Retour à : Plan du site - MétéoPolitique - Société - Fiche Vision du Monde - Analyses & Opinions

Du mensonge blanc au mensonge diplomatique au mensonge d'État
vers une désagrégation de la société

Une société qui vit dans le mensonge se désagrège dans le temps.  Le mensonge est consubstantiel à l’homme.   Mais, il ne peut être la règle. Il doit être l’exception.   Généralisé, il devient propagande.   En souvenir d'Hana Kimura                                                   - Jean-Luc Baslé

 

 

 Qui ment ?  L’État, les médias, les universités, les entreprises, les associations, en bref : tout le monde.  Pourquoi mentir ?  Pour obtenir un avantage indu, éviter une sanction, défendre sa réputation, etc.  Nous mentons pour toutes sortes de raisons, bonnes et mauvaises.  Car le mensonge est parfois utile.

Jadis, on parlait de « pieux mensonges » pour en souligner l’utilité dans certaines circonstances, avec un brin d’hypocrisie.  Ces derniers temps, à la manière de la calomnie dans l’œuvre de Beaumarchais, le mensonge, de petit vent rasant la terre, a enflé et avancé.  Rien ne l’arrête désormais et, sous cette arme redoutable, la vérité est tombée, terrassée. 

Le mensonge est devenu la règle.

Le mensonge d’État est le plus gros, le plus cynique et le plus dangereux.  Il peut tuer des millions d’hommes, comme en Union soviétique, en Chine et en Europe.  La France y a eu aussi recours avec des conséquences, fort heureusement, moins désastreuses.  Elle en appelle alors à la raison d’État.  Qui peut s’opposer à la raison d’état, à la défense de la patrie ?  Personne.  Un homme aussi intègre que Charles De Gaulle y a eu recours.  Mais voilà, cette raison d’État est une notion indéfinie, élastique, malléable à souhait.  Entre de mauvaises mains, elle invite le malheur qui subrepticement s’installe.

Dans ce maelstrom qu’est notre société, les médias ont emboîté le pas à l’État.  Le quatrième pouvoir devient ainsi complice.  Alors qu’il s’est battu au cours des siècles pour maintenir son indépendance, ce pouvoir, ou tout au moins une partie de ce pouvoir, s’est progressivement rallié à l’État, ces dernières décennies. 

Il s’est installé dans le mensonge ce qui rend difficile la compréhension de notre monde.  Les évènements récents en attestent.  La pandémie du coronavirus en est un exemple.  Et malheur à qui décrit sa vérité.  Il est isolé, ostracisé, accusé de complotisme, voire de populisme. 

Hana Kimura

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais

Charles De Gaulle

Les prudents s’autocensurent.

Les gens mentent aussi.  Internet leur a donné une plateforme inespérée pour exprimer leurs frustrations et leur colère, avec parfois des conséquences désastreuses comme le suicide de cette jeune actrice japonaise, Hana Kimura.   Ces excès qui doivent être sanctionnés, ne peuvent être instrumentalisés pour justifier l’instauration de la censure – le corollaire de la propagande.

Le mensonge ne voyage pas seul.  Il emmène avec lui la méfiance, le soupçon, la fraude, la prévarication et la mort.  C’est pourquoi le huitième commandement du Décalogue, hérité du Code d’Hammurabi, enjoint de ne point mentir. 

Ainsi, aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps, l’homme a reconnu la nocivité du mensonge.  Il ne peut être un mode de gouvernement.

En l’oubliant, nos sociétés occidentales se condamnent.

 

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 12 septembre 2020

Source:  Jean-Luc Baslé, Économiste. Diplômé de Columbia University et de Princeton University. Directeur de Citigroup New York (1972-1995). Enseignant associé aux Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan. Vice-président de l’Institut de Locarn

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

La manipulation de l'information, nommée aussi propagande est une invention anglo-saxonne!

De la théorie de la dictature à la dictature du marché: Michel Onfray s'exprime

Fiche: Vision du monde

Retour à :   Plan du site - MétéoPolitique - Société- Fiche Vision du Monde - Analyses & Opinions  - Haut de page