent de retourner dans les zones contaminées, notamment à Hirono, ce à quoi les enjoignaient les autorités. ( 17 )

 

Simon a habité 10 ans à Fukushima City, à 60 km de la centrale et à 47ans, il a tourné la page, laissant derrière lui son appartement, son travail, ses amis et il restera en France les 3 mois que lui permet son visa touriste, puis il hésite entre l’Angleterre ou l’île d’Okinawa, le plus loin possible de Fukushima.

Il évoque le « Whole Body Counter » une machine qui détecte les radionucléides contenus dans l’organisme, mais qui est inaccessible financièrement (1 000 € euros ou 1 300 $ canadiens) et affirme que seulement 5 personnes ont pu l’utiliser à ce jour : ils tournaient une émission télé, et c’est la chaine de TV qui a payé.

Alors il s’est acheté sur le Net un compteur Geiger, fait ses mesures lui-même, le prête, et a détecté souvent une radiation supérieure à 20 mSv.

« Asahi Shimbun », un quotidien japonais, a révélé des niveaux élevés de radioactivité jusqu’à 250 km de la centrale, du côté de Siba et Salaima, mesures prises entre le 8 et 12 septembre 2011 : entre 30 000 et 60 000 becquerels par m2.

Donc, les habitants de cette région reçoivent plus de 4 mSv/an, soit 4 fois plus que la norme pratiquée ailleurs.

A Tokyo même, des niveaux incompatibles avec la santé ont été relevés, et nombreux sont ceux qui pensent qu’il faudrait évacuer la ville.

Le gouvernement a une tache difficile : selon le ministère de l’environnement japonais, il faut enlever et éliminer (mais comment ?) 29 millions de m3 de terre contaminée dans une zone de 2400 km2, et tout cela aura un prix élevé : aux 2,2 milliards d’euros (2,9 milliards $ en canadiens), il faudra ajouter plus de 4 milliards d’euros, et cela ne sera pas suffisant.

D’après le « Mainichi Japan » du 12 octobre 2011, un niveau de radioactivité anormalement élevé a été relevé le long d’une rue de Setagaya, un arrondissement de Tokyo, qui serait dû aux pluies radioactives.

Près de certaines écoles de ce quartier, un taux de 2,7 mSv/heure a été détecté, et nettoyer à grande eau n’a pas permis d’abaisser cette radioactivité.

A Funabashi, près de l’aéroport international de Narita, un niveau de 5,8 mSv/h a été relevé dans un parc, et à Yokohama, du Strontium 90 a été décelé dans le sol.

Cet isotope radioactif est susceptible de provoquer des cancers des os et des leucémies.

 

Il faut envisager une évacuation plus large

 
 

Deux solutions sont envisageables : soit la décontamination - et on en parle beaucoup au Japon - soit l’évacuation.

Photo prise lors de l'évacuation des résidents autour de la centrale nucléaire de Fukushima en mars 2011

Il semblerait que quelques cours de récréation aient fait l’objet d’une décontamination, qui consiste à retirer 50 à 60 cm de terre, dont on ne sait du reste pas où on va la stocker.

Cela permet de réduire le niveau de la pollution.

C’est peut-être possible au niveau local avec des résultats qu’il conviendrait de vérifier. C’est évidemment impossible à l’échelle d’une préfecture entière.

De ce fait, c’est bien la deuxième solution qu’il faut envisager. Elle consiste bien évidemment à permettre aux gens qui le veulent de partir. Mais pour qu’ils puissent s’en aller, encore faut-il leur permettre d’aller vivre ailleurs. La vérité de la situation, et c’est là tout son aspect tragique, c’est que les autorités japonaises font ce qu’elles peuvent dans une certaine mesure. Toutefois, puisque l’information est confisquée, les moyens donnés aux gens pour connaître la réalité de la situation leur sont refusés.

«

...on a perdu notre région, on ne sait même pas quand l’accident se terminera ...l’état japonais, le préfet de Fukushima, et le maire de Fukushima ne nous ont pas informés de ce qui se passait réellement, ils ne nous ont pas du tout protégés. Donc nous avons été obligés de nous sauver par nous-mêmes, avec notre propre jugement de la situation

 …les enfants ne peuvent pas partir de Fukushima et ils portent un masque quand ils sortent dehors. Il leur est interdit de faire du sport, ils vivent avec beaucoup de limitations

 …notre pays a reçu 770 000 000 000 000 000 Bq de radioactivité mais le gouvernement fait vivre toute la population comme avant …nous sommes face à une infâme destinée pour les enfants de Fukushima...

Yuko Nishiyama

 
 
 
 
 
 
»
 

Chut, le Japon va sortir du nucléaire

 

En revanche, les autorités japonaises, qui mesurent très probablement leurs limites, même si elles ne peuvent pas l’exprimer, semblent avoir pris une vraie décision : celle de sortir du nucléaire. Cette information est soigneusement cachée partout dans le monde car le lobby nucléaire souhaite encore vendre des centrales nucléaires dangereuses.

Voilà un bien mauvaise exemple pour l'industrie du nucléaire puisque le Japon a réduit de 28 % sa consommation électrique depuis Fukushima et près de 40 % dans la région de Tokyo. Il n’y a plus aujourd’hui que 14 réacteurs qui sont en activité sur 57.

Cette réduction massive a été obtenue par un éventail de mesures : par exemple, l’extinction des lumières dans les ministères pendant la journée, l’absence de climatisation, l’extinction des grandes publicités dans Tokyo le soir ou une organisation différente du système de production industrielle qui travaille en roulement et qui a ainsi permis d’obtenir ce résultat remarquable.

Au moment où nombreux sont ceux qui imaginent que tout est réglé à Fukushima, on s’aperçoit qu’ils sont très éloignés de la réalité, et que malheureusement, le pire est sûrement devant eux

Notes & Références:

01

Qu'est-ce que l'entreprise Tepco ?

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02

Qu'est-ce que Kasumigaseki ?

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03

Qu'est-ce que la centrale de Fukushima-Daiichi ?

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04

Reportage du journal Nikkansports

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05

Reportage du journal Politis

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06

Album photo préparé par l'Agence internationale de l'énergie atomique

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06B

Les infos de Fukushima

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07

Qu'est-ce que Tchernobyl ?

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08

 
 
 
 
 
 

Qu'est-ce qu'un dosimètre ?

 
 
 
 
 
 

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08B

Cinq jours trop tard. Texte sur Science & Avenir

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08C

Résultats sur Mainichi News

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08D

 
 

Qui est Corinne Lepage ? Ancienne ministre de l'Environnement de France. Elle est aujourd'hui avocate, présidente de Cap21 et présidente du CRII-GEN et députée au Parlement européen

 
 

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09

Qu'est-ce qu'un sievert ?

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10

Un technicien de la centrale raconte sur Nouvel Observateur

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11

Les limites de doses

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12

Déclaration du 12 septembre 2012

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13

Employé mort subitement à cause des radiations. Texte sur Libération

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14

Ouvriers irradiés à Fukushima

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15

 Les héros de Fukushima

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16

 

À Fukushima le césium est comparable à Tchernobyl. Texte sur 20 minutes France

 

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17

 

La population refuse de retourner dans les lieux contaminés. Texte du Globe & Mail. Pour abonnés seulement

 

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