Retour à :  MétéoPolitique  Plan du site  -  Grippe A (H1N1)-Porcine/Mexicaine  -  Ce qu'en disent les élus.es  -  M Bernard DRAINVILLE

Processus de vaccination contre la grippe A (H1N1

Question de M Bernard DRAINVILLE
Député provincial du comté de Marie-Victorin
Assemblée nationale, Journal des débats, période des question des députés.es. Cahier Vol. 41 N° 69
4 novembre 2009

M. Drainville: M. le Président, il y a beaucoup de Québécois qui sont inquiets actuellement. Il y a des mamans et des papas qui prennent une journée de congé avec leurs enfants et qui vont se mettre en ligne pendant des heures pour avoir le précieux vaccin. Ils se font dire par le ministre: Restez calmes, soyez respectueux des autres, attendez votre tour, il va venir. Et ces mêmes parents apprennent, par les journalistes encore une fois, que des détenus ont été vaccinés, vaccin auquel ils ont droit comme tout le monde, mais ce n'est pas leur tour, M. le Président, ils ne sont pas un groupe prioritaire. Le premier ministre ne les a pas mentionnés tout à l'heure dans sa réponse.

Alors, le ministre de la Santé répond quoi, ce matin, aux parents qui attendent et aux autres, et aux autres qui attendent patiemment leur vaccin et qui apprennent, assez furieux d'ailleurs, que des détenus ont été vaccinés avant que ce soit leur tour?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, c'est une situation, que j'ai dit ce matin, qui était inacceptable. C'est une erreur qui s'est produite. Ils ont été considérés dans la mauvaise catégorie et on va l'expliquer très simplement.

Dans les consignes, les gens qui sont à domicile, incapables de se déplacer, qui sont captifs de leur domicile, étaient supposés de recevoir la vaccination, et il y a un CSS qui a fait une mauvaise interprétation, et on a corrigé aujourd'hui, et la consigne est très claire: ils seront vaccinés, il seront vaccinés à leur tour, selon leur priorité.

Le Président: En question complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, le ministre fait le choix...

Des voix: ...

Le Président: Un instant, s'il vous plaît! S'il vous plaît, entendre la question. M. le député de Marie-Victorin, en complémentaire.

M. Drainville: M. le Président, le ministre a fait le choix d'avoir 19 plans régionaux plutôt qu'un seul plan national, le sien, et c'est pour ça que c'est la pagaille depuis. Il a décidé de décentraliser aux diverses régions le soin de se donner un plan de vaccination. C'est pour ça qu'on arrive avec des erreurs comme celle-là. Là, on apprend que des enfants du Centre mère-enfant de Québec, des enfants atteints du cancer notamment, ne peuvent pas recevoir le vaccin dans l'hôpital.

Qu'est-ce que le ministre répond aux parents qui se voient refuser le vaccin pour leurs enfants à la santé fragile...

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, deux aspects. Premier aspect: il y a un plan national qui est très bien conçu, un plan régional qui est très bien conçu, et un plan local qui est très bien conçu. C'est la meilleure façon d'agir, le plus rapidement, dans notre population. Pour ce qu'il s'agit des cas d'enfants malades dans les institutions, d'enfants malades qui ne peuvent pas sortir, on va avoir des équipes qui peuvent aller les vacciner sur place. Advenant le cas qu'il y a une erreur qui se produit, on va la corriger le plus rapidement possible. On veut offrir à notre population à risque les meilleurs services et la vaccination le plus tôt possible.

Le Président: En question complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, je vais vous lire un témoignage d'une dame de la région de Québec:

«Cette semaine, mon conjoint [...] passe à l'hôpital pour y recevoir des traitements de chimiothérapie. S'ils le gardent à l'hôpital toute la semaine, vous vous doutez bien que ce n'est pas de la "petite" [chimio].

«Son médecin lui suggère fortement de recevoir le vaccin. Mais voilà, les hôpitaux n'ont pas de doses du vaccin. Lorsqu'il sortira de l'hôpital, son système immunitaire sera bousillé, au plus bas. S'il désire recevoir le vaccin, il devra...» Il va devoir faire la file! «Que croyez-vous qu'il arrivera s'il doit attendre des heures?»

Dans le Québec d'aujourd'hui, M. le Président, est-ce qu'il n'y a pas une façon plus humaine de faire les...

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, je comprends le cas puis je pense que c'est important qu'on y accorde toute la considération possible. On va évaluer les personnes dans ce type de situation là et on va s'adapter. On a des équipes qui peuvent aller vacciner des clientèles plus vulnérables à l'endroit où ils peuvent... ils doivent le recevoir. On va regarder le cas et les cas similaires et on va s'adapter. Ce ne sera pas un système parfait, mais on va essayer de l'améliorer, le plus rapidement possible, afin que chacun reçoive la vaccination.