Retour à : Plan du site -  MétéoPolitique - Finance - Corruption & éthique - Actualités - Gens d'affaires - Zambito

Zambito pointe vers le financement illégal du Parti Libéral du Québec

Devant la commission Charbonneau l'ex-propriétaire d'Infrabec, Lino Zambito, dit avoir incité des entrepreneurs en construction à recourir à des prête-noms dans le cadre d'une activité de financement qu'il a organisée en janvier 2008 pour le compte de l'ex-Vice-première ministre et ex-ministre des Affaires municipales du Québec, Nathalie Normandeau. ( 01 )

Sujets abordés

Sur cette page

Zambito témoigne et pointe vers le financement illégal du Parti Libéral du Québec

Au dossier

Biographie politico - judiciaire au fil du temps

Partie 1 du portrait de Lino Zambito

Partie 2 du portrait
de Lino Zambito

Entrevue de fond
avec
Lino Zambito

Les propriétaires d'Infrabec

 

Selon lui, plusieurs de ces prête-noms étaient des employés de firmes de génie ou d'entrepreneurs en construction qui se faisaient souvent rembourser par la suite en faisant de fausses réclamations sur des contrats publics, dont les montants se trouvaient du coup gonflés. En bout de compte, la facture était donc refilée aux contribuables. M. Zambito a lancé ces allégations lors d'un témoignage livré le 4 octobre 2012 devant la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

Déjà en 2006

Le témoin-vedette de la commission Charbonneau dit qu'il a participé une première fois à une activité de financement pour la ministre Normandeau à l'automne 2006, au restaurant Sirocco de Québec.

Il participera aussi à une seconde activité de financement tenue à l'auberge Le Louis-Hébert de Québec à l'automne 2007. C'est à cette occasion qu'il a proposé à une responsable du parti, Violette Trépanier, d'organiser lui-même une campagne de financement pour la ministre.

À la demande de Mme Trépanier d'organiser l'événement pour Michelle Courchesne:  Zambito rétorque «C’est hors de question que moi j’organise quoi que ce soit pour Madame Courchesne parce que pour moi, Madame Courchesne c’est une proche, c’est une ministre, qui est proche du maire Vaillancourt», a affirmé Zambito.

Il a fallu que l’entrepreneur rencontre Marc Bibeau, président de la firme Schokbéton et présenté comme «le grand argentier du Parti libéral», pour qu’il puisse avoir gain de cause.

M. Zambito dit avoir rencontré à ce sujet Mme Trépanier et Marc Bibeau en novembre 2007. La rencontre a eu lieu dans un bureau de Saint-Eustache appartenant à Marc Bibeau, que le témoin a présenté comme le « grand argentier du Parti libéral du Québec ». Bibeau aurait accepté et se serait même «engagé personnellement à parler à Madame Courchesne pour s’assurer qu’il n’y ait pas de différend».

Il a été convenu à ce moment que l'évènement aurait lieu au restaurant L'Unique, dans le marché public 40, à Laval, qui appartenait à l'oncle de M. Zambito, Jean Rizzuto.

Marc Bibeau, actionnaire majoritaire de Schokbeton, faisait partie du groupe très restreint de personnes que Jean Charest avait invitées pour suivre la soirée électorale à la télévision en 2003 et qui l'avait accompagné pour une rencontre publique avec George W. Bush ( 02 )

Lino Zambito raconte avoir dit à cette occasion à M. Bibeau qu'il comptait « inviter une vingtaine de personnes, 20-25 personnes et aller chercher un montant de 100 000 $ ».   M. Bibeau aurait répondu : « Écoutez, n'oubliez pas que la loi permet un don de 3000 $ par individu ».

M. Zambito dit alors avoir appelé ses contacts dans les firmes de génie et dans les entreprises de construction.   « Je voulais que chaque bureau d'ingénieurs ou chaque entrepreneur réussisse à amener un élu d'une ville pour vraiment rester dans le cadre du ministère des Affaires municipales », a expliqué M. Zambito sous serment.

« Donc, moi j'ai communiqué avec les gens », a expliqué Lino Zambito.   « J'ai dit : « Écoutez, la façon qu'on fait, je te vends deux billets.   La présence de chaque individu, je la mets à 5000 $.   N'oubliez pas la loi électorale.   Donc, si vous venez deux individus, ça vous coûte 10 000 $, mais il ne faut pas me faire de chèque au-delà de 3 000 $ ».

Le propriétaire d'Infrabec pouvait par exemple leur dire : « Peux-tu, s'il-vous-plaît, me faire deux chèques de 3 000 $ et tu me factureras des travaux supplémentaires sur tel chantier et on va te payer.   « Ça veut dire à la personne : amène quatre chèques de 2 500 $ », a précisé le témoin.

Ces prête-noms pouvaient être des membres de la famille, des connaissances, des employés et des sous-traitants.  Dans ces derniers cas, a dit M. Zambito, l'argent était récupéré sur des contrats publics.

À un un cocktail de financement de la ministre Normandeau où il était allé, à Québec, en présence d'un vice-président de son entreprise et du maire de Saint-Joseph-du-Lac, Alain Guindon.   À 2 000 $ par personne, M. Zambito en a versé 6 000 pour cet événement, ce qui est le double de la limite de contribution qui était alors permise (3 000$).

«Mon VP, Pierre Kouri, avait fait un chèque et je lui ai dit: "Fais un chèque personnel, puis tu te passeras une dépense dans la compagnie, puis je te rembourserai.   " Moi, j'ai fourni un chèque pour moi et M. Guindon.»    Les élus, a-t-il souligné, ne paient jamais pour ce genre d'événement

L'ex-entrepreneur en construction Lino Zambito a organisé en l'honneur de la ministre Nathalie Normandeau une activité de financement qui a rapporté 110 000 $ au Parti libéral du Québec (PLQ), en 2008. La totalité de cette somme provenait de contributions illégales, qui ont été versées principalement par des firmes d'ingénierie qui ont utilisé des prête-noms, a affirmé M. Zambito.

M. Zambito affirme avoir amassé 110 000 $ lors de cet évènement du 31 janvier 2008.   Le procureur de la Commission a par ailleurs produit un extrait des déclarations du PLQ au Directeur général des élections, dans lequel le Parti déclare avoir encaissé 77 500$ lors de cette activité, qui s'est déroulée en janvier 2008 au restaurant L'Unique, à Laval, en présence de nombreux maires et mairesses qui n'ont pas déboursé un sou pour se trouver là. 

M. Zambito n'a pu expliquer pourquoi le DGEQ était parvenu à ces conclusions.   « Je pense qu'il y a d'autres personnes qui vont être mieux placées que moi pour vous répondre là-dessus », a-t-il laissé tomber.

Toujours lors de son témoignage du 4 octobre 2012 devant la commission Charbonneau, le témoin-vedette a longuement raconté comment il s'est introduit dans l'entourage de la ministre des Affaires municipales de l'époque, en 2007-2008, en multipliant les présences dans des activités de financement.

Il a décrit de quelle façon des bureaux d'avocats et d'ingénieurs organisent les élections, font la conception des plans et devis pour les travaux de voirie ainsi que la surveillance, qui leur permet d'accorder des extras, prévus d'avance, sur lesquels ils touchent leur part de même que les entrepreneurs. Et comment, surtout, une partie des fonds générés par ces manoeuvres s'est retrouvée dans les coffres du Parti libéral du Québec.

«Moi, je n'ai jamais vu, rarement vu des bureaux d'ingénieurs piger dans leurs poches pour contribuer à des campagnes électorales, affirme-t-il.   On se retourne tout le temps vers l'entrepreneur: "Écoute, ça me prend tant, je vais te le passer en extra, tu me le redonnas en liquide, tu vas être payé, et tout le monde est heureux.   C'est une chaîne qui se tient

Amène ton maire

Après avoir participé à deux événements-bénéfice pour la ministre Normandeau, en 2007, M. Zambito a offert à l'entourage politique de la ministre d'organiser un dîner-bénéfice à Laval, le 31 janvier 2008.

Les invités, triés sur le volet, devaient payer 2 500 $ chacun le couvert.

«Je voulais qu'il y ait une rencontre entre plusieurs élus municipaux et la ministre pour qu'ils puissent faire part des besoins dans leur ville et tout ça. Donc, qu'est-ce que j'ai fait? Je suis entré en contact avec des ingénieurs que je connaissais. Ma stratégie, derrière la façon de faire: je voulais que chaque bureau d'ingénieurs ou chaque entrepreneur réussisse à amener un élu d'une ville pour vraiment rester dans le cadre du ministère des Affaires municipales

Le maire de Charlemagne, Normand Grenier, était là.   Le maire de Sainte-Agathe, Laurent Paquette, aussi.   Le maire de Blainville, François Cantin, la mairesse de Rosemère, Hélène Daneault, le maire de Saint-Jérôme, Marc Gascon.   Comme l'événement se déroulait à Laval, la mairie avait envoyé un représentant du conseil, Benoît Fradet, vice-président du comité exécutif. Aucun des élus, assure M. Zambito, n'a payé pour ce dîner.

À la suite de cette activité de financement, M. Zambito affirme avoir personnellement remis 90 000$ au PLQ en chèques de 2 500$ chacun.

Ce sont les ingénieurs et des entrepreneurs qui en ont fourni l'essentiel. Ils devaient verser 10 000$ pour quatre «personnes».

«On allait dans notre famille, dans nos connaissances» pour trouver des prête-noms, dit-il. Les événements étaient si nombreux au cours de l'année qu'après un moment, «il n'y avait plus de monde qu'on pouvait aller voir pour avoir des chèques».

Considérant que la majorité des contrats publics obtenus par Infrabec étaient des contrats publics, la commissaire Charbonneau a alors demandé à Lino Zambito si ces faux travaux supplémentaires étaient réclamés à partir de contrats publics et étaient donc payés par le contribuable.

« Je ne le dirais pas comme ça, parce que c'est une dépense additionnelle à nos coûts d'opération », a répondu M. Zambito.

« Sauf que, par après, l'ingénieur, quand il [...] vous autorise des extras pour vous compenser pour vous compenser, c'est sûr que c'est les coûts des contrats qui augmentent et c'est le citoyen qui paie », a-t-il fini par admettre.

Le maire de Charlemagne, Normand Grenier
Le maire de Sainte-Agathe, Laurent Paquette
Le maire de Blainville, François Cantin
La mairesse de Rosemère, Hélène Daneault
le maire de Saint-Jérôme, Marc Gascon

Sources:  Journal de Montréal pour Quebecor Inc, La Presse pour Power Corporation of Canada, Le Devoir pour SPEQ Le Devoir inc.

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour 28 juin 2015

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Retour à : Plan du site -  MétéoPolitique - Finance - Corruption & éthique - Gens d'affaires - Zambito - Haut de page