Retour à :  MétéoPolitique  Plan du site  -  Grippe A (H1N1)-Porcine/Mexicaine  -  Ce qu'en disent les élus.es  -  M Bernard DRAINVILLE

Processus de vaccination contre la grippe A (H1N1)

Question de M Bernard DRAINVILLE
Député provincial du comté de Marie-Victorin
Assemblée nationale, Journal des débats, période des question des députés.es. Cahier Vol. 41 N° 68
3 novembre 2009

M. Drainville: M. le Président, la vaccination pour les enfants de six mois à cinq ans a débuté hier en Montérégie. Deux stations de métro plus loin, à Montréal, la même vaccination pour les mêmes enfants, de six mois à cinq ans, ne commencera pas avant lundi prochain. Une dizaine de stations de métro plus loin, à Laval, la vaccination des mêmes enfants, de six mois à cinq ans, va commencer dans deux semaines seulement. Et, dans la région voisine des Laurentides, ces mêmes enfants peuvent déjà se faire vacciner depuis le 26 octobre, M. le Président. Pour paraphraser un chroniqueur bien connu, les enfants de la Montérégie sont-ils plus à risque que les enfants de Montréal, qui, eux, le seraient davantage que ceux de Laval mais moins que ceux des Laurentides? M. le Président, l'absence de directives et de leadership du ministre de la Santé crée énormément de confusion et d'inquiétude chez les parents.

M. le Président, pourquoi est-ce qu'on ne vaccine pas en même temps les mêmes groupes prioritaires sur un même territoire?

n (14 h 20) n

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, comme disait le premier ministre, c'est la plus grande campagne de vaccination que le monde ait connu. On veut rassurer également chacun des Québécois et Québécoises: chacun va être capable d'avoir la vaccination. Donc, c'est un message qui est très important, et à ce moment-là c'est certain qu'on a mis en place des mesures pour s'assurer que chacun puisse le recevoir avec un ordre de priorité.

Il faut comprendre également, à ce moment-ci, qu'il faut vacciner le plus grand nombre de personnes possible le plus rapidement possible, en fixant les groupes prioritaires, mais il y a certaines clientèles et il y a certaines régions que ça peut se faire différemment. Montréal a une particularité, ils ont beaucoup plus de travailleurs de la santé, donc ça nous prenait quelques jours de plus pour le faire. Mais rapidement, au cours de la semaine, on devrait essayer de commencer à récupérer à ce niveau-là. Et, ce qui est important surtout, j'ai parlé avec Montréal, je leur ai expliqué l'importance de vacciner le plus rapidement leurs clientèles, et ils m'ont assuré qu'ils seraient capables de devancer de quelques jours. Une fois qu'on a dit ça, chaque région est responsable de son plan. Nous suivons cela, et on peut assurer la population qu'on va... le plus rapidement possible, on va s'organiser pour qu'ils reçoivent le vaccin en temps opportun.

Le Président: En question complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, on demande au ministre: Est-ce qu'il n'y aurait pas une façon plus humaine de faire les choses? Et il ne répond pas ou il répond non dans sa non-réponse. Là, là, après les groupes cibles, là, ça va être la population générale qui va être vaccinée. En Montérégie, ça va commencer le 30 novembre, alors que, dans les Laurentides, ça va commencer le 16 novembre, deux semaines avant. Montréal, ça va être le 7 décembre, une semaine après la Montérégie.

M. le Président, M. le Président, comment expliquer qu'il va se passer trois semaines entre la vaccination générale dans les...

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, chacune des régions a leurs particularités, et il faut les respecter. Et ce n'est pas vrai qu'on peut traiter Montréal comme on peut traiter la Gaspésie, comme la Gaspésie a des différences par rapport à la Montérégie. On essaie de vacciner la population locale le plus rapidement possible, et ce serait vraiment ne pas être correct de dire que ça va se faire partout de la même façon. Par contre, ce qu'on essaie de faire, c'est que, pour la population des groupes prioritaires, le plus rapidement possible on veut les vacciner. Mais on ne veut pas aller à la vitesse de l'endroit le plus lent, parce qu'il y a des endroits qui ont des particularités qui font que ça ralentirait les autres régions. Mais l'important, c'est que notre population reçoive les services le plus rapidement possible, par un ordre de priorité. Et là-dessus, si vous regardez un peu qu'est-ce qui se passe ailleurs, les autres provinces sont en train...

Le Président: En terminant.

M. Bolduc: ...d'adopter les modèles qu'on a pris au Québec.

Le Président: En question complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, on a appris hier qu'Ottawa s'est traîné les pieds. Le gouvernement fédéral a commandé ses vaccins trois semaines après la France, 10 semaines après les États-Unis.

Voyant ce retard indécent, qu'est-ce qu'il a fait, le ministre de la Santé, pour faire pression auprès d'Ottawa, pour s'assurer que les Québécois aient accès à leurs vaccins à temps? Quels gestes il a posés, quels appels il a faits, quelles lettres il a envoyées? Est-ce qu'il peut les déposer devant cette Chambre? Qu'est-ce que vous avez fait pour protéger la santé publique des Québécois devant ces retards indécents?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, on est en communication très régulière avec Ottawa, et je peux vous dire que je parle régulièrement avec la ministre de la Santé, qui nous informe très bien des situations, tant au niveau canadien qu'au niveau du Québec. Il y a eu des cédules de faites, il y a eu des propositions de faites. Il a fallu terminer les vaccins pour la grippe qu'on a habituellement à chaque année, la grippe saisonnière, tout simplement parce qu'au moment où on a pris la décision on pouvait penser qu'on aurait les deux grippes en même temps. Par la suite, la stratégie a changé et très rapidement Ottawa a donné la consigne de faire la fabrication de vaccins. Nos compagnies se sont mises en place, et je peux vous dire qu'actuellement on est à pleine capacité, et ce qu'on veut surtout, c'est collaborer. Je pense que le grand message qu'on doit faire, c'est collaborer à Ottawa pour avoir des stratégies gagnantes. L'objectif n'est pas partisan.

Le Président: En terminant.

M. Bolduc: L'objectif est d'offrir les meilleurs soins et la vaccination le plus rapidement possible à notre population.