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Le nationalisme intégré dans la constitution: vue de Russie

Depuis plus d'un an maintenant, la société Canadian Broadcasting Corporation CBC/Radio-Canada mène une guerre médiatique à l'image de la Fédération de Russie.  Les Canadiens et Québécois, qui sont attentifs au monde diplomatique et à la géopolitique délaissent la société d'État qui est devenue le bras médiatique d'Affaires mondiales Canada, le nouveau nom du ministère des Affaires extérieures.  Pour les férus d'information, il faudra chercher ailleurs pour avoir un semblant de vérité quant à la vie politique, économique et sociale de la Russie.  Lorsqu'un média dénomme à toutes les sauces Alexei Navalny comme représentant de l'opposition politique au président Vladimir Poutine, c'est comme si je vous disais que le militant Jaggi Singh serait le principal opposant canadien à Justin Trudeau, occultant ainsi les partis politiques officiels.   Dès lors, nous serions en plein délire.  Il est prudent d'être critique à ce que le gouvernement canadien désire que les médias déclament et la réalité de ce qui est.

Passons la plume à Tom Luongo pour nous faire le topo des modifications à la constitution russe, à la suite du référendum de juin 2020.                                                                                   - JosPublic

 

Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine en conférence en temps de coronavirus

 
 

La stabilité politique de la Russie est assurée pendant que l’Occident s’écroule

 
 

Malgré ce que les commentateurs états-uniens et européens peuvent penser, il y a vraiment un profond désir parmi les gens de voter pour leur propre souveraineté.  Et cette impulsion était pleinement affichée lors du référendum sur le projet de la nouvelle constitution qui se tenait entre le 25 juin et le 1er juillet 2020.

Le référendum a été approuvé par 78% de la population avec un taux de participation de 65%.  Ce sont les changements les plus radicaux apportés à la constitution russe depuis sa ratification en 1993, qui à l'époque conférait au président un pouvoir immense.

Et tandis que le paquet législatif final de réformes différait sur un aspect important de celui d’origine – permettant à un président de servir plus de deux mandats « consécutifs » – le thème principal des changements était de déléguer le pouvoir de la présidence en mettant plus de ce pouvoir entre les mains des élus de la Douma (parlement).

Le cabinet du président doit être issu de la Douma plutôt que nommé par le président, tandis que le Conseil d’État a été officiellement ajouté à la constitution qui peut appliquer les décrets présidentiels directement aux régions.  En effet, il y a maintenant un équilibre – et une tension – plus grand entre ces diverses branches du gouvernement alors que le président perd le contrôle sur la nomination de son cabinet mais renforce sa capacité à contourner le parlement élu.

Ce qui était clair au début de ce processus, c’est que Poutine essayait de préparer sa succession tout en minimisant la possibilité de voir une autre « marionnette étrangère » exercer l’immense pouvoir de la présidence russe, comme c’était le cas sous Boris Eltsine.

Poutine cherchait à prendre sa retraite en 2024, à 71 ans, en visant son maintien dans la politique russe par une forte présence à la direction du Conseil de sécurité, qui, avec ces réformes, a un rôle plus direct dans l’élaboration de la politique militaire et diplomatique qu’auparavant.

Vladimir Poutine et l'ex-premier ministre Dmitri Medvedev lors du remaniement ministériel afin de préparer le référendum constitutionnel.  Le nouveau premier ministre depuis le 16 janvier 2020 est Mikhaïl Michoustine

Quelle que soit votre perspective politique, il y aura des critiques pertinentes de ces changements vu le potentiel d’abus, mais la vision globale est de rendre la Russie beaucoup plus résistante aux interférences extérieures, tout en reflétant la fierté croissante des Russes pour leur patrie, et le souci de leur survie dans le contexte d’un enfer tel que celui qui leur a été imposé après la chute de l’ URSS.

Et ces changements doivent être vus à travers cette optique.  Dans mon esprit, la Russie est en état de guerre avec l’Occident depuis fin 2013 avec la tentative de l’Union Européenne d’accélérer l’entrée de l’Ukraine dans son sein – et dans l’OTAN.   Cela a provoqué le coup d’état du Maïdan, la réunification ultérieure avec la Crimée et la guerre pour empêcher la sécession du Donbass.

Poutine est arrivé au pouvoir au plus fort de l’effondrement économique et sociétal post-soviétique de la Russie.  Il sait qui était derrière ces événements et, métaphoriquement, dans quels placards sont planqués les cadavres.  Il fait toujours des démarches qui sont, au mieux, des changements progressifs réalisables, lorsque ces changements sont devenus importants et évidemment nécessaires.

C’est ce que représentent bon nombre de ces modifications constitutionnelles, des changements progressifs nécessaires pour assurer l’avenir à court terme de la Russie dans le contexte d’un Occident irrémédiablement hostile, car en proie à l’agonie de l’empire.

Pour cette raison, ils sont les bienvenus, même s’il faut être méfiants, car tout pouvoir doit intrinsèquement être suspecté. 

Les membres d'une commission électorale, portant des masques faciaux et des gants pour se protéger contre le coronavirus, se préparent à compter les bulletins de vote après avoir voté dans un bureau de vote de la ville de Tchita, en Sibérie orientale, en Russie, le 1er juillet 2020

Et le peuple russe a compris la nature du conflit, dans la mesure où il était motivé à faire un acte définitif à ce sujet.

La réponse de la presse occidentale a été plutôt pathétique, avec des titres qui ne font que souligner la possibilité, pour Poutine, de rester au pouvoir jusqu’en 2036 – date à laquelle il aura 83 ans – et l’emphase mise sur les petites poches de résistance à ces changements.

Les personnes qui pleurent le plus aujourd’hui sont les néolibéraux, les néocons et leurs agents de renseignement, que Poutine a constamment déjoués au cours des trente dernières années qu’ils ont passées à attendre qu’il s’en aille.  Ces changements à la constitution peuvent, en fin de compte, comme le suggère Gilbert Doctorow, renforcer la présidence de manière imprévue, mais la seule chose qu’elle fait est de s’assurer que, si la Russie devait sombrer dans l’autocratie, elle le ferait à ses propres conditions et non à celles des gens qui l’ont ouvertement détruite dans les années 1990.

Nous vivons une ère d’instabilité politique extrême qui reflète les fondements économiques empoisonnés sur lesquels sont bâties les institutions.  Partout en Occident, nous constatons une résistance massive à l’ordre existant de tous les côtés du spectre politique.  La colère et la frustration ont la même origine, alors que les objectifs sont très différents.

Les pouvoirs en place sont derrière ceux qui cherchent à briser l’ordre politique aux États-Unis tout en s’opposant à la même tendance en Europe.  L’ironie du sort ne devrait échapper à personne en constatant qu’une révolution de couleur est en cours aux États-Unis, où le système institutionnel est dévolu à un gouvernement fédéral, avec des États individuels fonctionnant toujours en accord avec ce gouvernement.

Alors que dans le même temps, un ensemble de traités flous lie les nations souveraines d’Europe à une Union européenne qui n’a presque aucune autorité légale pour appliquer ses directives, mais qui a violemment résisté à toutes les expressions de souveraineté nationale considérées comme des actes de barbarie.

Ainsi, l’image devrait être très claire concernant cette dynamique, à savoir qui tire les ficelles et à quelles fins. 

Et c’est pourquoi il y a ce genre de cris et de grincements de dents en Occident [à propos des réformes constitutionnelles russes], ils ne peuvent tolérer aucune expression réussie de la souveraineté nationale de peur que les serfs ne se mettent à avoir des idées politiquement incorrectes.

Le président russe Vladimir Poutine montre son passeport à un membre d'une commission électorale alors qu'il arrive pour participer au vote dans un bureau de vote à Moscou, en Russie, le mercredi 1er juillet 2020.

Mais je ne pense pas que l’une quelconque de ces dynamiques l’emportera finalement.  Les États-Unis sous leur forme actuelle ne survivront peut-être pas à leur guerre civile, mais l’Europe ne rentrera pas non plus tranquillement dans la longue nuit de l’État policier supranational dont rêve le Gang de Davos.

La clé du succès de Poutine a été sa nature conservatrice qui comprend que le changement prend du temps. Vous ne pouvez pas forcer un changement durable.  Vous devez laisser aux gens le temps de s’habituer à une idée tout en étant prêt à admettre que certains changements ont été erronés.

C’est pourquoi ces changements ont été adoptés avec une majorité de près de 80%.   Ils étaient en accord avec l’opinion publique sur l’avenir de la Russie et sur celui qui devrait prendre ces décisions.

Ainsi les Russes ont déclaré au monde l’autre jour que la maladie vraiment dangereuse qui infecte l’Occident – un libéralisme illimité à la frontière du libertinage – ne sera pas une politique publique pour eux à l’avenir.

Tom Luongo 

Notes & Références encyclopédiques:

c'est comme si je vous disais que le militant...
 

Jaggi Singh: celui qui affirme que Gilles Vigneault est un raciste à cause de sa chanson "Mon pays"

Vous pourriez rire tout à votre goût si je vous disais, pour faire une équivalence, qu'au Canada le manifestant professionnel Jaggi Singh serait l'opposant no 1 à Justin Trudeau

Tel est le cas d'Alexei Navalny en Russie. Sa visibilité médiatique masque la véritable opposition intérieure russe.  Il y a plusieurs partis politiques en Russie dont un a plus de 2 millions de membres. 

 

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Et tandis que le paquet législatif final de réformes différait sur un aspect important de celui d'origine...
 

Vladimir Poutine prépare sa succession par Gilbert Doctorow
analyste de relations internationales et affaires russes. Temps de lecture 7 minutes en français

 

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tout en minimisant la possibilité de voir une autre "marionnette étrangère" à la tête de la Russie...
 

Sauvetage de l'élection de Boris Eltsine par Bill Clinton en 1996 En faisant les recherches pour ne pas se faire manipuler le recherchiste-blogueur James Howard Kunstler a découvert que:

Bill Clinton l'ex-président des États-Unis a fait investir quelques millions$ par "le Pentagone" et a délégué une firme de communications de Californie auprès de l'équipe d'élection de Boris Eltsine, ex-président de la Russie lors de l'élection en 1996 et voici comment... 

 

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Cela a provoqué le coup d'État du Maïden...
 

Ukraine : la filière canadienne Pendant toute la période d’effervescence « révolutionnaire » qui s’est emparée de la capitale ukrainienne fin 2013, début 2014, John Baird, le ministre des Affaires étrangères du Canada, a fait preuve d’une hyperactivité pro-ukrainienne qui n’est pas passée inaperçue.

 Ses déclarations « d’amour » en faveur des révoltés de l’Euromaïdan et ses salves verbales, tonitruantes et belliqueuses, contre le président Poutine et la Russie ont de quoi laisser perplexe. D’autant plus que la contestation ukrainienne était orchestrée par des groupes paramilitaires violents, aux forts relents néonazis, affiliés à l’extrême-droite ultranationaliste.

Mais pourquoi diable un pays comme le Canada, patrie des « Casques bleus », nation perçue comme « semeuse » de paix dans le monde, prend-il le parti d’un mouvement putschiste extrémiste tout en se mettant à dos la Russie qui siège avec lui au G8?

 

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La réponse de la presse occidentale a été plutôt pathétique, avec des titres qui ne font que souligner la possibilité, pour...
 

Vladimir Poutine pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2036.  Sur Fox News 1er juillet 2020.  Allez, Fox, vous pouvez faire mieux que cet article d'opinion déguisé en "reportage".

 L'article ignore absolument tout ce qui est vital pour les électeurs dans les nombreuses réformes et se concentre uniquement sur un élément de propagande sur lequel les États-Unis ont insisté: permet-il à Poutine de se présenter à nouveau?  Hé les gars, les Russes dirigent leur pays en fonction de ce qui est important pour eux et les Russes n'ont pas le syndrome de dérangement de Poutine, mais c'est la seule chose qui compte pour les États-Unis.

En réalité, les réformes réduisent considérablement le pouvoir du président.  Auparavant, quiconque était président pouvait nommer le Premier ministre et d'autres membres du gouvernement et le Parlement n'était qu'un tampon en caoutchouc.  Aujourd'hui, ces décisions sont des décisions parlementaires.  Auparavant, le président pouvait procéder à des réélections «par équipe», car ce n'était qu'une limite de deux mandats consécutifs.  Maintenant, c'est deux trimestres au total.  Ils l'ont relancé pour Poutine car sinon ils devraient y mettre une disposition spéciale établissant une restriction spéciale contre Poutine.  Poutine est populaire ici en Russie, ce qui aurait nui à l'ensemble du paquet législatif.  Les gens ont aimé les nouvelles dispositions selon lesquelles le mariage est entre un homme et une femme, que les parlementaires ne pouvaient pas avoir la nationalité étrangère et ne pouvaient pas avoir de comptes bancaires étrangers, ils ont aimé l'indexation des pensions sur le coût de la vie et bien plus encore.  Personne n'aimait avoir autant de changements à la fois, mais c'est ce qu'il faut faire pour éviter le chaos lors de la mise à jour de l'ancienne constitution, rédigée à la hâte sous les conseil des États-Unis, il y a près de 30 ans.  Dans l'ensemble, c'est un changement positif.  Par Dmitri Donskoi (2 juillet 2020)

 

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Et cette impulsion était pleinement affichée lors du référendum...

 

Amendements à la Constitution russe en juin 2020: «personne n’a été oublié», souligne une eurodéputée française

 

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Il y a 6 grands partis politiques en Russie ...
Cette liste ne présente que les partis politiques enregistrés et ne couvre pas les personnes souhaitant se présenter à la présidence russe sans réel parti politique
 

Russie Unie
est un parti politique russe classé au centre droit. Sa plateforme politique comprend "le libre marché, la redistribution d'une partie de la richesse et une vision nationaliste de la Russie".

 Le parti Russie unie est présidé de novembre 2002 au par Boris Gryzlov, ancien président de la Douma d’État, puis par le président du gouvernement russe, Vladimir Poutine, jusqu'en mai 2012, date à laquelle Dmitri Medvedev lui succède, après avoir été élu lors du XIIIe congrès du parti. Le nombre d'adhérents en 2013 était de 2 073 772 personnes.

Parti communiste de la fédération de Russie
est un parti politique russe placé à gauche de l'échiquier politique. Fondé après l'interdiction du Parti communiste de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, le parti se revendique de l'héritage du Parti communiste de l'Union soviétique et des Bolcheviks.

Le parti a insisté sur son caractère uniquement russe, et il a toujours invoqué le patriotisme et le nationalisme russe en plus du marxisme-léninisme, idéologie officielle du Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS).  Le nombre d'adhérents en 2015 était de 161 569

Parti libéral-démocrate de Russie
est un parti politique russe dont le dirigeant Vladimir Jirinovski est très controversé presque depuis sa fondation, en 1989, comme le Parti libéral démocratique de l'Union soviétique.

Le PLDR se décrit comme un parti démocratique centriste et réformateur.  Mais les opinions émises par le chef passe de l'ultra nationaliste en exigeant que la Russie récupère l'Alaska des États-Unis au racisme lorsqu'il incite les états-uniens à préserver la race blanche.  Le nombre d'adhérent n'est pas connu du webmestre.

Parti démocratique russe unifié - Iabloko

est un parti politique social-libéral russe dirigé par Emilia Slabounova. Positionnement sur l'échiquier politique: de centre à centre-gauche.  Il a été fondé en 1993 par Grigori Iavlinski, Iouri Boldyrev et Vladimir Loukine.  Le parti a déjà présenté une liste de faux membres.  Depuis le nombre réel reste inconnu.

Parti de la croissance

est un parti politique russe fondé le .  Le parti est formé par la fusion de trois partis : l’Union des forces de droite, Pouvoir civil et le Parti démocratique de Russie. D'idéologie libérale-conservatrice il est positionné au centre-droit de l'échiquier politique.

Communistes de Russie - Коммунисты России

est un parti communiste et marxiste-léniniste russe. Positionnement d'extrême-gauche sur l'échiquier politique.  Il a été fondé en 2009 par Maxim Souraïkine .

Narodnaïa Volia « Parti de la renaissance nationaliste « Volonté populaire »
est un parti nationaliste russe créé en par Sergueï Babourine en unissant quatre petits partis nationalistes.

 

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Source:  Texte par Tom LUONGO
 sur Strategic Culture

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 26 juillet 2020

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Un militant de la déstabilisation fabriqué aux États-Unis-d'Amérique. L’opposant russe Alexei Navalny

Si je vous disais que cet homme ne fait que défendre son peuple, est-ce que vous liriez ce texte ou le préjugé l'emporterait?

    Fiche: géopolitique

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500 000 observateurs étrangers
lors du référendum constitutionnel en Russie
du 25 juin au 1er juillet 2020

La tradition d’accueillir des observateurs étrangers lors des scrutins se maintient en Russie. Ainsi, parmi les 500 000 observateurs volontaires indépendants qui ont sillonné le pays, se trouvaient, notamment à Moscou et en Crimée, plusieurs eurodéputés français.

Hélène Laporte, députée européenne (RN) du Lot-et-Garonne, qui fait partie de la «dizaine de députés à se répartir entre Moscou et la Crimée», assure avoir été satisfaite de son déplacement.

«Il n’y a aucun autre pays qui permette ainsi aux observateurs d’aller voir comment se passe le processus du referendum, d’autant plus que nous sommes dans la situation particulière de la fin de pandémie de coronavirus», souligne Hélène Laporte. source : Sputnik news le 2 juillet 2020