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À choisir: qui est de trop dans la forêt ? le caribou, les scientifiques
ou le ministre Pierre Dufour ?

On estime de 3 à 6 000 le nombre de caribous forestiers au Québec, répartis en petites hardes de quelques dizaines d'individus, dont une importante proportion se retrouve sur la Côte-Nord.  Le ministère de la forêt a décidé de ne plus protéger certaines régions, les scientifiques se sont objectés à l'argumentation du ministre, ils ont été rabroués cavalièrement.  L'organisme Action Boréale d'Abitibi a critiqué publiquement et s'est vu recevoir une mise en demeure du ministère.  Comme l'affirmait le chroniqueur Steve E Fortin... " Ce que l’on voit poindre de la Coalition Avenir Québec (CAQ) est inquiétant et nous rappelle, tristement, les heures sombres de la gouvernance de Stephen Harper à Ottawa. Éliminer les contre-pouvoirs, s’attaquer aux scientifiques, centraliser le pouvoir le plus possible dans les mains des ministres... Rien de bien emballant."                                                                                    - JosPublic

Regard

 
 
 

Les caribous sont-ils de trop dans la forêt ?

 
 

 

Certaines populations de caribous forestiers,
 comme celle de la Gaspésie, sont carrément au seuil de l'extinction.

  Mise en situation par le Forestier en chef du Québec: Analyse d’impacts 

 

Selon ce que prévoit le gouvernement Legault, trois massifs forestiers situés dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui faisaient l’objet d’une « protection administrative » interdisant l’abattage industriel d’arbres se verront retirer leur statut de conservation temporaire.  L’un d’eux, situé dans le secteur de la rivière Péribonka, a même déjà été ciblé pour un projet d’aire protégée qui recouvrait une partie du territoire, afin de préserver le « corridor visuel » de cette rivière importante.

Le Ministère de forêt de la faune et des parcs (MFFP), qui a choisi de reporter à 2023 la mise en oeuvre d’une « stratégie » de protection du caribou forestier, entend ainsi « rendre disponibles pour la récolte 46 000 hectares de forêt », ce qui représente une superficie de 460 kilomètres carrés.  On promet toutefois une « consultation publique ».

Pourquoi effacer cette mesure de protection temporaire, alors que le caribou forestier est inscrit comme espèce « menacée » depuis l’an 2000, selon la législation fédérale sur les espèces en péril ?  « Les données récentes issues du système de suivi démontrent l’absence de localisation de caribous dans ces secteurs », précise le ministère, pour justifier sa décision.  « Les massifs se trouvent en dehors des vastes espaces propices, zones d’habitat en restauration et zones de connectivité proposée dans le but d’assurer la pérennité du caribou forestier », ajoute-t-on, par courriel.

Selon la carte fournie au journal Le Devoir par le MFFP, le caribou forestier est bel et bien présent dans la région, même si les coupes forestières ont empiété sur son habitat au fil des ans.  Mais les relevés indiqueraient que les cervidés n’ont pas fréquenté précisément les trois secteurs bénéficiant d’une « protection administrative ».  Ils auraient été présents jusqu’à une distance d’environ 10 kilomètres d’un des trois massifs, et d’environ 20 kilomètres d’un autre massif.

« La justification du ministère est faible. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’observation de caribous qu’il n’y a pas de caribous »
, affirme le biologiste Martin-Hugues St-Laurent, spécialiste de l’espèce. 

« C’est un raccourci. 

Si on avait mis un collier télémétrique sur chaque caribou du Saguenay–Lac-Saint-Jean, on pourrait dire qu’il n’y a pas d’utilisation du territoire.  Mais ce ne sont vraiment pas tous les caribous qui portent un collier et ils peuvent très bien se retrouver dans un des trois secteurs. »

Même son de cloche du côté d’Henri Jacob de l’Action boréale.  « Il est très simpliste d’affirmer que les caribous ne fréquentent pas ces trois secteurs.  Les troupeaux se déplacent d’année en année.  En période hivernale, ils se nourrissent de lichen terrestre.  Donc, au bout d’un certain temps, les animaux vont quitter le territoire, pour y revenir une fois que le lichen se sera régénéré », explique-t-il.

« Le ministère utilise une méthode pseudo-scientifique », poursuit le directeur de la Société pour la nature et les parcs Québec, Alain Branchaud« Il faut considérer la protection d’une telle espèce sur un vaste territoire, mais aussi sur un cycle d’utilisation du territoire qui dépasse un horizon de deux ou trois ans. »

Selon M. St-Laurent, professeur de biologie à l’Université du Québec à Rimouski, le ministre responsable du MFFP, Pierre Dufour, fait fausse route en effaçant ces mesures de protection, en vigueur depuis avril 2018.

« Les trois secteurs sont très probablement des territoires qui constituent des habitats propices pour le caribou.  Ils sont d’autant plus importants qu’on a procédé à des coupes dans plusieurs secteurs de la région, ce qui a réduit l’habitat disponible pour le caribou.  Donc, avec cette décision, on empiète sur un habitat qui pourrait être utile pour le rétablissement de l’espèce. »

Martin-Hugues St-Laurent

Henri Jacob

Alain Branchaud

« Le gouvernement aura beau jeu par la suite de dire qu’il n’y a pas de caribous.  Évidemment, une fois que la vieille forêt aura été détruite, ils ne reviendront plus, puisqu’ils n’auront plus de nourriture.  Le territoire, une fois que la forêt aura été coupée, ne sera plus un habitat propice pour au moins 60 ans », ajoute Henri Jacob.

Place aux prédateurs

Le fait d’ouvrir ces territoires à l’industrie forestière aura aussi pour effet de faciliter la prédation des caribous par le loup, comme cela se voit ailleurs au Québec, avec les hardes au seuil de l’extinction de Val-d’Or, de Charlevoix et de la Gaspésie.  

« Les chemins forestiers servent littéralement d’autoroutes pour les prédateurs, comme les loups. C’est très bien connu que les loups suivent les chemins forestiers, pour éviter de se fatiguer en période hivernale », explique M. Jacob.

 
«

Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’observation de caribous
qu’il n’y a pas de caribous

                                          — Martin-Hugues St-Laurent

»
 

C’est le scénario à redouter, souligne Martin-Hugues St-Laurent, qui déplore que le gouvernement Legault ait annoncé récemment une stratégie qui se concentre sur le contrôle des prédateurs dans les secteurs de Val-d’Or et de Charlevoix.

« Le contrôle des prédateurs est un élément, mais il est impossible de corriger la situation sans mettre en place différentes mesures.  Il faut notamment limiter la perturbation du territoire.  Le cas de la Gaspésie illustre bien cette situation.  Le contrôle des prédateurs est en vigueur depuis plus de 30 ans, mais la population continue de décliner.  Pourquoi ?  Parce que pendant cette période, nous avons coupé 50 % des forêts matures autour du parc national de la Gaspésie. »

Pour le moment, et en l’absence de nouveau bilan disponible, on estime la population de caribous forestiers à 6 000 à 8 500 individus.  L’objectif du Plan de rétablissement est d’atteindre au moins 11 000 caribous.

Une cible inatteignable en l’état actuel des choses, selon Alain Branchaud« Confier la protection du caribou au même ministère que celui responsable de promouvoir sa principale cause de déclin, soit la foresterie, est un non-sens, une pure aberration.  La clientèle de ce ministère, ce sont les forestières. Et ce sont elles qui dictent les politiques du MFFP, qui n’a pas l’intention de mettre en place des mesures concrètes de protection des caribous forestiers.  Ils ne font que gagner du temps. »

 

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Les scientifiques sont-ils de trop dans la forêt ?
Mépris de la science au profit des industriels  

 
 

Le 11 décembre 2019, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs Pierre Dufour, accuse l'un des principaux spécialistes québécois du caribou forestier, Martin-Hugues St-Laurent, professeur d'écologie animale à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) de critiquer le gouvernement lors d'une mêlée de presse à l'Assemblée nationale. 

C'est facile d'être assis dans sa tour d'ivoire à l'université de Rimouski et de dire : "Voici comment ça fonctionne", a lancé le ministre au sujet de M. St-Laurent, qui possède un doctorat en biologie et qui a effectué un stage postdoctoral sur le caribou.  M. St-Laurent dirige également une équipe de recherche en gestion de la faune terrestre, laquelle mène plusieurs projets sur le caribou forestier. 

Le ministre a ajouté: « Si M. St-Laurent est capable de faire repousser une forêt mature comme il dit toujours, “ça prend une forêt mature”, s’il est capable de me repousser une forêt en l’espace d’un an, bien qu’il me la dise la solution, parce que je ne l’ai pas la solution », a-t-il ajouté.

Le chercheur s'est fait très critique du gouvernement actuel et des gouvernements passés, ces dernières semaines, au sujet de la protection de la gestion de l'habitat du caribou.  Notamment parce que Québec a autorisé cet hiver l'abattage de loups à Val-d'Or et Charlevoix, où les hardes contiennent chacune moins d'une trentaine de bêtes.

La déprédation aérienne est une mesure que M. St-Laurent qualifie « d'extrême » et qui ne fonctionne que si de larges réserves d'habitat essentiel sont protégées. 

Le Ministère a aussi redonné aux entreprises forestières 46 000 hectares de forêts pour l'exploitation au Saguenay–Lac-Saint-Jean.  Les massifs en question faisaient l'objet d'une protection administrative pour le caribou forestier.

Martin-Hugues St-Laurent

Les gouvernements n'ont pas beaucoup de leadership pour décider de conserver de grands placards d'habitat commercial et de freiner les coupes forestières, a notamment déclaré M. St-Laurent dans l'une de ses nombreuses interventions publiques.

Le chroniqueur Steve E Fortin évaluait: qu'on savait déjà depuis longtemps que certains députés de la CAQ ne rechignent pas à tourner les coins ronds quand il s’agit de défendre certains dossiers qui leur sont chers; comme les maternelles 4 ans, par exemple.    

Des scientifiques, des experts, publient des «zétudes» qui plombent l’argumentaire des Geneviève Guilbault ou Éric Caire?  Attaquons le messager.  Et s’il y a des mandarins, des chiens de garde institutionnels, qui lèvent la main pour en appeler à plus de prudence... Muselons les contre-pouvoirs!    

Comme plusieurs Québécois, j’ai été complètement dégoûté par l’attaque méprisante du ministre des Forêts, Pierre Dufour, à l’endroit d’un des principaux spécialistes québécois du caribou forestier, Pierre-Hugues St-Laurent.    

C’est que le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs a décidé de reporter à 2023 une mesure de protection d’une espèce animale emblématique du Québec.

Rappel des faits, par le journaliste Alexandre Shields:    

«Non seulement le gouvernement du Québec n’a toujours pas de plan de protection pour assurer la survie du caribou forestier, mais le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a décidé d’abolir les mesures de protection mises en place sur trois territoires afin de préserver l’habitat de ce cervidé menacé de disparition.  Cette décision de Québec d’ouvrir ces territoires à l’industrie forestière, au nom de la « vitalité économique » de la province, est dénoncée par des spécialistes et défenseurs de la protection du caribou.»   (9 décembre 2019)

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Le ministre Pierre Dufour est-il de trop dans la forêt ?

 
 
 

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a avoué son impuissance relativement à la sauvegarde des petits cheptels de moins de 50 bêtes.

« Oui, il y a une question pécuniaire, a-t-il lancé en mêlée de presse à l’Assemblée nationale. Un moment donné, on met (combien) d’argent ? »   « On a aussi tout l’aspect industriel qui nous dit : “Bien là, M. Dufour, si vous faites quelque chose pour le caribou, on va perdre des emplois” », a poursuivi le ministre.

Le caribou forestier est menacé sur des territoires convoités par l’industrie forestière.

Le gouvernement Legault a récemment aboli des mesures de protection du caribou forestier sur trois territoires au Saguenay-Lac-Saint-Jean afin de les offrir à l’industrie.  Québec dit s’appuyer sur des données datant de 2012 pour conclure à l’absence du caribou dans cette région.

Le biologiste Martin-Hugues St-Laurent, de l’Université du Québec à Rimouski, a promptement accusé le gouvernement dans une entrevue au « journal Le Devoir » de prendre une décision « prématurée ».  Il a recommandé de ne pas couper les vieilles forêts pour assurer la survie du caribou forestier.

Par ailleurs, le ministre, qui est à la fois responsable des Forêts et de la Faune, ne croit pas ainsi poursuivre des missions contradictoires.  Il est normal, selon lui, de travailler à favoriser l’industrie forestière tout en tentant de préserver la biodiversité.

« On est capable d’avoir un côté la foresterie et de l’autre côté, la faune, et les deux gravitent dans le même territoire. Au moins, on a les oreilles et les babines qui sont dans le même terrain de jeu », a-t-il affirmé.

« La forêt, c’est une manière d’exploiter économiquement quelque chose qui repousse. Mais c’est sûr que ça peut avoir un effet sur le caribou, on ne se le cachera pas. »

M. Dufour doit déposer une politique faunique en 2020.  Il a choisi de reporter à 2022-2023 la mise en œuvre d’une stratégie de protection du caribou forestier.

Le chroniqueur Steve E Fortin se fâche:  Tasser le caribou pour faire place aux «garettes»?   

En gros, donc, on tasse le caribou pour faire de la place aux «garettes» (le nom que l'on donne par chez nous aux débusqueuses).  Et si cela se traduit par une fragilisation encore plus grande de l’espèce et des écosystèmes?  So what!  Y’a 46 000 hectares de belle forêt à bûcher là!    

On se croirait en 1952.    

Faut vraiment être de mauvaise foi pour s’attaquer ainsi à ceux qui sont censés guider les législateurs, les informer, de manière objective, sur les dossiers et les questions qui les concernent.  On s’entend que le ministre Dufour ne se place pas dans une situation pour discuter ou tenter de comprendre les tenants et aboutissants des écosystèmes dans les endroits où se trouve le bois.    

Vraiment pas.  Et le ministre ne s’en cache pas:    

« La forêt, c'est une manière d'exploiter économiquement quelque chose qui repousse.  Mais c'est sûr que ça peut avoir un effet sur le caribou, on ne se le cachera pas.  Un moment donné, on va se dire les vraies affaires aussi. »   

Précision, M. le ministre... Ça va avoir un effet sur le caribou.  Ce n’est pas une hypothèse, vos propres experts vous le diront. 

À entendre Pierre Dufour, c’est le caribou qui est de trop et dans le chemin des forestières.    

Henri Jacob, du groupe l’Action boréale, a lui aussi critiqué la gestion des écosystèmes, et ce, de manière virulente, notamment en s’attaquant à un sous-ministre qui, semble-t-il, en mènerait très large au ministère des Forêts.  Cela a valu à M. Jacob une mise en demeure de la part du ministère.    

Que ce soit quand Éric Caire se moque des experts de la petite-enfance (j’en ai traité abondamment, surtout quand le député s’était donné des airs d’Elvis Gratton en se moquant des «zétudes» des experts), ou quand il manigance pour éviter le plus possible de s’embarrasser des avis qui le contrarieent, ce que l’on voit poindre de la CAQ est inquiétant et nous rappelle, tristement, les heures sombres de la gouvernance Harper à Ottawa. 

Éliminer les contre-pouvoirs, s’attaquer aux scientifiques, centraliser le pouvoir le plus possible dans les mains des ministres... Rien de bien emballant.

Henri Jacob

Éric Caire

Un an après son élection, ce gouvernement montre assez bien comment il entend exercer le pouvoir: ramener le plus possible de décisions entre ses mains. Ce qui signifie éliminer le plus possible les avis extérieurs et les institutions qui font office de contre-pouvoirs.   

«On l’a vu très clairement ces dernières semaines dans des dossiers comme l’énergie ou la gestion du Fonds vert.  Le gouvernement concentre les décisions au Conseil des ministres et veut se passer le plus possible des avis susceptibles de lui indiquer qu’il pourrait faire fausse route.»   

Cette façon de faire a beaucoup déplu aux Québécois dans le passé.  Si j’étais dans l’opposition, j’en prendrais bonne note.  

On est loin des prochaines élections, certes, mais cette manière d’exercer le pouvoir fera son temps. Rapidement.  

Les boutades du ministre Pierre Dufour ont été dénoncées non seulement par des adversaires politiques de la CAQ, mais aussi par des gens qui ont voté pour ce parti, mais qui sont très mal à l’aise avec ce type de discours.    

On les comprendra. 

DES EXCUSES: Le 14 décembre 2019, deux jours après s'être attaqué à un spécialiste québécois du caribou forestier, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a présenté ses excuses à la communauté scientifique.

M. Dufour a pris la plume sur les réseaux sociaux pour exprimer ses regrets, vendredi soir.

 
«

J’ai émis à ce moment, et ce, sur le coup de l’émotion, des propos durs à l’endroit de la communauté scientifique et de l’un de ses membres, Martin-Hugues St-Laurent.  Ces commentaires ont malheureusement dépassé ma pensée et je tiens à vous dire que je les regrette sincèrement, a écrit le ministre.

Je suis tout à fait conscient que les propos que j’ai tenus à ce moment ont offensé les membres de la communauté scientifique. Je tiens par conséquent à présenter mes humbles excuses.

- Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs

»
 

M. Dufour a aussi tenu à affirmer l'importance de la science. La contribution du travail de la communauté scientifique est plus que nécessaire. Elle est même incontournable. [...] Cette expertise et les nombreux travaux enrichissent le travail du rétablissement du caribou forestier, a-t-il ajouté.

Les excuses de M. Dufour ont été acceptées par Martin-Hugues St-Laurent. Excuses acceptées M. Dufour. Au plaisir de continuer à travailler avec vous et votre équipe, a commenté M. St-Laurent.

Vives réactions

Le ministre admet avoir reçu plusieurs critiques, notamment de scientifiques, à la suite de ses paroles.  Bien que je fasse de la recherche sur le caribou forestier depuis plus de 15 ans, je n'avais encore jamais vu un ministre faire une sortie publique afin de critiquer un des spécialistes du caribou, a notamment réagi le professeur Daniel Fortin, de l'Université Laval.

Toujours dans son message paru vendredi, le ministre dit avoir contacté plusieurs spécialistes et s'est engagé à les rencontrer au cours de l'hiver.

Daniel Fortin

Alors le ministre s'excuse d'avoir offensé la communauté scientifique!

Nonnnnnnnn! 

Bien sûr il doit faire amende honorable puisque son premier ministre impose cette démarche à ses ministres qui se mettent les pieds dans les plats ou dans la bouche.  Mais, il ne faut pas nous prendre pour des poires. Nous savons que toute communication ministérielle passe par un ou une spécialiste de la propagande et que la recommandation de ces gens est toujours de s'excuser, d'avouer la faute.

Il semble que les poires que nous sommes adorons pardonner.


Commentaire de
JosPublic

Sous le coup de l'émotion, les mots auraient dépassé son esprit.  À le croire, nous devrions conclure qu'en situation émotive il ne pense plus lorsqu'il parle.

Je ne crois pas à cette justification.  Car il a déjà fustigé publiquement Richard Desjardins sur le même ton que pour les scientifiques.  Sa décision de mettre en demeure par huissier et tout le tralala le groupe écologiste Action Boréale confirme l'attitude belliqueuse du ministre car ce geste passe obligatoirement par le bureau du ministre qui a le temps d'y penser.

Allons, à son âge, un ex-directeur de marketing, formé en science politique et en mise en marché, spécialiste du développement touristique, ex-candidat pour le Parti Libéral du Canada ( PLC), a assez d'expérience pour maîtriser son discours. 

Maurice Le noblet Duplessis

Je maintiens l'opinion que sous le coup de l'émotion le vrai Pierre Dufour s'est exprimé avec ses tripes et nous a avoué ce qu'il pensait de l'importance des scientifiques dans la gestion de l'État. 

Il se joint dans l'histoire du Québec au Premier ministre Maurice Le noblet Duplessis qui avait déclaré: "nous n'avons pas besoin de chercheurs, ce sont des trouveurs qu'il nous faut".

Le discours désinvolte face à la science provient généralement de la droite sur l'échiquier politique.  D'ailleurs ce genre de boutades démontre l'arrogance et le préjugé corporatif du ministre qui a frayé tout au long de sa carrière avec l'industrie privée et la promotion d’intérêts bien loin du bien commun.   Le premier ministre devrait l'inviter à joindre les banquettes arrière de l’Assemblée nationale avec l'ex-ministre de l'Environnement de son cabinet. 

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Heureusement, Action boréale veille sur la forêt
Caribou forestier: Québec met en demeure l’Action boréale

 
 

La sortie publique de l’organisation environnementale Action boréale dénonçant l’inaction de l’État québécois dans la protection du caribou forestier lui a valu les foudres du gouvernement.

Une mise en demeure a été envoyée par huissier au président de l’association, Henri Jacob, par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), mardi le 10 décembre 2019 en fin de journée.

Le document sommait l’Action boréale de retirer de sa page Facebook, dans les 24 heures, le communiqué qu’elle avait publié le jour même, affirmant qu’il contient des « propos diffamatoires » à l’endroit d’un de ses employés.

L’Action boréale y dénonçait l’influence du haut fonctionnaire Francis Forcier directeur général des mandats stratégiques au MFFP, et responsable du dossier du caribou forestier, une espèce vulnérable, l’accusant de refuser d’appliquer « les recommandations qui visent la sauvegarde des hardes isolées ».    « Ce technocrate pro-industrie octroyait des contrats d’abattage forestier […] durant les années 1990, alors que la fragilité du troupeau était déjà bien documentée », écrivait l’Action boréale, sous le titre « La réelle menace à la survie du caribou : Francis Forcier 

Francis Forcier

« Ça fait des années qu’on a un plan de rétablissement du caribou et c’est ce même personnage qu’on ne peut plus nommer qui est responsable de ça », a déclaré à La Presse Henri Jacob, joint mercredi, le 11 décembre 2019.

« Ce qu’on dit depuis des années, c’est que le gouvernement n’a pas l’intention de sauver le caribou, il fait tout son possible pour retarder les décisions, réitère-t-il.

On est tannés de se faire niaiser !

L’Action boréale s’est conformée à la mise en demeure et dénonce la volonté de Québec de la « faire taire ».

« On ne veut plus qu’on parle publiquement, ou qu’on nomme les choses comme on les voit, déplore-t-il. Tout ce qu’on a dit [dans le communiqué], les faits, les titres ; tout ça est vrai. »

Henri Jacob & Richard Desjardins

« Ce n’est pas notre perspective », rétorque le directeur des communications du MFFP, Christian Therrien, qui reproche à l’Action boréale d’avoir personnalisé le débat.  « Il ne faut pas confondre les choses ; nous n’en avons pas contre les propos qui peuvent être faits contre le Ministère, contre l’action du Ministère », a-t-il déclaré à La Presse.

Henri Jacob, qui milite pour la défense de la forêt boréale depuis 1972, dit ne jamais avoir vécu une telle situation en près de 50 ans d’engagement.

« Je trouve ça un peu spécial », a-t-il confié.

Le ministère coupe les ponts

La sortie de l’Action boréale lui a aussi valu de se faire montrer la porte des « groupes opérationnels régionaux mis en place dans le cadre de l’élaboration de la stratégie pour les caribous forestiers et montagnards », déclarait mardi, le 10 décembre 2019, dans un communiqué le MFFP.

La sortie de l’Action boréale était « pratiquement une tentative d’intimidation », y écrit le Ministère, affirmant qu’elle porte atteinte à sa relation avec l’organisation.

« Ça veut dire que quand on dit quelque chose qui semble ne pas plaire, on se fait dire “on ne vous parle plus” », en conclut Henri Jacob.

« Le Ministère va se retrouver uniquement qu’avec des gens de l’industrie et des municipalités ; il va rester un autochtone qui va parler pour les caribous », déplore-t-il, ironisant qu’il sera ainsi « plus facile d’avoir des consensus ».

Christian Therrien reconnaît que l’expulsion de l’Action boréale signifie qu’il n’y a plus d’organisation de défense de l’environnement à la table de discussions, mais assure que leurs critiques continueront d’être entendues.

À écouter le ministre Pierre Dufour, c'est le caribou qui est de trop dans la forêt!

C'est facile d'être assis dans sa tour d'ivoire à Québec et de dire... «Les scientifiques, kossa donne!»

Quand la CAQ se donne des airs de ce qu’il y avait de plus nauséabond du régime Harper...   

Notes & Références encyclopédiques:

Action Boréale d'Abitibi a critiqué publiquement et à reçu une mise en demeure...
 

En quoi consiste la mise en demeure ?

La mise en demeure est un acte comminatoire (qui énonce une menace) qui contient :

une prescription de faire ou de ne pas faire ;

une menace de sanction ;

une menace incertaine, destinée à exercer une pression psychologique sur le débiteur.

En ce sens, elle poursuit une finalité contentieuse, née d’un désaccord et/ou d’une inexécution. La mise en demeure ordonne à son destinataire de respecter ses obligations. Elle constitue également une preuve qui, dans l’éventualité d’un recours en justice : date officiellement le constat d’inexécution ; permet, par la suite, d’évaluer l’ampleur du préjudice subi par le créancier, à mesure que le temps s’écoule après la mise en demeure. Source: Droit & Finance

 

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Mise en situation par le Forestier en chef du Québec...
 

Louis Pelletier ing. for.
Forestier en chef du Québec

Mise en situation par le Forestier en chef du Québec:

Publié le 18 octobre 2018
En lien avec l’application du Plan d’action gouvernemental pour l’aménagement de l’habitat du caribou forestier annoncé le 5 avril 2016.

L’objectif est d’évaluer les impacts des scénarios régionaux sur les possibilités forestières et sur les caractéristiques de l’habitat. Les scénarios soumis le 5 juillet 2018 touchent 25 unités d’aménagement localisées dans quatre régions, soit le Saguenay–Lac-Saint-Jean (R02), la Capitale-Nationale (R03), la Côte-Nord (R09)
et le Nord-du-Québec (R10).
Les analyses s’inscrivent dans l’une des missions du Bureau du forestier en chef qui consiste à
éclairer les décideurs. Ainsi, à la demande du Comité de direction du caribou forestier, plusieurs analyses d’impact ont été réalisées depuis l’hiver 2016.

 

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Député d’Abitibi-Est

Coalition avenir Québec

Ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs

Ministre responsable de la région de l’Abitibi-Témiscaminque et de la région du Nord-du-Québec

 

Sources: Communiqué de presse de l'Action Boréale; Fiducie de soutien à La Presse; l'agence de presse La Presse Canadienne pour La Presse (Montréal) / The Globe and Mail / Torstar : Le Devoir pour SPEQ Le Devoir inc.; Journal de Montréal de QMI/Québecor Médias de Québecor Inc. pour Pierre Karl Péladeau

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 13 janvier 2019

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Lettre publique de l'Action boréale: L’échange de cadeaux
par Richard Desjardins

La forêt: pour les élus.es c'est une question d'avoir l'air de protéger des aires de biodiversité

  Fiche: Forêt

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Toute une saga

Mai 2014 

Le chef du Parti libéral Philippe Couillard déclare en campagne électorale qu’il ne « sacrifiera pas une job dans la forêt pour les caribous forestiers ».

Mars 2018

Québec renonce à sauver les 18 caribous forestiers restants à Val-d’Or parce que ça coûterait trop cher. 

Août 2018

Richard Desjardins d’Action Boréale, Greenpeace Canada et Nature Québec déposent une pétition de 17 000 noms pour faire des caribous de Val-d’Or un enjeu électoral

Novembre 2018

Action Boréale dépose un plan au gouvernement de la Coalition avenir Québec pour sauver les caribous de Val-d’Or.

Avril 2019

 Le 3 avril 2019, le ministre Pierre Dufour annonce une « démarche collaborative avec les partenaires clés concernés » qui permettrait « d’élaborer et d’optimiser la stratégie d’ici 2022 ».

11 Décembre 2019

 Le ministre insulte les scientifiques au dossier

Le 14 décembre 2019 deux jours après s'être attaqué à un spécialiste québécois du caribou forestier, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a présenté ses excuses à la communauté scientifique.

Janvier 2020
Le torchon brûle entre le ministre et le groupe écologiste Action Boréale d'Abitibi.