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Japon - Fukushima - L'irradiation s'étend dans l'océan Pacifique
Des poissons radioactifs dans vos prochaines emplettes ?

Le Canada ne teste que 5% des arrivages de poissons importés de partout au monde. Ceux de la côte du  Pacifique Nord-Ouest en provenance du Japon sont pollués à la radioactivité. La zone d'exclusion de 50 kilomètres en mer ne suffit plus. Si, suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, le 11 mars 2011, une zone maritime périphérique de 20 kilomètres autour de la centrale a été fermée à toute activité humaine, depuis août 2012, la pêche et la commercialisation à des fins alimentaires de pieuvres et coquillages ont été réautorisées à une distance d'au moins 50 kilomètres des réacteurs éventrés. Erreur d'appréciation pour favoriser le commerce au détriment de la santé des populations.

Vue des réservoirs de la Centrale de Daiichi à Fukushima sur la côte du Japon

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Fukushima: un poisson présente un niveau impressionnant de radioactivité
( 2 500 fois la limite de radioactivité permise)

 
 

Malgré que l'exploitant de la centrale de Daiichi à Fukushima se veuille rassurant sur le degré de radioactivité des poissons, les résultats de ses tests démentent sa propagande. Le 18 janvier 2013, la compagnie Tokyo Electric Power Tepco a déclaré avoir mesuré un poisson appelé « murasoi » qui dépasse de 2 500 fois la norme.

Un murasoi (sebaste pachycephalus) à la radioactivité record

Après les papillons mutants, voici les poissons mutants.

Depuis l'automne 2012, les poissons pêchés dans la zone d'exclusion des 20 kilomètres, présentaient un niveau de 25 800 becquerels (Bq) de césium par kilo ( 01 ), soit une valeur 258 fois supérieure au seuil fixé par le gouvernement ...

Mais ce seuil n'est rien au regard du murasoi pêché dernièrement. Il contenait une quantité de césium radioactif égale à 254 000 becquerels par kilogramme, soit 2 540 fois la limite de 100 becquerels/kg définie pour les produits de la mer par le gouvernement japonais.  Le poisson, dans la famille des sébastes, a été capturé dans la baie à proximité de la centrale Fukukshima Daiichi située sur la côte nord-est du Japon, au bord du Pacifique.

Avec 2 540 fois la limite légale de radioactivité fixée au Japon pour certains aliments ( 02 ), ce poisson de fond, type rascasse, bat tous les records. Autrement dit, en France, la consommation de seulement 120 gr de ce poisson suffirait à ingérer la dose de radioactivité à ne pas dépasser en ... une année !!!

En réaction à cette découverte, Tepco a annoncé vouloir installer des filets supplémentaires pour réduire les possibilités de dissémination des poissons contaminés et leur consommation par d'autres espèces ou leur capture par des pêcheurs.

Néanmoins, ce nouveau record mettra à mal la reprise de la commercialisation des produits de mer provenant de la préfecture de Fukushima, beaucoup de Japonais se disant attentifs à l'origine des produits (légumes, viande), même si ceux provenant de la zone 'proche' de l'accident sont généralement moins chers. Une prudence fort logique quand de plus en plus d'analyses (thons, cétacés, algues, sédiments, etc.) révèlent la progression de la pollution radioactive du Pacifique Nord-Ouest, via les courants marins mais aussi les déplacements des organismes (d'origine animale comme végétale).

Le 14 août 2012, des papillons mutants ( 03 ) ont été trouvés autour de la même centrale. Ces mutations seraient l'une des conséquences de l'accident nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011.

Sortir de la dépendance
au nucléaire

Un an et demi après le séisme qui a ébranlé le Japon et causé une crise nucléaire ( 04 ), le premier ministre Yoshihiko Noda a réaffirmé la volonté de Tokyo de sortir de sa dépendance au nucléaire « à moyen ou à long terme ».

Depuis plusieurs mois, des opposants au nucléaire organisent des manifestations devant les bureaux du gouvernement japonais.

Ce dernier évalue différents scénarios potentiels, dont l'un qui ne prévoit aucune augmentation de la production nucléaire.

 
 

Au Canada la situation n'est pas sécuritaire
"mieux vaux prendre sa propre sécurité alimentaire en main"

 
 

Bien que le Japon ne représente que 0,3 % des importations alimentaires du Canada, l'organisme règlementaire du Canada demande un certificat d’analyse établi par un laboratoire reconnu par le gouvernement et attestant que la concentration résiduelle de radioactivité naturelle est en deçà des normes acceptables.

Un échantillonnage flou

L’ACIA contrôle les niveaux de radiation des produits les plus à risque pour le consommateur. Comment?
 
Par prélèvements ponctuels sur les arrivages japonais. Mais impossible par contre de savoir quel pourcentage des lots reçus est échantillonné. Après un épisode de courriels qui circulaient sur la Cybertoile JosPublic est entré en communication avec Santé Canada. Les réponses étaient rassurantes, mais en questionnant plus en détail, nous revenons toujours à ce système des vérifications aléatoires. C'est aujourd'hui encore le même système qui opère.

Finalement pour le Canada il faut se méfier de tous les poissons qui viennent de la côte ouest, bien lire les étiquettes et identifier les espèces. Santé Canada vérifie que 5% des poissons importés ou lors d'une cargaison d'un importateur dont c'est la première cargaison ou qu'il n'a pas importé depuis 2 ans.

 

Pollution radioactive du Pacifique Nord-Ouest, 9 mois après l'accident

  Les principales sources de contamination radioactive 

Sources: Planète Nature, Radio-Canada pour La société CBC/Radio-Canada, Agence France Presse, TV5 Monde, Protégez-vous, Le Monde Planète pour Le groupe Le Monde

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 26 janvier 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Le Québec : la poubelle nucléaire  du Canada ?

Les ingénieurs du nucléaire sont dépassés dès qu'il y a un gros accident

  Fiche: Nucléaire

Notes & Références encyclopédiques:

01
 

En France, la consommation de 1,2 kg de ce poisson (l'équivalent de 6 portions) suffirait à atteindre la limite annuelle de radioactivité admise pour le corps humain, soit 1 millisievert (mSv) par an.

 

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02
 
 
 

Avant la catastrophe de Fukushima, le niveau de contamination radioactive était de 500 Bq/kg au Japon. Pour pouvoir vendre les produits contaminés, le gouvernement a abaissé les seuils tolérables. Ils ont été officiellement ramenés à 100 Bq/kg pour les céréales, la viande, le poisson et les œufs, suite à l'accident.

 
 
 

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03
 

Des papillons mutants ont été trouvés autour de la centrale Daiichi à Fukushima au Japon.

 

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04
 

 

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