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Les enfants qui meurent de faim sont assassinés

Une multitude de causes sont impliquées dans la sous-alimentation chronique d'une personne sur sept sur la planète et dans la mort par la faim d'un nombre scandaleux d'entre elles. Mais, à l'ONU, nous l'avons constaté quelles que soient ces causes, l'humanité dispose des moyens de les éliminer.

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L’agriculture mondiale peut aujourd’hui nourrir 12 milliards de personnes […] donc les enfants qui meurent de faim sont assassinés.
                                          Jean Ziegler

»

En temps réel estimation du nombre de personnes sur la Terre

Texte par Jean Ziegler
Sociologue et vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU

 

 

Des faits qui font l'histoire

 
Les enfants qui meurent de faim sont assassinés

La Terre compte 510 millions de kilomètres carrés : 361 millions de litres d'eau et 149 millions de kilomètres carrés de terre ferme, et 7 et quelques milliards d'êtres humains à l'habiter. (voir tableau ci-haut)

Ils sont très inégalement répartis, entre vides et trop-pleins, en fonction des conditions naturelles (pôles glaciaires, déserts, et terres semi-arides, massifs montagneux, vallées et plaines fertiles, côtes maritimes, etc.) et des réalités économiques (agriculture, élevage, pêche, industrie, ville, campagne, etc.)

La première fonction des espèces vivantes qui composent la nature - plantes, animaux, êtres humains - est de se nourrir pour vivre. Sans nourriture, la créature meurt.

Leur deuxième fonction
est de se reproduire. Pour parvenir à maturité, à l'âge adulte, où les espaces peuvent donner naissance à leur descendance, et pour être en état de procréer un nouvel être promis à la vie, il faut absolument se nourrir.

C'est pour se nourrir que les hommes et les femmes ont cueilli, chassé, fabriqué des armes et des outils, entrepris migrations et voyages.

C'est pour se nourrir qu'ils ont travaillé la terre, ensemencé, planté, créé d'autres outils, cherché à connaître les plantes, domestiqué les animaux.

C'est toujours pour se nourrir que les hommes ont développé, comme les animaux, l'obsession du territoire, fixé les limites à l'intérieur desquelles ils se sentaient « chez eux », défendu cet espace contre ceux qui pouvaient le convoiter. Et la convoitise des seconds était d'autant plus vive que le territoire était plus riche ou recelait quelque trésor, quelque avantage particulier.

Jean Ziegler - Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation

Passé le premier stade agraire, au cours duquel les hommes et les femmes se sont mis à fabriquer davantage d'outils, de récipients, de vêtements et à améliorer leur habitat, la production artisanale s'est développée. Il a fallu alors échanger, commercer, voyager. L'économie et son infini développement sont nés de la nécessité des hommes et des femmes d'assurer leurs besoins, au premier rang desquels leur nourriture et celle de leurs enfants.

Les enfants qui meurent de faim sont assassinés

 

La faim: Le scandale est immense

 
 

Le bébé hurle lorsque d'aventure on l'oublie et qu'il a faim.

C'est son seul moyen d'expression, il hurle à n'en plus pouvoir des heures durant.

Quand le bébé exposé à la famine perd des ses forces, il perd aussi ses facultés, cesse de manifester son besoin par ses cris et s'éteint.

Programme contre la faim mondial de l'ONU au Soudan

Aujourd'hui, la moitié des enfants qui naissent en Inde sont gravement et en permanence sous-alimentés. Chaque moment qui passe est pour eux un martyre. Des millions d'entre eux mourrons avant l'âge de dix ans. Les autres continueront de souffrir en silence, à végéter, à chercher le sommeil pour tenter d'atténuer la souffrance qui dévore leurs entrailles.

Au début de l'histoire humaine, l'appropriation de la nourriture était le fait du mâle le plus fort, quand la femme et l'enfant en avaient besoin. Mais le temps où les besoins incompressibles des hommes étaient confrontés à une quantité insuffisante de biens pour les satisfaire est aujourd'hui révolu.

La planète croule sous les richesses. Il n'existe donc plus aucune fatalité. Et si 1 milliard d'individus souffrent de la faim ce n'est pas à cause d'une production alimentaire déficiente mais d'un accaparement par les puissants des apports de la terre.

Dans le monde fini qui est le nôtre, où il n'y a plus de « découvertes » ni de conquêtes de nouvelles terres possibles, l'accaparement des biens de la Terre prend un nouveau visage.  

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Vous voulez les pauvres secourus, je veux la misère abolie
                                          - Victor Hugo

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aLes enfants qui meurent de faim sont assassinés
   
 
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Le monde a assez pour satisfaire les besoins de tous,
mais pas assez pour satisfaire la cupidité de tous

                                                            - Mahatma Gandhi     

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Josué de Castro a montré que le principal facteur responsable des hécatombes de la sous-alimentation et de la faim était l'inégale distribution des richesses sur notre planète. Or, depuis sa disparition, il y a quarante ans, les riches sont devenus plus riches encore et les pauvres infiniment plus misérables.

Non seulement la puissance financière, économique, politique des sociétés transcontinentales de l'agroalimentaire a formidablement augmenté, mais aussi la richesse individuelle des personnes les plus fortunées a connu une croissance exponentielle.

Éric Toussaint, Damien Millet et Daniel Munevar ( 01 ) ont observé la trajectoire des fortunes des milliardaires au cours dix dernières années. Voici les résultats de leur étude.

En 2001, le nombre de milliardaires en dollars s'élevait à 497 et leur patrimoine calculé à 1 500 milliards de dollars. Dix ans plus tard, en 2010, le nombre de milliardaires en dollars s'élevait à 1 210 et leur patrimoine calculé à 4 500 milliards $.

Le patrimoine calculé de ces 1 210 milliardaires $ dépasse le produit national brut de l'Allemagne.

L'effondrement des marchés financiers en 2007-2008 a détruit l'existence de dizaines de millions de familles en Europe, en Amérique du Nord et au Japon. Selon la Banque mondiale, 69 millions de personnes supplémentaires ont été jetées dans l'abîme de la faim. Dans les pays du Sud, partout, de nouveaux charniers ont été creusés. ( 05 )

Or, en 2010, le patrimoine des très riches a dépassé le niveau atteint avant l'effondrement des marchés financiers de moins de trois ans auparavant.

Qui sont les puissances de l'agro-alimentaire, qui contrôlent aujourd'hui la nourriture des hommes ?

Quelques sociétés transcontinentales privées dominent les marchés en question.

Elles décident chaque jour qui va mourir et qui va vivre.

Elles contrôlent la production et le commerce des intrants que doivent acheter les paysans et les éleveurs (semences, produits phytosanitaires, pesticides, fongicides, fertilisants, engrais minéraux, etc.).

Ceux qui leur font obstacles sont les principaux opérateurs dans les "commodity stock exchanges" (les bourses des matières premières agricoles) du monde. Ce sont elles qui fixent le prix des aliments.

L' eau est désormais en grande partie sous le contrôle de ces sociétés. Depuis peu, elles ont acquis des dizaines de millions d'hectares de terres arables dans l'hémisphère Sud.

Elles se réclament du libre marché qui serait gouverné par des « lois naturelles ». Or, il n'y a rien de « naturel » dans les forces du marché. Ce sont les idéologies des sociétés transcontinentales (des Hedge-Funds (fonds spéculatifs), des grandes banques internationales, etc.) qui, pour légitimer leurs pratiques meurtrières et apaiser la conscience des opérateurs, qualifient ces « lois du marché » comme naturelles, s'y réfèrent en permanence comme à des « lois de la nature ».

Une multitude de causes sont impliquées dans la sous-alimentation chronique d'une personne sur sept sur la planète et dans la mort par la faim d'un nombre scandaleux d'entre elles. Mais, nous l'avons constaté quelles que soient ces causes, l'humanité dispose des moyens de les éliminer.

Dans sa célèbre Elmhirst-lecture, prononcée à Malaga, en Espagne, le 26 août 1985, Amartya Sen constatait : « En matière de faim et de politique alimentaire, la nécessité de faire vite est évidemment de toute première importance
( 02 )»

Amartya Sen a raison : il n'y a pas une seconde à perdre. Attendre, se quereller sur les moyens, se perdre dans des débats byzantins et des discussions compliquées, qui a tant choqué Mary Robinson quand elle était haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, c'est se faire complice des accapareurs, des prédateurs.

Les solutions sont connues et couvrent des milliers de pages de projets et d'études de faisabilité.

En septembre 2000, on l'a rapporté, sur les 193 états que comptait alors l'ONU, 146 ont dépêché leurs représentants à New York pour dresser l'inventaire des principales tragédies affligeant l'humanité au seuil du nouveau millénaire : faim, extrême pauvreté, eau polluée, mortalité infantile, discrimination des femmes, sida, épidémies, etc., et fixer des objectifs de lutte contre ces fléaux.

Les chefs d'États et de gouvernement ont calculé que, pour conjurer les huit tragédies - au premier rang desquelles la faim -, il faudrait mobiliser pendant quinze ans un montant d'investissement annuel d'environ 80 milliards de dollars.

Et pour y parvenir, il suffirait de prélever un impôt annuel de 2% sur le patrimoine des 1 210 milliardaires existant en 2010…

Les enfants qui meurent de faim sont assassinés
 

Comment endiguer la déraison des affameurs ?

 
 

En combattant d'abord la corruption des dirigeants de nombre de pays de l'hémisphère Sud, leur vénalité, leur goût pour la puissance de leur position et de l'argent que cette position est susceptible de leur rapporter ( 03 ).

Le détournement de l'argent public dans certains pays du tiers-monde, l'enrichissement des élus sont des calamités. Là où sévit la corruption, les pays sont vendus aux prédateurs du capital financier mondialisé qui peuvent alors s'offrir le monde.

Président du Cameroun depuis bientôt trente ans, Paul Biya passe les trois quarts de son temps à l'Hôtel Intercontinental de Genève. Sans sa complicité active, le trust d'Alexandre Vilgrain ne pourrait pas se saisir de dizaines de milliers d'hectares de terres arables au Cameroun central.

Sans elle, Vincent Bolloré n'aurait pas obtenu la privatisation de la société d'État Socapalm et n'aurait pas pu se saisir de 58 00 hectares.

Quand, à Las Pavas, dans le département de Bolivar au nord de la Colombie, les tueurs paramilitaires, payés par les sociétés transcontinentales espagnoles d'huile de palme, chassent les cultivateurs de leurs terres, ils y sont « autorisés », voire encouragés, par les dirigeants du pays.

L'actuel président Juan Manuel Santos est, on le sait, très lié aux prédateurs espagnols comme son prédécesseur Alvaro Uribe l'était aux paramilitaires.

Sans la bienveillance d'Abdulaye Wade, pas de Grands Domaines du Sénégal ! Et que ferait en Sierra Leone le remuant Jean-Claude Gandur sans les dirigeants corrompus qui détournent à son profit les terres des communautés rurales ?

Reste l'ennemi principal. Il serait absurde et vain d'attendre un réveil de la conscience morale des marchands de grain, des vautours de l'« or vert » ou des « requins tigres » de la spéculation boursière.

La loi de la maximalisation des profits est une loi d'airain.

 
 

Mais alors, comment combatte et vaincre cet ennemi ?

 
Les enfants qui meurent de faim sont assassinés
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Che Guevara aimait citer le proverbe chinois ci-dessous :

Les murs les plus puissants s'écroulent par leurs fissures - Che Guevara

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Alors provoquons-en, des fissures, autant que possible, dans l'actuel ordre du monde qui écrase les peuples de sa chape de béton !

«

Antonio Gramsci écrivait de sa prison :

Le pessimisme de la raison oblige à l'optimisme de la volonté.       - Antonio Gramsci

»

Antonio Gramsci  ( 04 ) 

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Le chrétien Péguy parlait lui de :

L'espérance, cette fleur de la création qui émerveille Dieu lui-même    - Charles Péguy

»

La rupture, la résistance, le soutien des peuples aux contre-pouvoirs sont indispensables, à quelque niveau que ce soit. Globalement et localement. En théorie et en pratique. Ici et ailleurs. Il faut des actes volontaristes, concrets, comme ceux dans lesquels sont engagés les syndicalistes paysans de Ross-Bethio, du Bénin, de la Sierra de Jotocan au Guatemala, les riziculteurs de Las Pavas en Colombie.

Dans les parlements, les instances internationales, on peut décider de changer : imposer la priorité du droit à l'alimentation, interdire la spéculation boursière sur les aliments de base, prohiber la fabrication de biocarburants à partir de plantes nourricières, briser le cartel planétaire des pieuvres du négoce agroalimentaire, protéger les paysans contre le vol des terres, préserver l'agriculture vivrière au nom du patrimoine, investir dans son amélioration partout dans le monde.

Les solutions existent, les armes pour les imposer sont disponibles.

Les enfants qui meurent de faim sont assassinés
 

Ce qui manque surtout, c'est la volonté des États

 
 

Or, en Occident au moins, par le vote, par l'expression libre, par la mobilisation générale, la grève pourquoi pas, nous pouvons obtenir un changement radical des alliances et des politiques. Il n'y a pas d'impuissance en démocratie.

Entre les plantations de manioc et les champs de canne à sucre, entre l'agriculture familiale et les entreprises industrielles, la guerre est aujourd'hui sans merci. Partout, en Amérique centrale et au pied des volcans de l'Équateur, en Afrique sahélienne et australe, les plaines du Madhya Pradesh et de l'Orissa en Inde, dans le delta du Gange au Bangladesh, les cultivateurs, les éleveurs, les pêcheurs se mobilisent, s'organisent, résistent.

Le règne planétaire des trusts agroindustriels crée la pénurie, la famine de centaines de millions d'êtres humains, la mort. L'agriculture familiale vivrière au contraire, à condition d'être soutenue par les États et d'acquérir les investissements et les intrants nécessaires, est garante de vie. Pour nous tous.

Le préambule de la déclaration présentée par Via Campesina devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, lors de sa XVIe session, en mars 2011, nous avertit solennellement :

« Les paysans et les paysannes représentent près de la moitié de la population mondiale. Même dans le monde de la technologie de pointe, les gens mangent des aliments produits par des paysans et des paysannes. L'agriculture n'est pas simplement une activité économique, mais elle est intimement liée à la vie et à la survie sur terre. La sécurité de la population dépend du bien-être des paysans et des paysannes et de l'agriculture durable. Afin de protéger la vie humaine, il est important de respecter et de mettre en exécution les droits des paysans. En réalité, la violation continue des droits des paysans menace la vie humaine et la planète ».


La FAO - Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

Notre solidarité totale avec les centaines de millions d'êtres humains subissant la destruction par la faim est requise. Les paroles de la magnifique chanson de Mercedes Sosa l'implorent :

«

Sôlo le pido a Dios Que el doler no me sea indferente, Que la reseca muette no me encuentre V acia y sola, sin haler Hecho lo sujlciente

La seule chose que je demande à Dieu. C'est que la douleur ne me laisse pas indifférente. Et que la mort blême ne me trouve pas seule et vide, sans avoir fait ce qui est nécessaire sur cette Terre
                                                    - Mercedes Sosa

»

LE SAVIEZ - VOUS ?

Pour soutenir sa thèse, Jean Ziegler met en avant des statistiques très intéressantes :

Toutes les cinq secondes un enfant de moins de dix ans meurt de faim sur notre planète.

Près de un milliard d’êtres humains, sur les 7,4 de la planète, souffrent en permanence de la faim.

L’espérance de vie à la naissance est de 82 ans en France et de 32 ans au Swaziland.

1,2 milliard d’êtres humains vivent dans la « pauvreté extrême », soit avec un revenu de moins de 1,25 dollar par jour (critères de la Banque mondiale).

Dans l’UE, les gouvernements dépensent en moyenne annuelle 1250 euros par personne pour assurer les soins de santé primaires. En Afrique subsaharienne, le chiffre oscille entre 15 et 18 euros.

Le bioéthanol contribue à la famine: il faut 4 000 litres d’eau pour fabriquer 1 litre de bioéthanol; pour fabriquer 50 litres de bioéthanol, il faut détruire 358 kilogrammes de maïs.

Lecture par Jean Ziegler d'un extrait de "L'espérance"

Après une distribution de sacs de farine aux villag

Source: Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler est aujourd'hui vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. L'essentiel de son œuvre dénonce les mécanismes d'assujettissement des peuples du monde. La plupart de ses essais sont disponibles en Points.
 

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication :  3 janvier 2015

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Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Publication du CADTM (comité pour l'abolition de la dette du tiers-monde), Liège, 2011. Eric Toussaint, Damien Millet et Daniel Munevar sont aussi coauteurs, avec d'autres, de La Dette ou la Vie, Bruxelles- Liège, coédition ADEN-CADTM, 2011 ; cf.

20 euros ISBN Aden : 978-2-930402-96-3 / ISBN CADTM : 978-2-930443-16-4

aussi Meryll-Lynch et Capgemini (gestionnaires de fortunes), Rapports 2011.

 

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02

Amartya Sen: Economics and Entitlements Wider Working Paper 1, Helsinki, 1986.

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03

 

 

Cf. le classique traité de Georg Cremer, Corruption and Development aid. Confronting the challenges, Londres, Lynne Reinner Publishers, 2008.

 

 

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04

 

Les textes de Antonio Gramsci n'ont été publiés in extenso qu'en 1975 sous le titre de Cahiers de prison. Les Lettres de prison constituent un des chefs-d'œuvre de la littérature italienne. Lettre à son frère Carlo, écrite en prison, le 19 décembre 1929, in Lettres de prison, Paris, Gallimard, 1978 et 1999.

 

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05

 

À propos de la crise financière de 2007-2008 Crise des subprimes de 2007 à aujourd'hui - Le B-A-Ba de la crise expliqué simplement en PDF  - Sur MétéoPolitique

 

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