Retour à :  MétéoPolitique  Plan du site  -  Grippe A (H1N1)-Porcine/Mexicaine  -  Ce qu'en disent les élus.es  -  M Yves BOLDUC

Propos du ministre de la Santé et des Services sociaux
sur l'ordre de priorité des personnes à vacciner contre la grippe A (H1N1)

Réponse de M Yves BOLDUC
Député provincial du comté de Jean-Talon
et Ministre de la Santé et des services sociaux
Assemblée nationale, Journal des débats, période des question des députés.es. Cahier  Vol. 41 N° 73
12 novembre 2009

 

Mme Marois: Merci, M. le Président. Dans le processus de vaccination, quand le ministre de la Santé a attribué les passe-droits à un manque de jugement des infirmières, il a entaché la réputation des infirmières. De telles accusations causent des torts importants, M. le Président. En fait, qu'est-ce que ça fait? Ça vient briser le lien de confiance qu'il y a entre le ministre et les infirmières. Les infirmières n'ont pas à être les souffre-douleur du ministre de la Santé. Ce ne sont pas elles qui autorisent les passe-droits.

Alors, M. le Président, considérant que le ministre de la Santé a refusé de s'excuser, j'aimerais offrir l'occasion au premier ministre de rétablir ce lien de confiance avec les infirmières du Québec: Est-ce que le premier ministre peut s'excuser auprès d'elles, admettre que son ministre a commis une grave erreur en les blâmant pour les passe-droits, M. le Président?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, les passe-droits, c'est l'opposition qui souvent nous en parlait. Et puis ce que j'ai expliqué, c'est qu'il s'est passé des épisodes dans lesquels il y a eu un manque de jugement. Je n'avais pas dit du tout que c'étaient les infirmières. J'ai dit: En général, il s'était passé quelque chose, il fallait passer par-dessus ça et maintenant se consacrer à ce qui est important, c'est-à-dire se consacrer à la crise qu'on vit actuellement au niveau de l'influenza.

J'ai toujours respecté les infirmières, j'ai toujours travaillé avec eux autres. On me prête des intentions que je n'ai jamais eues, et je tiens à le dire, et je suis désolé si ça a été interprété comme ça. J'ai donné un exemple pour éviter justement... tel que l'a demandé le député, le député du Parti québécois qui est mon critique, de justement faire en sorte qu'il n'y en ait pas, de passe-droits. On s'est mis des règles strictes, j'ai été conciliant, et je vais continuer à être conciliant.

Mais surtout le message, il s'adresse directement aux infirmières et à tout le personnel de la santé: ça fait depuis que je suis en poste, ça fait des semaines qu'on travaille ensemble, c'est des gens qui sont essentiels dans notre réseau de la santé. C'est sûr qu'on vit des moments difficiles actuellement. Ils sont supportantes, je vais les supporter. Mais surtout qu'on ne me prête pas des intentions que je n'ai pas eues, car j'ai toujours été un travailleur d'équipe. J'ai travaillé 26 ans avec des infirmières et je sais apprécier leur travail.

Le Président: En question complémentaire, Mme la chef de l'opposition officielle.

Mme Pauline Marois

Mme Marois: Alors, M. le Président, je comprends que le premier ministre refuse de s'excuser, le ministre refuse lui-même de s'excuser, alors que c'est son cafouillage qui a fait en sorte qu'il y a eu des situations de passe-droit, que nous allons continuer à dénoncer d'ailleurs, M. le Président.

Mais j'aimerais cependant que le premier ministre réponde à cette question: Est-ce qu'il peut nous dire, lui, si c'est la faute des infirmières si des détenus ou des membres de conseil d'administration ont été vaccinés sans respecter l'ordre de priorité?

Le Président: M. le premier ministre.

M. Jean Charest

M. Charest: Merci. M. le Président, actuellement, au Québec, on fait la plus importante opération de vaccination de notre histoire. C'est vrai d'ailleurs à plusieurs endroits dans le monde. On essaie, et on réussit assez bien, à aller le plus rapidement possible avec les ressources que nous avons pour vacciner le plus grand nombre de personnes possible. D'ailleurs, à ce jour, il y aurait 1,1 million de Québécois qui auront été vaccinés, M. le Président.

Alors, vous comprenez que, pour réussir, il faut mobiliser tous les gens qui travaillent pour nous et avec nous dans le réseau de la santé, et bien au-delà: on a demandé à des gens de revenir de leur retraite, il y a des bénévoles. Et je n'ai que de bons mots pour ceux et celles qui se dévouent pour que nous puissions réussir cette opération pour tous les Québécois, M. le Président.

Le Président: En deuxième complémentaire, Mme la chef de l'opposition officielle.

Mme Pauline Marois

Mme Marois: Alors, je comprends que le premier ministre refuse de s'excuser. J'imagine que les 70 000 infirmières du Québec prennent acte de cette action, ou de cette inaction, M. le Président.

Après des propos qui ont été jugés méprisants pour les infirmières, le ministre actuellement ajoute l'injure à l'insulte en se préparant à imposer des conditions de travail aux infirmières du réseau public, qui sont fidèles à ce réseau. Il a signé une entente avec les médecins. Bravo!

Pourquoi ne pas avoir fait une véritable négociation avec les infirmières? Pourquoi deux poids, deux mesures?

Le Président: M. le premier ministre.

M. Jean Charest

M. Charest: M. le Président, la question très partisane de la chef de l'opposition officielle est étonnante, compte tenu de l'ampleur de la tâche et de l'importance de remplir la mission qu'on s'est fixée comme société. Et on ne va pas dévier de cet objectif-là. D'autant plus que, dans l'ensemble, on réussit assez bien l'opération, même s'il y a des ratés à certains endroits, que nous reconnaissons et que nous corrigeons sur-le-champ.

Mais sa question est d'autant plus étonnante, M. le Président, qu'elle semble oublier que c'est elle qui a fait son programme de mise à la retraite de plus de 4 000 infirmières au Québec et qui, pendant la dernière campagne électorale, a répété que, si c'était à recommencer, elle recommencerait, M. le Président. Ça, c'est ce qu'on appelle du mépris...

Le Président: En terminant.

M. Charest: ...M. le Président.

Le Président: En troisième complémentaire, Mme la chef de l'opposition officielle.

Mme Pauline Marois

Mme Marois: Je ne crois pas que ce soit partisan, M. le Président, que de défendre...

Des voix: ...

Mme Marois: ...que de défendre les infirmières et leur réputation, M. le Président. On va continuer à attaquer le cafouillage du ministre de la Santé, parce qu'il n'assume pas son leadership. Et actuellement, actuellement, à l'égard des infirmières, il y a deux poids, deux mesures. On négocie avec les médecins omnipraticiens. Bravo, ça va. Pourquoi refuse-t-on de négocier avec les infirmières? Et pourquoi leur imposer des conditions, M. le Président?

n (10 h 30) n

Le Président: M. le premier ministre.

M. Jean Charest

M. Charest: Bon. Alors, M. le Président, je constate comme vous l'évolution de la question et les questions de la chef de l'opposition officielle, alors, qui semblent faire très peu du fait qu'on est en train de mettre en oeuvre la plus importante campagne de vaccination de notre histoire, avec tous les défis que ça amène, M. le Président. Et là, bien, non seulement elle fait des excès de partisannerie, là elle voudrait renégocier les conventions collectives. Alors, on est partis de ses excès de partisannerie, puis là elle voudrait introduire, dans la campagne de vaccination, des renégociations des conventions collectives, M. le Président. Nous, on veut travailler avec les infirmières puis avec tous les Québécois pour vacciner le plus grand nombre de Québécois le plus rapidement possible. On a une seule mission à remplir à court terme...

Le Président: En terminant.

M. Charest: ...c'est celui-là, dans l'intérêt de tous les Québécois.

M. Drainville: M. le Président, je soulignais hier au ministre de la Santé que des commissaires scolaires demandent la vaccination dans les écoles plutôt que de déplacer les élèves en autobus scolaires vers les centres de vaccination. Bien, il n'y a pas juste les commissaires qui pensent que c'est une bonne idée, le directeur régional de la santé publique de Chaudière-Appalaches déclare ce matin, et je le cite: «...nous pourrions organiser la campagne de vaccination directement dans les écoles secondaires de la région...» Il y a cinq écoles de plus de 1 000 élèves en Chaudière-Appalaches, il y a 24 000 jeunes au primaire, 19 000 au secondaire en Chaudière-Appalaches. Il va falloir les transporter à bord de 860 autobus. 860 autobus, M. le Président. Trouvez-vous que ça a du bon sens, vous, 860 autobus?

M. le Président, le directeur de la santé publique de Chaudière-Appalaches est prêt à vacciner dans les écoles, qu'est-ce que le ministre de la Santé attend pour l'autoriser à le faire?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, juste pour... J'ai parlé hier des délais que ça prenait pour vacciner dans les écoles. En 2001, heureux hasard, M. Rémy Trudel était le ministre de la Santé et des Services sociaux. Nous avions eu la crise de méningococcémie au Québec. Pour vacciner 1,7 million d'étudiants, ça avait pris sept mois. Il faut vacciner la même clientèle en à peu près... en deux à trois semaines. Et le plan pour la vaccination dans les écoles, on va l'annoncer après-midi. La majorité doivent être faits dans les centres de vaccination massive parce qu'il faut vacciner le maximum de personnes le plus rapidement possible. Par contre, il y a certaines écoles, comme de fait, qui sont très loin, périphériques. Oui, à ce moment-là, on va avoir à s'adapter, parce que notre message depuis le début, c'est la flexibilité, vacciner le maximum de personnes dans le minimum de temps.

Le Président: En question complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, là, il va nous annoncer un plan de vaccination dans les écoles, cet après-midi, là. Merci! Merci, hein? Ça vous a pris un petit peu de temps, mais vous avez fini par comprendre.

Là, M. le Président... là, M. le Président, le ministre va reconnaître que c'est la façon... non seulement c'est une façon efficace, c'est le gros bon sens au service de la santé publique, mais c'est également la façon la plus sécuritaire possible de faire la vaccination des élèves.

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: Il a mal compris la réponse. On va annoncer...

Des voix: ...

M. Bolduc: Monsieur... M. le Président...

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît! M. le ministre.

M. Bolduc: M. le Président, on est rendus à un moment important pour la vaccination à la grandeur du Québec. On va avoir un plan de vaccination pour les gens d'âge scolaire, les cinq à 19 ans. Et, ce plan-là, on va l'annoncer après-midi, la façon dont ça va fonctionner. On reste avec la stratégie... on reste avec la stratégie de vaccination de masse parce que c'est ce qui nous donne le meilleur résultat pour la faire le plus rapidement possible.

Comme on l'a toujours dit, il y a une flexibilité dans certains cas. Mais la première chose, puis je le rappelle encore, le message le plus important, il faut maximiser... il faut vacciner le maximum de personnes dans le minimum de temps. Et la stratégie qu'on doit utiliser, c'est vraiment les centres de vaccination massive.

Le Président: En deuxième complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, je ne sais pas si vous avez compris, là, on va se réessayer, on va se réessayer. Il y a plus de 150 écoles de plus de 1 000 élèves au Québec. Plus de 150. Vous voulez faire de la vaccination de masse? Alignez-les dans le gymnase, mettez une infirmière ou deux au bout de la file, puis elles vont les vacciner. Ça s'appelle de la vaccination de masse.

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît! Je vous demande votre collaboration. S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît! Alors...

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît! S'il vous plaît! Alors, M. le député, en neuf secondes, pour terminer votre question.

M. Drainville: M. le premier ministre... M. le Président, si le ministre de la Santé ne veut rien entendre, est-ce que le premier ministre est d'accord pour qu'on vaccine dans les écoles, hein?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: Bien, monsieur... M. le Président, le député a démontré sa non-connaissance du dossier. C'est de la simplicité. Deux infirmières pour 1 500 étudiants...

M. le Président, on ne peut pas prendre des mois pour vacciner. On a quelques semaines pour les vacciner tous au complet. Prendre deux infirmières pour 1 500 étudiants, manipulation du vaccin, perte des vaccins, transport de la logistique... Je pense qu'il devrait aller voir comment ça fonctionne dans les centres de vaccination, on est beaucoup plus efficaces que ça.

Le Président: En question principale, Mme la députée de Taschereau.

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît! S'il vous plaît! Je vous demande votre collaboration. Évitez les interpellations. Mme la députée de Taschereau