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Haïti : sept endroits où votre argent est allé… ou pas!

Haïti, un voisin proche des États-Unis avec plus de neuf millions d’habitants fut dévasté par un tremblement de terre. Des centaines de milliers de victimes et bien plus de blessés furent dénombrés. C'était le 12 janvier 2010, ( 01 ) et cette tragédie fut aussitôt suivie par un formidable élan de solidarité : aux quatre coins de la planète, de nombreuses personnes ont envoyé de l'argent pour aider les Haïtiens à reconstruire leur pays.

Mais deux ans plus tard, alors qu'un grand nombre de victimes survit encore dans des camps de fortune et qu'une épidémie de choléra sévit, une question se pose :

 Qu'a-t-on fait avec l'argent destiné aux Haïtiens ?

Les Nations Unies ( 02 ) ont estimé que durant les deux dernières années, les donateurs internationaux ont envoyé à Haïti plus de 1,6 milliard de dollars en aide humanitaire ( plus ou moins 155 $ par habitant ) et plus de 2 milliards en aide de reconstruction ( 173 $ par Haïtien )

Refonte des textes par:
Amber Ramanauskas et
Bill Quigley

Sources:
Anmwe! Boulva, Commondreams, Haïti Liberté, Investig'Action
Traduction de l'anglais par
Olivier Mignon

Choix de photos,
mise en page et références  :
JosPublic
Publication :
1er février 2012

 

On dirait qu’Haïti a subi le séisme il y a de cela deux mois et non deux ans.

Plus d’un demi million de personnes demeurent sans abris, dans des centaines de camps informels, la plupart des tonnes de débris des immeubles détruits gisant toujours là où ils sont tombés ; et le cholera, une maladie pourtant prévisible, s’est répandu dans le pays et sévit maintenant sous le couvert d’une épidémie tuant des milliers de gens et en infectant des centaines de milliers d’autres.

Le Champ de Mars n'a toujours pas retrouvé son visage. Port-au-Prince demeure un vaste camp de toile où s'entassent des milliers de sans-abri. Au loin, le palais présidentiel gît toujours avachi, comme un symbole d'une reconstruction qui tarde.

Le pays manque encore de tout et les urgences s'accumulent.

La première demeure le logement. Le tremblement de terre avait jeté à la rue 1,5 million de personnes.


Port Au Prince, Villa Rosa, janvier 2012

Il reste aujourd'hui 500 000 sinistrés, qui survivent sans eau courante, sans électricité, sans soins. Leur situation est aussi difficile qu'aux premiers jours. Le système de santé, d'éducation et parfois même de sécurité dépendent encore entièrement des organisations internationales, au point qu'Haïti a glané le surnom de République des ONG.

Il s’avère que pratiquement rien de l’argent que le public pensait être destiné directement à Haïti, n’y est allé réellement. La communauté internationale a choisi de contourner le peuple haïtien, les associations non gouvernementales haïtiennes et le gouvernement d’Haïti. Les fonds furent plutôt dirigés vers d’autres gouvernements, ONG, et compagnies privées.

Il y a eu un manque de contrôle évident de l’argent par les Haïtiens. Et pourtant, si l’on se réfère aux exemples passés, il est fort probable que les échecs de la reconstruction seront, au final, reportés sur le dos des Haïtiens eux-mêmes. Avec des réactions du genre : « la faute aux victimes ».

Voici sept endroits où l’argent des dons est allé ou… pas!

 
 

Le receveur individuel le plus important
des aides américaines fut le gouvernement
états-unien lui-même

 
 

Juste après le séisme, les États-Unis ont alloué 379 millions de dollars d’aide et ont envoyé 5 000 militaires.

L’agence de presse américaine Associated Press (AP) a découvert que sur les 379 millions $ initialement promis à Haïti, la plupart n’était pas réellement destinée directement, voir même dans certains cas indirectement, à Haïti.

AP a relaté en janvier 2010 que pour chaque dollar US offert, 33 cents revenaient en fait directement aux États-Unis pour rembourser l’envoi de forces armées. 42 cents allaient à des organisations privées et non gouvernementales comme “Save the children”, le programme mondial d’alimentation des Nations unies (FAO) et l’association “Pan American Health Organization”.

La globalité des 1,6 milliard de dollars d’aide alloués par les USA fut dépensée exactement comme suit selon un rapport de l’Office de recherche du Congrès américain ( 03 ) datant d’août 2010 : 655 millions de dollars furent remboursés au département de la Défense ; 220 millions de dollars au département de la Santé et des Services humains afin de fournir des subventions à chacun des États États-Uniens pour couvrir les services aux évacués haïtiens ; 350 millions pour l’assistance aux désastres de l’USAID  ( 04 ).

Il faut aussi ajouter 150 millions $ remboursés au département de l’Agriculture pour l’aide alimentaire d’urgence ; 15 millions $ au département de la Sécurité nationale pour les frais d’immigration, etc.

L’aide internationale suivit la même logique. L’envoyé spécial des Nations unies pour Haïti rapporta que sur les 2,4 milliards de dollars du fonds humanitaire, 34% retourna aux organes militaires et civils de réponse aux désastres des pays donateurs.

28% fut donné à des agences des Nations unies et à des ONG pour des projets spéciaux émanant des Nations Unies ; 26% alla à des entrepreneurs privés et d’autres ONG.

6% fut fourni en tant qu’avantages en nature aux bénéficiaires ; 5% pour les sociétés nationales et internationales de la Croix-Rouge ; 1% au gouvernement d’Haïti et seulement 0,4% du fonds alla à des ONG haïtiennes

 
 

Seulement 1% de l’argent
est allé au gouvernement haïtien

 

Moins d’un centime ou d'une cent, par dollar d’aide américaine est allé au gouvernement d’Haïti, selon Associated Press. Il en va de même pour les donateurs internationaux. Le gouvernement haïtien a été totalement contourné des aides d’assistance par les États-Unis et la communauté internationale.

 

Enfin de l'aide: bouteilles d'eau pour les haïtiens ?
Non, pour les employés.es des groupes humanitaires

 
 

Extrêmement peu d’argent
est allé aux compagnies ou aux ONG haïtiennes

 

Le Centre de recherches économiques et politiques, la meilleure source d’informations sur ce problème, a analysé les 1 490 contrats accordés par le gouvernement US depuis le séisme de janvier 2010 jusqu’en avril 2011. Le Centre en a trouvé seulement 23 destinés à des compagnies haïtiennes. Sur les 194 millions de dollars attribués par les États-Unis aux entrepreneurs, 4,8 millions ont été versés à 23 compagnies haïtiennes, soit environ 2,5% du total.

D’un autre coté, les entrepreneurs de la région de Washington DC ont reçu 76 millions de dollars soit 39,4% du total. Comme mentionné ci-dessus, les Nations Unies ont établi que seul 0,4% de l’aide internationale est allé aux ONG haïtiennes.

En réalité, le simple fait d’accéder aux réunions pour l’aide internationale était difficile pour les Haïtiens. “Refugees International” a établi que même les acteurs locaux avaient des difficultés pour accéder aux réunions se déroulant au sein de l’enceinte des Nations Unies.

« Les groupes haïtiens ne sont soit pas au courant des réunions, soit n’ont pas une photo d’identité adéquate pour y accéder, soit n’ont pas le personnel nécessaire pour assister à de longues heures de réunion. D’autres ont rapporté que la plupart des réunions de coordination de l’aide internationale n’étaient même pas traduites en créole, le langage de la majorité du peuple haïtien. »

 
 

Un fort pourcentage de l’argent est allé aux agences internationales d’aide et aux grosses organisations non gouvernementales
bien connectées
.

 

La Croix-Rouge américaine ( 05 ) reçut plus de 486 millions de dollars en dons pour Haïti. Il est dit que deux tiers de l’argent a été accordé à l’aide humanitaire et à la reconstruction, bien que l’on ne puisse pas détailler plus. Par ailleurs, le PDG de la Croix-Rouge a un salaire de plus de 500 000 dollars par an.

Lauri Fitz-Pegado ( 07 )

Bob Livingston ( 07 )

Jetons un œil au contrat de 8,6 millions de dollars conclu entre l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et la compagnie de déblaiement de débris CHF à Port-au-Prince ( 06 ).

CHF est une organisation internationale, qui a de bons contacts politiques, un budget annuel de plus de 200 millions de dollars et dont le PDG fut payé 451 813 dollars en 2009.

Les relations du CHF avec les républicains et les démocrates sont incarnées par sa secrétaire de conseil d’administration, Lauri Fitz-Pegado , partenaire du groupe Livingston LLC.

Ce groupe est dirigé par l’ancien porte-parole républicain, délégué pour le 106e Congrès, Bob Livingston, chargé de lobbying et de relations gouvernementales.

Mme Fitz-Pegado, qui travaille apparemment de l’autre côté du couloir, fut désignée par le président Clinton afin d’officier au Département du commerce. Elle a également fait partie de l’équipe d’experts chargée d’établir la politique extérieure du candidat Obama durant la campagne présidentielle. CHF « travaille en Haïti depuis deux manoirs spacieux à Port-au-Prince, et possède une flotte de navires flambant neufs  » selon le magazine Rolling Stone.
 
Dans un excellent article de Janet Reitman, Rolling Stone s’est penché sur un autre contrat relatif au séisme, un contrat d’1,5 million de dollars, passé avec la firme Dalberg Global Dévelopment Advisors, ( 08 ) basée à New-York. L’article a révélé que l’équipe de Dalbergh "n’avait jamais mis le pied hors des côtes américaines, n’a aucune expérience en cataclysmes, ni en planification urbaine… Elle n’a jamais travaillé sur le terrain… » D’ailleurs, seul l’un d’eux parle français. L’USAID a examiné leur travail et a estimé que « ces personnes n’avaient probablement jamais mis le pied hors de leurs vans ».

Le Spectacle de George et Bill
 - Alors Bill, j'espère que tout l'monde comprendra notre message à l'effet que nous prenons soin du peuple haïtien.
- Tu l'as dit, George, nous ne voulons pas gaspiller un bon désastr
e

Les anciens présidents états-uniens George W.Bush et Bill Clinton ( 09 ) ont mis en place une organisation de collecte de fonds pour Haïti le 16 janvier 2010. En octobre 2011, le fond avait reçu 54 millions $ de dons. Il s’est associé avec diverses organisations haïtiennes et internationales.

Bien que la plupart de son travail paraisse admirable, il a donné deux millions de dollars pour la construction d’un hôtel de luxe haïtien d’une valeur totale de 29 millions.

« Les ONG ont toujours à justifier quelque chose à propos de leur comptabilité, parce qu’il y a un gros paquet d’argent ici » remarque Nigel Fisher, ( 10 ) le chef de l’aide humanitaire des Nations unies en Haïti. « Quid des 1,5 à 2 milliards de dollars que la Croix-Rouge et d’autres ONG ont reçu des civils ? Qu’en est-t-il advenu ? C’est là qu’est mise en évidence la difficulté de tracer les fonds. »

L’équipage du bateau HSV 2 Swift fait descendre la clinique médicale mobile destinée à l’organisation International Child Care.

 
 

De l’argent est allé à des sociétés à but lucratif, dont les désastres sont le fonds de commerce

 
 

Moins d’un mois après le séisme, l’ambassadeur US Kenneth Merten, via un câble diplomatique à Washington, commentait : «  La ruée vers l’or est lancée », en complément de son rapport sur la situation.

 

Dans ce document du 1er février 2010, rendu public par les médias:  “The nation”, “Haïti liberté” et “Wikileaks”, l’ambassadeur Merten relate que le président haïtien de l'époque René Préval et l’ancien général Wesley Clark se sont rencontrés pour une démonstration organisée par une compagnie basée à Miami qui construit des maisons en carton mousse.

 

Tirant avantage du désastre, , un coordinateur de l’aide haut placé chez USAID, a rencontré par deux fois le Premier ministre haïtien sous la tutelle de l’USAID directement après le séisme. Il a ensuite démissionné de l’agence et fut engagé pour 30 000$ par mois par une société de Floride, Ashbritt ( 13 ) (déjà connue pour ses contrats sans appel à concurrence lors de l’ouragan Katrina) et un partenaire haïtien prometteur en lobbying pour les contrats de désastre.

 

Lewis Lucke dit : «  Il est devenu clair pour nous que s’il était bien géré, le tremblement de terre représenterait autant une opportunité qu’il ne fut un désastre… ». Ashbritt et son partenaire haïtien se virent bientôt accorder un autre contrat de 10 millions de la Banque mondiale et encore un autre, plus petit, du CHF international avant que ne se termine leur partenariat.

 

Kenneth Merten, ( 11 )

René Préval ( 12 )

Wesley Clark ( 14 )

Lewis Lucke ( 15 )

Port-au-Prince, septembre 2011. Heraldo Muñoz, le sous-secrétaire des Nations Unis et Directeur du Bureau régional du PNUD pour l’Amérique latine et les Caraïbes, est en supervision des travaux de déblaiement

 
 

 Une partie importante de l’argent promis
n’a en fait jamais été accordée

 

La communauté internationale décida qu’elle n’allait pas permettre au gouvernement haïtien de diriger l’aide humanitaire ni les fonds de reconstruction. Elle insista plutôt pour que soient créées deux institutions chargées d’approuver les plans et les dépenses des fonds pour la reconstruction en Haïti : la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH) et le Fonds de Reconstruction d'Haïti (FRH) voyaient le jour.
( 16 )

En mars 2010, les pays de l’ONU promirent 5,3 milliards de dollars sur une période de deux ans et un total de 9,9 milliards sur trois ans lors d’une conférence. L’argent devait être déposé à la Banque mondiale ( 17 ) et ensuite redistribué par la CIRH. Celle-ci était co-présidée par Bill Clinton et le Premier ministre haïtien. En juillet 2010, Clinton rapporta que seulement 10% de l’argent promis avait été donné à la CIRH.

 

Les Gonaïves ( 18 ) en Haïti a connu bien des déboires au cours de son existence, y compris deux inondations récentes.
La population de la ville estimée à environ 300 000 habitants est la troisième ville du pays

 
 

Beaucoup de l’argent qui fut débloqué
n’a pas encore été envoyé.

 

Presque deux ans après le séisme, moins d’un pourcent des 412 millions de dollars des fonds américains spécialement alloués pour les activités de reconstruction des infrastructures en Haïti avaient été envoyés par l’USAID et le département d’État US, et seuls 12% ont été mis en obligation selon un rapport de novembre 2011 de l’Office de comptabilité du gouvernement US.

La performance des deux commissions internationales, la CIRH et le FRH, fut aussi bien piètre. Le journal “The Miami Herald” nota que parmi les projets approuvés par la CIRH pour un montant total de 3,2 milliards de dollars, seuls cinq avaient été menés à terme pour un total de 84 millions de dollars. La CIRH, qui fut sévèrement critiquée par les Haïtiens et bien d’autres dès le début, fut suspendue effectivement lors de la fin de son mandat en octobre 2011. Le Fonds de Reconstruction Haïtien avait été créée pour travailler en tandem avec la CIRH, donc depuis que son partenaire est déshabilité, on ne voit guère comment les choses peuvent avancer.

 
 

L'exemple viendrait de Haut
Le président Martelly accusé de corruption

 
 

Le Président Michel Martelly,( 19 ) sa famille et ses amis ont effectué des retraits d'argent sans précédent de la Banque centrale d'Haïti, qui abrite les comptes du Trésor national, selon les déclarations faites par le sénateur Moïse Jean Charles (Nord / Inite) ( 20 ).

 

Le sénateur, qui s'est exprimé publiquement à la mi-décembre 2011, a dit être choqué que: «Ces types de dépenses sont faites par le Président Martelly, le président de la nation la plus pauvre dans l' hémisphère.»

«

Dans le passé, quand un président haïtien voyageait à l'étranger, l'État [États-Unis] lui versait 5 000 $ par jour pour les frais ... Aujourd'hui, le Président Martelly a quadruplé le per diem à 20 000 par jour.» Tous les montants d'argent mentionnés ici sont en devise états-unienne.

Quand sa femme se déplace avec lui, elle obtient 10 000 $ par jour, si ses enfants sont dans le jeu, ils obtiennent 7500 $ par jour chacune, et d'autres personnes autour de lui obtenir 4 000 $ par jour. Quand sa femme se déplace avec lui, elle obtient 10 000 $ [états-uniens] par jour, si ses enfants sont dans le jeu, ils obtiennent 7 500 $ [états-uniens) par jour chacune, et d'autres personnes autour de lui obtiennent 4 000 $ [états-uniens) par jour.

[Il] n'est pas en déplacement avec seulement 12 personnes ou 15 personnes, il voyage toujours avec 30 personnes.
                                                                                                           
Moïse Jean-Charles, sénateur

»

Famille, amis participation

Le gouverneur de la Banque Centrale, Charles Castel, ( 21 ) affirme le sénateur, a acheté soixante (60) Toyota Prado SUV:

« pas pour les fonctionnaires d'Etat, mais pour ses enfants, sa femme, et pour les personnes vivant avec lui.» 

Le sénateur Jean-Charles a souligné les conflits d'intérêts où une société de décoration d'intérieur, «proche» de la Première Dame Sophia Martelly, aurait facturé les ministères pour décorer leurs bureaux avec des décorations de Noël non sollicitées.

"Il peut y avoir un conflit d'intérêt pour la Première Dame d'utiliser cette société qui est près d'elle et facturer les frais pour lesquels elle n'a aucune autorité ..." - Moïse Jean-Charles, sénateur

Le père de la Première Dame, Charles Saint-Rémy, a été en mesure «d'aller à la Banque centrale et retirer 30 millions de dollars états-uniens sur la base qu'il aurait acheté des engrais pour les agriculteurs de la vallée de l'Artibonite, où est l'engrais? Il est vrai que les agriculteurs du département s'étaient plaints de ne pas avoir reçu d'engrais» rappelle le sénateur.

Il a fallu attendre la fin de Décembre, lorsque le Président appliqua le programme «Noël Solidarité» (dons de jouets et de cadeaux d'argent), pour que les agriculteurs reçoivent les engrais. Et même dans ce cas, le 20 décembre, un accord a été signé entre le Gouvernement haïtien et le Japon pour concrétiser un don de 6 000 tonnes d'engrais aux agriculteurs haïtiens. Alors quel était le motif réel de la première transaction?

Jean-Charles se pose des questions au sujet de l'un des fils du président qui aurait retiré 1,5 million de dollars états-uniens de la Banque centrale pour accueillir la "Coupe présidence" en décembre ( 22 ). Le sénateur a demandé rhétoriquement « A-t-il le droit de faire ça? » lors d'une entrevue avec Haïti Liberté.

Enfin, le sénateur Jean-Charles questionne l'état d'une réserve de 1,9 milliard en argent états-unien, laissé par l'ancien président René Préval a la Banque centrale pour garantir les importations.

Jean-Charles dit que l'argent devait être en circulation au début de décembre 2011. Où est l'argent, a-t-il servi lors d'une récente et supposé pénurie de devise états-unienne.

Le président Martelly et son mentor
Baby Doc Duvalier ( 25 ) Photo de 2011

Dans une entrevue avec le journal Le Matin, le sénateur Jean Hector Anacacis ( 23 ) ne comprend pas cette soudaine rareté. En cela le président de l'Association des économistes haïtiens note que toute forme de rareté de devise étrangère dépréciera la monnaie (la gourde) ( 24 ) haïtienne et mènera vers une hausse des prix.

Labossière invite la Banque centrale à prendre les mesures appropriés et d'agir en vrai chef de file de l'économie.

 
 

Que faire ?

 

Les efforts n’ont jusqu’à présent pas été basés sur un partenariat respectueux entre les Haïtiens et la communauté internationale. Les actions des pays donateurs, celles des ONG et celles des organisations internationales n’ont pas été assez transparentes pour que les Haïtiens ou d’autres aient pu suivre l’argent et voir comment il a été dépensé.

Sans transparence ni partenariat honnête, le peuple haïtien ne peut tenir qui que ce soit pour responsable de ce qui s’est passé dans le pays. Cela doit changer.

L’envoyé spécial des Nations Unies en Haïti suggère que l’élan de générosité des personnes à travers le monde soit canalisé par les acteurs internationaux et les institutions de manière à favoriser la création d’un « secteur public robuste et d’un secteur privé sain ». Au lieu de passer par des intermédiaires, les fonds devraient être dirigés autant que possible vers les institutions publiques et privées haïtiennes. Une politique « Haïti d’abord » pourrait renforcer les services publics, promouvoir la responsabilité, créer des emplois et développer des compétences au sein du peuple haïtien.

Mirta Roses (26 )

Une estimation de l’Organisation Panaméricaine de la santé (OPS) a en effet été rendue publique ce mercredi 11 janvier 2012.

«

...il faudrait investir 1,1 milliard de dollars dans les infrastructures et l’assainissement d’eau pour éradiquer le choléra à Haïti, responsable de 7000 décès
                    Mirta Roses

»
 

Le respect, la transparence et la responsabilité sont les piliers des droits humains. Les Haïtiens ont le droit de savoir où est passé l’argent, quels sont les plans en ce qui concerne l’argent qu’il reste. Enfin, ils méritent d’être des partenaires dans le processus de décision à venir.

Après tout, ce sont eux qui feront face aux problèmes quand l’aide de l’après-séisme aura été consommée.

Pour accéder à d'autres textes à propos de la Corruption, cliquez ici

Notes & Références encyclopédiques:

01

Qu'est-ce que le séisme d'Haïti en 2010 ?

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02

L'implication des Nations Unies en Haïti

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03

 

Qu'est-ce que le Service de recherche du Congrès américain (Congressional Research Service : CRS)

 

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04

Qu'est-ce que le USAID ?

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05

Qu'est-ce que la Croix-Rouge américaine ?

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06

Qu'est-ce que le CHF à Port-au-Prince ?

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07

 
 

Qui sont Lauri Fitz-Pegado, partenaire du groupe Livingston LLC. Elle fut aussi impliquée dans l'Affaire des couveuses au Koweït et Bob Livingston ?

 
 

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08

Qu'est-ce que Dalberg Global Dévelopment Advisors ?

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09

Qui sont George W.Bush et Bill Clinton ?

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10

Qui est Nigel Fisher ?

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11

Qui est Kenneth Merten ?

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12

Qui est René Préval ?

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13

Qu'est-ce qu'Ashbritt ?

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14

Qui est Wesley Clark ?

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15

Qui est Lewis Lucke ? Portrait par Bloomberg/Business week

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16

 

Qu'est-ce que la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH) et le Fonds de Reconstruction d'Haïti (FRH) ?

 

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17

Qu'est-ce que la Banque mondiale ?

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18

Qu'est-ce que Les Gonaïves ?

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19

 

Michel MARTELLY
Président d'Haïti

 

Qui est « Sweet Micky » Michel Martelly, le nouveau président d'Haïti ?

Un malheur de plus peut-être? Le tremblement de terre, le retour de Duvalier, le retour d'Aristide et l'élection du pire des candidats présidentiels, il ne manque plus que le Canada continue à se désengager de la reconstruction comme il l'a fait récemment pour compléter le bourbier haïtien

 

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20

Qui est Moïse Jean Charles ?

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21

Qui est Charles Castel ?

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22

Qu'est-ce que la Coupe présidence ?

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23

Qui est Jean Hector Anacacis ?

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24

Qu'est-ce que la gourde ?

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25

Qui est Jean-Claude "Baby Doc" Duvalier ?

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26

Qui est Mirta Roses ?

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