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Gérald Tremblay, ex-maire de Montréal, bon chrétien néo-libéral
se ridiculise devant la Commission Charbonneau

 
 
 

Dix questions à Gérald Tremblay

 
 

Le 24 avril 2013, à l'approche du témoignage de l'ancien maire de Montréal, Yves Boisvert chroniqueur au journal La Presse suggère quelques questions pour Gérald Tremblay...

1. Le cas Zampino

Comment avez-vous connu Frank Zampino? ( 01 ) Qui vous a mis en contact? Est-ce que quiconque, au fil de vos années en politique municipale, vous a mis en garde contre l'ancien maire de Saint-Léonard, dont on voit maintenant qu'il allait à des mariages de gens de la mafia? Dans quelles circonstances est-il parti de l'hôtel de ville? Trouvez-vous encore que c'était un administrateur exemplaire?

2. Les bombes

En 2005, en pleine campagne électorale, deux bombes ont été découvertes à votre chalet à Saint-Hippolyte. Qu'en savez-vous? Que vous ont dit les enquêteurs?

3. Les menaces

En entrevue au Devoir, en octobre 2009, vous déclariez craindre pour votre famille. Vous disiez être très prudent dans vos déclarations: «Il faut faire attention aux réputations. Quand on n'a pas de preuves, on se ramasse avec des mises en demeure, peut-être des menaces et de l'intimidation

Vous disiez aussi: «J'ai eu des avertissements dans le passé. Je n'ai pas appelé la police pour me protéger

 De quels événements parliez-vous? Avez-vous déjà été menacé, directement ou indirectement? De quoi aviez-vous peur?

4. La corruption

Extrait de cette entrevue accordée au Devoir en octobre 2009: Dès son arrivée au pouvoir en 2001, il (Gérald Tremblay) a été mis au courant par un haut fonctionnaire des rumeurs concernant des enveloppes brunes qui circulaient à l'hôtel de ville. "Il y a un certain nombre d'entrepreneurs qui se partagent des contrats et des territoires, comme ce que vous entendez qui sort présentement [dans les médias]. Honnêtement, j'ai tout fait pour essayer d'éclaircir la situation en mettant en place des clauses anticorruption et anticollusion [dans les contrats]."»

Quand avez-vous eu la conviction que les entrepreneurs s'entendaient entre eux pour se partager les contrats? Quand avez-vous été convaincu d'un problème de corruption dans la fonction publique?

5. Monsieur 3%

Qui a pris la décision de congédier Bernard Trépanier ( 02 ) comme directeur du financement d'Union Montréal, votre parti, en 2006? Pourquoi? Pourquoi avez-vous accepté qu'il continue officieusement à collecter des fonds pour le parti dans les trois années suivantes? Comment expliquer qu'il se soit occupé de la Banque du Maire les années subséquentes? En politique depuis presque 25 ans, êtes-vous surpris d'entendre parler de financement illégal?

6. Le savoir ou pas

Avez-vous pris connaissance du rapport d'expert déposé au comité exécutif, en 2006, qui faisait état des coûts trop élevés des travaux à Montréal et en attribuait la cause à la collusion entre entrepreneurs?

7. Les avis juridiques

Saviez-vous qu'en plus des fonctionnaires, le contentieux de la Ville s'opposait à la transformation de la Société d'habitation de Montréal en organisme privé? C'est après cette transformation que les ventes douteuses de terrains ont eu lieu, notamment au Faubourg Contrecoeur ( 03 ), qui a donné lieu à des accusations criminelles.

8. Robert Abdallah

Pourquoi ce directeur général de la Ville ( 04 ) a-t-il été congédié? Certains disent que c'est parce qu'il voulait faire le ménage; d'autres témoins, au contraire, avancent que c'est à cause de sa complaisance, sinon sa complicité avec les responsables du «système». Quand a-t-il découvert un problème? Comment?

9. Les compteurs d'eau

En tant que «gestionnaire responsable», comme vous vous êtes décrit souvent, avez-vous demandé un avis externe avant d'accepter le projet d'infrastructure le plus coûteux de l'histoire de Montréal (356 millions)? Avez-vous consulté personnellement des experts d'autres grandes villes? ( 05 )

10. L'argent et les relations

Jacques Duchesneau affirme vous avoir mis en garde contre quatre personnes de votre entourage. Selon lui, vous avez répliqué que vous n'y pouviez rien. Benoît Labonté ( 06 ), autrefois du parti du maire, a affirmé qu'il avait dénoncé devant vous la corruption et le financement illégal (notamment Monsieur 3%). Il dit que vous auriez répondu «en politique municipale, c'est juste de ça».

Niez-vous encore qu'ils vous ont averti? Estimez-vous que ce que vous appeliez des «insinuations» en 2009 est maintenant prouvé: la corruption endémique à l'hôtel de ville, le financement illégal et la complicité du monde politique?

 
 

Une première journée de témoignage devant la Commission Charbonneau
Amer, Gérald Tremblay se dit intègre. L’ex-maire regrette d’avoir choisi Frank Zampino
Audience du 25 avril 2013

 
 

Ni naïf ni complice. Guidé par ses valeurs d’honnêteté et d’intégrité, Gérald Tremblay a couru à sa perte en présumant de la bonne foi de son entourage politique. S’il avait su que Frank Zampino frayait avec l’ingénieur Rosaire Sauriol et l’entrepreneur Tony Accurso, il n’aurait jamais fait de lui son bras droit en 2001.

« C’était pas dans son intérêt de me le dire. Si j’avais été avisé, il aurait perdu son poste de président du comité exécutif », a dit M. Tremblay, à la commission Charbonneau. 

Frank Zampino

Rosaire Sauriol ( 10 )

Tony Accurso ( 09 )

Personne n’a levé de drapeau rouge sur les fréquentations de Frank Zampino. La commission Charbonneau ( 07 ) lui en a appris plus à ce sujet que tous les membres de son entourage politique réunis.

Les cachotteries de M. Zampino ont duré jusqu’à la toute fin de leur collaboration. Lors de sa démission, en 2008, il n’a jamais voulu révéler au maire l’identité des personnes qui avaient séjourné avec lui sur le bateau de Tony Accurso, soit le bras droit de l’entrepreneur, Frank Minicucci
( 08 ), et Rosaire Sauriol.

À la suite de ces croisières, Dessau et Simard Beaudry ont mis la main sur le contrat litigieux de 356 millions pour l’installation des compteurs d’eau. « Il sait très bien que s’il donne les noms, c’est la fin du contrat », a dit M. Tremblay, qui se targue d’avoir résilié ledit contrat.

M. Tremblay est d’attaque et visiblement déterminé à se camper en politicien intègre, qui a pris tous les moyens pour lutter contre la corruption et la collusion à l’Hôtel de Ville du temps où il était maire de Montréal, de 2001 à 2012. La commission lui offre l’une des dernières tribunes de sa vie publique afin de rétablir un tant soit peu sa réputation, durement malmenée par une décennie de scandales.

M. Tremblay ne posera pas en victime, comme il l’a laissé entendre dans son discours de démission, le 5 novembre. « Si je me suis entouré de certaines personnes qui peuvent avoir trahi ma confiance, j’en assume l’entière responsabilité. Ce sont mes choix. Je ne blâme personne », a-t-il dit à la commission sur un ton blessé, et parfois même amer.

Fidèle aux valeurs inculquées par ses parents - honnêteté, intégrité, solidarité -, M. Tremblay a présumé de la probité et de la bonne foi de ses plus proches collaborateurs, pour son plus grand malheur.

 

 

Où étiez-vous ?

Sonia LeBel, procureure en chef de la Commission, a résumé l’état d’esprit du public à l’égard de l’ex-maire, qui souffre d’un déficit de crédibilité en matière de lutte contre la corruption et la collusion.

 « Où étiez-vous ? », lui a-t-elle demandé, tout simplement.

« Je n’ai jamais fait d’aveuglement volontaire, je ne suis pas naïf, je suis une personne qui fait confiance. […] Toutes les fois que j’ai été informé d’une situation, j’ai agi », a répliqué M. Tremblay, répétant une ligne familière, pour ne pas dire usée, qu’il a servie pendant des années aux journalistes couvrant la politique municipale.

M. Tremblay a donné en exemple le cas de Robert Abdallah pour bonifier son image de maire intransigeant quant aux dérives éthiques. En 2006, il a montré la porte à son directeur général en raison de ses mauvaises fréquentations. En pleine préparation de l’appel d’offres pour le contrat des compteurs d’eau, M. Abdallah avait été vu à plusieurs reprises avec Tony Accurso (Simard Beaudry) dans le salon privé d’un restaurant du centre-ville. « Le lien de confiance était brisé », a-t-il dit.

Jusqu’à ce jour, le maire n’avait expliqué à personne, pas même à M. Abdallah, les raisons de ce renvoi prématuré.

M. Tremblay s’est montré tout aussi expéditif avec Bernard Trépanier, le directeur du financement d’Union Montréal. Le maire était horrifié après avoir reçu un appel de la haute direction de SmartCentres, à Toronto.

En se présentant comme un de ses conseillers, Bernard Trépanier aurait réclamé un pot-de-vin d’un million de dollars pour un projet dans Saint-Michel.

Bernard Trépanier

M. Tremblay a tout révélé à Frank Zampino, en l’informant qu’il allait congédier le directeur du financement dans la minute. La seule préoccupation de M. Zampino était de savoir s’il y avait une enquête de police sur cette tentative d’extorsion. Fait à souligner, M. Zampino a témoigné que le maire ne lui avait jamais parlé du renvoi de Bernard Trépanier.

« Frank Zampino était au courant », assure M. Tremblay. Ses démarches n’en sont pas restées là.
M. Tremblay a raconté l’épisode au directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Yvan Delorme ( 11 ). Son analyse l’a surpris. M. Delorme lui aurait dit : « Il n’y a pas eu de tort de commis, donc il n’y a pas matière à enquête. »

Impossible ristourne de 3 %

Marc Deschamps ( 12 )

Bernard Trépanier a été congédié « pour la forme » en février 2006, a reconnu l’agent officiel du parti, Marc Deschamps. « Monsieur 3 % » a continué de s’occuper des cocktails de financement du maire, et il a conservé son certificat de collecteur jusqu’en 2009.

Selon Gérald Tremblay, M. Deschamps a fait une erreur en permettant à M. Trépanier de rester dans l’entourage du parti.

M. Tremblay a lui aussi toléré la présence de l’arnaqueur présumé, en allant même jusqu’à le féliciter pour un cocktail particulièrement réussi, qu’il avait organisé après son « départ » du parti.

À l’instar de Marc Deschamps, M. Tremblay ne croit pas un seul instant à l’existence d’un stratagème grâce auquel Union Montréal aurait perçu des ristournes de 3 % sur la valeur des contrats accordés aux entrepreneurs et aux firmes de génie-conseil.

« Il n’y a jamais eu de 3 % à Union Montréal. C’est impossible », a-t-il lancé.

Malgré l’avalanche des révélations sur le financement illégal du parti, M. Tremblay continue de croire que tout était en ordre. Il a invité la commission à considérer sérieusement la possibilité que des gens malintentionnés s’en soient mis plein les poches en utilisant le prestige du parti. « C’est trop gros pour être vrai. C’est certain que ce n’est pas allé dans les coffres d’Union Montréal », estime-t-il.

Pressé d’en découdre avec l’ancien organisateur du parti, Martin Dumont ( 13 ), il a également dit qu’il est « irréel » de penser qu’Union Montréal utilisait une double comptabilité pour cacher le financement illicite.

Sources: Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction
Agences de presse:
La Presse Canadienne/Canadian Press Enterprises propriété de CTVglobemedia, Torstar et Power Corporation of Canada, Agence QMI pour Québecor
Journaux:
La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada, Le Devoir pour SPEQ Le Devoir Inc.
Internet:Wikipédia site indépendant à but non lucratif, Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada,
Communiqué de presse:  Vision Montréal

Choix de photos, fusion des textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour: 26 avril 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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                                                                                                   Lieu de pèlerinage chrétien et de miracles, dit-on!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

À propos de Frank Zampino, ex-président du Comité exécutif de la ville de Montréal - Sur MétéoPolitique

 

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02

 

À propos de Bernard Trépanier ex-collecteur de fonds pour le parti politique Union Montréal - Sur MétéoPolitique

 

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03

À propos du projet Faubourg Contrecoeur - Sur MétéoPolitique

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04

 
 
 

À propos de Robert Abdallah ex-directeur général de la ville de Montréal- Sur MétéoPolitique

 
 
 

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05

À propos du Scandale des compteurs d'eau - Sur MétéoPolitique

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06

À propos de Benoit Labonté - Sur MétéoPolitique

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07

 

À propos de la Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction - Sur MétéoPolitique

 

 

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08

 

À propos de Franco (Frank) Minicucci président du groupe MINDEV - Sur MétéoPolitique

 

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09

 
À propos de Tony Accurso, ex-président de 47 compagnies dans l'ingénierie et la construction - Sur MétéoPolitique
 

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10

 

À propos de Rosaire Sauriol ex-vice-président principal, Amérique latine pour la firme d'ingénierie Dessau - Sur MétéoPolitique

 

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11

 

À propos d'Yvan Delorme, ex-chef de police de la Communauté urbaine de Montréal

 

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12

 

À propos de Marc Deschamps, ex-trésorier du parti politique Union Montréal et de la Coalition Avenir Québec - Sur MétéoPolitique

 

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13

À propos de Martin Dumont du parti politique Union Montréal - Sur MétéoPolitique

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