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Jean Ziegler et le chômage permanent
Jean Ziegler et le projet de l'oligarchie financière mondiale.
Jean Ziegler "Retournez les fusils Choisir son camp"
Jean Ziegler membre du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme des nations Unies
Jean Ziegler professeur émérite de sociologie à l'université de Genève
Jean Ziegler et la dictature des oligarchies du capital financier

 

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Le chômage permanent pour tous : Le projet de l’oligarchie financière mondiale
                                          - Jean Ziegler

À mesure que se précise la débâcle dévastatrice du vieux système capitaliste, le citoyen responsable se devrait de prendre position, affirme le grand sociologue Jean Ziegler.  L’éminent intellectuel évoque ici la dictature planétaire des oligarchies du capital financier et son projet de créer des millions de chômeurs permanents afin de maintenir sa domination.  Il affirme également que face à l’ordre économique cannibale qui règne sur le monde, un nouveau sujet historique se dresse : la société civile planétaire. 

Auteur du livre « Retournez les fusils ! Choisir son camp » (ed. Seuil), Jean Ziegler a été rapporteur spécial à l’ONU pour le droit à l’alimentation de 2001 à 2008. Il est aujourd’hui membre du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, et professeur émérite de sociologie à l’université de Genève.

Analyses & Opinions

Jean Ziegler et le chômage permanent
Jean Ziegler et le projet de l'oligarchie financière mondiale.
Jean Ziegler "Retournez les fusils Choisir son camp"
Jean Ziegler membre du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme des nations Unies
Jean Ziegler professeur émérite de sociologie à l'université de Genève
Jean Ziegler et la dictature des oligarchies du capital financier

 

 

 

 
 

Jean Ziegler publie un manifeste

 
 

L’ouvrage initial date de 1980, mais Jean Ziegler s’est senti contraint de l’adapter aux temps présents en le réécrivant entièrement. À l’origine, explique l’auteur, le titre était repris d’un manifeste de Trotski appelant le prolétariat engagé dans la première boucherie mondialisée à retourner leurs armes contre les capitalistes plutôt que contre ses camarades du camp d’en face.

Trente-quatre ans après, rien n’a changé, sinon en pire. Jean Ziegler : « Les capitalistes font aujourd’hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd’hui plus que jamais, il faut retourner les fusils. »

Devant son interlocuteur abasourdi, Ziegler tempère à peine son séditieux propos. Non, non, il n’est pas question d’aller illico « flinguer son banquier », mais au moins d’empêcher par tous les moyens les capitalistes de semer la désolation sur toute la planète.

Et de donner l’exemple des cinq cents sociétés tentaculaires multinationales échappant à tout contrôle, notamment à celui des États, s’appropriant 52,8 % du produit mondial brut, coupables de maltraitances contre leurs ouvriers, comme ces quelques 1 300 victimes mortes dans les ruines de l’immeuble insalubre Rana Plaza à Dacca.

 Ouvrier.ère dans les décombres du Rana Plaza à Dacca ( 01 )

 
 

Chasser les grands prêtres des religions malfaisantes

 
 

Or, la forteresse financière néolibérale n’est désormais guère plus salubre que le bâtiment délabré de Dacca. De sinistres craquements en ont de nouveau ébranlé les fondations tout au long de la semaine passée. Les métastases du cancer systémique ont repris leurs lugubres ravages, frappant jusqu’aux derniers refuges du sanctuaire : les places boursières et financières.

Et tout retour en arrière est désormais impossible. Les lettres ouvertes indignées aux dirigeants du monde malade pour qu’ils changent de cap sont vaines et dérisoires. Comme le dit le banquier défroqué Charles Sannat ( 02 ) dans un de ses éditos du Contrarien, il n’y a plus rien à espérer du système agonisant, ni de ses gouvernants :

« Il faudrait tellement tout changer, tellement tout bouleverser que jamais, jamais un consensus ne pourra se faire sur des mesures d’une telle ampleur tant que nous ne serons pas tombés au fond du gouffre. Nous sommes au pied du mur mais cela ne change rien. Nous pouvons gloser des heures et des heures sur quoi faire, comment le faire, pourquoi le faire, nous ne ferons rien. Rien. »

Tout changer, oui, dans les institutions comme dans les mentalités. Tout changer pour passer au monde d’après en surmontant le chaos laissé par le monde d’avant. Mais qui pense sérieusement que l’on peut se débarrasser d’un système sans écarter ceux qui s’en portent garants jusqu’à l’intolérable ? Qui croit qu’on puisse mettre hors d’état de nuire une religion malfaisante en restant soumis à ses grands prêtres et respectueux de ses temples ?

"Retournez les fusils ! Choisir son camp". En vente dans toutes les bonnes librairies. L’idée — et l’urgence — méritent qu’on y réfléchisse, non ? D’ailleurs qui parmi vous, chers lecteurs, n’y a pas déjà au moins secrètement pensé ? 

 
 

Olivier Bétourné s'entretient avec Jean Ziegler

 
 

Durant l'été 2013, Olivier Bétourné, président des éditions du Seuil, de passage à Genève, dîne avec son ami Jean Ziegler. Contemplant les enseignes des grandes banques, des compagnies d'assurances, des bijouteries de luxe sur les bords du lac Léman, il provoque le sociologue suisse.

"Tu as été député, professeur, écrivain, membre du bureau de l'
Internationale socialiste, mais finalement, à quoi as-tu servi ?"

Pourquoi avoir repris comme autobiographie intellectuelle le titre de l'un de vos livres les moins connus ?

 

Jean Ziegler : "Retournez les fusils" était le slogan des socialistes pacifistes qui se sont réunis clandestinement en septembre 1915 à Zimmerwald, en Suisse, dans une bourgade du canton de Berne.

Le manifeste avait été rédigé par Léon Trotski. Il dénonçait la guerre comme une barbarie produite par le capitalisme, les marchands de canons. Y participaient des Français, des Allemands, des Russes, des Suisses, des Polonais, des Britanniques. Le prolétariat devait retourner ses armes contre les capitalismes, pas contre le camarade étranger.

Si le monde change, vous, en revanche, vous refusez de changer. Vous utilisez toujours la langue de bois en évoquant dans votre livre "la dictature mondiale des oligarchies du capital financier globalisé"...

 

Et comment voulez-vous les appeler ? En 2013, les cinq cents plus grandes sociétés transcontinentales du monde se sont approprié 52,8 % du produit mondial brut (c'est-à-dire de toutes les richesses produites en une année sur la planète). Ces multinationales échappent à tout contrôle, notamment à celui des États. La banque UBS a un chiffre d'affaires qui est cinq fois supérieur au PIB de la Suisse. Ces capitalistes font aujourd'hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd'hui plus que jamais, il faut retourner les fusils.

Que proposez-vous ? D'aller flinguer son banquier ?

 

Je ne suis pas un idéaliste irresponsable. Je dis que face à ce monde cannibale, les démocraties ne doivent pas rester indolentes. Mon livre est un livre d'espoir : des citoyens ordinaires, des mères de famille, des collégiens sont allés manifester devant les magasins de vêtements, de chaussures de sport, pour imposer aux grandes marques comme Benetton, Nike, Adidas de moins maltraiter les malheureuses ouvrières du Bangladesh, après l'effondrement de l'immeuble Rana Plaza à Dacca, qui a fait plus de 1 300 morts. Leur requête : "Pas de sang sur mes vêtements." Ces grands groupes, qui tiennent à leur réputation, ont partiellement cédé sur les salaires minimums, l'hygiène, le droit de se syndiquer. C'est cela que j'appelle Retournez les fusils !

N'êtes-vous pas le dernier communiste, malgré tous les crimes commis en son nom ?

 

Je reste marxiste et communiste. L'idéal communiste n'a été incarné que dans la Commune de Paris. Le communisme est non encore advenu, c'est une utopie.

C'est vrai, je me suis souvent lourdement trompé. Je le reconnais. Mais pour citer Jean Jaurès : "La route est bordée de cadavres, mais elle mène à la justice."

Vous êtes marxiste et chrétien ?

 

Je crois en Dieu, mais je suis pour la dissolution du Vatican, cette cour médiévale ridicule, vraie insulte aux Évangiles.

Vous avez été député socialiste au Conseil national (Assemblée nationale) en Suisse. Vous avez longtemps appartenu au bureau de l'Internationale socialiste. Quel regard portez-vous sur les socialistes, notamment français ?

 

Je n'imaginais même pas que l'Internationale socialiste et le Parti Socialiste français pouvaient sombrer dans une telle déchéance ! Le grand projet du quinquennat de François Hollande, c'est le pacte de responsabilité, qui va permettre aux détenteurs du capital d'augmenter leurs dividendes et de licencier sans problème !

Parti et socialiste sont devenus des gros mots pour les classes travailleuses. Quant à François Hollande, c'est un pâle rejeton de Guy Mollet... Il est comme le lapin devant le serpent, tétanisé face aux banquiers.

 
 
Jean Ziegler: "Nous vivons sous la dictature du capital financier"
 
 

Sources: Le Point pour le Holding Artemis de la famille Pinault;  Oumma Tv

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 19 novembre 2014

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Le scandale de la Rana Plaza à Dacca au Bangladesh - Sur Wikipédia

 

 

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02

Le banquier défroqué Charles Sannat - Sur ObjectifEco

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