Renversement de gouvernement manqué
Des milliers de putschistes contre le gouvernement d’Erdogan

Dans la soirée du vendredi 15 juillet 2016, des putschistes de l’armée turque ont tenté de renverser le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan Après une nuit de chaos marquée par des affrontements entre les conjurés et les forces loyalistes, le président a repris la main.   Depuis, 6 000 personnes ont déjà été arrêtées, incluant 7 500 militaires dit putschistes, 2 450 magistrats qui ont été démis de leurs fonctions et 2 745 juges et procureurs ont été placés sous les verrous, dont deux juges de la Cour constitutionnelle.  Le président Erdogan promettant « d’éliminer le virus de toutes les institutions étatiques »Bahar Kimyongür, diplômé de l’Université Libre de Bruxelles en histoire de l’art et archéologie, nous éclaire sur cette mystérieuse tentative de coup d’État et ses possibles répercussions.   Entrevue.

Des soldats putschistes se sont rendus aux forces d'Erdogan laissant les armes sur la route

 
 

Qui sont ces putschistes et quelles étaient leurs motivations ?

 
 

Sur les putschistes, nous avons eu très peu d’informations, dont certaines contradictoires.   La confrérie Gülen a été accusée.   Ce mouvement d’inspiration soufie est très influent dans le monde musulman.  

Son fondateur, Fetuhllah Gülen, a notamment financé grâce à de riches donateurs la construction d’écoles un peu partout.   Il a soutenu la montée au pouvoir du Parti de la justice et du développement ou AKP, le parti d’Erdogan.

Fethullah Gülen - de la confrérie Gülen

Mais un conflit a ensuite éclaté entre les deux hommes forts.   En 2014, un scandale d’écoutes téléphoniques a mis en lumière des affaires de corruption au sein de l’AKP. ( 01 )  Gülen qui dispose de nombreux relais au sein de la police et de la magistrature était déjà pointé du doigt.

Depuis 2014, 1 800 personnes soupçonnées d’appartenir à la confrérie ont été arrêtées.   En janvier 2016, un procès retentissant a condamné Gülen pour haute trahison.   Mais ce dernier est exilé aux États-Unis.   C’est depuis la Pennsylvanie qu’il a réfuté les accusations sur le coup d’État durant la fin de semaine durant la fin de semaine du 15 juillet 2016.

D’autres voient dans cette tentative de putsch la main d’officiers kémalistes de l’armée ( 02 ), des soldats qui se réclament du nationalisme laïc lancé par le père fondateur de la République de Turquie, Mustapha Kemal Atatürk.   Mais aucun élément ne permet d’étayer ces propos.  

Avec les procès Balyoz et Ergenekon, ( 03 ) des purges ont été menées ces dernières années pour liquider les derniers kémalistes de l’armée.   D’ailleurs, ceux du Parti républicain du peuple (CHP) n’ont pas soutenu le putsch.   En fait, aucune formation politique n’a appuyé la tentative.   Et pour cause, l’identité des conjurés et leur mode opératoire ont soulevé de nombreuses interrogations.

 

Photo prise le 16 juillet 2016: intérieur du parlement turc à Ankara

Inconnus au bataillon, ils ne disposaient visiblement d’aucun relais au sein de la population, dans les médias ou parmi la classe politique.   Ils ont même bombardé le Parlement, conduisant les députés à se réfugier dans un abri.   Les putschistes se sont ainsi aliéné tous les partis politiques, y compris ceux de l’opposition qui sont pourtant engagés dans une lutte féroce contre Recep Tayyip Erdoğan.

Cette tentative de coup d’État a ainsi débouché sur la publication d’un communiqué conjoint des partis politiques pour condamner l’opération.   C’est du jamais vu en Turquie.   Erdogan reste détesté par beaucoup de monde.   Mais son slogan « La démocratie a été sauvée» , bien que totalement fallacieux, est parvenu à rassembler différentes composantes de la population.

Finalement, la véritable opposition est restée spectatrice d’un conflit qui a opposé deux franges du pouvoir, avec Erdogan d’un côté et Gülen de l’autre.   D’autant plus que cette tentative de coup d’État est arrivée à un moment inattendu.  

En Égypte par exemple, le putsch du général Sissi est survenu au lendemain d’une grande manifestation populaire contre le gouvernement de Morsi.   Mais en Turquie, nous savions que la grande majorité de la rue était acquise à Erdogan.   Il n’y avait pas de mouvement social qui aurait pu appuyer cette opération militaire qui finalement, se résume à un coup d’épée dans l’eau.

L’armée turque s’est pourtant déjà illustrée avec force dans ce genre d’exercice.   Nous l’avons vue à l’œuvre avec le coup d’État de 1960 qui a conduit à la pendaison du Premier ministre islamo-libéral et pro-US, Adnan Menderes.

C’est encore l’armée turque qui intervient dans le putsch de 1971 avec la pendaison de leaders de mouvements estudiantins marxistes.   Enfin, la grande muette a frappé à nouveau avec le coup d’État de 1980.   Là, tout le monde y est passé avec 650 000 personnes arrêtées et torturées, 49 pendaisons, 300 disparitions…

Nous n’avons pas assisté à une telle démonstration de force le 15 juillet 2016.   La tentative de putsch ressemble surtout à un dernier baroud d’honneur de quelques soldats minoritaires.   Il y avait des rumeurs selon lesquelles de nouvelles purges allaient être menées.   Les conjurés sentaient sans doute leur fin venir et ont tenté un dernier coup de poker, de manière précipitée.

 

 

Il y a quelques années encore, Recep Tayyip Erdoğan semblait tout puissant.   La Turquie affichait l’une des plus belles croissances économiques et revenait au-devant de la scène internationale tandis que l’AKP engrangeait de beaux scores aux élections.   Mais le président semble aujourd’hui de plus en plus contesté.   Embourbée dans le conflit syrien ( 05 ) , la Turquie est devenue le théâtre d’attentats.  

La croissance économique s’est essoufflée alors que le chômage et la dette ont augmenté.   En juin 2015, après treize années de domination, l’AKP perd la majorité absolue aux élections législatives et n’a repris la main qu’au moyen d’un scrutin anticipé en novembre de la même année.   Entretemps, la dérive autoritaire d’Erdogan a été largement critiquée.   Comment expliquer cette évolution ?   Le président turc est-il sur le déclin ?

Depuis son arrivée au pouvoir, Erdogan n’a jamais vraiment été inquiété.

Sauf en 2013, avec les manifestations de Gezi ( 04 ).  La population était descendue dans la rue pour protester contre le gouvernement.
Toutes les formes d’opposition s’étaient alors rassemblées si bien qu’Erdogan avait été contraint de sortir le grand jeu répressif.

Vue d'ensemble du parc Gezi, dont le projet d'urbanisation a mis le feu aux poudres en mai 2013. Plusieurs milliers d'Indignés turcs occupent le parc.

Le scandale des écoutes téléphoniques a ensuite éclaboussé l’AKP en 2014.   Une fois de plus, le président a répondu par une escalade de la violence avec de nombreuses arrestations dans le monde de la justice. Nous pouvons donc observer que tous ceux qui contestent trop le pouvoir d’Erdogan finissent en prison ou au chômage.   Cela vaut tant pour les simples manifestants que pour les magistrats.

Avec ces affaires, Erdogan a perdu de sa crédibilité sur la scène internationale.   Mais il reste très populaire en Turquie.   Il a gagné le cœur et l’esprit de la population conservatrice à coup de grands travaux et de versets coraniques.   Certains le voient comme une sorte de prophète.   Un véritable culte s’est développé autour de sa personne.  

Et ce n’est pas nouveau. Déjà lorsqu’il était maire d’Istanbul, Erdogan était parvenu à tisser ses réseaux et à s’attacher les faveurs du petit peuple.   En ce sens, il était très complémentaire de Gülen qui disposait pour sa part de relais islamistes au sein de l’élite et des hautes sphères de l’appareil d’État.   C’est pourquoi Gülen a collaboré avec la coqueluche des masses, Erdogan, pour favoriser la montée de l’AKP.

 

 

Jusqu’à ce qu’Erdogan se rende compte qu’il avait suffisamment d’assises populaires pour tourner le dos à son partenaire.   Gülen a essayé de se venger avec l’affaire des écoutes.   Et je pense qu’aujourd’hui encore, il lui restait suffisamment de relais pour lancer cette tentative de putsch.   Si dans un conflit, nous avons tendance à voir les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, en Turquie, le combat qui oppose Erdogan à Gülen nous offre les deux faces d’une même médaille.  

Sur le plan religieux, Gülen présente sans doute un islam plus discret et plus humble.   Il vivrait d’ailleurs des allocations sociales dans un petit appartement aux États-Unis.   Tandis qu’Erdogan est beaucoup plus bling-bling et affiche un islam clinquant pour conquérir les masses.   Mais tous les deux ont des profils de dictateurs conservateurs.   Ce sont des ultralibéraux sur le plan économique.   Et ils entretiennent des liens étroits tant avec les États-Unis qu’Israël.

Après le putsch le nouveau gouvernement d'Erdogan

Il n’est d’ailleurs pas impossible que Washington ait donné son feu vert à Gülen qui vit aux États-Unis depuis de nombreuses années.   Plusieurs personnalités turques, dont le ministre du Travail, ont accusé Obama d’avoir été secrètement favorable aux conjurés.   Ce n’est pas rien !

Le président états-unien a sobrement condamné la tentative de putsch.   Si l’opération avait réussi, je ne pense pas qu’il aurait fustigé Gülen.   Car ces derniers temps, Erdogan a trop souvent désarçonné les États-Unis.   Washington a besoin de fonctionnaires dociles.   Or, le président turc est un fonctionnaire instable.   Il a profité de son partenariat avec les États-Unis pour mener son propre agenda néo-ottoman, quitte à marcher sur les plates-bandes d’Obama.   Rappelez-vous, quand Obama a commencé à bombarder l’État islamique en s’appuyant sur les Kurdes au sol, Erdogan soutenait l’État islamique et bombardait les Kurdes !

 

 

Le putsch a échoué. Quelles pourraient être les conséquences de cette faillite ?

 
 

Nous allons assister à un retour en grâce d’Erdogan.   En échappant au coup d’État, le président va pouvoir consolider sa mainmise sur la Turquie.   Dorénavant, je vois mal comment la moindre forme de désobéissance institutionnelle pourrait être exprimée à l’égard d’Erdogan.

Le président a profité de cette opération pour parachever le grand nettoyage qu’il avait commencé.   On parle beaucoup des quelque 3 000 militaires arrêtés.   Mais il y a aussi 2 450 magistrats qui ont été démis de leurs fonctions.   140 juges et procureurs ont été placés sous les verrous, dont deux juges de la Cour constitutionnelle.   On voit bien que la répression dépasse largement le seul cadre de cette tentative de putsch.  

Le risque à présent, c’est que tout le monde se retrouve encore plus exposé à la violence d’Erdogan : les partis d’opposition, les syndicats, les mouvements estudiantins…

Il pourrait également y avoir des répercussions sur la scène internationale.   Un revirement avait déjà été amorcé. Erdogan semble revenir à sa doctrine initiale, « zéro problème avec les voisins ».   Cette stratégie consistait à établir des partenariats avec tous les pays de la région, sans exclusivité ni accointance idéologique.   Les Turcs y avaient renoncé pour mener une politique néo-ottomane plus offensive.

Des militaires arrêtés par l'armée restée fidèle à Erdogan

L’objectif était de constituer une zone d’influence sunnite contrôlée depuis Ankara avec Erdogan pour sultan.   Ils ont vu que ce projet était voué à l’échec.   Soutenu par les amis de la péninsule arabique, il était rejeté en bloc par l’Égypte et la Syrie.   Erdogan a donc commencé à se montrer plus raisonnable.  

La dimension économique a joué évidemment.   La riviera turque est désertée.   Les centaines de milliers de touristes russes qui venaient faire trempette en Turquie ont abandonné les plages et les hôtels.   Si bien que les petits commerçants ont exprimé leur mécontentement au gouvernement.   Le tourisme a pris une ampleur considérable ces dernières années et représente aujourd’hui 6 % du PIB turc.   Le pays est devenu la sixième destination mondiale avec 36 millions de visiteurs par an   Mais les récents événements ont fait baisser les revenus du tourisme et augmenter le chômage. ( 06 )

Tout cela a conduit Erdogan à calmer le jeu.   Il se montre plus conciliant avec Poutine et s’est excusé pour l’avion abattu.   Il s’est également rapproché d’Israël.   Il a émis l’hypothèse de nouer des liens avec Sissi en Égypte.   Le dernier volet de cette volte-face diplomatique est venu du Premier ministre.

Binali Yildirim envisage un début de normalisation avec le gouvernement syrien.   On ne sait pas si c’est sincère.   Mais on peut s’attendre à ce qu’Erdogan adopte une position plus apaisée sur la Syrie.   Ce qui pourrait conduire à un gel des relations avec les jihadistes.   Ces derniers souffriraient du blocage des frontières turques. Avec un risque de représailles évidemment.

D’ailleurs, peu de temps après la reprise des discussions avec la Russie, la Turquie a essuyé un massacre à l'aéroport d’Istanbul.   Nous n’avons pas beaucoup d’éléments d’information sur cet attentat, mais nous connaissons l’origine des terroristes : un Russe, un Ouzbek et un Kirghiz.

Jusqu’à maintenant, l’État islamique semblait ménager la chèvre et le chou en évitant de revendiquer les attentats perpétrés en Turquie.   Mais si le dernier corridor reliant le fief de l’État islamique, Raqa, au monde extérieur est fermé, les tensions risquent d’augmenter.

Surtout si Erdogan se rapproche de la Russie et, par ricochet, de la Syrie.

 

Source: Source: Investig’Action. En entrevue: Bahar Kimyongür, diplômé de l’Université Libre de Bruxelles en histoire de l’art et archéologie, participe activement aux mouvements contre la guerre et l’exploitation des pays du Sud. Membre d’AttacBruxelles et du Comité pour la liberté d’expression et d’association (CLEA), il est l’auteur du livre “Turquie, terre de diaspora et d’exil”, paru aux éditions Couleur livres et de Syriana édité par Investig’Action/Couleur livres; Agence de presse Anatolie pour Zaman France-Turquie.

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 18 juillet 2016
plus récente mise à jour le 20 juillet 2016

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Et l'on nous dira que la Turquie est un pays démocratique.  Avec la liberté de penser comme le président.

  • Selon le Bureau du président de la Turquie. 265 personnes ont été tuées, incluant 161 civils et 104 conspirationnistes ;

  • Plus de 200 employés des services du premier ministre ont ainsi été mis à pied, de même que près de 500 de l’agence des affaires religieuses

  • « 21 700 fonctionnaires du ministère de l’éducation (...) ont été suspendus, une enquête à été ouverte au sujet de ces individus »

  • Le Conseil de l’enseignement supérieur (YÖK) – l’organisme étatique qui supervise l’organisation des universités – a pour sa part demandé la démission de plus de 1 577 recteurs et doyens d’université publiques et celles rattachées à des fondations privées

  • Arrestation et mandats d'arrêt: de 7 500 militaires, dont 85 généraux et amiraux ;

  • Au total, 9 322 militaires, magistrats, policiers font par ailleurs l’objet d’une procédure judiciaire;

  • Arrestation et mandats d'arrêt envers 2 745 juges;

  • Arrestations, mandats d'arrêt, de 492 membres d'institutions islamiques;

  • Arrestation, mandat d'arrêt de 393 employés du ministère des Affaires sociales;

  • Arrestation, mandat d'arrêt de 100 membres des services de renseignement;

  • Les politiciens par leur propre parti politique ont dénoncé unanimement le coup d’État lors d’une réunion des parlementaires ;

  • Arrestation ou mandats d'arrêt de 34 journalistes

  • Durant cette rencontre le parlement a été bombardé ;

  • Un hélicoptère militaire turc aurait atterri en Grèce et 8 personnes ont demandé l’asile politique ; (sauf qu’une autre version de l’information propose que ce serait du personnel médical qui n’était pas du tout au courant du coup) ;

  • Haut Conseil turc de la radio et de la télévision (RTÜK) a annoncé mardi avoir retiré leur licence aux chaînes de télévision et de radio jugées proches du prédicateur Fethullah Gülen

  • Les diplomates états-uniens ont affirmés que la Turquie avait isolé la base militaire Incirlik dans le sud du pays, qui est utilisée par les États-Unis dans leur lutte contre Daech en Syrie.

  • Et tout cela grâce à des milliers de bons musulmans délateurs faisant partie du parti d'Erdogan!

 
 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

La Turquie secouée par un scandale d'écoutes téléphoniques - Sur Le Monde France avec AFP, le 25 février 2014

 
 

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02

 

 

Voici une autre version: « Les putschistes semblaient revendiquer les valeurs kémalistes, tandis qu'Erdogan met tout sur le dos de la confrérie Gülen (…) Les auteurs du coup d’État manqué du 15 juillet 2016 ne sont pas encore identifiés.   Mais la terminologie de leur communiqué de presse indique qu’il s’agit probablement d’un groupe kémaliste, qui s’oppose aux dérives islamistes et liberticides du Président Erdogan.   Le communiqué publié par les putschistes montre qu’un groupe de généraux et d’officiers désirait renverser le gouvernement, au nom «de la démocratie, de la liberté d’expression et de l’état de droit». Il critiquait nommément le Président de la République et le Premier ministre, «qui ont violé la Constitution et les valeurs universelles du droit». Auto-proclamé «Conseil de la Paix dans le Pays», le groupe de putschistes cite dans son communiqué Mustapha Kemal Ataturk, premier président de la république turque: «Paix dans le monde, paix dans le pays» (…)
Les milieux kémalistes évoquaient depuis au moins un an la possibilité d’un coup d’État, à cause du «mécontentement populaire» et de la «violation des règles fondamentales de la République et du kémalisme» (…) Bien formés, bien éduqués, laïques et kémalistes, la grande majorité des officiers de l'armée turque, souvent d'origine modeste, croient qu'ils sont les seuls et vrais représentants de la République. » - Transmission par Luc Michel
PCN-MAKP

 

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03

 

À propos des procès Balyoz - Sur Aujourd'hui la Turquie, le 6 avril 2015 et Ergenekon - Sur Wikipédia

 
 

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04

 

Gezi - une chronologie débutant en mai 2013 - Part la télévision ARTE et le tour de la question sur Wikipédia

 
 

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05

 

Enfin!  La levée du voile sur le conflit Syrien - Sur MétéoPolitique

 
 

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06

 

Turquie: Baisse significative du tourisme - Sur Aujourd'hui la Turquie, le 3 mai 2016

 
 

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