MétéoPolitique

Moteur de recherche
en page d'accueil

Retour à : Plan du site- MétéoPolitique - Démocratie - Fiche Régime démocratique - Justice & Tribunaux

Directrice des poursuites criminelles et pénales du Québec

10 novembre 2020 Me Murphy brise le silence - - - - 2 novembre 2020: Me Annick Murphy annonce son départ de la DPCP

Me Annick Murphy , Ad. E.
Directrice des poursuites criminelles et pénales

Me Annick Murphy, Ad. E. a été nommée directrice des poursuites criminelles et pénales par le Conseil des ministres. Elle est entrée en fonction le 14 janvier 2015.

 
 
Admise

Admise au Barreau du Québec en décembre 1980, Me Annick Murphy a dédié sa vie professionnelle aux poursuites criminelles et pénales.   Elle a débuté sa carrière en 1981, à titre de substitut du procureur général affectée à la chambre de la jeunesse à Montréal. De 2003 à 2007, elle a exercé les fonctions de substitut en chef adjointe du procureur général au Bureau de la jeunesse de Montréal avant d’y occuper le poste de procureure en chef aux poursuites criminelles et pénales de 2007 à 2012.

Me Murphy a été nommée directrice adjointe aux poursuites criminelles et pénales en juin 2012.  Elle agira à titre de directrice des poursuites criminelles et pénales par intérim de juillet 2014 jusqu’à sa nomination en janvier 2015.

Au cours de sa carrière, Me Murphy a développé une expertise dans le traitement de la judiciarisation des adolescents, laquelle a été sollicitée au Québec, mais également à l’échelle internationale.  Elle a de plus contribué à la modernisation des infrastructures informatiques pour répondre aux exigences de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents mise en vigueur en 2003.

Me Murphy est l’initiatrice du Bureau des affaires de la jeunesse, qui a vu le jour en 2012 et qui réunit l’ensemble des procureurs québécois œuvrant en cette matière.

En septembre 2014, Me Murphy s’est vue décerner la distinction honorifique Avocat Émérite du Barreau du Québec (Advocatus Emeritus).  Cette distinction est décernée aux membres les plus méritants en signe de reconnaissance pour l’excellence de leurs actions professionnelles, pour leur parcours d’exception qui a contribué à renforcer l’image de la profession et du rayonnement dans leur milieu social et communautaire.

 
 

  LES ORIGINES ET LES FONDEMENTS DE L INSTITUTION DU DPCP

Démission
 

Démission précipitée de maître Annick Murphy directrice du DPCP

 
 

Me Murphy a informé tous les procureurs du DPCP par courriel mardi le 3 novembre 2020 qu’elle quittait ses fonctions pour des « motivations personnelles », soulignant un « rythme effréné de travail » et le besoin de retrouver du temps pour elle et sa famille.    « Je quitterai des gens que j’apprécie, des amis aussi et une institution que j’aime et dont je suis très fière.

D’ici là, poursuivons tous ensemble le travail avec le professionnalisme pour lequel nous sommes reconnus ».

 Elle dit avoir prévenu le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, lundi matin le 2 novembre 2020.  Le mandat de Me Murphy, qui est officiellement entrée en fonction en janvier 2015, devait à l’origine durer sept ans, et se terminer en 2022.

Annonce précipitée

L’annonce du départ précipité de la directrice des poursuites criminelles et pénales, Annick Murphy, à la veille de la soirée électorale américaine, «alimente la méfiance», estime l’opposition à Québec. 

Sans vouloir tirer de conclusion «trop rapidement», Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire, a mis en doute le timing de cette nouvelle qu’il ne juge «pas banale».   

«Moi, j'aimerais qu'on nous explique ce qui se passe de manière générale, puis, oui, notamment, est-ce que le départ de Mme Murphy est lié ou pas à la situation de conflit, actuellement, entre la SQ et le DPCP?  C'est des questions qu'on se pose», a dit Gabriel Nadeau-Dubois en point de presse mercredi le 4 novembre 2020.

 Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé «Pourquoi quitter avant la fin de son terme?  Qu'est-ce qui le justifie?  Il y a une phrase un peu étrange à sa déclaration, c'est :  “aller voir ailleurs si j'y suis”.  J'ai toujours trouvé cette phrase-là un peu étrange», a-t-il indiqué.  

« Je sais qu’il serait tentant de relier les points, mais je ne peux pas aller jusque-là.  Je préfère, dans un premier temps, l’inviter, parce qu’elle a toute la liberté pour le faire, de venir expliquer son départ prématuré de la direction des poursuites criminelles et pénales », a indiqué M. Bérubé.

Les deux formations politiques ont aussi souligné le « moment choisi » pour annoncer le départ de la directrice du DPCP, soit le jour de l'élection présidentielle états-unienne, alors que l’attention médiatique était tournée vers les États-Unis.

« Ce n’est pas la première fois que des annonces de ce type-là sont faites dans ce type de contexte-là, puis ça génère des doutes, ça alimente de la méfiance », a précisé M. Nadeau-Dubois.  Le patron de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière, avait notamment annoncé son départ de l’organisation le jour des élections générales du Québec.

Ami de M. Prud’homme, Guy Lapointe l'ex-porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ) a déclaré sur Twitter, mercredi matin le 4 novembre 2020 :

« Le bon vieux truc de profiter du contexte d’une éclipse médiatique pour faire une annonce controversée et/ou impopulaire est encore dans le coffre d’outils de certains... Mais [c’]est de moins en moins efficace », ce qui lui a aussitôt valu au moins un commentaire établissant un lien avec Mme Murphy. 

Plus tard dans une déclaration publique, il s’est défendu d’avoir fait référence à Mme Murphy. Travaillant maintenant au Bureau des Enquêtes indépendantes (BEI), M. Lapointe a assuré que son compte Twitter était personnel.  Il a d’ailleurs retiré ce matin toute référence au BEI dans son identification.

Questionnée à propos du moment choisi par Me Murphy pour annoncer son départ, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a déclaré qu’il s’agissait d’une «décision personnelle» et qu’il revenait à la juriste de l’expliquer.

Simon Jolin-Barrette
Ministre de la Justice du Québec

Gabriel Nadeau-Dubois
co-porte-parole de Québec solidaire

Pascal Bérubé
Chef parlementaire du Parti québécois

Robert Lafrenière
Ex-commissaire à la lutte à la corruption (UPAC)

Martin Prud'homme
Ex-directeur de la Sûreté du Québec (SQ)

Guy Lapointe
l'ex-porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ)

Geneviève Guilbault
Ministre de la Sécurité publique du Québec

«Je me verrais très mal interpréter sa décision ou commenter une décision qui est personnelle. Il faudrait le lui demander à elle. Je ne peux que prendre acte de sa décision», a-t-elle expliqué.  « Si quelqu’un décide de prendre sa retraite, la façon de l’annoncer, le moment où elle l’annonce, les raisons pour lesquelles elle prend cette décision-là lui appartiennent », a-t-elle plaidé. 

Elle a ajouté que le gouvernement enclenchera le processus pour nommer son successeur.  La nomination devra recevoir l’appui des deux tiers des députés de l’Assemblée nationale.

Lafre

 ICI - - - - Chronique d'Antoine Robitaille : Murphy comme Lafrenière...

Brise
 

Maître Annick Murphy brise le silence

 
 

La Directrice des poursuites criminelles et pénales, Annick Murphy, sort de son mutisme et revient, dans une lettre publiée dans Le Devoir le 10 novembre 2020, sur les raisons de son départ hâtif à la retraite, annoncé récemment.   Elle assure que sa décision « n’a rien à voir » avec les dossiers impliquant le grand patron de la Sûreté du Québec Martin Prud’homme ni celui de Nathalie Normandeau.

Lettre publique:

Le lundi 2 novembre 2020, j’ai annoncé verbalement et par lettre au ministre de la Justice que j’allais prendre ma retraite le 2 février 2021.  Cette date a valeur de symbole pour moi puisque 40 ans se seront écoulés depuis mon premier jour au service de l’État, à la poursuite publique.

Comme cela est exigé par mes conditions de travail, je devais respecter un avis de 3 mois.  Ce que j’ai fait.  Il n’y a donc aucun lien avec l’élection américaine ou le dénouement ou non de dossiers en cours.  Je ne me dérobe pas et je vais continuer de diriger le DPCP jusqu’à ce moment, que j’ai choisi en toute légitimité.

J’ai 63 ans et j’ai envie d’être auprès de ma famille, de mes enfants et de mes petits-enfants et, pour ça, je n’ai d’autres choix que de quitter mes fonctions puisque le rythme effréné du travail occupe tout l’espace.  Oui, ce sont des motifs personnels et ils sont mûrement réfléchis, comme c’est d’ailleurs le cas, il me semble, pour la très grande majorité des personnes qui décident de prendre leur retraite.

Je quitterai mes fonctions presque 9 ans après mon premier jour à titre de dirigeante au DPCP, dont 6 ans et demi à titre de directrice. Je crois avoir plus que rempli mon engagement.  J’estime que mon départ à la retraite après 40 ans de service est légitime, et non inhabituel.  En fait, que ce soit dans le domaine public ou privé, plusieurs dirigeants quittent leur fonction en cours de mandat, sans que leurs motivations soient mises en doute ou qu’ils aient à se justifier sur la place publique.

Ainsi, ces derniers jours ont été extrêmement éprouvants pour moi, compte tenu des commentaires mettant en doute la légitimité de mes motivations et donnant l’impression de fuite en avant.  Ceux-ci me visent personnellement certes, mais aussi l’institution du DPCP et, par ricochet, l’ensemble de ses membres.  C’est ce qui me donne envie de rectifier les faits, dans les limites des règles qui visent à préserver l’intégrité des enquêtes policières ou des procédures en cours ou à venir.

Deux sujets ont principalement été abordés en lien avec l’annonce de mon départ : le dossier de Mme Normandeau et la situation de M. Prud’homme.

Pour le premier, la lecture du jugement prononcé par le juge André Perreault permet de constater que l’arrêt des procédures n’a absolument rien à voir avec le travail du DPCP.  Au contraire, le juge souligne que « le DPCP a pris des décisions raisonnables et responsables lorsqu’il s’est agi de poursuivre », que « la poursuite était prête, avec un plan concret, un échéancier et une stratégie » avant de conclure que les délais des procédures judiciaires parallèles sont essentiellement imputables à des inconduites policières sous l’ancienne administration de l’UPAC.  Dans ces circonstances, bien que je comprenne et partage la déception des citoyens quant au dénouement du dossier, le DPCP n’en assume aucune responsabilité, et je ne vois rien à dire de plus que ce qu’on peut lire dans le jugement.

Quant au second, par respect pour l’intégrité du processus en cours, je dois, pour le moment, m’abstenir de rectifier ou de commenter les faits qui ont été véhiculés dans les médias.  Je peux cependant affirmer que mon départ à la retraite n’a rien à voir avec cette affaire.  Je vais demeurer disponible d’ici mon départ et au-delà, si ma participation s’avère requise dans le cadre du processus prévu par la loi.

Il est dommage, et cela m’attriste, que cette décision personnelle et légitime soit ternie de la sorte. J’ai choisi de respecter les règles, avec intégrité, et je vais poursuivre mon travail jusqu’en février 2021, où je partirai la tête haute et avec le sentiment du devoir accompli.

Annick Murphy

Source: site internet du Directeur des poursuites criminelles et pénales du Québec DPCP; Journal de Montréal et de Québec de QMI/Québecor Médias de Québecor Inc. pour Pierre Karl Péladeau; Droit-Inc. du Groupe Velan Média inc. pour René Lewandowski; journal en ligne "La Presse" pour la Fiducie de soutien à La Presse.

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 24 novembre 2020

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Maître Geneviève Dagenais, procureure suspendue après avoir dénoncé un « manque de ressources »

Le Parti Libéral du Québec protège son monde des affaires et ses donateurs illégaux en coupant dans le budget de la Justice

Le système judiciaire du Québec rendu inefficace par de sombres coupures budgétaires. Des politiciens et politiciennes ripoux protègent leurs bailleurs de fonds.

Retour à : Plan du site- MétéoPolitique - Démocratie - Régime démocratique - Justice & Tribunaux - Haut de page