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Guy Ouellette: réquisitoire contre le théâtre juridico-politique de l'UPAC

Le 2 septembre 2020 Guy Ouellette présentait  "Qu’on accuse ou qu’on s’excuse", un réquisitoire contre l’Unité permanente anti corruption (UPAC).  C'est un livre dans lequel le député québécois indépendant de tout parti politique taille en pièces le corps policier, ses méthodes de travail et, surtout, son ancien grand patron Robert Lafrenière. Dans l’ouvrage de 336 pages, l’élu lavallois raconte les dessous de son arrestation « illégale », comme il la qualifie dans le sous-titre de son ouvrage: les dessous de mon arrestation illégale.

 
 
 

"Qu’on accuse ou qu’on s’excuse"

 
a

A propos du Commissaire québécois à la lutte à la corruption

 
 

L'ex-policier règle ses comptes avec l’ex-commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière (qu’il nomme 230 fois dans le livre) :  « Je ne sais pas où l’UPAC s’en va, en fait, je ne suis plus du tout convaincu de l’utilité de l’UPAC », écrit l’ex-policier de la Sûreté du Québec, autrefois responsable de la lutte contre les motards.

Robert Lafrenière

« Plus aucun député ne parle de corruption, les ministères jouent les vierges offensées en affirmant haut et fort qu’aucune corruption n’a lieu au sein de leurs organismes, et les sociétés d’État font comme bon leur semble. Pourquoi alors garder sur le respirateur artificiel un nouveau corps de police qui, au dire même de Frédérick Gaudreau son nouveau commissaire, a un gros problème d’expertise ? », demande le député.

En entrevue, Guy Ouellette a précisé sa pensée et affirmé que la Sûreté du Québec ( SQ) et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) font déjà des enquêtes de corruption et ont toute la compétence pour le faire.

Même si on lui rappelle les soupçons d’ingérence politique dans le Projet Diligence et la création d’une escouade anticorruption par l’ancien maire de Montréal Michael Applebaum qui a ironiquement été condamné dans une affaire de fraude, Guy Ouellette croit que la SQ et le SPVM ont toute l’indépendance nécessaire pour mener ces enquêtes. 

Il ajoute que les enquêteurs actuels de l’UPAC sont inexpérimentés et que l’unité coûte plus de 25 millions$ par année, qui pourraient être investis dans les unités des deux corps de police existants.

De Robert Lafrenière, Guy Ouellette dit maintenant qu’il est « un homme aux ambitions démesurées », « aveuglé par sa soif de pouvoir au point de se croire intouchable » ; un commissaire qui « fai[sait] clairement passer ses intérêts personnels avant ceux de son organisation ».

À propos de l’enquête Mâchurer sur le financement libéral, il écrit qu’il ne s’agit que d’une « mise en scène pour intimider des élus ».

Frédérick Gaudreau

Michael Applebaum

Edgar Hoover

 
«

J’ai réalisé que Robert Lafrenière voulait devenir une sorte d’Edgar Hoover québécois, un homme d’ombre et de lumière doté d’un pouvoir indu et menaçant
                                                                      
     — Guy Ouellette

»
 

Le « théâtre juridico-politique » de Lafrenière

L’élu fait aussi grand cas des « opérations théâtrales au timing spectaculaire » du commissaire Lafrenière. Celui-ci a annoncé sa démission le 1er octobre 2018, jour d’élection.  

 Il a aussi procédé à l’arrestation des ex-ministres libéraux Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté le jour du dépôt du budget, en 2016.  

Pur « théâtre juridico-politique » qui « tourne au burlesque », juge le député Ouellette, qui croit que le commissaire a voulu assurer son renouvellement à la tête de l’UPAC avec ces arrestations.

Nathalie Normandeau &
Marc-Yvan Côté

« J’avais acquis la conviction que Robert était prêt à beaucoup de choses pour arriver à ses fins.  J’ai pensé à Machiavel, mais ce n’était pas ça. […]  J’ai réalisé qu’il voulait devenir une sorte d’Edgar Hoover québécois, un homme d’ombre et de lumière doté d’un pouvoir indu et menaçant », écrit-il.   « Les parallèles à faire avec le directeur du FBI qui a régné sur Washington pendant des décennies étaient nombreux et donnaient froid dans le dos. »

À ses yeux, le patron de l’UPAC était prêt à faire trembler et effrayer la classe politique pour arriver à ses fins.  Il en veut pour preuves l’arrestation de l’ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau en plein jour de budget à Québec, les nombreuses fuites de documents confidentiels de l’UPAC et la visite impromptue d’enquêteurs chez Philippe Couillard (alors chef de l’opposition officielle) au petit matin, à quelques heures d’une rentrée parlementaire.

Dans le contexte, l’arrestation du député par l’UPAC n’était rien d’autre qu’une tentative de le « paralyser » et de le mettre « hors d’état de nuire », écrit-il.   À l’époque, Guy Ouellette présidait la Commission des institutions, celle-là même devant laquelle le commissaire Lafrenière était appelé à rendre des comptes.   Son ouvrage témoigne de l’importance qu’il accorde au privilège parlementaire, qui doit permettre aux élus d’exercer leur rôle en toute indépendance.

Il sert aussi à rappeler qu’à ce jour, le député ne fait toujours pas l’objet d’accusations.   Et même : l’État a renoncé à défendre son droit de fouiller les documents qu’il a saisis le jour de l’arrestation, rappelle l’élu, qui poursuit le gouvernement pour atteinte à sa réputation.

Quant à lui, il assure n’avoir « rien à voir avec les fuites sur les enquêtes de l’UPAC ».  Mais il affirme sans détour que la haute direction de l’UPAC a elle-même orchestré ce coulage médiatique.  De quoi mieux comprendre sa décision de retenir les services de l’avocat Jacques Larochelle dans sa poursuite contre l’État, puisque celui-ci défend cette même thèse afin de faire annuler le procès d’un autre de ses clients, Marc-Yvan Côté.

Au sujet de l’UPAC et de son nouveau commissaire, Frédérick Gaudreau :  Je me demande si ce nouveau gestionnaire réussira à rétablir ce qu’a laissé Robert Lafrenière comme héritage ou s’il est l’héritage de Lafrenière.

Frédérick Gaudreau

Quand je pense aux multiples dossiers d’enquête négligés par l’AMF, je ne suis pas rassuré.  Parce qu’il faut le rappeler, Frédérick Gaudreau était responsable des enquêtes et du renseignement à l’AMF.  Puis, il est arrivé à l’UPAC comme commissaire associé aux enquêtes.  Il a donc été témoin de toutes les magouilles menant au départ de Lafrenière.  Je ne sais pas où l’UPAC s’en va, en fait, je ne suis plus du tout convaincu de l’utilité de l’UPAC.

Guy Ouellette dit avoir contribué à la création de la défunte Unité anticollusion (UAC), puis à celle de l’UPAC et son livre détaille les luttes de pouvoir et de contrôle inévitables lors de la création de ce genre d'unité.  Ceux et celles qui ont à perdre et les futurs coupables ne sont pas sans mettre des bâtons dans les roues de ce genre d'entreprise qui cherche à faire prévaloir l'éthique et l'honnêteté dans la gestion de la Justice.

b

L'arrestation de Guy Ouellette: une des victimes de l'UPAC

 
 

Dans son livre, Guy Ouellette revient sur cette fameuse journée du 25 octobre 2017 où il juge avoir été arrêté pour l'intimider et le museler.  Il évalue que l’UPAC voulait le neutraliser, en tant que président de la Commission parlementaire des institutions qui a le mandat de superviser les corps policiers. 

Son objectif était d'obtenir une meilleure reddition de comptes sur les activités de l’escouade.  Au cours des mois précédents, il s’est opposé en privé au renouvellement du mandat du commissaire Lafrenière.  Mais surtout, publiquement, il exige de l’UPAC plus d’imputabilité et s’oppose à la transformation de l’escouade en service de police.  Devenir chef de police est l’ultime ambition de Robert Lafrenière, selon le député, lui-même ancien enquêteur à la Sûreté du Québec qui connaît bien le milieu.

L'appât ou le piège inventé par la "gang" à Lafrenière était illégal.  En plus il se servait de son amitié avec un ex-confrère de travail malmené à l'UPAC et qui le prenait mal.   Ce dernier lui a donné rendez-vous à 13 h à Laurier-Station et même s’il était en commission parlementaire et pressé, il y est allé, car il était inquiet pour son ami.   

On connaît la suite.  À son arrivée dans une station-service de Laurier-Station, ce sont les enquêteurs de l’UPAC qui l’attendaient.   Le député venait de récupérer un sac lorsqu’ils l’ont arrêté, ce qui, semble-t-il, n’était pas prévu au départ.

Alors cet échange de textos sur une période de quatre heures avec une enquêteuse de l'UPAC qui s’est fait passer pour son ami Richard Despatie (qui s'est fait arrêté le même jour) et l'arrestation dans le stationnement du Tim Horton's de Laurier Station visaient à le mettre hors d'état de nuire, l'enlever de la route des ambitions de Lafrenière.  

Le piège visait à me faire sortir de l’Assemblée nationale écrit Guy Ouellette. 

Les opérateurs de cette mise en scène sont  André Boulanger et Caroline Grenier-Lafontaine.   Le 7 mars 2019 ils sont assignés à des tâches administratives durant l'enquête du BEI sur ces événements, nommés Projet A.

 
«

Je nuisais aux ambitions de M Lafrenière d'obtenir son corps de police
pour qu'il puisse être chef de police

                                                                            — Guy Ouellette

»
 

fuite

L'arrestation de Laurier Station, ce n’est pas parce qu’il a quelque chose à voir avec les fuites de documents confidentiels de l’UPAC, comme le veut la version officielle.  La police n’a rien qui pourrait ressembler au quart du huitième d’une preuve de quoi que ce soit de criminel pour agir de la sorte, affirme-t-il.

Pour appuyer son affirmation, il souligne que la Directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ne s’est pas opposée à sa requête pour invalider les mandats de perquisition de ses biens.

  Il ajoute aussi que près de trois ans après son arrestation, aucune accusation n’a été portée contre lui.   Après avoir reçu de nouvelles informations toujours inconnues aujourd’hui, la Directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a demandé et obtenu l’annulation des mandats obtenus contre Guy Ouellette, qui n’a jamais été accusé.

À la demande du gouvernement, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) mène depuis bientôt deux ans une enquête sur les fuites à l’UPAC survenues depuis 2012 et sur la façon dont l’UPAC a mené l’enquête Projet A, qui a débouché sur l’arrestation de Guy Ouellette et de deux enquêteurs de l’UPAC, un retraité et l’autre actif, en octobre 2017.

Mais les enquêteurs du BEI refont également l’enquête Projet A, et même si Guy Ouellette pourrait toujours être un suspect, il lance tout de même un livre avant la fin de l’enquête, car il affirme qu’il n’est pas un suspect, mais une victime, et il est sûr qu’il ne sera jamais accusé.

Me Annick Murphy , Ad. E. DPCP

Madeleine Giauque BEI

Il n’y aura jamais d’accusation à mon endroit, tout le monde le sait, à commencer par les journalistes qui savent que je ne suis pas leur source.  Ironiquement, il se pourrait qu’on ne confirme jamais que je n’ai révélé aucune information émanant d’enquêtes de l’UPAC aux médias.

Guy Ouellette, qui attend la fin de l'enquête Serment avec impatience, montre du doigt exclusivement les dirigeants de l’UPAC pour les fuites.   Il écrit s’attendre à des arrestations, « rien de moins », mais se demande si le BEI aura les coudées franches et si le DPCP aura l’audace d’accuser des dirigeants de l’UPAC.

« À titre de législateur, je me le demande sérieusement.  On ne peut plus ignorer la position conflictuelle et délicate du DPCP.   Les mêmes procureurs soutiennent l’UPAC dans ses enquêtes et soutiennent le BEI dans son enquête visant l’UPAC.   Peut-être aurait-il fallu y songer avant, mais force est de constater que pour assurer la totale indépendance du BEI, il faudrait prévoir des procureurs exclusifs », écrit encore Guy Ouellette, qui exhorte le gouvernement à rendre public le rapport d’enquête du BEI une fois qu’il sera terminé, pour que la population sache la vérité.
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A propos du premier ministre du Québec François Legault

 
 

La campagne électorale de 2018 dans Chomedey lui a laissé un goût amer en raison, explique-t-il, d’une charge de François Legault  « indigne de quelqu’un qui aspire à être premier ministre » et ne visait qu’une chose : tenter de ravir la circonscription provinciale de Chomedey par des manœuvres purement électoralistes, écrit-il sans ménagement.

Guy Ouellette relate aussi des tractations de coulisses.

2018 à Laval: François Legault compte «prendre des comtés» aux libéraux

 Le député ne mâche pas ses mots contre le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).

 Il rappelle un événement de la dernière semaine de campagne électorale de 2018, lorsque François Legault a affirmé que Guy Ouellette était un informateur de la CAQ et qu’il avait notamment transmis au parti des informations embarrassantes pour le Parti libéral.

À ce jour, l’élu affirme que ces allégations sont fausses, mais la controverse l’a forcé à quitter le caucus libéral après sa réélection.  Il ne digère toujours pas cette sortie qu’il qualifie de sournoise et digne de l’époque de Maurice Duplessis.

Quelques semaines plus tard, il aurait même confronté le premier ministre en lui lançant : T’as pas été correct avec moi.   Il s’est défilé sans m’adresser un seul mot, écrit-il.  Le cabinet de François Legault n’a pas voulu réagir, précisant que le premier ministre ne commenterait pas un livre ou des propos que lui et son entourage n’ont pas lus.

Exclu du caucus libéral en 2018 pour grave bris de confiance, Guy Ouellette a déclaré lors d'une entrevue donnée à la Société Canadian Broadcasting Corporation CBC/Radio-Canada (financée par le gouvernement du Canada) qu’il n’était pas un informateur de la CAQ.   Non, a-t-il martelé.  Je n’ai rien à me reprocher et je le dis publiquement :  je ne suis pas une source de la CAQ.   Il a toutefois ajouté qu’il y avait des informations qui allaient être bientôt dévoilées à ce sujet.   Vous allez avoir dans les prochains jours de nouveaux développements, a-t-il dit sans les détailler.

Des excuses: celui qui représente la circonscription de Chomedey depuis 2007 espère que le premier ministre s’excusera publiquement pour le tort qu’il lui a causé.   « Je veux qu’il se lève à l’Assemblée nationale et qu’il s’excuse pour les faussetés qu’il a répandues durant la campagne électorale. Je veux qu’il s’excuse au nom des institutions. »

 

Note du webmestre JosPublic : Ce dernier paragraphe est lourd de sens.  On se souviendra que François Legault a bénéficié des fonds de Charles Sirois et de l'aide du Journal de Québec (Québecor inc.) pour lancer son nouveau parti politique. 

Il faut se souvenir que lorsqu'il était au Parti Québécois Legault en menait large sur un dossier nommé  "Fonds d’intervention économique régional (FIER)" et que très efficacement il menaçait le gouvernement du Parti Libéral du Québec.  Tout à coup il a tout laissé tomber suite à des menaces financières... disait-on dans les coulisses du pouvoir.

François Legault & Charles Sirois

 Qui, quoi, comment reste nébuleux, mais Sirois et sa famille, bailleur de fonds initial de la CAQ, ont bénéficié de ce programme ainsi que Pietro Perrino qui en menait large au parti libéral du Québec avec ses accointances dans le milieu pégreux de la sécurité.  Il avait investi personnellement en même temps qu'il plaçait de l'argent du programme gouvernemental dans BCIA Security l'entreprise de Luigi Corretti .  Après avoir fait disparaître le dossier de l'UPAC et de la DPCP, faire disparaître Ouellette du parlement par le biais des élections faisait l'affaire de bien du monde autant au PQ, à la CAQ qu'au Parti Libéral.  Les éléments de tout ce jeu de coulisses sont disponibles ici sur MétéoPolitique, mais n'ont pas encore été regroupés en une seule entité.  Consulter les liens ci-dessus.

A propos de la chef du Parti libéral du Québec Dominique Anglade

 
 

Dominique Anglade et Carlos J. Leitão

Guy Ouellette dresse un portrait dur de Dominique Anglade, « une pure opportuniste capable de manigances sournoises de basse politique ». 

Selon lui,  elle aurait utilisé des manigances sournoises pour prendre le contrôle de l’association libérale de Chomedey (la circonscription de Guy Ouellette) avec ses alliés politiques par pur opportunisme et pour ses simples ambitions professionnelles pour assouvir sa soif du pouvoir.

De toute évidence, Guy Ouellette a fait une croix sur un retour au caucus libéral.  L’attachée de presse de la cheffe libérale a indiqué que Mme Anglade ne sait pas à quoi cet extrait fait référence et qu’elle prendra le temps de lire le livre avant de commenter, le cas échéant.

Pour les amateurs de portraits politique, on se souviendra que Dominique Anglade ex-ministre de l'économie ne tarissait pas d'éloge lorsque le Dr Philippe Couillard permit la vente des actions que l'État possédait dans la bannière du quincailler RONA, un bijou pure laine vendu à une entreprise états-unienne qui en 2020 s'efforce de tout démanteler.  Et que dire du rapport de la Vérificatrice du Québec à propos de sa gestion ministérielle. Pas reluisant comme relève politique au Québec.
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À propos de Martin Prud'homme, ex-directeur de la Sûreté du Québec

 
 

Il écorche également le directeur général de la SQ relevé provisoirement de ses fonctions, Martin Prud’homme , son « ami » qui l’a espionné pour le compte de l’UPAC.   « Pour moi, c’est une peine d’amour.  C’était mon chum.  Je suis allé à la guerre avec Prud’homme », a-t-il ajouté en entrevue.

À propos de l'ex-ministre Pierre Moreau

 
 

Il égratigne l’ex-ministre libéral Pierre Moreau, l’inimitié entre les deux hommes ayant débuté avec l’affaire du permis d’arme à feu demandé par Luigi Coretti l'ex-président de BCIA une compagnie de convoyage de fonds aujourd'hui en faillite.  

Était aussi impliqué l'ex-ministre de la Famille Tony Tomassi un grand ami de Luigi Coretti et de Joe Borsalino de Garnier Construction. 

Pierre Moreau

Ce dossier mouillait surtout l'ex-ministre Jacques-P Dupuis et son grand ami Chef de police de Montréal Yvan Delorme (peut-être aussi son amoureuse l'ex-vice-première ministre du Québec Nathalie Normandeau).

Guy Ouellette affirme qu’il était fermement opposé à ce que le gouvernement autorise ce permis d'arme.  Selon son récit, Pierre Moreau, alors directeur de cabinet du ministre de la Sécurité publique, lui aurait laissé entendre que s’il ne rentrait pas dans le rang, il pourrait perdre sa fonction d’adjoint parlementaire du ministre.
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Le rôle des médias

 
 

Selon le député indépendant, toute cette histoire avec l’UPAC aurait pu être terminée depuis longtemps si les médias avaient donné l’heure juste.

«C’est très désolant, même si je comprends que les médias doivent protéger leurs sources. Ils savent qui leur a donné l’information.   Ça aurait été simple, ça aurait pris deux minutes pour qu’un média national qui a reçu de l’information ou à qui l’état-major de l’UPAC parle,  publie sans dévoiler la source, que je n’ai rien à voir là-dedans.  Il faut se poser la question.  Ça sert à qui?  Ça sert à quoi? »

Tant que le dossier de sa poursuite sera actif et que le BEI n’aura pas déposé son rapport d’enquête, le député sait sa carrière politique terminée.  «Il n’y a aucune possibilité d’occuper d’autres fonctions que celle d’indépendant», dit-il.

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Le privilège parlementaire

 
 

Le récit de Guy Ouellette est aussi un vigoureux plaidoyer pour protéger le privilège parlementaire des élus dans leur rôle de contrôleur de l’action gouvernementale.  Ce principe confère aux députés une immunité (lors des travaux parlementaires) et leur permet de faire leur travail à l’abri de l’ingérence ou de tentatives d’influence ou d’intimidation.

Personne n’est au-dessus des lois, mais l’arrestation et la saisie des biens d’un député dans l’exercice de ses fonctions soulèvent des questions sur la portée de ce privilège.

Un parlementaire doit jouir de sa pleine liberté pour faire son travail. Quel que soit le sujet qui le préoccupe et dont il fait le suivi, y compris le travail policier, il doit être capable de le faire sereinement et en toute tranquillité d’esprit, a tonné le président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon dans son fameux discours Qu’on accuse ou qu’on s’excuse, qui a inspiré le titre du livre.

M. Chagnon ajoutait que les services de police devaient être redevables devant les parlementaires, sinon les risques de dérive totalitaire augmentent.
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Conclusion

 
 

Guy Ouellette présente tout ce qu’il a fait pour purifier les pratiques gouvernementales, une croisade au cours de laquelle il s’est fait des ennemis.  Il conclut en affirmant avoir rédigé ce livre pour rétablir des faits et ne rien oublier de « ce typhon » qui a brisé sa vie, ainsi que celle de sa conjointe, Annie Trudel.

Il ne veut pas que son histoire en soit réduite à celle d’une guerre de coqs entre deux policiers de carrière, Robert Lafrenière et lui.   Il serait étonné d’avoir des excuses un jour.

Interrogé à savoir s’il avait l’intention de se représenter aux prochaines élections, M. Ouellette a répondu : « Absolument ».    Mais il est demeuré vague à savoir s’il entend briguer les suffrages comme indépendant ou sous la bannière d’une formation politique, lui qui a été élu à cinq reprises sous les couleurs libérales. 

« J’apprends de plus en plus à apprécier mon statut d’indépendant.  Je suis au courant de beaucoup plus d’informations, parce que ça prend mon consentement pour tout ce qui se fait à l’Assemblée nationale. […] Je vais me représenter...  Je ne suis pas à me poser la question pour quel parti ou est-ce que je devrais aller dans un parti ou pas. Je [me concentre] présentement à regagner mon intégrité et faire avancer mes poursuites contre le gouvernement », a-t-il ajouté.

Guy Ouellette conclut son livre en disant qu’il cherche à rétablir les faits.  Il affirme que ses démêlés avec l’UPAC lui auraient coûté 100 000 $ jusqu’à maintenant.  En novembre 2018, il a intenté une poursuite de 550 000 $ contre le gouvernement pour atteinte à sa réputation, préjudice moral et perte monétaire.

Le lancement de son livre coïncide avec la reprise de sa cause contre le Procureur général du Québec qu’il poursuit pour 550 000 $, le recours au civil étant en arrêt depuis des mois à cause de la pandémie.  Des ministres et d’anciens ministres seront appelés à témoigner.

Notes & Références encyclopédiques:

le livre "Qu'on accuse ou qu'on s'excuse"...
 

Titre: Qu'on accuse ou qu'on s'excuse: les dessous de mon arrestation illégale. Éditeur Hugo & Cie

  • Éditeur : Hugo & Cie

  • Collection : Hugo Document

  • Sujet : Politique

  • ISBN :9782755649079

  • Code ADP :773072

  • Pages :336 pages

  • Parution :août 2020

  • Valise :L5

  • Format: Papier

 

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taille en pièce le corps policiers, ses méthodes de travail et ...
 

Onde de choc à l’Unité permanente anticorruption du Québec (UPAC): Robert Lafrenière, le chef de la police politique libérale du Québec démissionne le jour de l’élection générale. 1er octobre 2018.

Le 16 mars 2011, Robert Lafrenière a été nommé, pour un mandat de cinq ans, à la tête de l'UPAC, qui coordonne les actions de ressources provenant de différentes unités d'enquête ou de vérification. Son mandat a été renouvelé au printemps 2016 pour les cinq prochaines années.  M. Lafrenière a travaillé à la Sûreté du Québec de 1972 à 2003.   Il a ensuite été consultant en mesures d'urgence et sécurité et professeur au Département des techniques auxiliaires de la justice au Collège Maisonneuve de 2003 à 2007, avant d'être nommé sous-ministre à la Sécurité publique.  Le 1er octobre 2018 lors de la journée du vote pour les élections provinciales du Québec il annonce sa démission et avise qu'il n'a pas l'intention de débattre du pourquoi et comment de sa démission.

 

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Même si on lui rappelle les soupçons d'ingérence politique dans le projet Diligence...
 

Projet Diligence
Entamée en 2007, cette opération vise des activités de blanchiment d'argent et d'infiltration de l'économie légale du milieu de la construction par le crime organisé dont les Hells Angels.
 

 

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Il a aussi procédé à l'arrestation des ex-ministres libéraux Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté le jour du dépôt du budget en 2016...
 

Le commissaire à la lutte contre la corruption, M. Robert Lafrenière, a confirmé en conférence de presse, les arrestations de sept personnes en lien avec leur implication présumée dans des stratagèmes criminels incluant notamment des activités frauduleuses de financement politique, soit : Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie, Mario W. Martel, France Michaud, Ernest Murray, Nathalie Normandeau et François Roussy.

 

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L'arrestation de Laurier Station, ce n'est pas parce qu'il a quelque chose à voir avec...
 

Les fuites de la police politique du Québec. La saga de l'Unité permanente anti-corruption du Québec UPAC - Sur MétéoPolitique, le 5 mars 2020

Pourquoi s'inquiéter des fuites?   Pour protéger la preuve dont les procureurs se servent lors d'un procès. Pour éviter qu'un jury soit contaminé par de l'information qui n'a pas sa place au procès.  Pour éviter d'accuser publiquement une personne innocente. Dans le cas présent, il s'agit d'une chasse "aux sorcières" aussi vindicative qu'inutile. Car les fuiteurs ont raison de le faire puisque l'UPAC est une maison de fous avec plus d'intrigue, plus de gens sans éthique qu'une organisation policière devrait endurer. Mais il faut se souvenir que Robert Lafrenière a été nommé par Jean Charest le collusionneur en chef. Le premier ministre a un attaché politique au service du Parti Libéral du Québec.

Dans le cas présenté ici, je vous invite à ne pas oublier que la guerre aux fuites occulte le définancement par le gouvernement de tout ce qui pourrait améliorer les résultats des enquêtes.  Même qu'il fait tout pour éviter d'avancer plus vite: lente nomination des juges (une responsabilité autant fédérale que provinciale), manque de budgets pour les salles, punition pour les procureurs.res qui oseraient parler publiquement de budgets déficients, du nombre de procureurs concernant l'augmentation des causes c'est déjà 50 de moins pour l'année 2017, modification des organigrammes pour faire fuir les meilleurs procureurs
- JosPublic

 

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avait investi personnellement en même temps qu'il plaçait de l'argent du programme gouvernemental...
 

Pas de quoi être FIER

Conflits d'intérêts - Programme de financement des entreprises - Sur MétéoPolitique le 4 décembre 2009.

On conçoit aisément que le ministre du Développement économique, Clément Gignac, se dise «perturbé» par les conflits d'intérêts relevés par le vérificateur général du Québec dans l'administration du Fonds d'intervention économique régional (FIER)

 

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Il et elle sont assignés à des tâches administratives...
 

Le 24 septembre 2019, Cogeco et Québecor visés pour diffamation par deux ex-enquêteurs de l'UPAC.  Le 7 mars 2019, les responsables du projet A sont assignés à des tâches administratives

Ces deux policiers sont l'inspecteur André Boulanger et la lieutenant Caroline Grenier-Lafontaine.  Boulanger avait été prêté à l' UPAC où il est devenu le chef aux opérations. C'est lui qui a été responsable de l'enquête baptisée Projet A sur les fuites des documents de l' enquête Mâchurer dans les médias.

M. Boulanger est retourné à la Sûreté du Québec en avril 2018, avec une évaluation très négative de sa gestion à l'UPAC. Il a été en congé de maladie et avisé qu'à son retour, il sera assigné à des tâches administratives, le temps que durera l'enquête du BEI sur l'investigation Projet A de l'UPAC.

L'autre policière, la lieutenant Caroline Grenier-Lafontaine, faisait partie de l'équipe spéciale mise sur pied pour l'enquête Projet A.  C'est elle qui, notamment, a utilisé le téléphone de Richard Despatie, en se faisant passer pour ce dernier. Mme Grenier-Lafontaine a été assignée à des tâches administratives il y a quelques semaines, le temps que se fasse l'enquête du BEI sur le Projet A.

Soulignons toutefois que ce sont des procédures habituelles que des policiers soient affectés à d'autres tâches lorsqu'ils font l'objet d'une enquête. Ces deux policiers ne font l'objet d’aucune allégation criminelle et ne sont accusés de rien. Des informations relativement à une entrave à la justice circulent mais rien n'a été confirmé par Québec.

Commentaire de JosPublic: tout ce mélodrame pour éviter de coincer Jean Charest ex-chef du Parti Libéral du Québec et son bailleur de fonds en chef Marc A. Bibeau

Il y a bien longtemps ce genre d'État avec sa police politique se nommait en quolibet une "république de banane".

 

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Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le

Source: Éditions Hugo & Cie (Hugo-Doc): Société Canadian Broadcasting Corporation (CBC)/Radio-Canada financée par le gouvernement du Canada; journal en ligne "La Presse" pour la Fiducie de soutien à La Presse; Journal de Montréal et de Québec de QMI/Québecor Médias de Québecor Inc. pour Pierre Karl Péladeau; Le Devoir pour SPEQ Le Devoir inc.; Le courrier de Laval de 2M.MEDIA pour Martin Olivier.

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Guy Ouellette met l'éthique à l'honneur au dessus de la politicaillerie

Guy Ouellette au fil du temps

Les forces profondes du Parti Libéral du Québec tentent de détruire Guy Ouellette

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