Retour à : Plan du site - Entrée de MétéoPolitique - Démocratie - Débats Politiques - Portraits

Pierre-Karl Péladeau, le politicien au fil du temps

Ici sont recensées les interventions marquantes de Pierre-Karl Péladeau dans la sphère publique de la politique.  À partir de 2011 et de son implication officielle en politique.  Nous ne pouvons que lui souhaiter et nous souhaiter qu'il ne prenne pas la même route que Sylvio Berlusconi, ex-dirigeant du gouvernement italien qui était comme Monsieur Péladeau magnat des médias.  Prendra-t-il le rôle d'un homme d'affaires ubuesque, d'un dictateur à la Citizen Kane ou d'un sauveur démocrate?  Fin novembre 2014 il annonce sa candidature en tant que chef du Parti Québécois.  En mai 2015 il est élu Chef du Parti Québécois. En septembre 2015 il confie ses actions de Québecor dans une fiducie sans droit de regard.  En cliquant ici vous trouverez un amalgame de textes qui le décrivent et nous permettent de mieux connaître l'homme d'affaires, le fils de Pierre Péladeau et jusqu'à un certain point, l'homme qu'il est.  C'est important puisqu'il risque d'être dans le paysage politique pour une quinzaine d'années, dit-il.   Par contre le 2 mai 2016, un an plus tard, il nous annonce une interruption de son projet politique et démissionne de tout poste politique pour des raisons familiales.                                                        - JosPublic

 
 

Aujourd’hui, je suis devant une absence d’alternative qui me force à faire un choix entre ma famille et mon projet politique.   Dans ces circonstances, vous comprendrez que j’ai choisi ma famille.   J’annonce donc qu’à regret, je quitte immédiatement mes fonctions de chef du Parti Québécois, de chef de l’opposition officielle et de député de Saint-Jérôme.

J’ai pris cette décision pour le bien de mes enfants.   Je dois, pour eux, demeurer un exemple.

J’aime profondément le Parti Québécois, ses militants et ses députés.   C’est un grand parti qui porte le projet fondamental de faire du Québec un pays et des valeurs profondes de défense des intérêts des Québécoises et des Québécois.

Je veux remercier l’équipe de députées et de députés du parti, ses militantes et ses militants, les exécutifs de circonscription du Parti Québécois, l’ensemble des employés de la permanence, tout le personnel de l’aile parlementaire et les recherchistes, pour leur confiance et pour le privilège qui m’a été donné de diriger le Parti Québécois.

Je remercie aussi toutes les citoyennes et tous les citoyens que j’ai eu l’honneur de rencontrer au cours de mon mandat.    J’adresse également un mot particulier aux citoyennes et aux citoyens de Saint-Jérôme, qui m’ont accordé leur confiance le 7 avril 2014.   Je veux leur dire merci, du fond du cœur.

Au cours des derniers mois, nous avons, ensemble, travaillé sans relâche pour la défense des intérêts de la population, pour le développement économique et pour les régions du Québec.   Nous avons fait des avancées importantes, nous avons fait reculer le gouvernement.   Le résultat de la dernière élection partielle dans Chicoutimi a été une belle victoire, qui démontre la force de notre formation politique.

Nous avons aussi jeté les bases de la convergence des forces nationalistes et souverainistes.   C’est un chantier important; je fais confiance aux militantes et aux militants pour le continuer.

Pour la suite des choses, les membres de l’exécutif national seront convoqués rapidement pour faire le point et prendre les décisions nécessaires.   Le caucus des députées et des députés du Parti Québécois se réunira cette semaine afin de déterminer les modalités pour l’identification d’une ou d’un chef parlementaire.

Je demeurerai un militant du Parti Québécois. Je suis convaincu que l’avenir du Québec, des Québécoises et des Québécois, passe par l’indépendance de notre nation.   
                                                                                      
- Pierre-Karl Péladeau -2 mai 2016

 

 

Pierre-Karl Péladeau au fil du temps

 

2016

2 mai 2016
PKP démissionne : «J’ai choisi ma famille»

 

Perçu comme un redoutable homme d’affaires, c’est plutôt un Pierre Karl Péladeau vulnérable et au bord des larmes qui a quitté la vie politique lundi à la surprise générale, pour se consacrer à sa famille.

Rarement aura-t-on vu l'ex-grand patron de Québecor aussi désarmé. Lors d’une allocution de moins de 5 minutes, le chef sortant du Parti québécois a peiné à retenir ses larmes à plusieurs reprises.   D’une voix éteinte, il a admis qu’il avait dû faire face à «un choix déchirant», qui l’a poussé à choisir sa famille plutôt que le rythme effréné de la politique.   «J'ai pris cette décision pour le bien de mes enfants. Je dois, pour eux, demeurer un exemple», a-t-il dit.

Lire la suite - Sur le Journal de Montréal

 

 

 

2015

 
 
 
 

15 mai 2015
Pierre-Karl Péladeau élu
chef du Parti Québécois

M. Péladeau, député de Saint-Jérôme, a aisément devancé Alexandre Cloutier de la circonscription de Lac-Saint-Jean (29,2%)  et Martine Ouellet de la circonscription de Vachon (13,2%) pour remporter la victoire.

«Vous m'avez donné un mandat fort et clair: faire du Québec un pays», a déclaré M. Péladeau dans son premier discours comme chef du parti.

Il a présenté son élection à la tête du PQ comme la première étape vers le rassemblement des indépendantistes. «J'aimerais dire aux centaines, aux milliers de souverainistes et de nationalistes qui ont quitté notre parti que tous les projets de société seront réalisables lorsque nous aurons un seul État et que nous serons entièrement maîtres de notre destinée.»

Son appel a été entendu. Son score est supérieur à celui récolté par André Boisclair, qui avait obtenu un peu moins de 54% des suffrages. Pierre-Marc Johnson avait pour sa part obtenu un score de 58,7% en 1985.

Sur les 71 000 membres que compte le PQ, 72,9% ont exercé leur droit de vote. Le Parti comptait 140 000 membres lors de l'élection d'André Boisclair en 2005.

Lire la suite - Sur TV5 Monde

 
 

 

10 septembre 2015
Mandat sans droit de regard

Conformément à ma déclaration du 8 octobre 2014, j’ai mis en place aujourd’hui un mandat sans droit de regard à l’égard des actions que je possède dans Québecor inc. et dans Les Placements Péladeau inc., une société que je contrôle et qui possède des actions de Québecor inc. La personne qui agira à titre de mandataire sans droit de regard est la Société Placements St-Jérôme inc., une société constituée en vertu des lois du Québec dont les administrateurs sont :

Claude Béland, administrateur de divers organismes et président directeur général du Mouvement Desjardins de 1987 à 2000.
André P. Brosseau, président de Marchés des Capitaux Avenue BNB Inc. et ancien dirigeant au sein d’une importante banque à charte canadienne.
James A. Woods, avocat associé principal au Cabinet Woods s.e.n.c.r.l.

En raison d’exigences réglementaires, l’entrée en vigueur de ce mandat est conditionnelle à l’approbation du CRTC et d’Industrie Canada.
Le 8 octobre 2014, j’ai déclaré que bien que le code d’éthique et de déontologie de l’Assemblée Nationale du Québec ne m’y oblige pas, j’avais l’intention de placer les actions que je détiens dans Québecor dans une fiducie ou un mandat sans droit de regard si j’étais choisi par les militants et les militantes du Parti Québécois comme chef du parti.
J’ai réitéré cet engagement lors du choix effectué par les militants du Parti Québécois de m’élire comme chef lors de la tenue du vote le 15 mai 2015.
J’ai également signé ce matin, conformément à ma déclaration du 8 octobre 2014, une déclaration sur l’honneur, qui sera acheminée au Commissaire à l’éthique et à la déontologie, que je n’interviendrais pas, tout comme je ne l’ai jamais fait, dans les choix éditoriaux effectués par les directions de l’information des différents médias qui sont la propriété de Québecor.
J’ai eu, tout au long de mes activités professionnelles antérieures, le souci de doter Québecor de la meilleure équipe de direction ainsi que du meilleur conseil d’administration.
J’ai l’intime conviction que ces valeurs sauront se maintenir en vertu des principes que j’ai hérités de l’enseignement de mon père Pierre Péladeau, fondateur de Québecor et grand bâtisseur du Québec économique moderne.
Pierre Karl Péladeau Député de Saint-Jérôme

Tel que publié sur son compte Facebook

 

2014

30 novembre 2014
Réussir: lancement de la campagne
à la chefferie

Se présentant comme le candidat de la «souveraineté» dans la course à la chefferie du Parti québécois (PQ), le député Pierre Karl Péladeau a surtout joué la carte du nationalisme économique et culturel, lors du lancement officiel de sa campagne à la succession de Pauline Marois.

Accueilli par quelques centaines de militants galvanisés qui scandaient son nom dans sa circonscription de Saint-Jérôme, le magnat de la presse a livré un discours à forte saveur nationaliste, en rappelant à maintes reprises comment il avait créé de la richesse en plus de défendre la culture québécoise alors qu’il évoluait dans le milieu des affaires.

Lire la suite - Sur MétéoPolitique

 
 

15 mars 2014
Les réflexions d'un homme de 50 ans

Pierre Karl Péladeau se voit dans le service public dans un «horizon de 10 ans à 15 ans». «Personne n'a la maîtrise de son avenir», dit-il, mais «j'ose espérer 10 bonnes années devant moi, peut-être davantage. Quand j'ai proposé mes services, je ne m'engageais pas pour six mois».

C'était au printemps 2013. Cela fera un an bientôt que Pauline Marois l'a nommé à la présidence d'Hydro-Québec, avant de le convaincre de devenir candidat. Il se dit animé par «cette appréciation de la grandeur du service public dans le sens noble du terme. On accuse trop souvent nos politiciens», dit-il.

M. Péladeau avait affirmé jusqu'à la semaine dernière qu'il ne serait pas candidat. Il jure aujourd'hui qu'il serait venu en politique même si le projet d'avoir un club de hockey, (Les Nordiques) à Québec, avait abouti et qu'il était devenu propriétaire d'une équipe. Le désir du service public aurait été plus fort que le plaisir du hockey, dit-il. Il insiste. «Ma réflexion n'est pas improvisée». Il a aussi «confiance que Québecor va livrer les Nordiques» sans lui.

Lire la suite - Sur MétéoPolitique

 
 

Il aurait pu nous décevoir en nous servant la langue de bois, mais il fait pire, il décide de se lancer en politique à partir d'un mensonge. On ne s'improvise pas candidat en une semaine lorsqu'on est milliardaire et que le poste politique convoité demande que l'on érige un mur entre sa fortune et ses décisions politiques. Ce genre d'implication demande de la préparation. Pour donner un exemple de préparation: il est de notoriété publique que Péladeau intervenait directement dans la gestion de ses journaux et de la ligne éditoriale. Avez-vous remarqué que le Journal de Montréal et le Journal de Québec ont laissé tomber sans tambour ni trompette, leurs analyses quotidiennes des dépenses de l'État? Avez-vous remarqué que le Parti Québécois a retiré de sa plate-forme électorale, le 1er mars 2014, une révision de la loi anti-scab qui avait été dénoncée par le même Pierre-Karl Péladeau? Voilà une autre preuve de préparation. Voyons ci-dessous, la teneur du mensonge.
-
JosPublic

Lire la suite - Sur MétéoPolitique

 
 
 
 
 

27 novembre 2014
Le député de Saint-Jérôme confirme sa candidature à la chefferie du Parti québécois

Après des semaines de spéculations, il aura encore fallu attendre la fin d’un discours d’une quarantaine de minutes et la question d’un étudiant pour que Pierre Karl Péladeau confirme — presque inopinément — sa candidature à la chefferie du Parti québécois. Il a promis jeudi de faire de la souveraineté le thème principal de sa campagne.

 

Le magnat de la presse a ainsi renversé toutes les règles journalistiques classiques en gardant pour la toute fin d’une intervention à l’Université de Montréal le scoop mettant un terme à plusieurs mois de rumeurs. « Je suis rendu à l’étape de prendre une décision, a-t-il dit jeudi aux quelque 400 étudiants qui remplissaient au maximum de sa capacité un amphithéâtre : Je vous informe que j’ai l’intention d’aller chercher mon bulletin de mise en candidature. Je serai dans la course à la chefferie. »

Lire la suite - Sur Le Devoir

 
 

13 mars 2014
Nomination de Brian Mulroney et Françoise Bertrand au Conseil d'administration de Québecor

Les conseils d’administration de Québecor, Québecor Média et Groupe TVA sont heureux d’annoncer la nomination du président et chef de la direction de Québecor et Québecor Média, monsieur Robert Dépatie, qui siégera dorénavant à titre de membre au sein de chacun de ces trois conseils.  

Par ailleurs, le conseil d’administration de Québecor Média a également nommé madame Françoise Bertrand à titre de présidente du conseil ainsi que le très honorable Brian Mulroney à titre de vice-président du conseil, postes qu’ils occupent respectivement au conseil d’administration de Québecor.

Lire la suite - Communiqué de presse de Québecor

 
 

10 mars 2014
PKP: le couronnement de l'enfant-roi

Pour le chroniqueur du journal La Presse, Jean-Philippe Décarie, l'annonce officielle de sa candidature pour le Parti québécois (PQ) dans Saint-Jérôme a confirmé l'intuition que bien des gens nourrissaient au sujet de Pierre Karl Péladeau. Son ambition ultime est de succéder à Pauline Marois et de devenir un jour premier ministre du Québec... tout en conservant l'absolu contrôle de Québecor, l'empire médiatique qu'a bâti son père.

Lire la suite - Sur MétéoPolitique

 
 

 

 

 
 
 

2013

9 octobre 2013
PKP présent à un comité restreint du conseil des ministres

L'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau a eu un accès privilégié à un comité restreint du conseil des ministres présidé par la première ministre Pauline Marois sur un dossier stratégique.

M. Péladeau, président du conseil d'administration d'Hydro-Québec, a participé à deux occasions aux réunions du comité sur l'électrification des transports, a confirmé le cabinet de la première ministre.

Ce comité réunit aussi le ministre des Finances, Nicolas Marceau, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, ainsi que le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet.

Lire la suite - Suite sur La Presse

 
 

 

 

 
 
 
 

17 avril 2013
Pierre-Karl Péladeau présidera le conseil d'administration d'Hydro-Québec

La première ministre Pauline Marois a choisi le magnat des communications Pierre Karl Péladeau pour présider le conseil d’administration d’Hydro-Québec. Il entrera en fonction le 15 mai prochain.

« C’est M. Péladeau qui m’a approchée pour me dire qu’il était intéressé à servir, et c’est moi qui ai décidé, avec la ministre des Ressources naturelles, de lui offrir cette fonction », a indiqué Pauline Marois à l’issue d’une réunion matinale du conseil des ministres mercredi. Aucun autre candidat n’était en lice.

« M. Péladeau est un homme de grande envergure qui a dirigé une grande entreprise. C’est un entrepreneur aguerri », a déclaré la première ministre. Elle a expliqué qu’Hydro-Québec peut participer davantage au développement économique du Québec grâce à une « utilisation intelligente » de ses surplus d’électricité pour l’électrification des transports. Hydro-Québec doit aussi reprendre ses activités à l’étranger, qu’elle avait délaissées. « Donc, tout autant de défis que M. Péladeau pourra sûrement relever avec le brio qu’on lui connaît. Il a un mandat, comme tous les présidents de sociétés d’État, d’efficience », a ajouté Pauline Marois.

Lire la suite - Suite le Devoir

2011

2 février 2011
En commission parlementaire à Québec, il attaque les lois du travail

Pierre Karl Péladeau a comparu devant la Commission de l’économie et du travail, à Québec, qui se penche sur la «modernisation des dispositions antibriseurs de grève prévues au Code du travail».

Le président de Quebecor fait l’unanimité contre lui en soutenant que les lois du travail nuisent aux entreprises québécoises en obligeant leurs dirigeants à passer trop de temps à gérer les relations de travail.

Lire la suite - Suite sur Le Devoir

 
 
 
 
 
 
 
 

2006

Pierre-Karl Péladeau & Brian Mulroney

 

4 juin 2006
Brian Mulroney à la tête de Quebecor World

 

L'honorable Brian Mulroney, devient président du conseil d'administration de Quebecor World Inc. (NYSE:IQW, TSX:IQW.SV), Quebecor World est alors le plus grand imprimeur commercial au monde. Mais les liens avec l’ancien premier ministre du Canada remontent à plus loin. Brian Mulroney était l’un des avocats de Pierre Péladeau père. Il a par la suite été conseiller, lobbyiste et acteur important au sein des entreprises du groupe auprès de Pierre Karl Péladeau. Sur le plan personnel, M. Mulroney est le parrain du fils du couple Péladeau-Snyder.

Lire la suite - Communiqué de Québecor

2002

Juillet 2002
PKP fréquente les grandes familles industrielles du Canada anglais dans un camp de pêche

 

Péladeau se rend au camp de pêche Larry's Gulch, sur la rivière Restigouche, au Nouveau-Brunswick, où le premier ministre conservateur de la province, Bernard Lord, a invité certaines des plus grandes fortunes du Canada, dont Paul Desmarais (Power Corporation) et les familles Irving et McCain. Tous croient alors que PKP est fédéraliste

Lire la suite - Sur l'Actualité

 

 

 
 

PKP
 

PKP : le couronnement de l'enfant-roi

Par Jean-Philippe Décarie
le 10 mars 2014 pour le journal La Presse

 
 

L'annonce officielle de sa candidature pour le Parti québécois (PQ) dans Saint-Jérôme a confirmé l'intuition que bien des gens nourrissaient au sujet de Pierre Karl Péladeau. Son ambition ultime est de succéder à Pauline Marois et de devenir un jour premier ministre du Québec... tout en conservant l'absolu contrôle de Québecor, l'empire médiatique qu'a bâti son père.

Évidemment, tout ceci n'est que fiction. Le premier intéressé l'a d'ailleurs bien expliqué, hier, en conférence de presse.

Il doit d'abord se faire élire comme député de Saint-Jérôme avant de pouvoir spéculer sur ce que l'avenir lui réservera. Il ne faut tout de même pas brûler les étapes...

Mais il est bien certain que Pierre Karl Péladeau ne se contentera pas d'un simple poste de ministre du Développement économique dans un éventuel gouvernement péquiste.

Pauline Marois et Pierre-Karl Péladeau mars 2014

D'être l'égal d'une vingtaine de ministres au sein d'un cabinet alors qu'il a déjà siégé au comité des priorités sans être élu? 

Ce n'est pas dans la nature de l'homme. Oui, il pourra se contenter d'un rôle de second violon durant quelques années, mais pas vraiment plus.

Lui qui a demandé à ses principaux médias québécois de se lancer dans une interminable série intitulée «Le Québec dans le rouge» pour dénoncer toute aide gouvernementale, qui n'était rien d'autre, selon eux, que du gaspillage de fonds publics, affichera-t-il la même pugnacité au sein du cabinet d'un gouvernement social-démocrate?

La fin de cette fameuse série est d'ailleurs survenue peu de temps après que le gouvernement de Jean Charest a annoncé qu'il allait assurer l'essentiel du financement de 400 millions pour la construction d'un nouvel amphithéâtre à Québec, dont Québecor a obtenu le mandat de gestion pour une durée de 25 ans.

Depuis qu'il a succédé à son père à la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau ne s'est jamais non plus particulièrement illustré comme un gars d'équipe. Dans bien des dossiers - qu'il s'agisse de relations de travail, de conflits juridiques ou de sa volonté de se porter acquéreur du Canadien de Montréal - , il a maintes fois passé outre les recommandations de certains des membres de son conseil d'administration pour faire à sa tête.

Chose certaine, l'homme a eu jusqu'à ce jour une indéniable habileté à obtenir ce qu'il désirait.

Lorsqu'à la fin des années 90, il a réussi l'acquisition coûteuse de la chaîne de journaux Sun Media pour élargir son empire au Canada anglais - transaction que son père n'aurait pu réaliser tellement il était identifié au «French separatist mouvement» - , il avait commencé son discours dans la salle de rédaction du Toronto Sun par un vibrant: «It's a great day for Canada»...

Pour mieux poursuivre son expansion canadienne et réaliser plus tard l'acquisition de la chaîne de journaux Osprey, Pierre Karl Péladeau a aussi utilisé les services et la compétence de Brian Mulroney, qui a été président du conseil de Québecor World et aussi président du conseil de Québecor. Un important allié qui n'a jamais affiché une grande sympathie pour le mouvement souverainiste.

L'impact sur Québecor

Robert Dépatie nouveau président de Québecor
 et Pierre-Karl Péladeau

Enfin, même si Pierre Karl Péladeau avait déjà pris ses distances des activités courantes de Québecor en démissionnant l'an dernier de son poste de PDG du conglomérat, il a officiellement quitté hier les différentes fonctions qu'il occupait toujours dans l'entreprise dont il est l'actionnaire de contrôle. Il a ainsi démissionné de ses postes de président du conseil de TVA, de président du conseil de Québecor Média et de vice-président du conseil de Québecor. Une omniprésence qui témoignait tout de même d'un certain intérêt à ne pas perdre de vue les différentes composantes de l'empire.

Il est bien certain que s'il est élu le 7 avril 2014 député péquiste de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau n'aura d'autre choix que de confier ses actifs à un fiduciaire.

Qu'il s'agisse d'une fiducie sans droit de regard ne changera rien au fait que Pierre Karl Péladeau restera de facto le principal propriétaire du plus gros groupe de presse québécois.

Le principal intéressé a beau dire qu'il ne s'occupera plus de la gestion du groupe et que ses mandants se chargeront de le gérer en toute indépendance, il en demeurera le patron. Cette réalité est tellement internalisée chez Québecor que tous les cadres de l'entreprise savent ce qu'ils doivent faire pour ne pas perdre leur emploi.

 

Politicien de  terrain

Pierre Karl Péladeau: les réflexions d'un homme de 50 ans

Par François Bourque

 
 

L'heure de pointe avance, et, par la fenêtre, on voit que la neige s'est intensifiée. C'est vendredi après-midi raconte François Bourque, chroniqueur au journal Le Soleil.

Pierre Karl Péladeau en est à sa dernière entrevue de la semaine avant de rentrer à Montréal. Il vient de terminer un sprint de terrain et d'entrevues dans Saint-Jérôme, à Montréal, sur la Rive-Sud et au centre-ville de Québec.

Il espérait pouvoir repartir plus tôt, mais il n'y fait pas allusion et ne bouscule pas ses réponses. S'il est fatigué ou lassé, il n'en laisse rien paraître.

Il aurait aimé se présenter à Québec et cela a été envisagé, confirme-t-il. «Mon coeur est à Québec.» Il y revient souvent, la semaine dernière encore pour la semaine de relâche. «À la fin de la journée, la décision ne m'appartenait pas», dit-il.

La réalité est que ses enfants vont à l'école (publique) à Montréal. La famille a été «l'élément le plus déterminant» de cette décision.

Contrairement à la rumeur - lui dit running gag -, il ne possède pas de maison à Québec et n'a jamais fait d'offre d'achat. S'il est élu, il aura son pied à terre à Québec, mais c'était «plus naturel pour moi d'être dans Saint-Jérôme», dit-il. Il rappelle y avoir passé son adolescence et y a une «expérience personnelle».

Pierre Karl Péladeau se voit dans le service public dans un «horizon de 10 ans à 15 ans». «Personne n'a la maîtrise de son avenir», dit-il, mais «j'ose espérer 10 bonnes années devant moi, peut-être davantage. Quand j'ai proposé mes services, je ne m'engageais pas pour six mois».

C'était le printemps 2013. Cela fera un an bientôt que Pauline Marois l'a nommé à la présidence d'Hydro-Québec, avant de le convaincre de devenir candidat.

Il se dit animé par «cette appréciation de la grandeur du service public dans le sens noble du terme. On accuse trop souvent nos politiciens», dit-il.

M. Péladeau avait affirmé jusqu'à la semaine dernière qu'il ne serait pas candidat. Il jure aujourd'hui qu'il serait venu en politique même si le projet des Nordiques avait abouti et qu'il était devenu propriétaire d'une équipe.

Le désir du service public aurait été plus fort que le plaisir du hockey, dit-il. Il insiste. «Ma réflexion n'est pas improvisée». Il a aussi «confiance que Québecor va livrer les Nordiques» sans lui.

Dimanche le 9 mars 2014, en montant sur la scène pour annoncer sa candidature, il a dit être venu au Parti québécois (PQ) pour faire un pays.

À la fin de la semaine, il insistait davantage sur son désir de rendre le Québec «plus riche et plus prospère». L'ajustement du discours n'a échappé à personne. La campagne du PQ risquait autrement d'être avalée par la question nationale.

Sa décision de venir au PQ est le «fruit d'une réflexion multiple» qui va au-delà des convictions patriotiques. C'est d'abord la réflexion d'un homme de 50 ans (il en a 52) qui se demande s'il veut continuer à faire la même chose le reste de sa vie. «À un certain moment, vous vous posez la question à l'âge que j'ai», dit-il.

C'est aussi la réflexion du dirigeant d'entreprise. «On peut toujours rester à son poste ad vitam aeternam; mais est-ce qu'on va être bon ad vitam aeternam, toute sa vie?» «Le cycle politique est là pour en témoigner», ajoute-t-il sans que je lui pose la question. «Est-ce qu'on peut rester chef de son parti pendant 25 ans?»

L'ex-patron de Québecor pense que ce n'est «pas nécessairement une mauvaise chose» qu'une entreprise puisse «avoir le bénéfice d'un nouveau leadership».

«Chacun dirige une entreprise à sa façon, chacun a sa personnalité.» Il sait que Robert Dépatie, qui lui a succédé, a «une personnalité différente de la [sienne]». «C'est une bonne chose», croit-il.

Nous avons parlé un moment de l'avenir des journaux et des médias. Le problème touche tout l'Occident, rappelle-t-il.

Mercredi soir, il a rencontré la professeure de journalisme Dominique Payette, candidate du PQ elle aussi et très critique de Québecor en d'autres temps.

Mme Payette a produit à la demande du gouvernement précédent un substantiel rapport sur l'avenir de l'information au Québec. «Le cas échéant, j'aurai l'occasion de le lire», dit M. Péladeau, qui dit avoir «bien compris ses orientations». Il ne s'engagera pas davantage pour le moment.

Il a noté que la France a choisi de subventionner les journaux pour en assurer la survie. «Ce n'est pas une tradition anglo-saxonne. On a beau parler français, on vit quand même dans un univers nord-américain». Et puis «subventionner qui et comment? Va-t-il y avoir de la partisanerie?»

Voilà qui nous rapproche des problèmes les plus urgents auxquels M. Péladeau devra faire face s'il accède au gouvernement.

Comment éviter les conflits d'intérêts et les apparences de conflits d'intérêts quand ont est propriétaire de 40 % des médias du Québec?

PKP répète qu'il va se conformer à la loi qui lui demande de placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard. Il rapporte avoir poursuivi cette semaine les discussions avec le commissaire à l'éthique, mais ignore encore s'il y aura des «conditions supplémentaires».

Pour le reste, il dit faire confiance au professionnalisme des journalistes de Québecor. «Si ça fait pas leur affaire dans un média, j'ai tendance à penser qu'ils vont aller ailleurs

Il rejette l'idée d'une «autocensure» des journalistes. «Quand on est à court d'arguments et pas capable de trouver des faits, là, on parle d'autocensure», croit-il.

Là-dessus il se trompe. Le risque est réel. Les collègues de toutes les entreprises peuvent en témoigner. Personne ne tient la plume d'un journaliste, mais celui-ci sera toujours plus à l'aise de parler, en bien ou en mal, des autres patrons que du sien.

M. Péladeau dit avoir été «ravi» par l'accueil reçu à Québec depuis deux jours, mais pas surpris. Son «niveau de notoriété facilite le rapprochement», analyse-t-il.

Les candidats qui l'ont accompagné pour serrer des mains depuis deux jours disent avoir été impressionnés.

«Une tornade. Il parle à tout le monde, pose pour des photos; une grande capacité à voir le monde, à se mettre à leur niveau et à écouter», a noté Pierre Châteauvert, candidat dans Jean-Lesage. Sa collègue dans Lévis, Sylvie Girard, avait déjà croisé PKP sans lui avoir vraiment parlé.

 

Porte à porte dans Limoilou à Québec

Elle l'a revu jeudi matin lors d'une visite d'usine. M. Péladeau partait ensuite pour Montmagny, elle pour le resto où elle allait saluer des électeurs.

L'adjoint de PKP a rappelé. La 20 était bloquée par la tempête, impossible d'aller à Montmagny. Qu'est-ce que vous êtes en train de faire?

M. Péladeau est venu la rejoindre au resto, est arrivé presque en s'excusant : «Ça te dérange pas trop?»

Les clients n'étaient pas prévenus de leur visite. Ils ont enlevé leur manteau et sont allés vers les tables.

Ça devait durer quelques minutes, ils ont tenu une heure et demie, rapporte Mme Girard. «J'ai été étonnée, dit-elle. On s'attend toujours de quelqu'un qui est dans ce milieu-là, à la longue, qu'il ait pris une certaine distance.»

Elle l'a au contraire trouvé «très chaleureux, très proche des gens. Ça les impressionne beaucoup que M. Péladeau s'intéresse à eux. À leurs petits problèmes».

Mme Girard et M. Châteauvert ont évidemment le biais d'être candidats du Parti québécois. Mais je ne doute pas de ce qu'ils ont vu. Malgré des procédés parfois critiqués là où il passe, PKP est traité à Québec comme une rock star.

 

 
 

Réussir: lancement de la campagne à la chefferie
Péladeau veut « reconstruire le pays » 

 
 

« Dans quatre ans, il nous faudra bâtir une grande coalition québécoise pour entreprendre la reconstruction du pays », a déclaré Pierre Karl Péladeau lors du lancement officiel de sa campagne à la direction du Parti québécois, à Saint-Jérôme.

Décochant plusieurs flèches vers Philippe Couillard, qui, selon lui, « travaille fort à obtenir le titre de pire premier ministre de notre histoire », le député de Saint-Jérôme a présenté le Parti libéral comme une formation politique « qui s'imagine que la solidarité coûte trop cher, que notre culture coûte trop cher, que notre identité coûte trop cher ».

Faisant référence au débat sur l'oléoduc de TransCanada, M. Péladeau a également considéré que « Philippe Couillard semble croire que le Québec doit consentir à l'oléoduc sans rien dire, en guise de remerciement pour la péréquation canadienne ».

«

Je m'oppose à cette mentalité de porteur d'eau
                                                                                                      
 — Pierre-Karl Péladeau

»

Lors de son premier discours à titre de candidat dans la course à la direction du PQ, le grand patron de Québecor a estimé que son père serait fier de le voir s'engager en politique aujourd'hui, s'il était toujours en vie.

« J'ai passé l'essentiel de mon existence à créer de la richesse, à créer des emplois, et aussi, à poursuivre l'œuvre de mon père qui voulait démontrer que les Québécois pouvaient réussir aussi dans le monde des affaires », a exposé l'héritier de Pierre Péladeau. Et cette oeuvre consistait notamment à « faire la preuve que les Québécois n'étaient pas nés pour un petit pain », a précisé le député.

 
«

Il est absolument fondamental qu'un peuple contrôle son économie. Maîtriser son économie, c'est être maître chez soi.
                                                                                                
 — Pierre-Karl Péladeau

»

M. Péladeau avait par ailleurs déjà prévenu que la souveraineté au coeur de sa campagne électorale.

S'il admet que la cause souverainiste a connu de meilleurs jours, il refuse néanmoins de croire « les prophètes de misère » qui estiment que lors des dernières élections provinciales, les Québécois se sont massivement convertis au fédéralisme.

M. Péladeau interprète plutôt la défaite historique du PQ comme le signe que pour plusieurs Québécois, la souveraineté est devenue « bien lointaine et bien abstraite [...] Comme s'ils ne voyaient pas à quoi elle pouvait servir et ce qu'elle pouvait leur apporter. Ils nous ont dit : faites votre travail, vous voulez faire la souveraineté? Alors, expliquez-nous pourquoi ».

«

On cherche à nous faire croire que la souveraineté est déphasée. Malheureusement, cette idée s'est lentement installée. Alors, je peux vous dire ceci : c'est faux, c'est terriblement faux!
                                                                                                
  — Pierre Karl Péladeau

»

 

Source: Le Soleil, La Presse/Gesca pour Power Corporation; Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada; Journal de Québec et Journal de Montréal pour Québecor Inc.

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 2 mai 2016

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet: