Retour à :  MétéoPolitique  Plan du site  -  Grippe A (H1N1)-Porcine/Mexicaine  -  Ce qu'en disent les élus.es  -  M Bernard DRAINVILLE

Processus de vaccination contre la grippe A (H1N1)

Question de M. Bernard DRAINVILLE
Député provincial du comté de Marie-Victorin
Assemblée nationale du Québec. Journal des débats. Questions et réponses orales. Vol. 41 N° 66
28 octobre 2009

M. Drainville: M. le Président, la raison pour laquelle on vaccine le personnel du réseau de la santé, c'est parce que ce sont eux qui soignent les gens malades, qui soignent ceux, entre autres, qui sont hospitalisés parce qu'ils ont la grippe A (H1N1). Or, les deux plus gros hôpitaux du Québec, le CHUM et le CUSM, n'ont toujours pas reçu les doses de vaccin dont ils ont besoin pour immuniser leurs personnels, les gens qui travaillent dans l'hôpital. Et pourtant la moitié des personnes qui ont eu la H1N1 jusqu'à maintenant étaient des résidents de Montréal. Donc, on se serait attendu à ce que les hôpitaux de Montréal reçoivent les vaccins de façon prioritaire parce qu'on va avoir besoin de soigner beaucoup, beaucoup de gens de Montréal dans les semaines et les mois qui viennent. On me disait qu'il y a déjà des gens qui ont la grippe A (H1N1), qui sont à Saint-Luc notamment actuellement, qui sont soignés à Saint-Luc notamment. Alors là, c'est assez inquiétant, M. le Président.

Dans le fond, la question, elle est bien simple: Pourquoi est-ce que le CHUM et le CUSM n'ont pas reçu encore les vaccins nécessaires pour leur personnel?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, comme disait le premier ministre, c'est la plus grande campagne de vaccination jamais entreprise au Québec, au Canada et dans le monde. Au niveau de la logistique, nous sommes prêts, les vaccins ont été reçus et les vaccins ont été distribués. Il y a eu une problématique à Montréal, où ils retardaient un peu la vaccination. J'ai parlé, hier, avec David Levine et je lui ai dit que j'avais des inquiétudes et que je demandais que la vaccination commence le plus tôt possible, et on m'a assuré qu'aujourd'hui la vaccination commençait dans les centres du CHUM et du CUSM.

Pour rassurer la population, il y a quelques endroits qu'il y a eu des difficultés qu'on corrige très rapidement, mais, l'ensemble du Québec, la vaccination est très bien entreprise. Les différentes mesures ont été faites, le gouvernement a pris ses responsabilités, la Sécurité civile est en alerte, tous les ministères sont en alerte, dont le mien. Et vous avez pu constater, au cours des trois dernières semaines, la quantité d'information qui est livrée, et les messages sont clairs. Il faut se faire vacciner, c'est le meilleur moyen de prévention. C'est un geste simple qui permet de sauver des vies.

Deuxièmement, en même temps, on met en place toutes les structures...

Le Président: En terminant.

M. Bolduc: ...disponibles pour répondre justement à la vague de grippe qui va arriver.

Le Président: En complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: Le ministre admet, M. le Président, qu'il y a eu effectivement des ratés. Là, on a vu le décès du petit Frustaglio, en Ontario: petit garçon de 13 ans en parfaite santé; en quelques heures, il est emporté par la maladie. Voyant ça, l'Ontario a décidé de devancer le début de sa campagne de vaccination générale.

Est-ce que la Santé publique du Québec... est-ce que le ministre de la Santé songe à revoir les priorités de vaccination afin d'inclure les jeunes de plus de cinq ans?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, les priorités, au niveau de la vaccination, ont été déterminées par la Santé publique, et on y va par groupes cibles. Les priorités demeurent: les travailleurs de la santé; après ça, ça va être les jeunes enfants, les femmes enceintes et les gens qui représentent des risques. Il y a eu deux cas en Ontario. Mais, juste pour vous donner un exemple, si on a des gens ici qui décèdent qui sont âgés de 30 ans, est-ce qu'on va les prioriser? Il faut laisser la Santé publique prendre ces décisions. Ce qu'on veut, c'est protéger le plus possible puis le plus rapidement possible les clientèles vulnérables.

Et je tiens à remercier le député de Marie-Victorin, qui fait mention... comme de fait, c'est très sérieux, il y a des gens en bonne santé qui peuvent décéder très rapidement. Donc, c'est un appel à la population à se faire vacciner le plus rapidement possible. Et, comme ça a été mentionné dans plusieurs émissions...

Le Président: En deuxième complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, la semaine dernière, l'Ontario a annoncé 650 millions de plus pour la lutte contre le H1N1, et, hier, le ministre de la Santé a déclaré qu'il n'y avait aucune nouvelle dépense de prévue pour lutter contre le H1N1. L'Ontario annonce l'ouverture des centres de vaccination grand public. Là, là, vous ne nous dites pas que vous allez le faire ici, au Québec, vous ne nous dites pas qu'on a l'intention d'aller de l'avant avec l'ouverture des centres grand public. On espère que ce n'est pas une question de moyens financiers, M. le Président.

Alors, je pose la question: Est-ce qu'on a l'intention de devancer l'ouverture des centres...

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: Je ne sais pas où le député de Marie-Victorin a dit qu'on ne mettait pas plus d'argent, mais je peux déjà vous dire que c'est plus de 200 millions de dollars qu'on a investis de plus dans notre système de santé pour justement combattre le H1N1.

Et ce n'est pas une question de finances. On va répondre aux besoins de la population, et le prix n'est pas du tout en question. Et ça, c'est une position gouvernementale. On va tout faire, quel que soit le montant requis, pour donner les besoins... pour répondre aux besoins de la population, et ça, je veux que ce soit bien clair. Et je peux annoncer au député de Marie-Victorin: on va le faire ensemble, sans partisannerie politique.