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Avec le ministre Audet c'est le dévoiement durable

«Les redevances tel qu’apparaissant au budget sont un détournement des fonds qui devraient être consacrés à la protection de l'eau» déclare Eau Secours!

L'aut'Journal Mai 2006 no. 249 L'environnent page 14
André Bouthillier, chroniqueur

 

Budget du ministère de l’Environnement

Années

1999/2000

2002/2003

2006/2007

Protection de l’environnement

254 525 595. $

  204 562 228. $

 

199 806 400. $

Budget  total

288 799 177. $

 

200 671 797. $

 

 189 644 600. $

Diminution du budget de 1999 à 2006 : 9 156 457.$

Ajustement des montants apparaissant au budget en dollars constants de 2006.  C'est-à-dire que nous donnons au dollar de 1999 la même valeur qu’aujourd’hui.

Il fallait bien qu’un jour l’âne montre les oreilles. Le grand chapeau de paille, qui coiffait la Politique nationale de l’eau depuis l’élection du gouvernement conservateur du Parti Libéral du Québec au printemps 2003, est finalement soulevé pour nous montrer une mule verte rachitique.

Cette Politique qu’avait fait sienne le Thomas Mulcair d’usage jetable ne trouvera dans ce budget aucune possibilité de se voir appliquée. Si nous pouvions dire qu’à l’arrivée du ministre une coupure de 14 millions $ n’annonçait rien qui vaille, à la deuxième année une coupure de 4,5 % au budget traçait un sillon qui mettrait à mal tous les fonctionnaires du ministère qui tenteraient d’améliorer l’efficacité conseil et réglementaire du ministère.

Cette année, nous avons fait le calcul en dollars constants, question de ne pas se faire passer des lucioles pour des lanternes. Les montant tels que présentés par le ministre sont passés de 204 millions 351 200$ à 205 millions 095 500$. Nous pourrions penser que le budget est au moins indexé de 74 430.$. Mais non! Car en dollars constants c’est une diminution réelle du budget. (Voir le tableau ci-dessous.) En y regardant de plus près, on constate qu’il y aura moins de fonctionnaires au ministère et que la répartition à l’intérieur de l’enveloppe budgétaire favorisera l’achat de terrains pour la conservation plutôt que tout autre activité environnementale. Quant au soutien à la gestion environnementale en milieu agricole le maigres 280 000$ de 2004, est rendu aujourd’hui à 150 000$.  Aucune amélioration côté dépollution du fleuve, les mêmes rachitiques 300 000$ évidemment non indexés. De leur côté, les organismes de bassin versant voient leur budget fondre de 2 millions 215 000 $ à 921 000 $.  Avec cette nouvelle coupure de 1 million 294 000$ et le détournement des redevances promises, c’est l’arrêt de mort de la Politique nationale de l’eau.

Ajoutons que le ministère a reçu deux nouveaux mandats, le Développement durable et les Parc. Il faudra bien qu’il y consacre de la main d’œuvre qui ne sera pas ailleurs.

«Un budget vraiment "cheap", intellectuellement malhonnête, en forme de poudre aux yeux», selon Greenpeace. C’est un scandale de constater que les redevances sur l’eau imposées à Hydro-Québec seulement n’iront pas au Fonds vert, comme promis depuis belle lurette, et tel que recommandé par la Commission sur la gestion de l’eau au Québec (Commission Beauchamp), et tel que repris par la Politique nationale de l’eau depuis 2002.

Quant aux compagnies privées qui produisent de l’électricité, même si elles sont imposées, dès les prochaines renégociations de tarifs, la redevance sera refilée à Hydro-Québec qui est le seul acheteur d’électricité au Québec.

La redevance annoncée dans ce budget est tout simplement une taxe déguisée dont écoperont les clients d'Hydro-Québec mais pas les multinationales de l'eau encore absoutes de toute redevance à l’État pour embouteiller un produit de grand luxe. L'argent de la redevance ne devait-il pas revenir aux activités de l’eau? Surtout au moment où le Québec dit manquer de fonds pour réaliser l'inventaire des réserves d’eau souterraines, ce qui est le premier pas vers leur protection, sans cesse reportée.  

Un dur coup pour les Comités de Bassin Versant.
Le budget Audet 2006 fait passer le financement de 2 millions 215$ à 921 000$.
Le gouvernement annonce-t-il la mort de ces outils indispensables à la gestion de l'eau au Québec?

«C'est la mort des opérations de bassin versant» au Québec, affirme Hubert Chamberland, porte-parole du bassin versant Richelieu et président fondateur du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec.  La réduction du budget alloué aux organismes de bassin versant porte un coup fatal à la Politique nationale de l'eau, elle qui est basée sur une stratégie de gestion de l’eau par bassin versant, c'est-à-dire par plateau d’écoulement naturel de l’eau, plutôt qu'en fonction des découpages arbitraires des régions administratives, des MRC ou des villes.
 

"Depuis 2002, explique M. Chamberland, les ministres André Boisclair et Thomas Mulcair avaient demandé aux organismes de bassin versant de patienter avant de confectionner les plans directeurs de l’eau dans chacune des régions". Ils sont 33 organismes de bassin versant qui vivent d'une subvention annuelle de 65 000 $ qui leur avait été garantie pour une durée de trois ans. Grosse affaire! Après avoir loué un bureau, branché le téléphone et l’internet, payé le comptable, l’employé à la gestion…oups! Fini!

Ce n’est pas seulement le manque d’argent qui met la survie des organismes en péril, mais aussi le fait que le cabinet des ministres a transféré la responsabilité de la gestion des cours d’eau aux Municipalités régionales de comtés (MRC). Ce qui signifie et annonce que le gouvernement n’a pas l’intention de renforcir les organismes de bassin versant qui sont, je ne le répèterai jamais assez, la pierre angulaire de l’application de la Politique nationale de l’eau

Avancez en arrière, passez Go, ne collectez pas 200$ et recommencez la démarche à partir de 1997, avant la Commission Beauchamp. J’adore le Monopoly et le Parchésie mais pas en politique.

Vivement des élections!

Note du webmestre : au moment de publier nous apprenons que le ministre de l'Environnement a confirmé, lors de l’étude détaillée des crédits de son ministère, qu’il entend accorder un appui financier supplémentaire aux organismes de bassin versant du Québec. Lors de la publication d'un communiqué de presse à ce sujet, le 1er mai 2006, le ministre Béchard a pris bien soin de ne pas dévoiler le montant, ni date de cette bonification budgétaire. Il faut aussi tenir compte que l'argent sera pris à partir d'autre programme du ministère, car le cadre financier est établi par le ministre des Finances et non de l'Environnement.

 

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