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Ridicules accusations de haute trahison envers Varoufákis
par "les majorettes grecques de la troïka"

Juste avant la victoire de Syriza aux élections de janvier 2015, le chef du parti et Premier ministre Aléxis Tsípras avait demandé à son futur ministre des Finances de plancher sur une alternative à l'euro.  Dès lors Varoufákis dut secrètement pirater les données de son propre ministère qui était sous contrôle des représentants de l'Euro.  Situation rocambolesque!

Yánis Varoufákis ex-ministre des finances et Aléxis Tsípras premier ministre de la Grèce

 

Il y avait bien un plan B à Athènes.  Et pas n'importe lequel.  Alors qu'il était ministre des Finances du gouvernement Tsipras, en plein bras de fer avec les Européens, Yánis Varoufákis a créé un cabinet secret, qui avait notamment pour mission de réfléchir aux alternatives, au cas où il faudrait passer de l'euro à la drachme.  Varoufákis voulait aussi développer un système bancaire alternatif. Et cela supposait de… pirater sa propre administration fiscale !

L'affaire, pour le moins explosive à Athènes, a été révélée dimanche 26 juillet 2015 par "Ekathimerini".  Ce journal grec a retranscrit une conférence téléphonique entre Yánis Varoufákis, l'ancien ministre des Finances britannique Norman Lamont, et des financiers.  Elle a été publiée le 16 juillet 2015, soit une semaine après le départ de Varoufákis du gouvernement.

Depuis, le contenu de cette conversation a été confirmé par Varoufákis et par deux responsables de fonds spéculatifs qui y ont participé, révèle le "Télégraph" (en anglais) ( 01 ).  À Athènes, les principaux partis d'opposition (Nouvelle Démocratie, To Potami et le Pasok) se sont réunis en urgence pour évoquer l'affaire.

 "Ils veulent me faire passer pour un escroc, répond Varoufákis, et me faire tomber pour trahison."

Yanis Varoufakis @yanisvaroufakis

So, I was going to "hijack" Greek citizens' tax file numbers? Impressed by my defamers' imagination. (Alors j'étais pour "dépouiller" les citoyens grecs de leur numéro de dossier fiscal? Impressionné par l'imagination de mes diffameurs)

http://www.ekathimerini.com/199945/article/ekathimerini/news/varoufakis-claims-had-approval-to-plan-parallel-banking-system 

Un système bancaire parallèle

L'histoire racontée par l'ancien ministre aux financiers dépasse la fiction.

Le Premier ministre, avant qu'il ne devienne Premier ministre, avant que nous ne gagnions l'élection en janvier 2015, m'avait donné son feu vert pour mettre au point un plan B, débute Varoufákis.  «J'ai réuni une équipe très compétente, restreinte vu qu'il fallait garder ce projet secret pour des raisons évidentes. 

Nous avions travaillé depuis décembre ou début janvier.»  L'économiste affirme que le plan était "presque achevé", mais que pour le mener à bien, il avait besoin d'agrandir son équipe de 5 à 1 000 personnes.  Là n'est pas la seule difficulté :

«Notre plan se déroulait sur plusieurs fronts, poursuit l'ex-ministre, je ne vous en présenterai qu'un seul. 

Prenez le cas des premiers instants où les banques sont fermées.

Les distributeurs de billet ne fonctionnent plus et il faut mettre en œuvre un système de paiement parallèle pour continuer à faire tourner l'économie pendant un temps, et donner le sentiment à la population que l'État a le contrôle, qu'il y a un plan.  Nous avions prévu cela.»

Le plan de Varoufákis consistait à créer des comptes bancaires de réserve pour chaque contribuable, en fonction de son numéro fiscal.  Il suffirait d'envoyer à chaque contribuable un mot de passe pour qu'il se connecte sur le site des impôts et passe des virements.

«Cela aurait créé un système bancaire parallèle lors de la fermeture des banques résultant de l'action agressive de la BCE de nous priver d'oxygène.  C'était très avancé et je pense que cela aurait fait la différence, parce que rapidement, nous aurions pu l'étendre, utiliser des applications sur "smartphone", et cela aurait pu devenir un système parallèle qui fonctionne, bien sûr avec une dénomination en euro, mais qui pourrait être converti en drachme en un clin d'œil.»

Un obstacle : La Troïka

Seulement, pour faire cela, le gouvernement grec aurait dû surmonter de sérieux obstacles institutionnels.

«C'est assez fascinant, poursuit Varoufákis aux financiers.  La direction générale des finances publiques, au sein de mon ministère, était contrôlée entièrement et directement par la troïka.  Elle n'était pas contrôlée par mon ministère, par moi, ministre, elle était contrôlée par Bruxelles.  Le directeur général est désigné via une procédure sous le contrôle de la troïka.  Imaginez, c'est comme si les finances étaient contrôlées par Bruxelles au Royaume-Uni.  Je suis sûr que ca vous hérisse le poil d'entendre cela.»

Le ministre fait alors appel à un "ami d'enfance", professeur d'informatique à l'Université de Columbia, qu'il nomme directeur général des systèmes d'information.  Au bout d'une semaine, il m'appelle et me dit : 'Tu sais quoi ?  Je contrôle les machines, le matériel, mais je ne contrôle pas les logiciels. Ils appartiennent à la Troïka.  Qu'est-ce que je fais ?'"  Les deux amis se voient discrètement.  Pas question de demander officiellement à la direction des finances publiques l'autorisation d'accéder au système, cela pourrait susciter des soupçons.

«Nous avons décidé de pirater le programme informatique de mon propre ministère afin de pouvoir copier, juste copier, le code du site internet des impôts sur un gros ordinateur de son bureau, pour pouvoir travailler sur la conception et le développement d'un système parallèle de paiement.  Et nous étions prêts à obtenir le feu vert du Premier ministre, lorsque les banques fermeraient, pour nous rendre à la direction générale des finances publiques qui est contrôlée par Bruxelles et à y brancher son ordinateur portable pour activer le système.»

Voilà qui en dit long sur l'ampleur des enjeux auxquels doit faire face le gouvernement grec et sur la complexité de la relation entre le gouvernement Grec et l'Union européenne.  «Ce que j'essaie de vous décrire, c'est le genre de problèmes institutionnels que nous avons rencontré, les obstacles institutionnels qui nous empêchaient de mener une politique indépendante pour contrer les effets de la fermeture de nos banques par la BCE.»

Varoufákis savait que la conversation était enregistrée.  "Il y a sûrement d'autres personnes qui écoutent, mais ils ne diront rien à leurs amis", avait mis en garde Norman Lamont alors que Varoufákis commençait à entrer dans les détails.

"Je sais. Même s'ils le faisaient, je nierais avoir dit cela", avait répondu le grec sur le coup. 

Depuis la publication de la conversation, il se défend : «C'est une tentative d'annuler les cinq premiers mois de ce gouvernement et de les mettre dans la poubelle de l'Histoire", a-t-il déclaré au 'Télégraph'.  J'ai toujours été totalement contre un démantèlement de l'euro, car on ne sait jamais quelles forces maléfiques peuvent se réveiller en Europe.»

L'article fait référence au projet du ministre comme l'a décrit le ministre le 6 juillet 2015 dans son discours de départ pendant la passation des pouvoirs.  Dans ce discours, Varoufákis déclare clairement : «Le secrétariat général à l'informatique a commencé à étudier les moyens de faire de Taxisnet quelque chose de plus important, un système de paiement pour tiers, un système qui augmente l'efficacité et minimise les arriérés de l'État aux citoyens et vice-versa.»

Ce projet, qui ne faisait pas partie du programme du groupe de travail, a été présenté entièrement par le ministre Varoufákis au cabinet et devrait, selon ce dernier, être mis à exécution indépendamment des négociations avec les créanciers de la Grèce, car cela contribuerait à améliorer considérablement l'efficacité des transactions entre l'État et les contribuables et entre les contribuables.

Le projet de Schaüble

Le journal "Ekathimerini" cite aussi un extrait où Varoufákis évoque le ministre des Finances allemand : Schaüble a un plan.  Ce qu'il m'en a décrit est très simple.  Il croit que l'eurozone n'est pas viable.  Il pense qu'il faut des transferts budgétaires, et un certain degré d'union politique.  Il croit que pour que cette union politique fonctionne sans fédération, sans la légitimité qu'un parlement fédéral, élu en bonne et due forme, peut assurer, notamment face à un exécutif, la seule solution est la discipline.

 «Et il m'a dit explicitement qu'un Grexit sera l'élément qui lui permettra de négocier, qui lui donnera suffisamment de puissance, de quoi faire peur, afin d'imposer aux Français ce à quoi Paris a résisté. Et de quoi s'agit-il ?  Un degré de transfert budgétaire qui fait passer le pouvoir de Paris à Bruxelles.»

Dans le "Telegraph", Varoufákis va plus loin, affirmant que Schaüble a fini par penser que la Grèce devait être expulsée de l'euro, qu'elle ne faisait qu'attendre son heure, sachant que le dernier plan de renflouement était voué à l'échec.

«Tout le monde sait que le Fonds monétaire international ne veut pas participer au nouveau programme mais Schaüble insiste pour en faire la condition de nouveaux prêts. J'ai le fort pressentiment qu'il n'y aura pas d'accord de financement le 20 août 2015».

Selon Varoufákis, les indicateurs économiques se révéleront mauvais à la fin de l'année en Grèce.

«Schaüble dira alors qu'il s'agit d'un nouvel échec. Il nous enfume. Il n'a pas renoncé à pousser la Grèce hors de l'euro.»

"Des enjeux opérationnels"

James K. Galbraith, économiste britannique de renom et proche de Varoufákis, a révélé qu'il faisait partie de son équipe secrète.  Et il précise son rôle, sous la forme de six déclarations :  «À aucun moment le groupe de travail ne s'est engagé pour un Grexit ou tout autre choix de politique.   Le travail était uniquement d'étudier les enjeux opérationnels qui se poseraient si la Grèce était forcée d'émettre de nouveaux papiers ou si elle était forcée à quitter l'euro.

Yánis Varoufákis & James Kenneth Galbraith deux économistes hétérodoxes qui faisaient partie de l'équipe d'analyse de la situation financière de la Grèce

Le groupe a opéré en supposant que le gouvernement était entièrement décidé à négocier dans le cadre de l'euro, et a pris des précautions extrêmes pour ne pas mettre en jeu cet engagement en laissant filtrer au monde extérieur des indices de notre travail.  Il n'y a eu aucune fuite, jusqu'à la révélation de l'existence du groupe, révélée par l'ancien ministre lui-même, en réponse aux critiques selon lesquelles son ministère n'avait pas préparé de plan de sortie alors qu'il savait que la sortie forcée de l'euro était une option.

L'existence de plans n'auraient pas pu jouer de rôle dans la position grecque dans les négociations, puisque leur circulation (avant qu'il n'y ait eu besoin de les mettre en exécution) aurait déstabilisé la politique du gouvernement.  En dehors d'une conversation téléphonique tardive et non-concluante entre le député Costas Lapavitsas et moi, il n'y a eu aucune coordination avec la "plateforme de gauche" et les idées de notre groupe de travail avaient très peu en commun avec les leurs.

Notre travail s'est terminé pour des raisons pratiques début mai 2015, par un long memo exposant les questions principales et les scénarios que nous avons étudiés.

Mon travail n'a été ni rémunéré ni officiel, fondé sur mon amitié pour Yanis Varoufákis et mon respect pour la cause du peuple grec."

 

 
 

Varoufákis: répond du tac au tac

 
 

L'ex-ministre des Finances grec, accusé d'avoir envisagé de pirater son propre ministère en cas de sortie de l'euro, rappelle qu'il a été menacé par des membres de l'Eurogroupe.

Yánis Varoufákis n'a pas l'intention de se taire. Accusé de trahison par deux plaintes déposées au Parlement grec, l'ex-ministre des Finances grec répond sans tabou, jeudi 30 juillet 2015, sur son blogue (en anglais). ( 02 )

«Cela reflète la détermination qu'il y a à vouloir décrédibiliser notre négociation de cinq longs mois (25 janvier au 5 juillet 2015) avec la troïka irritée par le fait que nous avons eu l'audace de mettre un doute sur la véritable sagesse et efficacité du programme qui a échoué en Grèce. »

Selon lui, le but de ses accusateurs est de démontrer que la position du gouvernement est "une aberration", "une erreur" voire "un crime". Il énumère aussi ce qu'on lui reproche : 

Avoir tenu tête aux dirigeants de l'Eurogroupe en tant qu'égal qui a le droit de dire "non" et avoir présenté de puissants arguments pour repousser le manque de logique catastrophique à vouloir donner d'énormes prêts à un État insolvable et à condition d'appliquer une austérité auto-destructrice. 

Avoir démontré que l'on peut être un fervent Européen, s'efforcer de maintenir un pays dans l'Eurozone, et, en même temps, rejeter les politiques de l'Eurogroupe qui abîment l'Europe, détruisent l'euro et, surtout, piègent un pays dans le cercle vicieux de l'austérité et du surendettement.

Avoir anticipé l'imprévisible : que mes collègues de l'Eurogroupe, et de hauts responsables officiels de la troïka, me menacent en tête-à-tête. 

Avoir dévoilé comment de précédents gouvernements ont transformé des directions, comme le secrétariat général des Finances publiques et l'Institut de statistiques grec, en des administrations contrôlées dans les faits par la troïka et invité sans hésitation à servir à l'insu du gouvernement élu.

L'économiste estime que le gouvernement doit agir :

«Il est clair que le gouvernement grec a le devoir de récupérer la souveraineté nationale et démocratique sur ses ministères régaliens, et particulièrement le ministère des Finances.

Tant qu'il ne le fait pas, il lui manque les instruments nécessaires à l'application des politiques publiques attendues par les électeurs.»

Varoufákis poursuit : «Dans mes fonctions de ministre, mon équipe et moi avons élaboré des méthodes innovantes pour étendre les outils du ministère des Finances afin de faire face efficacement à la crise de liquidités provoquée par la troïka – tout en récupérant des pouvoirs exécutifs précédemment usurpés par la troïka avec le consentement des gouvernements précédents.»

«Au lieu d'accuser et de persécuter ceux qui, aujourd'hui, dans le secteur public, se comportent comme les lieutenants de la troïka (tout en recevant des salaires confortables de la part des contribuables grecs qui souffrent depuis longtemps), les politiques et les partis, dont les efforts de faire de la Grèce un protectorat ont été condamnés dans les urnes, me persécutent moi, avec l'aide et les encouragements des oligarques des médias.»

L'ex-ministre n'oublie pas d'envoyer quelques fleurs à son parti : «La négociation fière et honnête menée par le gouvernement Syriza depuis le premier jour de notre élection a déjà changé le débat public en Europe, et pour le mieux. Le débat sur le déficit démocratique pesant sur la zone euro ne pourra pas s'arrêter.»

«Les majorettes grecques de la troïka n'ont pas l'air de pouvoir supporter cette victoire historique... Leurs accusations me font honneur.»

 
 
 

Accusation de haute trahison
Une analyse par Jacques SAPIR

 
 

La menace d’une inculpation pour Haute Trahison pesant désormais sur Yanis Varoufákis a quelque chose d’absurde, mais aussi de terriblement révélateur ( 03 )Elle éclaire de manière crue le fait que la zone Euro est désormais devenue un monstre, ou plus précisément un tyran qui s’est dégagé de toute règle. 

Yánis Varoufákis, en tant que Ministre des finances, a pris la décision de faire pénétrer clandestinement le système informatique de l’administration fiscale grecque.  On a rendu compte de ce « plan B » dans ce carnet ( 04 ), et c’est ce qui lui est reproché.  Mais, il a pris cette décision en accord avec le Premier ministre, Aléxis Tsípras.

Il a pris cette décision concernant le système informatique de l’administration fiscale grecque parce que ce dernier était en réalité sous le contrôle d’hommes de la « Troïka », c’est-à-dire
UE: Union européenne; BCE  Banque Centrale Européenne; FMI Fonds monétaire international.

C’est donc le Premier ministre conservateur Antónis Samarás, battu lors des élections du 25 janvier 2015, qui a en réalité commis cet acte de Haute Trahison en confiant l’administration fiscale à une (ou des) puissances étrangères.  C’est lui, et lui seul, qui porte la totale responsabilité de ce qui est alors survenu. 

Cette décision avait pour but de mettre en œuvre un système de paiements parallèles qui aurait permis au gouvernement grec de contourner le blocage des banques qui fut organisé par la BCE à partir de la fin juin 2015. 

Ceci aurait été nécessaire pour éviter la destruction du système bancaire grec qu’a provoquée l’action de la Banque Centrale Européenne. 

Cette action illégale de la BCE a mis en péril le système bancaire alors que l’une de ses missions, inscrites dans la charte de la BCE est justement d’assurer le bon fonctionnement de ce système bancaire. 

 

Si Yánis Varoufákis doit être inculpé, il serait logique, il serait juste, que le Président de la BCE  Mario Draghi ainsi que le Président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, le soient aussi.

Il est exact que ce système parallèle de paiements aurait aussi pu permettre un glissement très rapide de l'euro à la drachme, mais Varoufákis, selon les propos rapportés par The Telegraph, n’envisageait cela qu’en toute dernière extrémité. ( 05 )

Une décision absurde.

Inculper M. Varoufákis est ainsi absurde.  Le fait qu’il soit désormais défendu par des personnalités comme Mohamed El-Erian, l’économiste en chef d’Allianz et Président d’un comité d’experts économiques auprès du Président des États-Unis ( 06 ), montre bien que ce qu’il a fait, il l’a fait pour le plus grand bien de l’État qu’il servait comme Ministre des finances.

Cette inculpation, si elle devait se confirmer, ne pourrait avoir lieu qu’avec la complicité d’
Aléxis Tsípras qui aurait alors lâché son ancien Ministre des finances, et qui n’assumerait pas ses responsabilités. 

Cette inculpation, si elle survenait, serait un acte odieux, un acte de pure justice politique, de vengeance des autorités européennes contre un homme qui a osé, appuyé par son peuple, les défier.

Cette inculpation serait aussi quelque chose de très révélateur de l’attitude néocoloniale qu’ont les autorités européennes aujourd’hui vis-à-vis de la Grèce, mais aussi d’autres pays. Stefano Fassina, ancien vice-ministre des finances du gouvernement italien, membre du Parlement de ce pays et l’un des membres éminents du Parti Démocrate actuellement au pouvoir, a écrit dans un texte qui a été publié sur le blog de Yanis Varoufakis ( 07 ) : « Aléxis Tsípras , Syriza et le peuple grec ont eu le mérite historique indéniable d’arracher le voile de rhétorique Européiste et d’objectivité technique qui n’a pour but que de masquer la dynamique de la zone Euro ». 

Il ajoute aussi : « Nous devons reconnaître que l’Euro fut une erreur de perspective politique. Il nous faut admettre que dans la cage néo-libérale de l’Euro, la Gauche perd sa fonction historique et qu’elle est morte comme force servant la dignité et l’importance politique du travail ainsi que de la citoyenneté sociale en tant qu’instrument d’une démocratie réelle ».  Il conclut enfin en écrivant : « Pour une désintégration qui soit gérée de la monnaie unique, nous devons construire une large alliance de fronts de libération nationale ».

Cette perspective est aujourd’hui entièrement justifiée.  La zone Euro s’est bien révélée une machine de guerre au service d’une idéologie, le néo-libéralisme, et au service d’intérêts particuliers, ceux de la finance, et d’une oligarchie sans frontières.

La perspective offerte par Stefano Fassina est bien celle que nous avons aujourd’hui devant nous, soit la constitution d’une « alliance des fronts de libération nationale » des pays de la zone Euro pour faire plier le tyran, et pour démanteler la zone Euro.

Sources:  L'OBS pour Claude Perdriel: L'Express pour pour Serge Dassault: Marianne pour Yves de Chaisemartin et Maurice Szafran

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 12 août 2015

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 
 

 

 

 

 

 

 

UE: Union européenne; BCE  Banque Centrale Européenne; FMI Fonds monétaire international

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Conversation téléphonique d'une cellule de crise de l'ex-ministre des finances de la Grèce révélée par le journal le "Télégraph" (en anglais)

 

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02

 

L'ex-ministre des Finances grec répond sans tabou, le 30 juillet 2015, sur son blogue (en anglais)

 

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03

 
 

Evans-Pritchards A., « European ‘alliance of national liberation fronts’ emerges to avenge Greek defeat».  For the leader of Spain's Podemos movement, the Leninist lesson of Greece is that revolutionary forces must show an iron fist The Telegraph (en anglais), 29 juillet 2015

 
 

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04

 

Grèce, Plan B et implications.  Par Jacques Sapir - Sur le blogue RussEurope (en français), le 27 juillet 2015

 

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05

 
 
 

Varoufakis reveals cloak and dagger 'Plan B' for Greece, awaits treason charges.  Former Greek finance minister Yanis Varoufakis claims he was authorised by Alexis Tsipras to look into a parallel payment system - Sur The Telegraph (en anglais), le 26 juillet 2015

 
 
 

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06

 

In Defense of Varoufákis by Mohamed A. El-Erian - Sur Projet Syndicate, le 29 juillet 2015

 

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07

 
 

Fassina S., « For an alliance of national liberation fronts », article publié sur le blogue (en anglais) de Yanis Varoufakis par Stefano Fassina, membre du Parlement (PD), le 27 juillet 2015

 
 

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