Financement de BCIA
Bureau canadien d'investigations et d'ajustements

 
 

Financement gouvernemental

 
 

Fonds d'intervention économiques régionaux (FIER) ( 01 )

BCIA, le Bureau canadien d'investigations et d'ajustements (BCIA) a bénéficié d'investissements gouvernementaux de quatre fonds d'intervention économiques régionaux.  La firme a été comptabilisée comme investissement au Saguenay dans la défense d'Investissement Québec, alors que le siège social est clairement à Montréal.

«Sur environ 4,1 millions $, de 2 à 2,5 millions $ sont des prêts garantis qui portent à intérêt, alors que l'autre partie est constituée d'équité, soit un placement dans le capital actions», expliquait le relationniste Alexandre Dumas au nom du BCIA. «Il ne faut pas oublier non plus que ce n'est ni BCIA, ni sa filiale Centurion qui ont sollicité les FIER, mais plutôt les FIER qui étaient à la recherche d'investisseurs, car c'est dans leur mission de procéder à des investissements»

Les FIER de Montréal, de Laval, de Sherbrooke et du Saguenay sont impliqués.

L'un des administrateurs du FIER Boréal, Gilbert Grimard, dirigeant au Parti Libéral du Québec, justifie l'investissement de son organisation dans l'agence montréalaise par le fait qu'elle avait des contrats au Saguenay-Lac-Saint-Jean et créait des emplois dans la région. Il précise toutefois qu'il ne connaît pas la clientèle de BCIA à Montréal et s'est dit très surpris lorsque La Presse a évoqué les relations de l'agence avec des clients proches du crime organisé. Une commission parlementaire en a discuté.

Gilbert Grimard ( 02 )

François Legault ( 03 )

Pour le député François Legault (lorsqu'il était député de Rousseau, Parti Québécois, il avait soulevé le problème à l'Assemblée nationale du Québec), trouve qu'après trois jours de controverse autour de quatre compagnies, il est inexplicable que le ministre Bachand, et le président d'Investissement Québec, Jacques Daoust, aient été incapables de brosser un tableau précis de la situation. ( 06 )

De son côté, le député de la circonscription de Shefford, François Bonnardel, a sorti lui aussi plusieurs lapins de son chapeau qui ont fait bien mal paraître le gouvernement.

En Estrie, le FIER a investi 1 million $ dans une firme dont le siège social est à Halifax, les administrateurs en Californie et en Virginie. La compagnie n'a produit encore aucun emploi.

Pour MM. Legault et Bonnardel, on a jour après jour une accumulation de faits, d'irrégularités, qui portent à penser que des dirigeants de ces FIER sont en conflit d'intérêts, et que le fonctionnement de ces organismes est truffé d'irrégularités.

François Bonnardel
( 04 )

Le Fonds de solidarité de la  FTQ et la Caisse de dépôt et placement du Québec ont également été des prêteurs importants par l'entremise de MMV Financial, dont ils sont les deuxième et troisième actionnaires en importance.

MMV a avancé 2,6 millions $US à B.C.I.A. en mars 2007. Cette dernière a remboursé une partie des fonds en février 2009, grâce à l'apport de nouveaux fonds de Desjardins. Il semblerait toutefois que Luigi Coretti doive toujours 400 000$ à MMV, selon une poursuite en Cour supérieure. Dans sa réplique écrite en cour, Luigi Coretti soutient que MMV a fait des pressions abusives et a agi de mauvaise foi dans cette affaire.

 
 

BCIA: Investissement Québec a fait preuve de flexibilité
8 mai 2010

 
 

Investissement Québec n'a pas vérifié elle-même la santé de BCIA avant de lui garantir un prêt de 1,3 million de dollars.  De plus, il appert que l'agence gouvernementale a fait preuve de «flexibilité» pour aider la firme de sécurité, l'automne 2009.

Interrogé en commission parlementaire, le président d'Investissement Québec, Jacques Daoust, a admis avoir laissé l'analyse financière du dossier entre les mains du prêteur de BCIA, soit le Mouvement Desjardins. 

«On parlait de 1,3 million garanti sur un prêt de 2 millions (...). Ce sont toutes des données qui sont faites par le Mouvement Desjardins. Le Mouvement Desjardins, vous savez, c'est notre principal partenaire au Québec. On lui fait confiance», a déclaré M. Daoust.

La firme de sécurité BCIA, propriété de Luigi Coretti, a reçu ce prêt de 2 millions de Desjardins en novembre 2009. Quatre mois plus tard, BCIA a commencé à faire des chèques sans provision. Le 23 avril, elle s'est placée sous la protection de la Loi sur la faillite.

Dans les années précédentes, la firme avait reçu 4 millions par l'entremise des Fonds d'intervention économique régionaux (FIER), eux aussi gérés par Investissement Québec. L'automne dernier, elle a eu recours au programme Renfort d'Investissement Québec pour faire garantir un nouveau prêt de Desjardins.

Le programme Renfort a été lancé dans la foulée de la crise financière de l'automne 2008. Il est destiné à aider les entreprises en bonne santé à surmonter la crise. Pour être admissible, l'entreprise doit avoir cumulé des fonds positifs au cours des trois dernières années et démontrer des perspectives de rentabilité.

Des «exceptions»

Le député Jean-Martin Aussant, critique du PQ en matière de développement économique, a affirmé à la commission parlementaire que les critères n'avaient manifestement pas été respectés, puisque Desjardins a coupé les vivres à l'entreprise, quelques mois plus tard.

Questionné à ce sujet, Jacques Daoust a répondu qu'il y a des «exceptions» et que les critères doivent être respectés de façon générale. «On a une certaine flexibilité à l'intérieur du programme, une certaine discrétion. Il a été mis en place après qu'on a eu reçu un certain nombre de dossiers qui méritaient qu'on les aide. Et on en a aidé beaucoup de cette façon-là», a expliqué M. Daoust.

Le ministre du Développement économique, Clément Gignac, a ajouté que les critères doivent être «idéalement» et «généralement» respectés. «Oui, il y a des règles», mais il faut juger au cas par cas, a dit M. Gignac. «À l'époque, on estimait que le plan d'affaires de cette entreprise de transport de valeurs et de sécurité ne comportait pas un risque indu.»

Au Mouvement Desjardins, qui a fait l'analyse du risque, on ne peut expliquer la descente aux enfers si rapide de BCIA. «Ça fait partie des questions qu'on se pose», a dit le porte-parole, André Chapleau.

Selon la porte-parole d'Investissement Québec, Josée Béland, BCIA était en pleine santé en novembre et ses contrats étaient de qualité. Notamment, 80% des clients de BCIA étaient des institutions, a-t-elle dit. Le fait que 1 000 employés étaient en jeu a eu une influence.

La Caisse centrale Desjardins a accordé une marge de crédit à BCIA au printemps 2008. Cette marge atteint maintenant 6,5 millions$.  Au printemps 2009, c'est le fonds Capital régional et coopératif Desjardins qui a, cette fois, injecté 4 millions$ dans l'entreprise.  C'est donc 12,5 millions$ que le Mouvement Desjardins a injectés dans l'entreprise en deux ans, si l'on compte le prêt de novembre 2009.

 

Les clients

 
 

a) Bureaux de change:

Depuis 2008, l'agence de sécurité BCIA, financée par de l'argent public, transporte les fonds de centres d'encaissement au passé trouble, situés rues Jarry et Jean-Talon. Selon des documents déposés en cour, ces centres sont exploités par diverses entreprises inter-reliées, dont Everest Financial et K.L. Financial.

Everest Financial est la propriété de Kien Huy Phung, qui s'est reconnu coupable de blanchiment d'argent en 2005, à Ottawa.

M. Phung avait été arrêté en 2004 avec une douzaine d'autres personnes dans le cadre d'une opération policière contre un réseau international de trafic de marijuana. Il s'est vu imposer une peine de 16 mois de prison pour avoir blanchi 590 000$ à l'aide de son entreprise Everest.

En plus de fournir de l'argent liquide en échange de chèques, ces centres se définissent aussi comme des bureaux de change et ils offrent des prêts à des taux très élevés. Par exemple, La Presse a pris connaissance d'un document de prêt dont le taux annuel s'élève à 50%.

Luigi Coretti, patron de B.C.I.A., a lui-même emprunté 150 000$ à ce réseau, en juillet 2008, à un taux de «1% par semaine». Par l'effet composé, ce taux correspond à 68% par année, selon nos calculs, ce qui excède le taux jugé usuraire dans le Code criminel.

L'entente a plus précisément été signée entre Coretti et l'entreprise 6119697 Canada inc. (propriété de Yun Bun Korn). Cette société à numéros partage les mêmes adresses, les mêmes bureaux d'avocats et le même compte de banque qu'Everest Financial, selon des registres publics et des documents déposés en cour.

Les deux parties ont un litige en Cour supérieure au sujet du prêt de 150 000$. L'entreprise à numéros soutient qu'on lui doit maintenant 172 000$, alors que Luigi Coretti affirme avoir tout remboursé par l'entremise de B.C.I.A.

Le transport des fonds des centres d'encaissement a été signé entre la firme 6119697 Canada inc. et une filiale de B.C.I.A., Transport de valeurs Centurion. Les deux parties ont également un litige à ce sujet.

En janvier 2010, la firme 6119697 Canada inc. a exigé en cour le paiement de 100 409$ de fonds que Centurion a transportés, mais ne lui a pas remis. Dans sa défense, Centurion affirme qu'elle a retenu des fonds pour faire certaines vérifications à la demande de Revenu Canada.

«Centurion a reçu de Revenu Canada certaines demandes de renseignements et de remboursements de sommes d'argent dues par des entreprises, dont les chèques provenaient de collectes faites à l'entreprise d'encaissement de 6119697», est-il écrit dans la défense.

b) Société des alcool du Québec SAQ

BCIA en contrat avec la SAQ

M. Pietro Perrino, que Jean Charest a nommé au conseil de la SAQ en 2004, est bien connu des libéraux. Issu de la commission jeunesse du PLQ, il était l'homme de confiance et organisateur de campagnes électorales de Jean Charest, Daniel Johnson, Robert Bourassa, au début des années 90 et était devenu par la suite l'un des principaux lieutenants de Paul Martin au Québec.

Il s'est retrouvé au centre de la controverse des FIER exposée par le PQ en 2009. «François Legault m'a beurré, des déclarations qu'il ne pouvait pas répéter hors de l'Assemblée nationale (sans l'immunité parlementaire)», se souvient M. Perrino, ulcéré. Il estime que les médias ont pris en grippe la communauté italienne de Montréal: «Si je m'appelais Pierre Perrin, on ne parlerait pas de moi», lance-t-il.

Sauf que cet administrateur du Fier-Boréal du Saguenay/Lac-Saint-Jean qui siège au conseil d'administration de la Société des alcools du Québec (SAQ) depuis six ans, a des intérêts personnels importants dans la firme de sécurité BCIA.

De plus l'entreprise a obtenu pour 660 000$ de contrats de la SAQ entre 2006 et 2008. Pietro Perrino est actionnaire de quatre entreprises qui ont obtenu l'aide du FIER-Boréal: Toptent (un million de dollars d'aide), Zoommed (300 000 $), Ranaz (630 000 $) et Systèmes BUS (375 000 $).

M. Pietro Perrino à droite de la photo
on imagine que l'autre a honte

Les contrats avaient été alloués avant que le fonds d'investissement de M. Perrino - par l'entremise de deux fonds d'intervention économiques régionaux (FIER) - n'injecte de l'argent dans la société controversée, dirigée par Luigi Coretti.

Les contrats de moins de 1 million $ n'ont pas à être approuvés par le conseil d'administration de la SAQ, précise Isabelle Merizzi, porte-parole de la société d'État.

Mais à la fin de 2007, juste après avoir investi dans la firme, M. Perrino avait été informé d'un litige sérieux entre la SAQ et le bouillant patron de BCIA. M. Coretti s'était emporté lors d'une réunion avec des dirigeants de la SAQ parce qu'il jugeait insuffisants les tarifs accordés par la société d'État.

Alors tout nouvel investisseur, M. Perrino, membre du conseil de la SAQ, avait pris note de ces doléances lors d'une rencontre au 355, rue Louvain Ouest, où BCIA venait d'emménager.

Un témoin de cette rencontre raconte que Perrino s'était informé du litige entre BCIA et la SAQ en présence du patron, Coretti, qui se disputait souvent avec des clients. Il a indiqué qu'il «verrait ce qu'il pouvait faire», mais les tarifs versés par la SAQ à BCIA n'ont pas été haussés. Quelques semaines plus tard, Coretti, sanguin, était même allé, en représailles, jusqu'à faire retirer ses agents des succursales de la SAQ pendant quelques heures, au début de 2008.

 
 

Pietro Perrino, ment

 
 

Savait, savait pas?

Mais, joint trois fois par La Presse, M. Perrino avait commencé par soutenir que, à sa connaissance, BCIA n'avait jamais eu de mandat de la Société des alcools. «Ma position serait plus problématique si BCIA faisait affaire avec la SAQ», avait-il affirmé d'entrée de jeu.

Quand on lui a demandé si BCIA avait déjà eu un contrat de la SAQ dans le passé. M. Perrino a répondu sans hésiter: «Je ne penserais pas.»  Il a ajouté rapidement: «À ma connaissance, elle ne fait pas affaire avec la SAQ.»

Enfin, informé des données fournies par la SAQ, il a précisé que BCIA n'avait pas «présentement» de contrat de la société d'État. «S'ils ont eu des contrats avant que j'investisse dans BCIA, c'est une autre question», a-t-il finalement reconnu.

Quand on lui rappelle la rencontre de la rue Louvain, il ne nie pas: «Ils (les gens de BCIA) me parlent de tous leurs problèmes, ils se plaignaient que l'argent ne rentrait pas assez vite.»

M. Perrino a précisé: «J'étais au courant du fait que BCIA avait des contrats avec la SAQ avant que j'y investisse. Elle a aussi des contrats avec la police de Montréal, avec l'AMT, avec la Société de l'assurance automobile. Avant que je sois chez BCIA, je savais qu'il y avait des contrats à la SAQ.»

Il insiste toutefois pour dire qu'il n'est jamais intervenu au conseil d'administration de la société d'État sur les questions de contrats de sécurité. «J'ai demandé à ne même pas recevoir les documents, les grilles d'analyse (des soumissions)», explique-t-il. Dans les procès-verbaux du conseil de la SAQ, la déclaration d'intérêt de M. Perrino apparaît en juin 2009 - il s'agissait alors d'une «dérogation», qui devait obligatoirement être vue par le conseil.

Comme commanditaires privés de deux FIER qui ont injecté 2 millions dans BCIA, M. Perrino et un associé ont «investi là-dedans en décembre 2007».

M. Perrino allait fréquemment aux bureaux de BCIA. Une fois par mois, selon un ancien employé; «trois ou quatre fois l'an», soutient M. Perrino, admettant qu'il s'informait des progrès de la firme chaque mois.

«Si je vais là, c'est que les FIER ont investi là-dedans. On cherche à savoir ce qui se passe sur une base régulière, à connaître le chiffre d'affaires, où en sont les dépenses. On le suit comme on suit n'importe quel de nos investissements.»

BCIA a obtenu de la SAQ un premier mandat de 50 000$ en 2006, renouvelé pour un an en 2007. Par la suite, en mai 2007, BCIA a obtenu son principal contrat, 560 000$, pour la surveillance et le vol à l'étalage dans les succursales. Dès la fin du contrat de BCIA, en mai 2008, la SAQ a lancé un nouvel appel d'offres, remporté cette fois par Garda, a expliqué Mme Merizzi.

Au moment des discussions avec M. Perrino BCIA était proche de la faillite, une bien mauvaise nouvelle pour les deux FIER qui y ont investi 2 millions de dollars. «Si les FIER perdent de l'argent, moi, je perds beaucoup d'argent. Investissement Québec est aux deux tiers, c'est moi qui suis dans l'autre tiers.» Dans chaque FIER, il y a 5 millions d'argent privé. «Dans ces deux fonds, les plus importants investisseurs privés, c'est moi et mon associé», dit M. Perrino.

c) Verdun: l'arrondissement de Verdun a récemment autorisé un contrat d'un an avec la firme de sécurité. Le maire de Verdun et responsable de la Sécurité publique au comité exécutif de la Ville de Montréal, Claude Trudel, a expliqué que BCIA était la seule firme qui avait répondu à un récent appel d'offres pour la fourniture de services de surveillance privés. Il a précisé que l'arrondissement ne savait pas à ce moment que l'entreprise était en difficultés financières.

Il est a noter ici que Claude Trudel de par ses fonctions était sous la responsabilité de M. Frank Zampino, président du Comité exécutif et maire de l'arrondissement Saint-Léonard, le seule autre arrondissement avec Verdun à faire affaire avec BCIA, l'autre personne impliquée aussi sous la responsabilité de M. Zampino est Yvan Delorme l'ex-chef de police qui a permis à BCIA de surveiller sans contrat légal le quartier général et le centre de communication de la police de Montréal. Depuis, Verdun a mis fin au contrat de BCIA.

d) L'Action Démocratique du Québec comme client

Suite aux déclarations du député François Bonnardel de Shefford, le président de BCIA, Luigi Coretti, s'est dit doublement surpris que ces insinuations proviennent d'un client de son entreprise, puisque l'ADQ avait requis les services du BCIA en 2007 et en 2008 pour la vérification des antécédents criminels et du statut de bonne réputation de près de 100 de ses candidats ou collaborateurs. «Dont probablement M. Bonnardel lui-même», ajoute-t-il dans un communiqué.

 

La Faillite de BCIA

 
 
 

La filiale Transport de valeurs Centurion ne fait pas partie des entreprises qui ont été placées sous la protection de la Loi sur la faillite.

a) Offre d'Arduini


L'homme d'affaires Gioacchino Arduini voulait relancer l'agence de sécurité BCIA, au bord de la faillite. Il affirmait avoir l'appui des quatre fonds gouvernementaux FIER, qui ont déjà englouti des millions dans cette affaire.

Le tribunal avait accepté les conditions de financement temporaire proposées par l'entreprise de M. Arduini, Gestion Gamarco. Essentiellement, Gamarco promit d'avancer jusqu'à 800 000 $ pour permettre à l'entreprise de poursuivre ses activités. Ces fonds permettront notamment de payer les employés de BCIA.

Gioacchino Arduini est très actif dans le financement immobilier. Il est le président et l'actionnaire majoritaire de l'entreprise. Le deuxième actionnaire, secrétaire trésorier et administrateur est Margherita Faustini.

Il dit avoir été longtemps le propriétaire de la société Construction Gamarco, maintenant dirigée par ses enfants. En fait le montage financier de cette société annonce que l'actionnaire majoritaire est Gestion Aneman inc. qui est formée de trois personnes dont le nom de famille est Arduini et dont les prénoms sont Angelo, Emmanuelle et Annamaria, donc les mêmes administrateurs que Construction Gamarco dont Gioacchino lui-même, est toujours secrétaire trésorier et administrateur de la dite entreprise. Encore une trappe à sauver de l'impôt et un gros mensonge de M. Arduini.

L'agence BCIA et sa filiale ontarienne, North American Security Services, doivent 21 millions de dollars à près 150 créanciers, dont les plus importants sont le Mouvement Desjardins et les FIER. En cour, les créanciers ont accepté que Gamarco soit remboursée en priorité au cas où la relance de BCIA tomberait à plat. Seules les dettes à Revenu Canada (1 million $) et les sommes dues aux employés (environ 2 millions $) restent prioritaires, explique le syndic Stéphane Lachance, de Demers Beaulne.

Par ailleurs, les conditions précises de l'avance de 800 000$ ont volontairement été gardées secrètes dans les documents du tribunal. Dans la proposition de Gamarco qui a été rejetée, il était question d'un financement à 2,5% d'intérêt par mois, soit l'équivalent de 35% par année.

Selon une proposition qui circulait, les autres créanciers se verraient rembourser 5% de leurs créances avec la relance.

Gioacchino Arduini affirme que le PDG actuel de BCIA, Luigi Coretti, ne sera probablement «plus dans le portrait» avec la relance. «S'il y est, il ne sera plus administrateur, a-t-il dit. L'entreprise est très bonne, mais disons que l'administration a laissé à désirer. À un certain moment, ils ont dépensé plus qu'ils ne devaient.»

Ce n'est pas la première fois que M. Arduini a des relations d'affaires avec Luigi Coretti. En décembre 2009, son entreprise Lavalgam a prêté 300 000$ à la société 6750915 Canada, propriété de Luigi Coretti. Ce prêt était garanti par une hypothèque de troisième rang sur l'immeuble abritant le siège social de BCIA, rue Louvain, à Montréal.

LavalGram
Premier actionnaire: Gestion Gamarco inc.
Deuxième actionnaire: Angelo Arduini
Troisième actionnaire: Annamaria Arduini
Président, secrétaire trésorier: Gioacchino Arduini, il est aussi secrétaire trésorier de Construction Gamarco inc

b) Offre de PR Maintenance

Le Groupe PR Maintenance a retiré son offre d'achat de Bureau canadien d'investigations et d'ajustements (BCIA).

Le président du Groupe Pierre Robitaille, estime que la firme de surveillance ne présente plus les perspectives de rentabilité nécessaires, peut-on lire dans un communiqué diffusé par la firme.

Pierre Robitaille

La réputation de cette entreprise n'est pas à la hausse. La lignée d'infractions accumulées auprès du Comité paritaire de l'Entretien ménager, depuis cinq ans a eu pour effet de lui faire perdre son certificat de conformité, un document émis annuellement par le Comité. Ce programme de certification est un gage de qualité qui permet aux entreprises d'entretien de démontrer qu'elles se conforment « aux obligations légales prévues par le décret de l'entretien d'édifices publics ».

Pour mieux connaître la direction de cette entreprise et pourquoi elle se mérite une réputation de promouvoir le travail au noir consulter
"entreprise délinquante"  ( 05 )

c) la faillite

Ça a toujours été indiqué que, s'il n'y avait pas de proposition viable qui était déposée, les créanciers ordinaires ne recevraient rien dans ce dossier-là. Au départ, il y avait déjà un manque d'à peu près 5 millions [de dollars], uniquement pour couvrir les créanciers garantis.— Le syndic Stéphane Lachance

Les nouvelles sont meilleures pour les employés

Comme l'affirme le représentant syndical des employés de BCIA, Dominic Lemieux : « Pour eux, c'est un soulagement. La saga BCIA est derrière eux. Certains vont avoir perdu des sous là-dedans, mais la grande majorité va récupérer jusqu'à 3100 $ ».

Environ 800 personnes travaillaient pour BCIA au Québec, et quelque 200 en Ontario.

Dominic Lemieux

Il y a cependant des employés qui s'en tirent mal dans cette histoire.

C'est le cas notamment d'ex-policiers, qui poursuivent maintenant BCIA en justice. Ces employés ont fait l'objet de retenues à la source sur le salaire que leur versait BCIA. Mais l'entreprise ne remettait pas ces sommes aux autorités fiscales comme elle aurait dû le faire. Par la suite, ces employés floués se sont vus dans l'obligation de rembourser cet argent au fisc.

BCIA a présenté un plan de relance qui permettrait aux quatre FIER d'obtenir seulement 100 000 $ sur les 4 millions qu'ils ont investis. Il s'agit de pertes importantes pour les fonds d'investissement régionaux, dont les deux tiers du financement proviennent du gouvernement du Québec.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'institutions financières, le député Jean-Martin Aussant, affirme que la situation illustre le laxisme du gouvernement Charest dans la surveillance des FIER. « Ce serait tout à fait logique qu'il y ait un administrateur du gouvernement à chaque conseil et à chaque vote, puisqu'il s'agit d'argent public. Des cas comme celui-ci auraient peut-être pu être évités si un observateur du gouvernement veillait au grain », critique le député de Nicolet-Yamaska.

Jean-Martin Aussant

Beaucoup de dépenses, pas assez de revenus...

Le rapport du syndic révèle que l'administration de BCIA comportait des lacunes. Les dépenses de BCIA, pour la location de l'immeuble qui l'abritait, notamment, étaient trop élevées pour le chiffre d'affaires de l'entreprise. Ses litiges en justice, contre des employés et des clients, lui coûtaient également très cher . Enfin, son service de transports de valeurs n'était pas rentable depuis deux ans.

Le syndic liquidera les biens de BCIA, mais pas les biens personnels de Luigi Coretti, ni l'actif des autres entreprises que possède cet homme d'affaires. Luigi Coretti ne s'est pas présenté jeudi à l'assemblée des créanciers. Le syndic affirme avoir reçu une preuve médicale attestant que Luigi Coretti était souffrant.

Une filiale de BCIA Entraînée dans la faillite

Revenu Canada figure aussi parmi les créanciers de North American Security Services. L'agence souhaite récupérer environ 1,3 million $.

Un nombre important de montants, compris entre 3000 $ et 4000 $, sont inscrits au nom d'employés de North American Security Services. Certains d’entre eux profiteront du programme de protection des salariés du gouvernement fédéral pour être dédommagés.

Selon le Registre des entreprises, North American Security Services était localisée rue Lancaster, à Ottawa.

 

Dette salariale à des policiers et falsification de dossiers de véhicules

 
 

Antoine Bastien et Guy Bessette en ont long à dire. Ils ont travaillé pendant un peu plus d'un an pour BCIA, en 2005 et 2006. La collaboration a tourné au vinaigre. Cinq ans plus tard, Bastien et Bessette poursuivent Coretti en cour. Ils lui réclament de l'argent à la suite d'une dispute sur les salaires versés.

Mais à l'automne 2004, Antoine Bastien ne se doute pas qu'un jour il se battra en cour contre M. Coretti. Il travaille comme enquêteur à la police de Montréal depuis 31 ans. Il songe à la retraite lorsque deux collègues policiers, Jimmy Cacchione et Giovanni Diféo, lui parlent de Coretti.

Luigi Coretti est l'ex-Président de BCIA, de Transport de valeurs Centurion, du North American Security Services et The Loucor trust.

«Cacchione m'a dit: "Un de mes chums, Luigi Coretti, cherche quelqu'un pour diriger ses enquêtes"», raconte Antoine Bastien.

Intéressé, Bastien communique avec Coretti. L'expérience le tente. «Je n'ai fait aucune vérification sur Coretti parce que deux de mes chums, Diféo et Cacchione, me le recommandaient, précise Antoine Bastien. Et Coretti se tenait avec des policiers

De plus, la femme de Cacchione travaillait pour BCIA. Elle était responsable des contrats.

Pendant qu'il réfléchit, Coretti l'appelle pour l'inviter à souper avec «une couple de boys». Ils se rencontrent dans un restaurant italien de la rue Crescent, au centre-ville. Sont présents, entre autres, Yvan Delorme, qui sera nommé chef de police de Montréal quelques mois plus tard, Jimmy Cacchione et Giovanni Diféo.

Le repas est bien arrosé, les bouteilles de vin circulent. C'est Luigi Coretti qui paie. «Les policiers n'ont pas l'habitude de ramasser les factures», précise Antoine Bastien.

Quelques semaines plus tard, un autre souper au même restaurant réunit Luigi Coretti, Yvan Delorme, Cacchione, Diféo et un autre policier de Montréal, Pietro Poletti. Encore une fois, Coretti paie pour tout le monde.

«Si Yvan Delorme veut nier, qu'il vienne me le dire en pleine face», se défend Antoine Bastien.

Yvan Delorme ( 05 )

Lorsque Luigi Coretti a embauché Antoine Bastien en 2005, BCIA ne comptait qu'une quarantaine d'employés.

Bastien a mis sur pied une équipe d'enquêteurs. Encouragé par Luigi Coretti, il a embauché des policiers de Montréal qui venaient de prendre leur retraite, comme Guy Bessette. Au moins une douzaine se sont joints à BCIA.

«L'atmosphère était tendue, raconte Antoine Bastien. Il y avait deux clans: les policiers et les Italiens.»

BCIA a connu une progression fulgurante. Luigi Coretti a décroché de nombreux contrats de surveillance dans le secteur public: l'Agence métropolitaine de transport, la Société de l'assurance automobile du Québec, le quartier général de la police de Montréal, etc.

En 2010, Coretti avait près de 1000 employés, une division de camions blindés et une filiale en Ontario.

Mais la montée rapide de BCIA a été stoppée net en avril lorsque l'entreprise s'est placée sous la protection de la Loi sur la faillite.

Le vérificateur de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron, va ajouter une pièce de plus au passé trouble de BCIA. Dans le rapport de 475 pages qu'il a remis au conseil municipal, 35 sont consacrées à BCIA.

M. Coretti n'en a pas fini avec les controverses.

Quatre anciens employés de la firme de sécurité BCIA affirment que les odomètres de plusieurs véhicules de l'entreprise ont été manipulés entre 2006 et 2009. Ils étaient conscients du fait que ce geste était criminel, mais leur patron disait que c'était des «bagatelles».

«Un jour, quand j'ai pris mon véhicule, j'ai constaté que l'odomètre indiquait 100 000 km de moins que la veille», a dit un ancien patrouilleur à La Presse sous le sceau de la confidentialité.

Le préposé à l'entretien des véhicules lui a confirmé que des odomètres étaient régulièrement manipulés. «Il m'a expliqué que le kilométrage était reculé pour préparer la vente du véhicule ou encore pour faire passer une réparation sur la garantie», a dit le patrouilleur.

La plupart des constructeurs de véhicules ne garantissent plus les pièces après 60 000 km.

 Si une pièce brise, la réparation est alors aux frais du propriétaire ou du locataire. En réduisant le kilométrage indiqué au compteur, il est possible de ne rien payer. Cela permet également aux locataires d'éviter de payer des frais lorsque le kilométrage excède la limite prévue au contrat.

L'ex-patrouilleur conduisait un Chevrolet TrailBlazer. Il a écrit une lettre à un représentant du constructeur, General Motors, pour dénoncer ces manipulations, mais sa plainte est restée sans réponse.

Modifier le kilométrage d'un véhicule est un acte criminel, indique le capitaine Luc Thibault, de la GRC. Un tel acte s'apparente à une fraude et est punissable de 2 à 14 ans de prison.

BCIA disposait d'un parc d'environ 80 véhicules, généralement des Chevrolet. Les patrouilleurs consignaient le kilométrage de leur véhicule dans un rapport quotidien.

Un autre ex-employé raconte pour sa part avoir demandé au patron pourquoi le kilométrage d'un véhicule avait été modifié. «Je suis allé poser des questions au patron et il m'a dit de laisser faire ça, que c'était des bagatelles», a-t-il affirmé à La Presse.

Il s'agissait cette fois d'un Chevrolet Impala blanc marqué du logo de BCIA, conduit par un de ses collègues. L'odomètre était passé de 85 000 à 21 000 km au cours de la nuit. À une autre occasion, il a constaté que le kilométrage de son ancien véhicule avait baissé d'environ 20 000 km.

Cet ex-employé nous a transmis le nom du mécanicien qui, selon lui, s'occupait de manipuler les odomètres. Il agissait sous les ordres d'un tiers, a-t-il ajouté.

Un troisième employé dit avoir été témoin plus d'une fois de la manipulation d'odomètres. Il a notamment constaté un jour que le kilométrage de son véhicule avait été réduit d'environ 10 000 km, passant d'un peu plus de 60 000 km à un peu plus de 50 000 km.

«Ça ne m'a pas étonné, a-t-il dit. Ça se passait couramment chez BCIA. J'ai été plus surpris avec un autre Chevrolet. Chaque fois que je le rentrais au garage, le kilométrage descendait. C'était devenu un sujet de blague parmi les employés.»

Un quatrième employé dit avoir vu de ses propres yeux le mécanicien modifier des odomètres. «Il faisait ça le soir ou la nuit. Il avait un ordinateur avec un programme qu'il branchait directement dans les véhicules», dit-il.

Notes & Références encyclopédiques:

01

Qu'est-ce que les Fonds d'intervention économiques régionaux (FIER)

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02

 

Qui est Gilbert Grimard ? Il est ingénieur, un des administrateurs du FIER Boréal au Saguenay/Lac-Saint-Jean et dirige les opérations de Construction Grimard et en assure la présidence.

 

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03

Qui est François Legault ?

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04

Qui est François Bonnardel ?

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05

 

Des sociétés publiques ont accordé des contrats d'entretien à une entreprise délinquante

 

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06

 

Jacques Daoust est un homme d'affaires, un administrateur et un homme politique québécois. Il a occupé le poste poste de président et chef de la direction d’Investissement Québec (IQ) et de ses filiales de 2006 à 2013.

En novembre 2009, le Mouvement Desjardins prête 2M $ à BCIA ; ce prêt est garanti par Investissement Québec à hauteur de 1,3 M $. Il est élu député libéral de Verdun lors de l'élection générale québécoise de 2014. Il est nommé par Philippe Couillard Ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportation en 2014 - Site de l'Assemblée nationale du Québec

 

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