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Brisons le silence
Une troisième guerre mondiale se profile à l'horizon!

John PILGER, grand journaliste et analyste écrit en tant que citoyen états-unien et nous invite à briser le silence. JosPublic a traduit pour vous cette analyse pour mieux comprendre l'attitude du gouvernement canadien à vouloir consolider son appartenance à la vision anglo-saxonne de la politique extérieure des États-Unis-d'Amérique. Nos politiciens nous préparent un bien vilain avenir. God save the Queen, et au diable la population!

 

 

 

 

 

Texte par JOHN PILGER
journaliste d’enquête indépendant
états-unien

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Mise en contexte

Pourquoi tolérer la menace d’un déclenchement d’une autre guerre mondiale en notre nom? 

Pourquoi permettre des mensonges qui justifient ce risque? 

L’état de notre endoctrinement, écrit Harold Pinter, « est un geste très réussie d’hypnose, brillant et même astucieux, comme si la vérité n’existait pas pendant qu’elle se produit. »

À tous les ans, William Blum, l’historien états-unien publie sont « Sommaire de la compilation et mise à jour des politiques extérieurs des États-Unis-d’Amérique» qui montre que, depuis 1945, les États-Unis:

  • ont tenté de renversé plus de 50 gouvernements, dont plusieurs élus démocratiquement;

  • sont intervenus grossièrement dans le processus électoral de 30 nations;

  • ont bombardé des populations civiles dans 30 pays :

  • ont utilisé des armes chimiques;

  • ont tenté d’assassiner des chefs politiques, dans plusieurs cas avec la collaboration de la Grande-Bretagne et du Canada.

Une chape de plomb sur l'information

Le degré de souffrance humaine et la criminalité des gestes énumérés sont peu connus des populations occidentales, et ce, malgré un système de communication des plus plus avancés et des journalistes parmi les plus libres du monde. Des faits que personne n'ose publier

Deux exemples d'informations proscrites:

1. Le plus grand nombre de victimes de «notre type» de terrorisme sont musulmanes; 2. Le djahidisme extrême qui a mené vers la catastrophe du 11 septembre 2001, fut nourri en armes par les politiques anglo-saxonnes dont l’Opération Cyclone en Afghanistan.


En avril 2014, le département d’État des États-Unis a noté que, suite à l’intervention de l’OTAN de 2011, « la Libye est devenue un refuge de terroristes». 

JosPublic constate que «c’est une prise en compte mais il n’existe aucune analyse ni stratégie pour éviter de refaire l’erreur qui est en train de se répéter en Syrie et en Ukraine.»

À travers le temps, le nom de « nos » ennemis a changé. On pourrait dire du Communisme à l’Islamisme, mais en général il s’agit d’un pays indépendant du pouvoir de l’Ouest , dont le territoire stratégiquement utile est riche en ressources.

Les chefs de ces nations considérés comme obstructionnistes sont habituellement violemment mis de côté, comme Muhammad Mossedeq le démocrate d’Iran et Salvador Allende du Chili, ou ils ont été assassinés comme Patrice Lumumba au Congo. Tous sont sujets à des campagnes caricaturales de diabolisation – pensons à Fidel Castro, Hugo Chávez et maintenant Vladimir Poutine.

Le rôle de Washington en Ukraine est différent parce qu'il fait courir un risque à chacun de nous. Pour la première fois depuis les années Reagan, les États-Unis menacent de nous entraîner dans une guerre mondiale.

Avec l’Europe de l’Est et les Balkans, devenus dorénavant des avant-postes de l’OTAN, l’Ukraine demeure le dernier état « tampon » entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest. Situé à la frontière de la Russie, il se fait présentement démanteler. Nous de l’Ouest, appuyons des néo-nazis dans un pays où les nazis ukrainiens appuyaient Adolf Hitler.

En février 2014, le putsch planifié par Washington, pour défaire le gouvernement de Kiev élu démocratiquement fonctionna à merveille, sauf que le plan à l'effet que l'OTAN occupe la base navale de Crimée, échoua. Les Russes se sont défendus, comme ils l’ont toujours fait face aux menaces et invasions de l’Ouest depuis plus d’un siècle.

L'unique enjeu pour les États-Uniens en Ukraine est de placer leur armée, en l'occurrence l'OTAN, sur une base militaire le plus près possible de la frontière russe. Pour réussir l'objectif, l'OTAN a accéléré sa tentative d'encercler la Russie tout en orchestrant des attaques sur l’ethnie russe principalement située sur les territoires Est d'Ukraine. Le pouvoir de l'Ouest souhaitait que l'armée russe traverse les frontières pour venir en aide aux Ukrainiens de langue russe, ce qui aurait fait de Poutine un «paria» et aurait justifié une guérilla qui aurait pu s'étendre jusqu'en Russie même.

 Contrairement aux prévisions états-uniennes, Poutine a déboussolé les partisans de la guerre en cherchant un accommodement avec Washington et l’Union Européenne.

Il a rappelé ses troupes situées sur la frontière de l’Ukraine, les a retournées à leurs baraquements réguliers, et a invité les chefs de l’ethnie russe de l’Ukraine de l’Est à abandonner l'idée de référendum provocateur.

«

Le premier geste du gouvernement illégitime de Kiev fut d’enlever le droit de parler Russe aux habitants des provinces où ils sont majoritaires
 
                                                                                           - JosPublic

»

Ces personnes bilingues, russe/ukrainien, représentent un tiers de la population du pays, et ont longtemps cherché à améliorer la fédération ukrainienne par le biais de la démocratie politique. Leur souhait se portait sur une fédération aux traits multiethniques qui représenterait la diversité du pays tout en étant indépendante et autonome de Moscou. 

La majorité n’est pas si « séparatiste » ou « rebelle », ce sont plutôt des citoyens qui veulent vivre de façon sécuritaire dans leur pays d’origine.

Comme les ruines d’Irak et de l’Afghanistan nous le rappellent, l’Ukraine a été transformée en parc d’amusement par la CIA, dirigée par son directeur John Brennan à Kiev.

Ses « unités spéciales », de concert avec celles du FBI, installaient des « structures de sécurité » afin d'attaquer sauvagement ceux et celles qui s’opposent au coup d’état de février 2014.

Regardez les vidéos, lisez les comptes rendus des témoins oculaires du massacre d’Odessa en mai 2014. ( 03 )

Voyez ces voyous fascistes arriver par autobus, brûler le siège social du syndicat, et tuer 41 personnes prises à l’intérieur.

Voyez la police impassible regarder la situation.

Meurtre d'Odessa sur fond de diplomatie de bas niveau par Barak Obama des États-Unis et Angela Merkel d'Allemagne

Un médecin raconte avoir tenté de sauver des gens, « mais j’ai été arrêté par des nazis radicaux. Un de ceux là me repoussa rudement promettant que bientôt moi et bien d’autres juifs d’Odessa allions subir le même destin…. Je me demande pourquoi le monde entier est silencieux ».

Les russophones d’Ukraine se battent pour leur survie. Lorsque Poutine a annoncé le retrait des troupes russes le long de la frontière, le ministre de la défense de la junte de Kiev, le fondateur du parti fasciste Svoboda
( 01 ), se gaussait que les attaques sur les « résistants » continueraient.

William Hague, dans un style tout à fait orwellien ( 02 ), accusa Moscou «de tenter d’orchestrer des conflits et des provocations». Voilà une propagande de l’Ouest  qui inversait le fardeau de la preuve en accusant la Russie. Son cynisme fut soutenu par les félicitations grotesques d’Obama pour le coup d’État de la junte et sur sa « remarquable retenue » après le massacre d’Odessa.

Illégale et dominée par les fascistes, la junte est décrite par Obama comme « dûment élue ». Comme le disait Henry Kissinger, «Ce qui importe ce n’est pas la vérité, mais ce qui est perçu comme étant vrai».

Dans les médias états-uniens, les atrocités d’Odessa ont été minimisées et interprétées comme des «troubles» et une «tragédie» où les nationalistes (néo-nazis) ont attaqué les «séparatistes» (des gens ramassant des signatures pour tenir un référendum sur l’implantation d’une Ukraine fédérale).

Le Wall Street Journal de Rupert Murdoch maudit les victimes – «Un feu en Ukraine probablement allumé par des rebelles, dit le gouvernement».

La propagande en Allemagne fut de la pure «guerre froide», avec le Frankfurter Allgemeine – Zaitgung avisant ses lecteurs «De la guerre russe non déclarée officiellement» par la Russie. Pour les Allemands, c’est d’une ironie cruelle que Poutine soit le seul chef à condamner la montée du fascisme en Europe au XXIe siècle (21e siècle).

Un truisme populaire veut que «le monde ait changé» après le 11 septembre 2001. Mais qu’est-ce qui a donc changé ? Selon le grand alerteur Daniel Ellsberg, un coup d’état silencieux s’est produit à Washington et c’est un militarisme rampant qui dicte maintenant les règles.

Le Pentagone dirige présentement des «opérations spéciales» ou des guerres secrètes dans 124 pays.

Pendant ce temps aux États-Unis, la pauvreté endémique s’installe et une hémorragie de liberté se traduisant en déficit démocratique est devenue un corollaire à un état de guerre perpétuelle.

Ajoutez le risque d’une guerre nucléaire, et la question s’impose : pourquoi tolérer cela?

Stephen Harper et le Parti Conservateur canadien sont des "va-t-en-guerre" dangereux et voici ce qu'en dit l'ambassadeur de la Russie au Canada. - JosPublic

L'ambassadeur a dirigé plusieurs pointes vers le gouvernement conservateur durant cette entrevue, notamment une concernant sa position face aux agissements russes en Ukraine, après le référendum sur l'indépendance de la Crimée et le soulèvement dans l'Est ukrainien.

Le premier ministre Stephen Harper a qualifié le président russe Vladimir Poutine de menace à la paix internationale pour avoir violé les frontières de l'Ukraine et annexé la Crimée.

Dans une entrevue exclusive avec La Presse Canadienne, M Georgiy Mamedov, ambassadeur.

« Sur le plan des politiques étrangères, en raison des événements récents, je ne peux évidemment pas être d'accord avec ce que fait ce gouvernement, qui peint tout en blanc ou tout en noir, dont nous et l'Ukraine », a exprimé l'ambassadeur.

Il a également accusé le gouvernement Harper de s'isoler de ses alliés dans le dossier de l'Ukraine et a laissé entendre que les conservateurs tentaient de s'attirer les faveurs des 1,2 million de Canadiens d'origine ukrainienne.

« Tout ce que j'ai vécu comme diplomate, durant et après la guerre froide, c'est : plus grand est le risque de guerre, plus vive est la discussion. La seule exception à cette règle se sont les sept derniers mois que j'ai passés à Ottawa. »

Lors d'une récente réunion du G8, Stephen Harper a encouragé les autres dirigeants à ne pas s’adresser à Vladimir Poutine pour ne pas nuire aux efforts des pays occidentaux pour l’isoler politiquement. 

«Le plus triste, a poursuivi M. Mamedov, est que si ce gouvernement croit vraiment que nous sommes la source de tous les problèmes en Ukraine, que nous sommes la menace, que nous sommes le problème, je ne comprends pas pourquoi il refuse nos nombreuses invitations à s’asseoir et à discuter.»

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Source: John Pilger est l’auteur de Freedom Next Time. Il peut être rejoint pas son site internet www.johnpilger.com

Choix de photos, mise en page, références, titrage et traduction de l'anglais par : JosPublic
Publication : 23 juin 2014

 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Union panukrainienne « Liberté » (Svoboda) et son chef Oleh Tyahnybok. Un parti politique fachiste en Ukraine - Sur Wikipédia 

 
 

 

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02

 

Définition d'Orwellien: Le dictionnaire d'Antidote définit ainsi le totalitarisme : « Se dit d’un régime politique non démocratique dans lequel tous les pouvoirs appartiennent à un nombre restreint de dirigeants qui ne tolèrent aucune opposition. »

Aussi il définit l’adjectif orwellien comme suit : « Relatif à George Orwell. Qui rappelle l’univers totalitaire des écrits d’Orwell. »

L’encyclopédie libre Wikipédia précise quant à elle ceci : « L'adjectif « orwellien » est également fréquemment utilisé en référence à l'univers totalitaire imaginé par l'écrivain anglais.

 

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03

 

Le président putschiste Olexander Turchinov a présidé la réunion de planification du massacre d’Odessa.

Le massacre d’Odessa organisé au sommet de l’État ukrainien - Sur Réseau Voltaire, 16 mai 2014

 
 

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