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Les sangsues des affaires, un comportement inexcusable

Jacques Lanctôt n'ose pas les traités de sangsues car il est poli. Il dit tout haut ce que JosPublic pense tout bas et il n'est pas le seul à en avoir ras l'bol de tous ces braillards qui défilent devant la Commission Charbonneau, chacun avec son excuse, son prétexte, ses mensonges, ses justifications. Ils oublient qu'une personne honnête n'agit pas comme ils l'ont fait. Il n'y a pas d'excuse valable. Arrêtez la comédie! Vous avez volé et on ne parle pas d'une miche de pain sans laquelle vous auriez crevé sur le bord de la route.... Alors! Tsé!             - JosPublic

 

Texte par Jacques LANCTÔT
Éditeur-chroniqueur

J'ai été éditeur pendant vingt-cinq ans. Chaque année, pendant ce quart de siècle, je devais faire des demandes de subventions à la SODEC, au Crédit d'impôt du gouvernement du Québec, au Conseil des arts du Canada et à Patrimoine Canada.

Comme j'étais une petite maison d'édition, j'effectuais moi-même ces demandes d'aide, toujours lourdes et fastidieuses. C'est-à-dire que quatre fois par année, je devais plus ou moins abandonner la partie la plus intéressante de mon travail, le choix des manuscrits, les rencontres avec des auteurs, la fabrication presque artisanale et la promotion de mes ouvrages, une trentaine par année ou quinze par saison, pour me plonger dans des statistiques de ventes et dans toutes sortes d'autres opérations moins intéressantes.

Mais il fallait bien passer par là si je voulais survivre et durer.

Pendant ces vingt-cinq ans, jamais je n'ai rencontré de ministres, jamais je n'ai rencontré de fonctionnaires, pour tenter de soudoyer les uns ou les autres, pour leur graisser la patte afin qu'on augmente mes subventions. Jamais je ne les ai invités au restaurant pour leur faire miroiter une croisière dans les Caraïbes.

La seule chose que j'aurais bien pu leur offrir, c'eût été des livres, ceux de ma production, et je l'aurais fait fièrement car mes livres, c'était toute ma vie. Et pourtant, j'estime avoir été bien servi par ces organismes publics, même si je n'ai jamais envoyé de gros chèques aux partis politiques.

Alors quand j'entends ces témoignages d'ingénieurs à la Commission Charbonneau, je suis révolté. «Je savais que je faisais quelque chose de mal», s'est lamenté l'un deux. Et pourtant il l'a fait. Et pour se justifier, il affirme qu'il était en début de carrière, qu'il venait d'avoir un enfant et qu'il cherchait à se tailler une place au soleil.

Un autre est venu accuser tous les politiciens, qui les obligeaient, selon lui, à contribuer à leur caisse et à leurs campagnes de financement. Il les a tous mis dans le même panier, c'est plus pratique. «Tous les autres députés, c'est la même chose.» Pense-t-il se laver les mains et la conscience de cette façon?

Est-ce qu'on va mettre tous les entrepreneurs en construction dans le même panier? «Tous les autres entrepreneurs, c'est la même chose...» C'est-à-dire des voleurs, des fraudeurs? Quand cet entrepreneur contribuait aux caisses des partis politiques, c'était bel et bien pour recevoir des contrats en échange, oui ou non? Et il trichait en augmentant artificiellement les coûts pour se rembourser généreusement à même nos impôts et taxes.

Loin de moi l'idée de vouloir jouer au justicier, au saint homme et lancer la première pierre, mais de telles pratiques, cela ne m'a jamais trotté par la tête, et dieu sait que je voulais moi aussi me tailler une place au soleil, et des enfants, j'en avais non pas un mais plusieurs.

Dans ma profession, celle d'éditeur de littérature, je n'ai jamais vu personne tenter de corrompre le pouvoir politique.

Pour moi, il y a ceux qui se laissent corrompre et ceux qui corrompent. Entre les deux, il y a ceux qui ferment les yeux, pour toutes sortes de raison. Par mollesse, par paresse, par lâcheté, par inconscience. Ce sont ceux-là qui élisent des gouvernements corrompus.

Aux dernières élections, ils étaient 52%, dans le comté de Laviolette, à donner leur appui à Julie Boulet, dont la carrière passée de ministre a été au cœur de toutes sortes d'allusions de collusion et de corruption. Ils ne pouvaient pas ne pas savoir.

Sinon, on pourra penser que cette amnésie dont semble souffrir l'ex-ministre des Transports est contagieuse.

Source: Canoë pour Québecor Inc.

Choix de photos, Commentaire, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication :24 mai 2014

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