Retour à : Plan du site - Entrée MétéoPolitique - Démocratie - Gouvernants illégitimes InterAction Council

Réunion discrète d'anciens chefs d'État … à Québec

Jean Chrétien, Bill Clinton,  Conseil Inter Action Council, Conseil Inter Action Council,

Jean Chrétien, Bill Clinton et Gerhard Schroeder,
trois membres influents du Conseil InterAction

Écrit par David Santerre
Pour le journal en ligne Rue Frontenac
Publié le 
29 mai 2011



écrit par Paul Journet
Pour le journal La Presse
Publié le 29 mai 2011



Textes fusionnés et commentaires par
JosPublic
Publié ici le: 29 mai 2011

 

Une réunion au sommet des plus discrètes en regard du tonitruant panel de participants qui la compose se tenait les 28-31 mai 2011 au Château Frontenac de Québec.

Ainsi Bill Clinton, l’ancien président chinois Jiang Zemin, l’ex-chancelier allemand Gerhard Schroeder et Jean Chrétien, pour ne nommer que ceux-là, discutent à huis clos avec une vingtaine d’autres anciens chefs de gouvernements lors du 29e sommet du Conseil InterAction, où il sera notamment question de protection de l'eau et de sécurité nucléaire, autant en matière d’armement qu’à la lumière de la catastrophe japonaise de Fukushima.

Ce groupe peu connu a vu le jour en 1983, avec la mission de regrouper les plus hauts anciens dirigeants de pays et de tenter de profiter de leur réseau d’influence auprès des gouvernements qui leur ont succédé pour les guider dans leurs politiques sur divers enjeux internationaux, sécurité, environnement, lutte aux armes nucléaires ou économie.

Ils mettent en commun leurs expériences respectives, conjuguées à celles d’experts des sujets discutés qui participent aussi au Conseil InterAction.

Vincente Fox ancien président du Mexique se défoule devant les médias

Vincente Fox

Bill Clinton

Les États-Unis croient aider le Moyen-Orient, mais ils n'y créent que des problèmes, estime Vicente Fox. Lors de son passage à Québec l'ancien président mexicain a sévèrement critiqué la politique américaine dans le conflit israélo-palestinien et dans le printemps arabe.

«Il n'y a que les citoyens et les gouvernements locaux qui devraient prendre les décisions. Pas Obama. Obama ne devrait même pas donner son opinion.

Il ne s'agit pas de la première salve que M. Fox envoie au président Obama. Il y a trois semaines, il accusait la consommation de drogue des Américains d'alimenter la sanglante guerre des narco-trafiquants qui déchire le Mexique - près de 40 000 morts dans les cinq dernières années. La lutte à la drogue de l'administration Obama n'aidait en rien, constatait-il. Sa solution: légaliser la drogue.
 

Thomas Axworthy, ancien haut-fonctionnaire canadien

Jean Chrétien, ancien Premier ministre du Canada

Gerhard Schroeder, ancien Chancelier d'Allemagne

L 'eau, un droit

Les discussions du groupe se font à huis clos. Parmi les sujets qui abordés: l'eau, l'énergie et l'armement nucléaire, l'instabilité au Moyen-Orient et l'économie.

L'accès à l'eau potable devrait être un droit. C'est ce que recommande le InterAction Council dans un récent rapport sur l'eau, qui doit servir de base aux discussions qui se poursuivent à Québec jusqu'à demain. Parmi les 14 autres recommandations du rapport: fixer un prix à l'eau qui reflèterait son coût réel, tout en assurant son accès aux plus démunis. Et encourager la ratification de la Convention de l'ONU sur les cours d'eau. Elle a été signée en 1997, mais moins de 20 pays l'ont ratifiée. Il en faudrait 35 pour qu'elle entre en vigueur.

La rareté de l'eau pourrait causer des conflits armés dans les prochaines années, craignent Jean Chrétien et Vicente Fox. «Si un pays utilise un fleuve et l'assèche, le pays en bas, il n'a pas d'eau. Regardez la géographie: dans bien des continents, un fleuve quitte un pays pour aller dans l'autre. Et ils n'ont pas de passeport, eux autres», a expliqué l'ancien premier ministre du Canada.

Il s'étonne de la vigueur de l'industrie de l'eau embouteillée. «À ce moment-ci, on vend (de l'eau) en bouteille. Je trouve ça un peu drôle qu'au Canada, on achète l'eau en bouteille

Crise économique

En 2008, peu avant la crise, le Conseil affirmait qu'une crise financière était imminente. Dans leur discours d'ouverture, MM. Chrétien et Schmidt se sont inquiétés à nouveau de l'économie mondiale. Les mesures de stimulation ont permis «d'éviter le désastre» d'une dépression, a indiqué M. Chrétien. Mais maintenant, l'inflation, cette «silencieuse tueuse d'espoir», menace la reprise. M. Schmidt a dénoncé le «manque de leadership» des dirigeants des deux côtés de l'Atlantique. La crise a été provoquée par un «profond manque de régulation», «l'insouciance des grandes banques» et «l'avarice» des banquiers en investissements. Et ces conditions sont loin d'être disparues. Une nouvelle crise pourrait survenir d'ici quelques années, a-t-il prévenu.

Les délibérations du Conseil sont-elles utiles? M. Chrétien le souhaite. «On discute, on fait des rapports, on les publie et on les envoie aux gouvernements, a-t-il lancé. Qu'est ce qu'ils en font? On ne sait pas.»

Dans la plus grande discrétion

Ces grands de ce monde ne sont pas friands de fracassantes sorties publiques. Au terme de leurs réunions, pas de grandes conférences de presse pour exposer leurs points de vue et divergences. On quitte plutôt par la petite porte arrière, pour se diriger vers les bureaux des dirigeants d’États, afin de tenter de les influencer, de les accompagner ou les conseiller à la lumière des réflexions de ce groupe sélect.

Ce qui fait qu’il est également difficile de connaître les réalisations concrètes du groupe et dans quelle mesure leurs réflexions font réellement progresser notre monde.

Jean Chrétien co-préside d’ailleurs le groupe depuis près de quatre ans, avec l’ancien chancelier autrichien Franz Vranitzky, un secret bien gardé même chez nous. C’est dire à quel point l’organisation est discrète.

Même si un communiqué, laconique, est généralement émis à la clôture des rencontres annuelles, on apprécie si peu la publicité que Jean Chrétien avoue, dans une entrevue au quotidien de Québec Le Soleil, avoir déjà refusé de parler des résultats d’une rencontre car il n’en croyait pas lui-même les conclusions.

«En Suède, en 2008, on avait discuté des problèmes du système financier dans le monde. On en était venus à la conclusion que ça allait s'écraser. Et trois mois après, ça s'est écrasé. Je fais des farces, mais moi, je n'avais pas cru mon rapport, alors j'ai rien rendu de ce que j'avais!», a-t-il déclaré.

Helmut Schmidt, ancien chancelier de l'Allemagne

Franz Vranitzky, ancien chancelier de l'Autriche

Jiang Zemin, ancien Premier ministre de la Chine

Financement

Côté financement, l’organisation était au départ financée par le Japon. Elle l’est aujourd’hui par huit pays. Quant aux rencontres de ces anciens dirigeants, ce sont les pays hôtes qui en financent les imposants dispositifs de sécurité.

La rencontre a aussi vu un autre politicien canadien prendre du gallon dans l’organisation, alors que Thomas Axworthy, ancien secrétaire principal de Pierre Elliott Trudeau, a été nommé secrétaire général du Conseil InterAction.