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Pierre Anctil de vp de SNC/Lavalin
accessoire au financement illégal du Parti Libéral du Québec

Le financement politique illégal faisait partie de la description de tâche de deux vice-présidents qui se sont succédé au sein de SNC-Lavalin.  La firme de génie-conseil a ainsi versé jusqu'à 150 000$ par année au Parti libéral du Québec ( PLQ) par l'entremise de Marc-André Bibeau, collecteur de fonds libéral et ami personnel de Jean Charest.  Malgré un témoignage accablant devant la Commission Charbonneau, l'Unité permanente anti-corruption ne semble pas avoir poussé l'enquête sur les agissement de ce "bag man" du Parti Libéral du Québec.  En 2020, le président du conseil d’administration de l’Institut de cardiologie de Montréal, au cœur d’un controversé projet de vente de données de santé des Québécois, a admis à la police avoir trempé dans des stratagèmes douteux de financement politique à l’époque où il travaillait chez SNC-Lavalin.  (ci-dessous il y a trois textes écrit au fil du temps, le plus récent en 2020, un le 10 novembre 2014 et un le 21 avril 2014 plus un affidavit de 2015)

 
 

Pierre Anctil, qui est à la tête du Conseil d'administration du centre hospitalier spécialisé, a fait des aveux à l’UPAC lors de l'opération Mâchurer

 
 

Des liens troublants à l'Institut de cardiologie: un président à l'éthique élastique
24 septembre 2020

 
 

L'agence de presse QMI de Québecor a consulté une déclaration faite à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) par l’ingénieur Pierre Anctil, dans le cadre de la fameuse enquête policière Mâchurer.  

Dans cette déclaration, datée du 21 avril 2014, Anctil affirme avoir rencontré à plusieurs reprises l’ex-argentier libéral Marc-A. Bibeau et lui avoir remis une enveloppe contenant des chèques.  Or, Anctil siège maintenant comme membre du comité de la gouvernance et de l’éthique de l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM), où il a analysé le controversé projet Precinomics, visant la création et l’exploitation d’une base de données de santé des Québécois.   

Questions d’éthique

Ce projet est financé par le ministère de l’Économie, dirigé par Pierre Fitzgibbon, qui a dit souhaiter vendre les données médicales des Québécois aux pharmaceutiques.

Cela soulève plusieurs questions d’éthique :      

Est-ce qu’on a tout fait pour protéger l’anonymat des patients?      

Est-ce que le consentement des patients a bel et bien été respecté?

Pierre Fitzgibbon

Les données vont-elles profiter à certaines compagnies pharmaceutiques en particulier, notamment dans des projets impliquant la famille Desmarais, généreuse donatrice à l’Institut de cardiologie?        

Au cours des dernières semaines, les partis d’opposition et des experts ont émis des réserves et réclamé une consultation publique sur la vente de ces données.

La CAQ a toutefois refusé de tenir cette commission parlementaire. 

L'un des responsables de l’Institut de cardiologie de Montréal qui a analysé le projet a déjà été mêlé au financement du Parti libéral.

 Dans sa déclaration à l’ UPAC, il a reconnu qu’il était au courant du financement du Parti libéral par SNC-Lavalin.  En 2005, il a succédé à Normand Morin au poste de responsable du financement politique chez SNC-Lavalin.

L’ingénieur a notamment dit aux enquêteurs de l’UPAC avoir rencontré à de nombreuses reprises l’ex-grand argentier du Parti libéral du Québec, Marc-A. Bibeau.  Ce dernier est au cœur de l’enquête Mâchurer menée par l’Unité permanente anticorruption depuis plus de six ans.

150 000 $ au PLQ 

Pierre Anctil a avoué lui avoir remis une enveloppe contenant des chèques et l’a informé que de l’argent comptant lui serait acheminé pour boucler le financement annuel. 

SNC remettait environ 150 000 $ annuellement au PLQ, a souligné Pierre Anctil lors de l’enquête. 

M. Anctil a affirmé à l’UPAC avoir toujours exprimé son opposition au système de financement politique à son employeur. 

Son nom est également ressorti à la commission Charbonneau, qui lui a envoyé un préavis défavorable alléguant qu’il a participé, au nom de SNC-Lavalin, à un système de collusion impliquant des firmes de génie à la Ville de Montréal. 

Toujours en poste 

Malgré que certaines de ces révélations ont été rendues publiques en 2014, Pierre Anctil a pu garder son poste de président du conseil à l’ICM ainsi que siéger au comité éthique de l’établissement. 

«Je vous confirme avoir informé la direction et le Conseil d’administration de l’ICM de ma participation aux enquêtes qui ont eu cours sur le financement des partis politiques», a écrit M. Anctil à notre Bureau d’enquête. 

Malgré tout, l’ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette a reconduit M. Anctil dans ses fonctions en 2015, tout comme l’a fait la ministre Danielle McCann à l’automne 2019. 

PIERRE ANCTIL, UN INGÉNIEUR TRÈS INFLUENT       

Directeur général du PLQ de 1988 à 1993      

Président de deux commissions du PLQ dans les années 1980      

Chef de cabinet du premier ministre libéral Daniel Johnson de 1994 à 1996      

Responsable du plan de communication de la campagne du NON au référendum de 1995      

Ingénieur et vice-président chez SNC-Lavalin de 1997 à 2008      

Vice-président de la division des investissements en infrastructures et responsable du financement politique du PLQ chez SNC de 2005 à 2008      

Cofondateur, président et chef de la direction de Axium Infrastructure (auparavant Fiera-Axium Infrastructure), depuis 2008      

Président du conseil d’administration de l’Institut de cardiologie de Montréal depuis 2010          

RENCONTRÉ PAR L’UPAC  

Une fiche sur Pierre Anctil et SNC-Lavalin conservée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) dans le cadre de l’enquête Mâchurer.

Déclaration de Pierre Anctil aux enquêteurs de l’UPAC en 2014 dans laquelle il admet avoir remis des chèques à l’argentier du Parti libéral du Québec (PLQ), Marc Bibeau.

Dans sa déclaration à l’UPAC, Pierre Anctil a admis s’être rendu à la résidence de Marc Bibeau dans le cadre d’une activité de financement du PLQ.

LIÉ À D’AUTRES CONTROVERSES  

CONTRAT DU CRCHUM 

En 2010, la construction du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal ( CRCHUM) avait fait des vagues à l’Assemblée nationale, à Québec. 

La nouvelle entreprise de Pierre Anctil, Fiera-Axium Infrastructure, était l’une des firmes principales du consortium Accès Recherche CHUM qui venait de décrocher le contrat d’un demi-milliard de dollars.  SNC-Lavalin était le gestionnaire de projet.

M. Anctil venait tout juste de prendre sa retraite de cette firme.  À Québec, l’opposition avait exprimé une vive préoccupation, en raison des liens entre M. Anctil et le Parti Libéral du Québec (PLQ), rapportait La Presse à l’époque.

«Quand on voit qu’on a consenti à donner un contrat de plus d’un milliard de dollars à un consortium qui n’a pas de compétition et que, dans ce consortium se trouve un bonze du Parti libéral depuis 20 ans, ça devient drôlement inquiétant pour tout le monde», avait affirmé le député péquiste Sylvain Simard.

Le premier ministre de l’époque, Jean Charest, avait répliqué que Pierre Anctil était « un homme intègre » et qu’il était « totalement à l’aise » avec le choix du consortium.  

FINANCEMENT DU RÉFÉRENDUM DE 1995 

Le nom de Pierre Anctil apparaît dans le rapport d’enquête du Directeur général des élections du Québec sur les activités fédéralistes lors du référendum de 1995.

Le document soutient que des « personnes en autorité » au Parti libéral du Québec (PLQ), dont Stéphane Bertrand (l’ex-chef de cabinet de Jean Charest), Pietro Perrino (ex-secrétaire général associé) et Pierre Anctil, ont « manqué de vigilance » par rapport aux activités d’ Option Canada et du Conseil pour l’unité canadienne (CUC). 

L’organisme Option Canada, financé par le CUC, a participé au financement du camp du Non, sans déclarer de nombreuses dépenses à l’agente officielle. 

En 1995, M. Anctil était membre du Comité d’organisation référendaire. 

Selon l’enquête, le camp du NON avait dépensé au total un demi-million de dollars de façon illégale par le truchement de ces deux organisations. 

Dans son témoignage, Grégoire Gollin, le propriétaire de l’entreprise Créatec+, « le sondeur » du PLQ depuis plusieurs années, a affirmé que Pierre Anctil l’avait invité à expédier une facture à Option Canada, bien que les services aient été rendus en période référendaire. 

M. Anctil avait soutenu ne pas avoir donné cette directive à M. Gollin. 

Le rapport n’avait pas mis en doute « la bonne foi » de Pierre Anctil.  Ce dernier n’a ainsi pas reçu de « conclusion défavorable »

Sylvain Simard

Jean Charest

Stéphane Bertrand

Pietro Perrino

 
 

Financement illégal de SNC-Lavalin au PLQ: jusqu'à 150 000$ par année
10 novembre 2014

 
 

Dans des documents judiciaires en appui à une demande de perquisition à la permanence du PLQ exécutée le 3 juin 2014, obtenus par les médias, la police relate le témoignage de deux anciens vice-présidents de SNC-Lavalin.

Il s'agit de Normand Morin (1996-2004) et Pierre Anctil (2005-2008).

«Tous deux se sont fait indiquer par Jacques Lamarre, PDG de SNC-Lavalin, que leur poste de vice-président venait avec cette responsabilité», peut-on lire dans la déclaration sous serment signée par l'enquêteur Yanick Côté de l' escouade Marteau de la Sûreté du Québec (SQ).

Selon MM. Morin et Anctil, «SNC-Lavalin faisait du financement pour ne pas être la seule firme d'ingénierie au Québec à ne pas participer».

Les contributions annuelles prenaient la forme de chèques personnels provenant des employés de la firme (surtout des cadres), qui étaient remboursés par la suite «pour le double du montant par des bonis, afin de compenser» les déductions d'impôt.

Ce dernier élément recoupe le témoignage d'un autre vice-président de SNC-Lavalin, Yves Cadotte, devant la commission Charbonneau. M. Cadotte avait reconnu en 2013 que la firme de génie avait érigé un système de prête-noms pour financer tant les partis provinciaux que municipaux.

Selon les données compilées par la Commission, les contributions politiques de SNC-Lavalin au PLQ s'élèvent ainsi à 569 925$, de 1998 à 2010.  Par comparaison, le Parti Québécois (PQ) a reçu 476 945$ des mains de la firme au cours de la même période.

Des sommes plus importantes

Les documents judiciaires, dont une nouvelle partie a été libérée de l'ordonnance de non-publication, mentionnent toutefois des sommes plus importantes en ce qui concerne les libéraux.  Sous la vice-présidence de Normand Morin, SNC-Lavalin, qui «faisait du financement pour ne pas avoir de bâtons dans les roues ou se mettre à dos le parti», donnait environ 90 000$ par année. Les dons augmentaient chaque année.

À compter de 2005, lorsque Pierre Anctil était en poste (il a présidé la Commission jeunesse, puis la Commission politique du PLQ avant d'en devenir le directeur général), SNC-Lavalin versait 150 000$ par année à la caisse libérale.

L'argent remis à Marc-A. Bibeau

Durant toutes ces années, c'est Marc-A Bibeau qui percevait ces dons illégaux pour le PLQ lors de rencontres dans un hôtel de Laval ou à la permanence libérale.  Le directeur général du PLQ de l'époque, Joël Gauthier (nommé par la suite PDG de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), était présent lors de ces transactions.

Dans son témoignage, Pierre Anctil mentionne avoir donné des chèques à M. Bibeau et lui avoir indiqué, à une reprise, que «le restant du montant serait remis en argent comptant à Benoît Savard».  M. Savard a été organisateur en chef du PLQ jusqu'en 2007, avant d'être embauché par la firme d'ingénierie Dessau à titre de vice-président au développement des affaires.

De son côté, Normand Morin remettait des dons à Violette Trépanier, Marc-A. Bibeau et Benoît Savard.

Devant la commission Charbonneau, Violette Trépanier a nié avoir recueilli quelque financement occulte que ce soit de la part des firmes de génie.

La Presse a sollicité en vain SNC-Lavalin pour recueillir les commentaires de la direction.

 
 

Affidavit de monsieur Pierre Anctil

 en réponse à la déclaration assermentée souscrite le 15 mai 2015 par monsieur Normand Morin - Commission d’enquête sur l’octroi et gestion des contrats publics dans l’industrie de la Construction (Commission Charbonneau)  ICI pour l'affidavit

 
 
 

Déposition assermentée devant les enquêteurs de l'UPAC
Ex-vice-président SNC-Lavalin, rencontré par les policiers le 21 avril 2014

 
 

- Qu'il a débuté sa carrière avec une formation en génie mécanique chez PELLEMON en 1984, acheté par SNC-Lavalin en 1997.

De 1988 à 1996, il a occupé le poste de directeur général du PLQ et celui de chef de cabinet de Daniel JOHNSON

Il est ensuite retourné chez SNC comme vp au bureau du président et a été en charge de l'ingénierie au Québec et Maritimes, en environnement et en pharmaceutique jusqu'à sa retraite en 2008;

- Que le financement des partis politiques provinciaux se faisait par bonus de la compagnie.  Que c'est Normand MORIN qui lui a fourni une liste de 80 à 100 employés, surtout des cadres, qui fournissaient des dons d'environ 3 000$.

- Que le bonus étaient environ le double du don pour contrer l'imposition. Que Normand MORIN lui a fait signer la liste de donateurs afin qu'ils puissent recevoir les bonus.  Que cette façon de faire était en place bien avant son arrivée.  Que selon son souvenir, ils donnaient 150 000$ par année au PLQ;

- Que vers 2005-2006, alors qu'il allait se rendre à un déjeuner avec Marc-A BIBEAU, Normand MORIN lui a remis une enveloppe contenant des chèques de dons pour le PLQ.  Que Normand MORIN lui a demandé de dire à Marc-A. BIBEAU que les chèques combleraient une partie du financement et que le reste serait remis à Benoit Savard en argent comptant.  Qu'il croit que l'enveloppe contenait environ pour 150 000$ de dons, car habituellement c'est ce que la firme donnait au PLQ. 

- Que lorsqu'il a remis l'enveloppe à Marc BIBEAU et qu'il l'a informé qu'il y avait de l'argent comptant, ce dernier a sauté dans les airs, disant que ça ne se faisait pas.  Qu'il a fait mention à Normand MORIN de la réaction de Marc BIBEAU par rapport à l'argent comptant.  Qu'il l'a traité d'hypocrite parce qu'il le savait;

- Pierre Anctil, qui soutient que le PDG de SNC-Lavalin, Jacques Lamarre, lui a expliqué en 2005 que son poste de vice-président venait avec le financement des partis politiques.

Notes & Références encyclopédiques:

où il a analysé le controversé projet Precimonics...
 

Vente de données médicales: un organisme se défend. Source: journal en ligne "La Presse" pour la Fiducie de soutien à La Presse, publié le 28 août 2020

 

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Fiera-Axium Infrastructure, était l'une des firmes principales du Consortium...
 

 

Consortium Accès Recherche CHUM

Analyse de Pierre-J. Hamel, chercheur à l'Institut National de Recherche Scientifique Urbanisme-Culture et Société. Construction en PPP (partenariat public-privé)du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal
Centre de recherche du CHUM.

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Source: La Presse/Gesca pour Power Corporation du Canada; Journal de Montréal de QMI/Québecor Médias de Québecor Inc. pour Pierre Karl Péladeau

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 24 septembre 2020

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