Questions à l'Assemblée nationale du Québec

Les travaux parlementaires

Journal des débats
Débats de l'Assemblée nationale

Le jeudi 27 mai 2004 ― Vol. 38 N° 78
Identité des promoteurs d'un projet
de harnachement de la rivière Trois-Pistoles,
dans la région du Bas-Saint-Laurent

M. Stéphan Tremblay
Député et critique de l'Opposition officielle en matière d'Environnement

M. Tremblay: Oui, M. le Président. On sait que la MRC des Basques souhaite une minicentrale sur la rivière Trois-Pistoles, et ce, même après que le gouvernement ait racheté les droits hydriques, pour un montant de 3,3 millions, au promoteur Jean-Marc Carpentier et sa société Grade Trois-Pistoles. D'ailleurs, ce même Jean-Marc Carpentier a été nommé récemment par le gouvernement libéral sur le conseil d'administration de l'Agence de l'efficacité énergétique. Qui plus est, le nouveau promoteur privé, partenaire de la MRC, serait Gestion-Conseil SPC inc., pour 51 % des actions, toujours sur la rivière Trois-Pistoles.

Selon les Ami(e)s de la rivière Trois-Pistoles, on apprend que ce groupe aurait été actionnaire de la compagnie Grade Trois-Pistoles ayant été dédommagée pour 3,3 millions. C'est elle qui avait produit les plans et devis et, même, le président était le secrétaire de Grade Trois-Pistoles.

Donc, ma question au ministre de l'Environnement: Est-ce qu'il est au courant de cette situation et qu'entend-il faire?

Le Président: Alors, monsieur...

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît! M. le ministre de l'Environnement.

M. Thomas J. Mulcair

M. Mulcair: On aura rarement entendu un membre du Parti québécois plaider autant sa propre turpitude. Il est en train dans un premier temps d'avouer que c'est l'ineptie de leur gouvernement qui a donné 3,3 millions de dollars à quelqu'un de ne pas produire, dans un premier temps ― un des rares dossiers sur lequel j'ai été en accord avec le député de Rivière-du-Loup ― puis, en plus, il est en train de nous dire qu'ils nous ont non seulement pris 3,3 millions de dollars de l'argent des payeurs de taxes pour les donner à quelqu'un pour ne pas faire du développement économique régional, mais qu'en plus les contrats seraient si mal faits que quelqu'un va pouvoir le contourner et développer pareil. Brillant! Avez-vous d'autres questions?

Des voix: ...

Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît! En question complémentaire, M. le député du Lac-Saint-Jean.

M. Stéphan Tremblay

M. Tremblay: Oui. M. le Président, est-ce que le ministre de l'Environnement, qui est au courant, est-ce qu'il peut vérifier cette situation-là, puisque l'opposition officielle se fait actuellement le porte-voix des Ami(e)s de la rivière Trois-Pistoles, et qui d'ailleurs prétendent aussi que, lors du référendum du 12 juin prochain sur le harnachement de cette rivière, il y a un combat qui est inéquitable entre la MRC des Basques et les gens qui s'opposent à ce projet, et où d'ailleurs la municipalité de Trois-Pistoles émet plusieurs bémols?

Donc, est-ce que le ministre de l'Environnement ― et c'est ma question ― est au courant de ce dossier et s'intéresse à la démocratie dans cette MRC, justement, pour la protection de cette rivière?

n (10 h 50) n

Le Président: M. le ministre de l'Environnement.

M. Thomas J. Mulcair

M. Mulcair: Oui, je suis au courant du dossier. Les documents en question ont été déposés en cour, ils sont donc archipublics. Si le député désire aller les consulter, je pense qu'il va être un peu plus prudent avec ses questions.

Maintenant, pour son discours en faveur de la démocratie, je tiens à lui faire remarquer qu'il y a un référendum qui est en train de s'organiser dans le coin, puis le groupe qu'il vient de mentionner s'oppose à la tenue même d'un référendum parce qu'ils ont peur que ça dise autre chose que, eux, comme groupe, ils ont déjà décidé qu'ils devraient faire, qui, par pur hasard, est exactement ce que le Parti québécois a fait avant.

Donc, je pense que, en termes de démocratie, on a le droit d'écouter les gens de la place, à Trois-Pistoles et ailleurs au Québec. On a un vaste territoire à développer. Si on veut que les jeunes restent en région, il faut qu'on donne une chance au développement économique régional, qui peut par ailleurs être durable pour les générations futures, M. le Président.

 

Journal des débats de l'Assemblée nationale du Québec

TREMBLAY Stéphan - Lac-Saint-Jean

Centrale hydroélectrique - Construction - Rivière des Trois Pistoles - 2324 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Cahier n°38, 9 décembre 2003, pages 2324

Le Président: En question principale, M. le député du Lac-Saint-Jean.

Projet de construction d'une centrale
hydroélectrique sur la rivière des Trois Pistoles

M. Stéphan Tremblay

M. Tremblay: Oui. Merci, M. le Président. Avec la complicité du député de Rivière-du-Loup, la MRC des Basques est en train d'ouvrir à nouveau le débat pour la construction d'un barrage sur la rivière des Trois Pistoles. En effet, dans une résolution adoptée le 26 novembre dernier, la MRC des Basques exprime cette intention. Or, le gouvernement avait racheté les droits hydrauliques afin de protéger cette rivière de tout harnachement.
 

Est-ce que le ministre de l'Environnement peut aujourd'hui fermer la porte à tout nouveau projet de construction de centrale hydroélectrique sur la rivière des Trois Pistoles?


Le Président: M. le ministre de l'Environnement.

M. Thomas J. Mulcair


M. Mulcair: M. le Président, je tiens à remercier le député du Lac-Saint-Jean pour sa question, ça nous permet de réaffirmer une des différences fondamentales entre nos deux formations politiques. Alors que, lorsque le Parti québécois était au pouvoir, que ce soit dans le municipal ou autre, on avait l'habitude de voir du mur-à-mur, «one size fits all», une réponse pour 1,5 million de kilomètres carrés que constitue le Québec, notre approche est différente.


S'il y a un fort appui du milieu, s'il y a très peu de coûts pour l'environnement, si ça peut apporter quelque chose d'intéressant sur le plan économique, localement, on sera toujours prêts à le regarder. Mais, oui, on va continuer à préserver les ressources que sont nos rivières, mais, non, on ne prendra pas une approche dogmatique qui s'appliquerait à l'ensemble de la province. Ce serait aller à l'encontre du développement régional, puis je pense que c'était ça, le thème de toutes les autres questions qu'on vient d'entendre ici.


Le Président: En question additionnelle, M. le député de Lac-Saint-Jean.


M. Stéphan Tremblay
 

M. Tremblay: Oui, M. le Président. Je répète ma question: Est-ce que, considérant que le gouvernement avait acheté les droits hydrauliques afin de protéger cette rivière de tout harnachement, est-ce que le ministre peut nous dire aujourd'hui s'il va fermer la porte à tout projet de construction de barrage hydroélectrique sur cette rivière?


Le Président: M. le ministre de l'Environnement.


M. Thomas J. Mulcair


M. Mulcair: M. le Président, je tiens à réitérer que, lorsqu'il y aura quelque chose de patrimonial à préserver, comme on a déjà eu l'occasion de l'indiquer dans le cas de l'Ashuapmushuan, il ne sera pas question de développer, mais ce n'est pas vrai que, de notre côté, on va empêcher tout développement local ou régional pour des raisons idéologiques ou dogmatiques. Il faut y aller au cas par cas et ne pas imposer une vue d'ensemble dans toutes les régions du Québec. Après tout, vous voulez du développement régional ou vous n'en voulez pas?


Le Président: En question additionnelle, M. le député de Lac-Saint-Jean.


M. Stéphan Tremblay


M. Tremblay: Oui, M. le Président. Est-ce que le ministre de l'Environnement est conscient que les Québécois ont payé 3 millions justement pour protéger les droits hydrauliques sur cette rivière et qu'aujourd'hui ils semblent être incertains quant à l'avenir de l'harnachement de la rivière Trois Pistoles?


Le Président: M. le ministre de l'Environnement.


M. Thomas J. Mulcair


M. Mulcair: Ce qui est certain, M. le Président, c'est que de notre côté on est en faveur du développement économique régional, et, si cela peut se faire avec l'appui du milieu, sans impact important sur l'environnement et en apportant un résultat intéressant sur le plan hydroélectrique, on est toujours prêts à le regarder. Nous, on ne fait pas dans le mur-à-mur.


Le Président: En question principale, M. le député de Vachon.