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La Commission trilatérale... et le monde en 2010

Par les éditeurs du Blog international du Collectif "Indépendance des Chercheurs"
France en Juin 2010



Commentaires, précisions canadiennes et photos ajoutées par
JosPublic Juillet 2010

Le silence médiatique à propos des réunions du Groupe de Bilderberg et de la Commission trilatérale s'est poursuivi jusqu'à ce jour.
Une analyse par ordre de date

Sous-titres

7 mai 2010

8 mai 2010

9 mai 2010

13 mai 2010

14 mai 2010

Références

 

Un grand silence médiatique

Le 7 mai 2010

Au milieu d'un grand silence médiatique, débutait à Dublin la réunion annuelle mondiale de la Commission Trilatérale, qui compte environ 400 membres appartenant pour l'essentiel à trois groupes de pays : L'Europe (170 membres), l'Amérique du Nord (120 membres) et l'Asie du Pacifique (100 membres). Plus quelques participants d'autres pays, l'Afrique, les pays arabes et l'Amérique Latine étant quasiment ignorés.

France: d'après les quotas actuels, la France y est représentée, pour ainsi dire, par
dix-huit
« distinguished leaders » ne faisant pas partie d'instances gouvernementales (Jean-François Copé Elisabeth GuigouAnne Lauvergeon,  Bertrand Collomb...). Des réunions « régionales » de la Commission Trilatérale sont prévues à Bucarest en octobre et à Monterrey en novembre 2010. »

Canada: on y trouve au conseil d'administration Allan E. GotliebNorth American Deputy Chairman Ancien ambassadeur aux États-unis et président de Sotheby's Canada, Roy MacLaren, ancien Haut commissaire en Angleterre et ex-ministre des affaires internationales.

En 2003 la liste comprenait Sir Conrad M. Black of Crossharbour son absence est justifiée présentement car il est en prison. Anthony S. Fell  siège au conseil d'administration de BCE, ex-président de Rbc Dominion Securities une filiale de la Banque Royale du Canada. Stephen Harper, chef de l'opposition à la chambre des communes et maintenant Premier ministre, Margaret O. Macmillan Préfet du Trinity College, université de Toronto, Heather Reisman Pdg d’Indigo Books & Music Inc., Mark Steyn journaliste qui a beaucoup écrit pour un très grand nombre de journaux et revues, dont plusieurs ont appartenu à Hollinger dont Conrad M. Black of Crossharbour était un des dirigeants.  

Sir Conrad Black of Crossharbour

Asie du Pacifique: à ce jour, aucune réunion « régionale » n'est annoncée. Du 3 au 6 juin 2010 s'est tenue à Sitges (Catalogne) la réunion du cercle de Bilderberg où les participants (130 « officiellement » l'année dernière à Vouliagmeni, près d'Athènes en Grèce) sont à des rares exceptions près originaires de l'Europe et de l'Amérique du Nord.

Parmi les « leading citizens » présents à la réunion de mai 2009 à Athènes se trouvaient Henri de Castries, Frédéric Oudéa, Christine Lagarde, Pascal Lamy... Mais apparemment, ces « illustres » rencontres n'ont pas empêché Nicolas Sarkozy de rentrer bredouille de son voyage récent en Chine, en tout cas en ce qui concerne les commandes attendues dans le domaine industriel et technologique.

Discours prononcé par Brian Cowen

Président d'Irlande
le 7 mai 2010, à la réunion plénière de la Commission Trilatérale à Dublin

D'emblée, d'après Independent.ie, une question adressée par Paul Volcker à Brian Cowen après son intervention a concerné la situation actuelle de l'euro et l'avenir de l'Union Européenne après le Traité de Lisbonne : (12)

Comme le président de la Commission Européenne Herman Van Rompuy dans des déclarations d'il y a un mois annonçant notamment des «mesures impopulaires», Paul Volcker a évoqué les « décisions très difficiles » que d'après lui l'Union Européenne doit prendre dans la situation actuelle. Il a interrogé Brian Cowen sur le rôle d'une « banque centrale indépendante », d'un « taux d'intérêt commun », d'une « monnaie commune »...

A propos des « structures de gouvernance générale de l'Europe », Volcker a fait remarquer à Cowen que son opposition à une plus forte centralisation au sein de l'Union Européenne ne fait pas l'unanimité. Il lui a demandé quelles seraient les conséquences de la crise actuelle pour l'évolution de l'Europe.

Toujours d'après Independent.ie, Brian Cowen a répondu à Paul Volcker que les accords actuels seront revus dans les mois à venir, afin de les actualiser d'une manière qui puisse « rendre l'euro plus crédible » mais aussi « recevoir un large soutien populaire ». La quadrature du cercle, dès que l'on rentre dans la logique d'un Traité de Lisbonne clairement imposé aux citoyens dans de nombreux pays ? Van Rompuy n'a pas hésité à s'en prendre ouvertement à ce qu'il qualifie de « populisme régnant ».

Précisément, l'Irlande avait « osé » voter contre le Traité de Lisbonne, mais elle avait été obligée de refaire son référendum. Sous quelles pressions économiques et politiques ?

Les concertations entre « élites » occidentales s'avèrent sans doute fort « efficaces » pour organiser la casse sociale et la démolition des Etats souverains en Europe (Grèce...) ou en Amérique du Nord. Mais à l'échelle planétaire, la politique de privatisations, de délocalisations et d'exportation incessante de capitaux poursuivie depuis plus de vingt ans semble se retourner implacablement contre les puissances qui l'ont pratiquée.

Qu'il s'agisse globalement d'un Etat comme la Grèce, ou plus spécifiquement d'un service public français comme celui de la recherche (par exemple, la politique de démantèlement du Centre National de la Recherche Scientifique,
CNRS), la volonté de mainmise générale des lobbies financiers et des multinationales sur le domaine public prend de plus en plus l'allure d'une véritable fuite en avant.

Déjà au printemps 2010 les dirigeants d'obédience de droite ou conservatrice annonçaient des privatisations ou des coupures de budget importantes que ce soit le Premier ministre français François Fillon, Stephen Harper le canadien ou Jean Charest le Québécois et bien d'autres. Tous donnent un sérieux tour de vis aux finances publiques. 

D'après le chroniqueur Jim Tucker dans American Free Press, l'ambiance de la réunion de la Commission Trilatérale était plutôt lugubre (gloomy), après la catastrophe environnementale provoquée par la multinationale pétrolière BP. Précisément, les représentants de ce secteur au sein de la Trilatérale et du cercle de Bilderberg ne manquent pas.

Qui devra payer pour cette énorme casse écologique, au moment où se prépare une nouvelle montée du prix de l'essence ? Et qui en subira durablement les conséquences ?

De plus en plus, le constat devient effrayant : aucune entité publique, aucun acquis social, aucun droit démocratique ... ne semble destiné à être épargné par les réseaux d'influence des multinationales et de la grande finance. Que ce soit en Grèce, en France ou ailleurs dans l'ensemble du monde dit « occidental ». Mais s'agit-il de « réformes », comme le dit la propagande, ou d'un véritable effondrement du système en place ?

Vus de ces pays (Grèce, France, Espagne, Royaume-Uni, États-unis et Canada...), les milieux financiers et industriels qui ont tiré les ficelles de la politique des dernières décennies peuvent paraître très puissants. Il est exact que la « transversalité », les réseaux et think tanks, les «grands consensus», les campagnes médiatiques, le syndicalisme « cogestionnaire »... les ont bien aidés à faire passer leur stratégie. Mais actuellement, la situation réelle est mieux définie par l'évolution des rapports de forces internationaux. Il en émerge un tableau très différent.

L'exemple du Centre National de Recherche Scientifique CNRS est édifiant. La recherche et la haute technologie ont été progressivement délocalisées par le secteur privé depuis les années 1980. A présent, on cherche à désarticuler le CNRS pour placer ses moyens, ses compétences et ses effectifs humains au service de multinationales qui ont battu des records de délocalisations et qui continuent à fermer des centres de recherche en France. Où est la cohérence ? Où est la prétendue « réforme » ?

Quant à la Grèce, qui paye la facture ? Ce ne sont certainement pas les holdings industriels et financiers, pourtant responsables de la crise par leur politique d'exportation systématique de capitaux à la recherche des plus bas salaires et standards sociaux.

Mais la destruction des économies des pays occidentaux
profitera-t-elle vraiment à ces lobbies ?


Pendant que les « petits citoyens » payent de plus en plus lourdement la facture de la crise, le marché des avions pour VIP (Very Important Person) et VVIP (Very Very Important Person) ne se porte pas si mal.

Voir, par exemple, ces articles d'Aviation Week de 2008 et 2009 (01) :

Mais que nous apportent tant d'allées et venues, et ce luxe ostentatoire et insolent des riches et des « classes dirigeantes » ? Et quels sont, aujourd'hui, les résultats réels de la « grandiose stratégie » de privatisation générale, de délocalisations et d'exportation de capitaux que ces « brillants dirigeants » nous ont imposée à nos dépens depuis les années 1980 ?

Après deux décennies de délocalisation de la recherche et de la haute technologie, un pays comme la Chine semble se montrer de plus en plus réticent devant les contrats que lui proposent dans ce domaine les industriels français. Tel semble avoir été le constat à l'issue de la dernière visite en Chine de Nicolas Sarkozy, accompagné de représentants d'une vingtaine de multinationales.

L'Élysée a calmé le jeu, expliquant que les contrats devraient être signés cet automne à l'occasion d'une visite en France du président de la République Populaire de Chine, Hu Jintao. Mais China Daily présente un tableau plus complexe: (02)

En clair, comment la France pourra-t-elle continuer à vendre des produits de haute technologie à la Chine, après des vagues incessantes de délocalisations, haute technologie comprise, dont la Chine a très largement profité ? Et quel « économiste » a fait le moindre effort pour prévoir quelque peu sérieusement les conséquences de cette politique suicidaire et en alerter l'opinion publique ? (03)

Aujourd'hui, la Chine exporte des trains de grande vitesse en Californie, en Amérique du Sud... Et ce n'est qu'un exemple d'une évolution qui ne fait que s'accélérer et qui ne concerne pas uniquement le France d'un côté, et la Chine de l'autre. Les pays dits « émergents » ont de moins en moins besoin d'importer la haute technologie de l'Europe occidentale ou des États-Unis.

Quant aux discours récurrents et pontifiants, de « droite » comme de « gauche » ou de « centre », des années 1990-2000 sur une prétendue « division internationale du travail » (04) que sont-ils devenus ? C'est vrai que le ridicule ne tue pas... ceux qui s'en couvrent.

A Bilderberg, à la Trilatérale ou ailleurs, les « élites occidentales » font leurs discours... mais le monde suit son cours. Chez nous, comme en Grèce, au Royaume-Uni, en Espagne, aux États-unis,... les « petits citoyens » payent la note. 

A noter que, depuis quelque temps, des « distinguished leaders » chinois ont rejoint le groupe de l'Asie du Pacifique au sein de la Commission Trilatérale. Lequel, à ce jour, ne semble pas avoir annoncé de réunion pour 2010.

     La liste des membres asiatiques de la Commission Trilatérale d'avril 2010

L'installation progressive de la Chine au sein de la Commission Trilatérale met en évidence la fragilité actuelle d'un édifice de lobbysme qui avait prévalu jusqu'à récemment. Ce montage faisait de la Trilatérale une sorte de façade mondialisée des politiques des oligarchies occidentales débattues au sein du cercle de Bilderberg. L'Asie du Pacifique étant une sorte de province de la politique mondialisée. A présent, le retour de situation est radical.

Dans la suite de la réunion plénière de la Commission Trilatérale à Dublin en l'absence des journalistes, l'avenir de l'euro, de l'Union Européenne et des Etats européens a été de toute évidence l'un des principaux sujets abordés.

La stratégie aberrante de délocalisations et d'exportation permanente de capitaux de « nos » oligarchies a fini par détruire leur propre « construction ». Et de toute évidence, ce n'est pas fini. La crise actuelle est porteuse d'une régression sans précédent pour l'Europe occidentale et les États-Unis. Les citoyens de ces pays en feront les frais... Qousque tandem ? En français "Jusqu'a quand?"

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8 mai 2010 Disparition des états-nations

Le silence médiatique sur la réunion annuelle mondiale de la Commission Trilatérale à Dublin, du 7 au 9 mai 2010, se poursuit. Pourtant, cette réunion avait été annoncée avec plusieurs mois d'avance sur le site de la Trilatérale.

L'attitude des médias paraît d'autant plus difficile à expliquer, que la Commission Trilatérale rassemble environ 400 personnes occupant ou ayant occupé des postes au sommet du pouvoir de décision politique, financier, industriel... voire même, syndical dans le cas de l'ancien président de l'American Federation of Labor and Congress of Industrial Organizations (
AFL-CIO), John J. Sweeney. Les journalistes influents ne manquent pas : Nicolas Beytout, PDG du groupe Les Echos ; Klaus-Dieter Frankenberger, éditorialiste du Frankfurter Allgemeine Zeitung ; Lee Cullum, commentateur de télévision et columniste du Dallas Morning News ; Yoichi Funabashi, éditeur en chef du quotidien Asahi Shimbun...

Étrange, qu'en pleine période de crise l'information sur une telle réunion fasse défaut, même du côté des grandes agences. Le 8 mai 2010, les médias alternatifs rapportent des interventions de militants devant l'Hôtel Four Seasons qui héberge la réunion de la Commission Trilatérale. En même temps, à la différence de ses homologues français, l'hebdomadaire espagnol Tiempo de Hoy consacre la une au groupe de Bilderberg, avec le titre : « El club de los hombres que manejan el mundo ».

Mais les « élites » de Bilderberg ont-elles vraiment les moyens « manier » le monde ?
Le 8 mai également, InfoSud publie un article intitulé : « L’Occident impuissant à contrer l’hégémonie chinoise en Afrique » : (05)

D'après l'article, l'aide de la Chine serait jugée par les pays africains nettement plus intéressante que celle de la Banque Mondiale.

Le président de la Banque Mondiale, Robert B. Zoellick, est un fréquentateur habituel de la Commission Trilatérale et du Cercle de Bilderberg. (06) Zoellick figure sur la liste des membres de la Commission Trilatérale d'avril 2010, dans la rubrique « Former Members in Public Service ».

Laissant de côté la question du bien-fondé du mot « hégémonie » employé par InfoSud, doit-on s'étonner qu'après vingt-cinq ans de délocalisations et d'exportations de capitaux par les pays jadis « riches », la Chine soit en mesure de répondre aux attentes des pays africains plus efficacement que les montages mis en place par les « élites » occidentales ? Pour ne pas parler du passé colonial, dont le moteur fut déjà l'exportation de capitaux.

Et si l'Afrique est pour l'essentiel ignorée par des réseaux comme la Commission Trilatérale et le cercle de Bilderberg, la grande majorité des citoyens des pays dits « riches » l'est tout autant. Sauf pour des coups fourrés destructeurs et des politiques de casse économique et sociale. Y compris, sur le plan du droit à l'information, de plus en plus ouvertement mis en cause.

Le silence systématique des médias, mais aussi des partis politiques y compris à la « gauche de la gauche », à propos de la Commission Trilatérale contraste avec le fonctionnement de la Trilatérale elle-même, qui a depuis longtemps mis en ligne un site avec un important volume d'information:

Les comptes rendus des réunions de la Commission Trilatérale sont d'ailleurs publiés par la Brookings Institution (un think tank basé aux États-unis). (06)

Cette information serait-elle réservée exclusivement à un secteur restreint et « bien renseigné » de la population ? Submergés par leurs « petits problèmes », les « petits citoyens » sont peut-être censés « penser à autre chose »...

Non seulement les médias évitent d'évoquer les réunions de la Commission Trilatérale au moment où elles ont lieu et alors qu'elles ont été publiquement annoncées par la Trilatérale elle-même, mais ils s'abstiennent également de commenter le comptes rendus et ouvrages d'analyse lorsqu'ils sont publiés.

De temps à autre, sous la pression des médias alternatifs, le groupe de Bilderberg fait un peu plus de publicité. Mais globalement, la politique du silence est analogue. La France est l'un des pays où le blocage de ce type d'information est le plus fort. Encore un « bienfait » de la « transversalité »...

Malgré une certaine confidentialité pendant les réunions, se renseigner sur la Commission Trilatérale n'est pas si difficile. La Trilatérale envoie même des invitations à la presse, comme le montre le site du média irlandais The Sovereign Independent (07)

L'invitation adressée aux journalistes précise :

Media Invitation

- Ireland to host Plenary Meeting of the Trilateral Commission -

You are invited to attend the opening address of The Plenary Meeting of the Trilateral Commission which will be held in the Four Seasons Hotel on Fridat 7 May 2010 from 15:00 to 16.00 , with keynote adress by An Taoiseach, Mr. Brian Cowen T.D. The Trilateral Commission was formed in 1973 by David Rockefeller to foster closer collaboration among core democratic industralized areas of the world with shared leadership responsibilities in the wider international system. Please visit http://www.trilateral.org .

Trilateral is a private event taking place from 7 - 9 May 2010, and will be closed to media with exception of the opening address :

Opening Address - 14.00-15.00

Host Country Chairman - Professor Richard Conroy

Welcome Speech

Trilateral Conference Chairman - Pether Sutherland

Formal Opening of Conference

An Taoiseach, Mr. Brian Cowen T.D.

Keynote address

La réunion de la Commission Trilatérale à Dublin est donc jugée suffisamment importante pour être « inaugurée » par le premier ministre irlandais en exercice. C'est en général le cas dans tous les pays qui hébergent de telles réunions.

Les grandes agences de presse, au moins, auraient pu « se déranger » un peu et faire circuler quelques dépêches pour informer le «grand public». A ce jour, tel ne semble pas avoir été le cas.

Le pire, c'est qu'on ne peut même pas dire que la Commission Trilatérale ne diffuse pas suffisamment d'information pour, au moins, faire comprendre les options qui s'y débattent. (08)

Il aurait donc été pour le moins normal que les médias et les partis politiques signalent et commentent en temps utile ces publications, à l'adresse de la grande majorité des citoyens. C'était la moindre des obligations de transparence. A fortiori actuellement, dans une période de crise profonde avec des enjeux sans précédent.

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9 mai 2010

Pour le dernier jour de la réunion de la Commission Trilatérale à Dublin, les médias conventionnels français et canadiens restent toujours silencieux à ce sujet.

Pour quelle raison? Pourtant, cette réunion qui se tient à l'Hôtel Four Seasons rassemble un nombre très important de « décideurs » et d'anciens « décideurs » au plus haut niveau, dans les pays les plus influents et dans pratiquement tous les domaines.

En Irlande, le média en ligne Independent.ie diffuse un article de Ronald Quinlan intitulé « No crisis for Cowen as he keeps the economic big-wigs waiting », avec un récit de l'intervention du Taoiseach (Premier ministre) Brian Cowen à la séance inaugurale de vendredi. L'article rapporte même la question adressée à Cowen par l'ancien président de la Réserve Fédérale des États-unis et actuel conseiller de Barack Obama, Paul Volcker

Quinlan souligne également la présence : de l'ancien Premier ministre irlandais John Bruton ; de l'ancien président de la Banque d'Irlande Richard Burrows ; du sénateur irlandais Richard Conroy, président de Conroy Diamonds and Gold ; de l'ancien gouverneur de Hong Kong Lord Patten of Barnes ; du vice-président d'UBS Investment Bank et ancien vice-président de la Commission Européenne, Lord Brittan of Spennithorne (nous reprenons des extraits des présentations fournies sur la liste des membres diffusée par la Commission Trilatérale)...

Irish Times
a également
consacré un article à cette séance de la Trilatérale, avec le titre « Indebted states must take tough fiscal action to satisfy markets, says Cowen ». De même, alors que la réunion européenne de la Commission Trilatérale tenue à Paris en novembre 2008 avait été passée sous silence et n'avait dû faire face à aucune réaction de la part des organisations politiques et syndicales, la réunion plénière de 2010 à Dublin a donné lieu à des mobilisations
de citoyens contre la politique incarnée par la Trilatérale.

Dans un article intitulé « Trilateral Commission Gathering Update 8th May » faisant état des mesures de sécurité autour de l'hôtel Four Seasons de Dublin, The Sovereign Independent rapporte que le journaliste James P. Tucker n'a pas pu assister à la séance inaugurale de la réunion annuelle mondiale de la Commission Trilatérale à Dublin, s'étant fait éconduire par le service de sécurité après avoir vu son invitation déchirée.

Incident qui ressemble étrangement à une réaction de la part des organisateurs à l'article diffusé la veille par Tucker sur le site d'American Free Press, intitulé « AFP Editor Reports On Secret Gathering Of Trilats in Ireland » (09)

Mais l'exclusion inattendue de Tucker n'a pas empêché d'autres journalistes invités à la séance d'exposer dans les médias irlandais le contenu de la « keynote address » de Brian Cowen, dont le texte intégral a simultanément été diffusé par le gouvernement irlandais ainsi que sur le site du Fianna Fail : (10)

On est loin de la confidentialité qui avait entouré la tenue de la réunion européenne de la Commission Trlatérale à Paris. Pourquoi une telle différence dans les comportements institutionnels ?

En tout état de cause, quelques constats s'imposent :

- La Commission Trilatérale existe. Elle n'est pas une invention de quelques «théoriciens du complot ou complotistes ».

- La Trilatérale possède une influence certaine. Partout, elle est accueillie par des représentants des gouvernements au plus haut niveau. Ce fut la cas d'Eric Besson à Paris (11)

- La France, (note JP: le Canada et encore plus le Québec) est, manifestement, l'un des pays où le blocage de l'information est le plus fort en ce qui concerne les activités de la Commission Trilatérale et du groupe de Bilderberg.

N'en déplaise à certains auteurs qui ne manquent pas d'appuis éditoriaux et politiques, et pour qui la simple mention de la Commission Trilatérale ou du cercle de Bilderberg revient à tomber dans le « complotisme ».

Le dimanche 9 mai, coïncidant avec la fin de la réunion de la Commission Trilatérale à Dublin, l'Élysée diffuse sur son site trois communiqués

1. à propos d'une réunion de travail des ministres sur la crise financière de la zone euro (13)

2. Le Président de la République et la Chancelière de la République Fédérale d'Allemagne se sont entretenus ce soir à 18h pour évoquer les moyens à mettre en œuvre pour résoudre la crise financière. (14) Ils ont constaté leur accord complet sur les mesures qui seront annoncées ce soir par l'Ecofin dans la ligne des conclusions de l'Eurogroupe réuni au niveau des Chefs d'État et de gouvernement.

3. Le Président de la République et le Président des États-unis se sont entretenus au téléphone et ils ont évoqué la situation des marchés et les mesures indispensables. Ils ont constaté un large accord sur la nécessité d'une réponse d'ampleur aux désordres actuels qui affectent les marchés. (15)

Toujours dimanche 9 mai 2010, dans la soirée, un « plan européen d'aide à la zone euro » a été annoncé. La facture prévisible de l'opération : un renforcement du pouvoir de la Banque Centrale Européenne et de l'ensemble des institutions de l'Union Européenne, assorti d'une vague de mesures antisociales et de casse institutionnelle.

Mais qui demande des comptes à tous ceux qui pendant trois décennies n'ont cessé de délocaliser et d'exporter des capitaux ? Qui évoque la très lourde responsabilité des « élites » qui ont préconisé, défendu, exécuté, cautionné... cette politique ? Précisément, ces mêmes lobbies financiers, industriels, politiques, « gestionnaires »... étaient maîtres du jeu à la réunion de Dublin.

Et pourquoi les plus hautes autorités publiques, ou leurs conseillers ou représentants de fait, devraient-ils débattre de ces questions stratégiques à l'intérieur de cercles privés, de surcroît de manière plus ou moins confidentielle et ensemble avec des représentants des milieux financiers et des multinationales ?

Peut-on décemment qualifier de « complotisme » le fait d'informer les citoyens sur des instances comme la Commission Trilatérale ou le Cercle de Bilderberg, où de toute évidence des responsables publics et du secteur privé très haut placés débattent de l'avenir des pays, des continents, de la planète, de l'humanité... ? Des réunions tenues en dehors de tout cadre institutionnel et de tout contrôle citoyen, et sur lesquelles l'information est pratiquement inexistante (Bilderberg) ou ne circule qu'a posteriori sous forme de comptes rendus pour l'essentiel papier et payants (Trilatérale). Même si on trouve un abondant matériel sur le site officiel de la Commission Trilatérale, les comptes rendus et documents des années récentes n'en font pas partie en dehors de quelques extraits. Ils sont commercialisés sous forme papier par la Brookings Institution (un think tank basé aux États-unis).

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13 mai 2010

Le 13 mai, le journaliste Daniel Estulin a mis en ligne une interview accordée mardi à Telemadrid, où il évoque notamment une destruction organisée de l'économie mondiale.

Estulin reprend ce sujet, de manière romancée, dans Conspiración Octopus, paru en Espagne un mois avant la réunion du groupe de Bilderberg tenue à Sitges (Catalogne) du 3 au 6 juin 2010.

Que penser de cette approche conspirationnelle à des problèmes bien réels?

Si la notion de conspiration peut prêter à polémique, force est de constater en revanche l'existence depuis trois décennies, dans l'ensemble des pays occidentaux, d'une stratégie de privatisation de l'économie, des services publics et des structures mêmes des États au profit des lobbies financiers et des grandes multinationales.

Les actuels États souverains sont poussés vers la faillite par leurs propres milieux dirigeants et par une politique, définie aux échelles planétaire et européenne, qui leur enlève leurs ressources économiques et les contraint à ouvrir leurs frontières à une prétendue « libéralisation » au bénéfice des grands intérêts privés. Il est exact que la politique permanente de délocalisations et d'exportation de capitaux des pays « riches », soutenue et appliquée par un « grand consensus » des « élites » de toutes tendances politiques, a largement détruit les économies de ces pays.

Alors que L'Union Européenne
adoptait un « mécanisme européen de stabilisation financière » la réunion plénière annuelle de la Commission Trilatérale à Dublin prenait fin sans qu'aucun média conventionnel n'ait relevé cette circonstance ni (en dehors de quelques journaux irlandais) informé ses lecteurs de la tenue même d'une réunion de la Trilatérale.

En date du 13 mai 2010, le silence des médias reste hermétique sur la réunion de Dublin à laquelle, pourtant, les participants normalement couverts par les médias ne manquaient pas au rendez-vous. Mais quel est, aujourd'hui dans le monde, le pouvoir réel des cercles de l'oligarchie qui il y a quelques décennies ont mis en place le groupe de Bilderberg d'abord (1952-54), et plus tard la Commission Trilatérale (1973) ? Tout compte fait, les oligarchies occidentales semblent avoir été victimes de leur propre politique, même si les populations de l'Union Européenne et des États-Unis en font de plus en plus lourdement les frais. Le 13 mai également, China Daily
publie
un éditorial intitulé : «La démocratie n’est pas une fin en soi», soulignant la détérioration de la situation sur le plan social dans les pays « occidentaux ».

Les communiqués de l'Union Européenne annoncent clairement le renforcement des pouvoirs des instances de Bruxelles, au nom des « réformes nécessaires pour compléter le cadre actuel, afin d'assurer la viabilité budgétaire dans la zone euro ».

Dans un article intitulé « Bruxelles veut un droit de regard sur le budget des États », Le Monde rapporte cette déclaration du portugais José Manuel Barroso, le 11ième président de l'Union européenne, « On ne peut pas avoir une union monétaire sans avoir une union économique »

La chaîne canadienne CTV News ajoute ces propos de Herman Van Rompuy : « On ne peut pas avoir une union monétaire sans une certaine forme d'union économique et politique »

Pour rappel, la question des « structures de gouvernance générale de l'Europe » avait d'emblée fait l'objet d'un échange entre le Premier ministre irlandais Brian Cowen et l'ancien président de la Réserve Fédérale des États-unis et actuel conseiller de Barack Obama, Paul Volcker, à la séance d'ouverture de la réunion plénière de la Commission Trilatérale à Dublin.

Du coup, les professionnels français de la politique cherchent déjà à « se placer » en vue des présidentielles de 2012. En tenant, bien entendu, le « bon discours » dans le « mainstream ».

C'est ainsi, par exemple, que Ségolène Royal et Jean-Louis Bianco ont entrepris de « vendre » les États-unis d'Europe afin, semblerait-il, de pouvoir prendre « des décisions plus fermes contre les banques et les spéculateurs ». Ségolène Royal se félicite déjà du renforcement du rôle de la Banque Centrale Européenne à l'occasion du plan récemment adopté.   

Mais dans un article intitulé « L’eurogroupe : la pression s’amplifie sur les peuples », publié par Agoravox, Danielle Bleitrach souligne notamment que la Commission Européenne dispose désormais d'un nouveau pouvoir : celui de s’endetter sur les marchés financiers. En clair, démolition des actuels états souverains, disparition des patrimoines publics et mise en place d'un états européen sous la houlette de la grande finance.

En effet, le Règlement du Conseil de l'Union Européenne « établissant un mécanisme européen de stabilisation financière » récemment diffusé le prévoit explicitement à l'article 2.  (16)

Article 2

Forme sous laquelle l'assistance financière de l'Union est octroyée

1. Aux fins du présent règlement, l'assistance financière de l'Union est octroyée sous la forme d'un prêt ou d'une ligne de crédit accordé à l'État membre concerné.

À cette fin, la Commission est habilitée à contracter, au nom de l'Union européenne, en application d'une décision adoptée par le Conseil en vertu de l'article 3, des emprunts sur les marchés des capitaux ou auprès d'institutions financières.

(...)

Article 6

Opérations d'emprunts et de prêts

(...)

3. Dès que le Conseil décide de l'octroi d'un prêt, la Commission est autorisée à emprunter sur les marchés des capitaux ou auprès d'institutions financières au moment le plus opportun entre les décaissements prévus de manière à optimiser le coût des financements et à préserver sa réputation en tant qu'émetteur de l'Union sur ces marchés. Les fonds collectés sur les marchés mais non encore décaissés sont maintenus en permanence sur un compte de liquidités ou un compte-titres spécial géré conformément aux règles applicables aux opérations hors budget et ne peuvent être mobilisés pour une autre finalité que l'octroi d'une assistance financière aux États membres au titre du présent mécanisme.

(...)

A propos de « décisions plus fermes contre les banques et les spéculateurs », Ségolène Royal oublie un peu facilement qu'elle a fait partie de l'entourage de François Mitterrand depuis 1982, et qu'elle est devenue ministre pour la première fois en 1992. Elle a donc directement participé, dès le départ, à des politiques de privatisation du secteur public, banques comprises.

Par la suite, en 1997-2002, Ségolène Royal a fait partie du gouvernement de Lionel Jospin, lequel a battu un record de privatisations et signé une véritable avalanche de textes européens de privatisation d'entreprises et services publics. En mars 2002, le même gouvernement de gauche plurielle a signé les Accords de Barcelone prévoyant la « flexisécurité », la casse du Code du Travail et la démolition du régime des retraites.

Au Québec

Pour le Québec au Canada, la situation ressemble à s'y méprendre à la France.

La donne globale quant
au positionnement des partis sur l'échiquier politique gauche-droite n'est pas le même qu'en Europe, mais le Parti Québécois, sous la direction du conservateur Lucien Bouchard de 1996 au 8 mars 2001 et ensuite de Bernard Landry, de 2001 au 29 avril 2003, a tout fait pour démanteler l'État québécois. 

Aujourd'hui Lucien Bouchard se pose en chef de file d'un groupe de réflexion du nom des "Lucides" arguant pour des politiques encore plus néfastes pour la classe moyenne et les pauvres. Invoquant un calcul alambiqué du déficit de l'État, il n'hésite pas à recommander la privatisation des outils de financement de l'État, comme Hydro-Québec, société d'État qui produit et transporte la majorité de l'électricité québécoise. Dans ce sens il a suivi le Consensus de Bilderberg. 

L'actuel premier ministre du Québec Jean Charest et celui du Canada Stephen Harper sont des conservateurs à l'idéologie bien campée sur les visions de la Commission trilatérale. La crise financière mondiale n'a rien changé à leur pratique idéologique. Les grandes entreprises québécoises et canadiennes qui sont en général des filiales d'entités propriétés d'autre pays, ont, comme en Europe et aux États-Unis-d'Amérique délocalisé leur production.

Côté médias, il est intéressant de savoir que les principaux médias au Québéc. appartiennent à Paul Desmarais, un des propriétaire de la pétrolière Total, et à Pierre-Karl Péladeau de Quebecor, un anti-syndicaliste notoire qui fera tout en son possible pour détruire toute force progressiste dans cette province. Son père, qui avait mis sur pied l'empire Quebecor s'était toujours refusé à mettre des éditorialistes et des chroniqueurs autres que pour couvrir le sport ou les chroniques de conseils de vie personnelle dans ses journaux. Maintenant chaque journal de Quebecor est encadré par des éditorialistes et des chroniqueurs dont certains racolent la partie fasciste de la société.

Quant à
la télé-radio d'État Radio-Canada, tous les médias privés et leurs sbires la traitent de repère de gauchistes, ce qui ne risque pas d'approcher même les rêves les plus fous de la gauche politique. Il reste un journal quotidien indépendant au Québec, Le Devoir et JosPublic n'a pu convaincre son éditeur de parler du groupe de Bildergerg ou de la Commission Trilatérale.
 

Il n'y a même plus une petite gêne ... on a même vu un des sous-fifres de Paul Desmarais l'éditorialiste du journal La Presse, M. André Pratte faire un discours lors d'une réunion régionale de la trilatérale tenue à Montréal en novembre 2005. Pour lire le discours voir: (17)

Revenons à la France et constatons que même les gouvernements de « gauche » dont Ségolène Royal a fait partie ont été des grands défenseurs de la politique d'exportation de capitaux et de délocalisations, qui n'a pas épargné les domaines industriels à la technologie la plus avancée ainsi que la recherche scientifique et technologique.

Et quel gouvernement de « gauche » a proposé de mettre en cause la « libre circulation des capitaux » pour empêcher les vagues de délocalisations ? Bien au contraire, la « gauche » française a joué un rôle important dans la création de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) dirigée actuellement par un « socialiste » français, tout comme le Fonds Monétaire International (FMI).

Rappelons également que, comme l'ensemble des dirigeants politiques « présidentiables » de la période 2006-2007, Ségolène Royal avait fait ouvertement campagne pour la « flexisécurité » et n'avait pas pris la peine de dissimuler les allusions aux « réformes qu'il allait falloir faire ». A présent, on en sait un peut plus...

Tout compte fait et plus globalement, l'ensemble de la « classe politique de gouvernement » soutient depuis ving-cinq ans des stratégies correspondant de plus en plus ouvertement aux intérêts des multinationales et des oligarchies financières. Pas seulement en France, mais dans l'ensemble des pays « occidentaux ».

S'agit-il d'autre chose que de remplacer les États publics par un méga-État privé ?

S'agissant de la France, force est de constater que, depuis la période des premières privatisations de 1986, des fonctions très bien rémunérées dans les coupoles du secteur privé sont de plus en plus généreusement ouvertes aux groupes influents de la classe politique, « gestionnaire » et « de gouvernance ».

Complot ou pas ? A l'examen de la liste des membres de la Commission Trilatérale et de celle des participants aux conférences de Bilderberg, la caution apportée par les gouvernements les plus influents et par les milieux occidentaux dominants au sein des plus hautes instances internationales à ce type de lobbying paraît évidente. Or, dans de telles instances qui se présentent comme des entités privées, les représentants des oligarchies financières et industrielles constituent clairement le groupe dirigeant.

En même temps, paradoxalement, le bilan d'une telle politique est une véritable destruction des économies des Etats sur lesquelles s'était basée l'hégémonie mondiale de ces « élites occidentales ».

Dans un texte provenant du China Daily on apprend que la Chine entend pour l'essentiel poursuivre sa politique actuelle moyennant quelques ajustements. En même temps en éditorial du 13 mai 2010 le même journal publie « La démocratie n’est pas une fin en soi ». Soulignant l'énorme décalage entre les discours et les réalités sociales dans les pays dits «démocratiques», l'éditorial conclut : « La démocratie doit améliorer la vie de la population. Alors seulement pourra-t-elle obtenir le soutien du peuple. »
 (18)

Laissant de côté les remarques qu'un tel éditorial peut appeler par rapport à la situation interne de la Chine elle-même, force est de constater le discrédit croissant de la prétendue « démocratie occidentale ». En témoigne notamment la montée générale du taux d'abstention électorale au sein des pays « occidentaux » eux-mêmes et dans toutes sortes d'élections.

De toute évidence, les politiques réelles menées depuis 1984 environ par des gouvernements dits « démocratiquement élus » dans l'ensemble de ces pays n'ont en rien représenté les intérêts des populations. Mais China Daily oublie de souligner, entre autres, le rôle de l'argent et de l'influence dans le contrôle des médias ou dans la promotion des candidats potentiels.

Et lorsque l'auteur de l'éditorial rappelle l'importance des acquis de l'après-guerre, il omet d'analyser : i) le rôle de ces acquis dans le processus d'accumulation de capital (le « retroussez vos manches ») ; ii) la politique de liquidation de ces acquis une fois l'accumulation de capital réalisée. C'est précisément des années 1970 que date la mise en place de la Commission Trilatérale.

De même, force est de constater que le langage employé dans l'article de China Daily ne paraît guère marxiste. Pourtant, au vu de l'évolution récente, les analyses de Marx et de ses successeurs à propos du caractère fictif de la « démocratie » formelle sous le capitalisme s'avèrent fort pertinentes dans la pratique.

Mais quel est le bilan de l'avidité oligarchique des décennies récentes ? Précisément, la montée de pays comme la Chine dans le domaine de l'industrie de pointe et de la haute technologie a sanctionné l'absurdité évidente des théories fumeuses telles que la « division internationale du travail », etc... répandues avec insistance par une « classe dirigeante » occidentale dont la décadence apparaît au grand jour de plus en plus clairement.

En détruisant les acquis sociaux de « leurs » populations, les oligarchies occidentales ont en même temps miné la source de leur propre pouvoir planétaire de jadis. Telle est l'origine de la facture que l'on cherche à nous faire payer à l'heure actuelle. Est-ce autre chose qu'une spirale digne des crises jadis décrites par Marx ?

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14 mai 2010

 

Le 14 mai, American Free Press diffuse un article de Jim Tucker avec le titre «Tucker Trumps Trilats» (19) faisant état de la présence, à la réunion plénière de la Commission Trilatérale tenue à Dublin, d'un conseiller à haut niveau du gouvernement russe. Ce conseiller, dont le nom rapporté par Tucker ne figure pas sur la liste des membres de la Commission Trilatérale du mois dernier, se serait exprimé par mégarde devant le webmaster de WeAreChange.org sur des questions telles que la prétendue « nécessité d'un gouvernement mondial »,  ou l'actuel gouvernement iranien dont il serait très urgent de « se débarrasser ». Le conseiller russe, sur qui la Toile ne semble fournir aucune information, aurait même déclaré : « We are deciding the future of the world » (sic).

Précisément, d'après Tucker, une autre déclaration d'un participant à la réunion de Dublin, qui se serait déroulée dans un contexte de pessimisme général, aurait été : « Bilderberg expects us to have a plan outlined ».  Mais quelle peut être la source éventuelle du pessimisme rapporté par Tucker et qui d'après son article irait jusqu'à soulever la question de la raison d'être de la Commission Trilatérale elle-même ?

Le projet de mise en place d'un gouvernement mondial semble se heurter à une nette opposition de la part d'un certain nombre de pays de l'Asie et d'autres continents, à commencer par la République Populaire de Chine dont dépend à son tour la Russie pour un certain nombre de projets économiques stratégiques. Mais de surcroît, quelle peut être la représentativité dans l'économie mondiale réelle des groupes financiers et industriels hégémoniques au sein de la Commission Trilatérale et du groupe Bilderberg ? C'est sans doute principalement dans ce domaine, que la situation à l'échelle planétaire a considérablement évolué depuis la création de la Commission Trilatérale en 1973.

Au sein de l'Union Européenne, l'instrumentalisation accélérée de la crise financière pour tordre le coup aux Etats souverains paraît évidente. Derrière le prétendu « souverainisme » que l'on diabolise, c'est l'ensemble des droits démocratiques et des acquis sociaux des « petits citoyens » qui se trouve directement visé.

Pendant que la démolition des Etats souverains va bon train, les politiciens de service nous amusent avec des slogans passe-partout du genre « Europe sociale » ou, dernière trouvaille de Ségolène Royal et Jean-Louis Bianco, « construire les États-unis d'Europe » afin soi-disant de pouvoir « prendre des décisions plus fermes contre les banques et les spéculateurs ».

Comme si, précisément, « les banques » n'étaient pas le véritable maître de la politique de l'Union Européenne et du projet tant vanté des « États-unis d'Europe ».  À noter que le lien de Désirs d'Avenir ne semble plus être accessible (20)  

En réalité, tous les discours politiciens sont bons pour faire avaler aux « petits citoyens » une politique de destruction de leurs droits et des acquis de l'après-guerre. Denis Kessler l'avait écrit en octobre 2007, juste avant de devenir président du Siècle :  Il observe une remise à plat totale du modèle social français comme il l'a écrit dans un éditorial de Challenges en octobre 2007 : « Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme... A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !. » « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! » (21)

Mais l'actuel coup de force mené à l'échelle européenne ressemble plutôt, à l'échelle planétaire, à une sorte de fuite en avant. Peut-on prétendre diriger le monde, ayant mené pendant trois décennies une politique d'autodestruction économique dont les effets apparaissent de plus en plus clairement au grand jour ? A cet effet, « nos » oligarchies paraissent particulièrement mal placées, au vu de ce que sont devenus « leurs » propres pays.

Aussi le 14 mai, un article du Financial Post canadien intitulé « China bulks up in oil sands », avec le sous-titre « Investment fund injects $1.25B into two projects with Penn West Energy » : (22) fait était de la signature par China Investment Corp. (CIC) and Penn West Energy Trust de deux accords, l'un d'entre eux pour 817 millions de dollars portant sur des intérêts pétroliers dans le nord de la province de l'Alberta. L'opération est qualifiée de nouvelle incursion chinoise dans les ressources canadiennes.

Ce n'est qu'une illustration, parmi tant d'autres, du retour de manivelle global déclenché par la politique suicidaire des oligarchies occidentales qui, depuis les années 1980, ont entrepris de démanteler les économies occidentales par une politique systématique de délocalisations et d'exportation de capitaux.

Mais dans ce cas, quelle représentativité peuvent avoir, par rapport à l'ensemble de l'économie mondiale, des cercles comme la Commission Trilatérale ou le groupe Bilderberg ? C'est sans doute là que réside la faiblesse croissante de ces montages de la grande finance.

Pourtant, le précédent historique de la montée de l'Allemagne au 19e siècle en tant que puissance européenne et mondiale concurrente, suite aux exportations de capitaux françaises et britanniques, rendait triviales les conséquences que « nos grands spécialistes de l'économie et de la gouvernance» auraient pu tirer quant aux retombées prévisibles de la politique de délocalisations des trois dernières décennies.

 Que valent les « compétences » de ces « grands spécialistes » et les « écoles prestigieuses » qui les ont formés, en Europe comme aux États-Unis ?

Au cours des décennies récentes, les milieux financiers et les grands industriels se sont systématiquement employés à exercer une influence croissante sur les milieux universitaires et assimilés dans les secteurs de l'économie et de la politique. Mais cette pratique récurrente a affaibli de manière décisive les garde-fous qui auraient pu alerter le système contre ses propres dérives.

Composition de la Trilatérale

Au sein de la Commission Trilatérale, l'ensemble Europe (sans la Russie) + Amérique du Nord compte 270 « représentants », pour cent seulement (dont dix chinois et quelques « représentants » de l'Inde) de l'Asie du Pacifique.

D'après la liste diffusée par la Trilatérale en avril 2010, seulement deux « représentants » russes figurent dans la rubrique «Participants from Other Areas».

De vastes zones de la planète, au poids économique croissant, se trouvent pratiquement ignorées ou très largement « sous-représentées » au sein de la Commission Trilatérale, même en tant qu'organisation censée « représenter » le capitalisme mondial. Telle est la grande contradiction qui ronge la Trilatérale et isole le cercle de Bilderberg. Mais précisément, le déséquilibre entre zones géographiques a constitué historiquement la raison d'être même de ce type d'instances.

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17 mai 2010

Le 17 mai, pour la première fois sauf méprise de notre part, une dépêche Reuters en anglais fait état de la réunion récente (du 7 au 9 mai) de la Commission Trilatérale à Dublin. La dépêche, intitulée « Euro survival requires less budget sovereignty », décrit la Trilatérale comme un « réseau d'élites dirigeantes » formé d'anciens ministres, de représentants des milieux d'affaires et de responsables de banques centrales. D'après son auteur, basé à Paris, un consensus se serait dégagé à la réunion de Dublin dans le sens de la prétendue nécessité d'une union économique beaucoup plus étroite entre les pays de l'Union Européenne.

En même temps, la dépêche souligne les réticences qu'une telle stratégie suscite de la part des européens et le rejet populaire prévisible d'une politique d'austérité imposée par Bruxelles. Le 17 mai, les médias conventionnels français semblent garder toujours le silence sur la réunion de Dublin de la Commission Trilatérale. Les partis politiques, même à la «gauche de la gauche», restent également muets à propos de cette réunion.

Le silence médiatique se poursuit pourtant la dépêche Reuters en anglais (23) semble indiquer que des correspondants des grands médias étaient bien présents à cette réunion. Pourquoi, donc, un tel blocage de l'information ?

En Espagne, la réunion du groupe de Bilderberg a au moins été évoquée par le journal Diario Público dans un article intitulé « Bilderberg, el club secreto que elige líderes mundiales » : (25)

De même, sauf méprise de notre part, on ne trouve aucune information ni réaction à ce sujet sur les sites de l'UMP, du Nouveau Centre, du Modem, du Parti Socialiste, du Parti de Gauche, du Parti Communiste ou du NPA, pas plus que sur les site internet des partis politiques québécois et canadiens.

Pourtant, des représentants du monde politique français (Jean-François Copé, Elisabeth Guigou, Jean-Louis Bourlanges...) font actuellement partie de la Trilatérale dont une réunion européenne s'était tenue à Paris en novembre 2008.

Les questions débattues à cette type de réunions, loin du « grand public » mais en présence de représentants de tous les milieux de «décideurs» influents, portent sur des enjeux très graves aux conséquences potentielles très lourdes pour la grande majorité des citoyens français, européens et du monde entier.

En particulier, d'après Reuters, les participants à la réunion de la Commission Trilatérale à Dublin « agreed the EU would have to grow into a much closer economic union » traduction: "se sont entendus à l'effet que l'Union Européenne devra se développer en tant qu'union économique beaucoup plus intégrée". Force est de constater que la clôture de cette réunion, le 9 mai, a coïncidé avec l'annonce du « plan euro » au niveau de l'Union Européenne.

Le silence récurrent des grands médias et du monde politique est donc inexcusable.

Les « plans d'austérité » du Portugal et de l'Espagne ont été salués par le président du Conseil Européen Herman Van Rompuy. C'est la même attitude au Canada. Mais l'austérité, pour qui au juste ? Les milieux financiers font toujours la loi et s'en tirent très bien.

Les cibles de ces plans dits « d'austérité » : le droit du travail, la stabilité d'emploi, les dépenses publiques, les prestations à l'adresse des «petits citoyens», les traitements des «petits fonctionnaires», les «petits contribuables»... La santé des personnes âgées, les services publics de la recherche et de l'éducation... font également partie des cibles privilégiées des discours récents.

Doit-on s'en étonner ?

Évidemment, rien qui puisse déplaire aux « sommités » et lobbyistes qui se réunissent au sein de la Commission Trilatérale ou du cercle de Bilderberg.

C'est pourtant de la politique développée pendant trois décennies par ces « sommités » (délocalisations, exportations de capitaux, marchés financiers...), que les « petits citoyens » payent la facture.

Et quel a été l'objectif réel de cette stratégie ? Dans un pays comme la France, il a été question de « rigueur » depuis 1982 (Mitterrand - Mauroy). La politique dite « d'austérité » a été proclamée par Laurent Fabius en 1984, pendant que Jacques Delors attendait sa nomination à la présidence de la Commission des Communautés Européennes. Au Québec c'est à partir de 1980 que les premiers programmes d'austérité de l'Etat sont venus frapper de plein fouet la classe moyenne basse.

La prétendue « austérité » (pour qui ???) dure, donc, depuis 26 ans et ne cesse de s'aggraver. Ceux qui en font les frais sont toujours les mêmes.

En ce qui concerne la composition de la Commission Trilatérale, ses instances dirigeantes sont ainsi présentées :

  Voir la liste ci-jointe ou (24)

S'agissant des pays « occidentaux », on semble bien avoir affaire au développement accéléré d'un véritable stade ultime de l'impérialisme : la mondialisation capitaliste. L'État bourgeois public cesse progressivement d'être nécessaire à la domination des oligarchies. Il en est de même de la façade de gestion publique, de « démocratie », d'acquis sociaux, etc...

A ce stade, les États publics disparaissent pour laisser la place à un État privé mondialisé des super-riches.

Mais ce système se trouve déjà, de par sa nature même, dans une situation de crise permanente. Son poids à l'échelle planétaire décroît au fur et à mesure que la destruction des économies occidentales se poursuit. Quelle sera l'issue de ce processus ?

Quoi qu'en disent les idéologues des actuels milieux dominants, une telle destruction n'a rien de « constructrice ». Encore moins, de
« créatrice ».

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 Notes et références

01

 

Demand For Executive/VIP Completions On The Rise

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02

 

 http://www.chinadaily.com.cn/china/2010-04/29/content_978...

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03

 

Dépêche de l'agence de presse Reuters du 27 avril 2010, reprise notamment par Radio BFM, intitulée

« La France en quête d'un nouveau souffle économique en Chine »

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04

 

Rapport Lalumière de 1999 pour Dominique Strauss-Kahn, déclarations de Francis Mer au journal Les Echos en 2003...

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05

 

http://www.droitshumains-geneve.info/spip.php?article7984

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06

 

http://www.trilateral.org/annmtgs/trialog/trlgtxts/t53/zo...   et/ou   http://publicintelligence.net/official-list-of-participan...

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07

 

http://www.sovereignindependent.com/?p=3014

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08

 

http://www.trilateral.org/pubs.htm  et  http://www.trilateral.org/annmtgs/trialog/trlglist.htm  et http://www.trilateral.org/projwork/tfrsgen.htm

 

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09

 

http://www.americanfreepress.net/html/trilats_in_ireland_...

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10

 

Irland Government Press Office et http://www.fiannafail.ie/news/entry/4255/

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11

 

http://www.trilateral.org/EURGp/REGMTGS/08paris.htm

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12

 

http://www.independent.ie/national-news/no-crisis-for-cowen-as-he-keep-the-economic-bigwigs-witing-2173425.html

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13

 

de la République tiendra une réunion de travail, au Palais de l'Élysée à 18h45 sur la crise financière que traverse la zone euro, en présence de :* M. François FILLON, Premier ministre, * M. Bernard KOUCHNER, ministre des Affaires étrangères et européennes, * M. François BAROIN, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat, * M. Pierre LELLOUCHE, Secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, * M. Alexandre de JUNIAC, directeur de cabinet du Ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi représentera Mme Christine LAGARDE qui sera retenue à Bruxelles pour l'Ecofin

http://www.elysee.fr/president/les-actualites/communiques...

 

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14

 

Entretien téléphonique avec Mme Angela Merkel, Chancelière de la République Fédérale d’Allemagne http://www.elysee.fr/president/les-actualites/communiques...

 

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15

 

Le président de la république de France et le Président des États-Unis se sont entretenus au téléphone
http://www.elysee.fr/president/les-actualites/communiques...

 

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16

 

http://register.consilium.europa.eu/pdf/fr/10/st09/st0960...

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17
 

Discours de M. André Pratte (texte en anglais)  Éditeur des pages éditoriales du journal La Presse (Québec-Canada) Editorial Pages Editor of La Presse, Montréal. Speach before the Trilateral commission North American regional meeting. Montréal, November 4-6, 2005

 

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18

 

http://www.chinadaily.com.cn/world/2010-05/11/content_983...   et    http://www.chinadaily.com.cn/fr/editorial/2010-05/13/cont...

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19

 

http://www.americanfreepress.net/html/tucker_trumps_trila...

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20

 

http://www.desirsdavenir.org/s-gol-ne-royal/le-blog/le-su...  et on retrouve le même texte de Ségolène Royal dans cet article du Post http://www.lepost.fr/article/2010/05/11/2070116_la-crise-...

 

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21

 

http://www.gaullisme.fr/attaque_anti_gaulliste_kessler.htm

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22

 

http://www.financialpost.com/news-sectors/features/story....

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23

 

http://www.reuters.com/article/idUSTRE64G12W20100517

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24

 

http://www.trilateral.org/memb.htm

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25

 

http://www.publico.es/dinero/307516/bilderberg/club/secre...

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