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Vaccination des jeunes d'âge scolaire contre la grippe A (H1N1)

Réponse de M Yves BOLDUC
Député provincial du comté de Jean-Talon
et Ministre de la Santé et des Services sociaux
Assemblée nationale. Journal des débats. Période des questions des députés.es. Cahier Vol. 41 N° 71
10 novembre 2009

 

 M. Drainville: M. le Président, à la fin du mois d'octobre, la commission scolaire de Chicoutimi a songé à faire vacciner les enfants dans les écoles, mais le projet a été annulé. Dans Lanaudière, la décision avait été prise de vacciner dans les écoles, mais, à la dernière minute, on a tout reporté. En Montérégie, on allait annoncer ce matin la stratégie pour vacciner les élèves dans les écoles primaires et secondaires de la région, mais, par un curieux hasard, la conférence de presse a, elle aussi, été annulée.

Pendant ce temps, en Saskatchewan, on vaccine dans les écoles depuis hier et on le fait au Nouveau-Brunswick depuis le début de la campagne de vaccination. Et les parents sont très contents là-bas, M. le Président, très satisfaits, parce qu'ils n'ont pas à vivre avec l'inquiétude de savoir si leur enfant va être vacciné avant de tomber malade.

M. le Président, est-ce que le ministre de la Santé peut expliquer aux parents du Québec pourquoi il est contre la vaccination des enfants dans les écoles?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, d'abord, c'est une question de logistique. Vous avez vu, nos centres de vaccination massive sont très bien organisés. On peut vacciner le maximum de personnes en un minimum de temps. La stratégie actuellement au Québec, c'est d'en vacciner le plus possible, le plus rapidement possible, en visant les clientèles qui sont prioritaires.

Dans les prochains jours, les clientèles prioritaires qui vont arriver, ça va être les étudiants dans les écoles. On va s'organiser ― et chacune des commissions scolaires est en train de le faire ― de façon à faciliter la vaccination, mais les gens vont devoir se déplacer dans les centres de vaccination massive pour une simple raison, on est mieux organisés pour le faire, et c'est seulement qu'un transport qu'on va faire. Également, si jamais on décide d'aller vacciner dans les écoles, ce que ça implique: ça va prendre beaucoup plus de temps pour qu'on les vaccine tous, donc ceux qui vont être là par la suite, ils vont être retardés.

Donc, notre stratégie, je pense que les autres provinces commencent à la noter comme étant la meilleure, c'est celle-là: des centres de vaccination massive mieux organisés, meilleure utilisation du personnel et surtout l'efficacité, qu'ils reçoivent le vaccin le plus rapidement possible.

Le Président: En question complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, voici ce que disait l'avis de convocation émis hier: «L'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie, la direction régionale du ministère de l'Éducation et l'Organisation régionale de la sécurité civile de la Montérégie annoncent leur stratégie pour faciliter la vaccination dans les 400 écoles primaires et secondaires de la région.» Ils étaient prêts à annoncer ce matin une stratégie pour vacciner les élèves.

Vous l'avez annulée, cette conférence de presse? Est-ce que c'est ça qui s'est passé? Sinon, en quoi consiste-t-elle, la stratégie de la Montérégie?

n (14 h 30) n

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: Je remercie le député de Marie-Victorin de me permettre de faire le point là-dessus. Comme de fait, il y a une stratégie qui est en train de se mettre en place dans toutes les commissions scolaires. Ce qu'on veut, puis c'est certain, c'est que ce soit cohérent au niveau de toutes les commissions scolaires. Donc, le message va se faire de la même façon. C'est juste retardé. Ça ne retarde pas du tout la vaccination des gens, mais on veut s'assurer... et, avec ma collègue du ministère... la ministre de l'Éducation, on est en train de faire le plan de match pour que la vaccination se déroule bien. Juste pour vous montrer, M. le Président...

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît! M. le ministre.

M. Bolduc: M. le Président, juste pour vous montrer la flexibilité qu'on applique dans le système actuellement, il va y avoir un régime qui est différent pour ces gens-là parce qu'on veut maximiser leur vaccination et on veut également éviter le... le minimum de dérangement pour les parents. Donc, la stratégie va changer pour qu'on soit plus efficaces.

Le Président: M. le député de Marie-Victorin, en deuxième complémentaire.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, il faut l'écouter, là. Il dit: Je retarde, mais ça ne retarde pas; j'annule, mais ça ne change rien. Bien, voyons donc! Il y a des enfants qui auraient pu être vaccinés plus tôt, et là vous retardez la mise en place de la stratégie. On a toujours vacciné dans les écoles au Québec.

Pourquoi est-ce qu'on ne continue pas à vacciner dans les écoles? Ils vont le faire au Lac-Saint-Jean pour 2 000 élèves. Si c'est bon pour le Lac-Saint-Jean, si c'est bon pour la Montérégie, c'était bon pour Lanaudière également, c'était bon ailleurs au Québec. Pourquoi est-ce qu'on ne le fait pas rapidement maintenant? «Come on!»

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: Je rappellerai au député de Marie-Victorin: C'est la plus grosse opération jamais faite au niveau de la vaccination, et... pour montrer... pour montrer son manque de connaissance à ce niveau-là, la vaccination, habituellement, M. le Président...

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît. C'est trop bruyant pendant la réponse du ministre. M. le ministre.

M. Bolduc: M. le Président, la vaccination habituelle, dans les écoles, se fait sur l'année scolaire, on a plusieurs mois pour le faire. Là, en quelques jours, quelques semaines, il faut vacciner toute la population scolaire, donc ça nous prend une meilleure organisation de services. Lorsque les gens se consacrent à une école, ça veut dire qu'il y a d'autres écoles qui vont retarder. Donc, ce qu'on veut, c'est vacciner le maximum de personnes en le minimum de temps, et ça s'adresse également au niveau scolaire. Sa proposition ferait qu'on serait au mois de mai l'année prochaine puis on serait encore en train de vacciner.

Le Président: En question principale, M. le député de Marie-Victorin.

Processus de vaccination
contre la grippe A (H1N1)

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, depuis le début de la campagne de vaccination, nous apprenons que des personnes ont eu des passe-droits pour se faire vacciner. Quand ce n'est pas des détenus, ce sont des membres de conseils d'administration d'hôpitaux ou d'établissements, ou encore leur famille, ou encore des membres de fondations de certains hôpitaux. Pourtant, le ministre de la Santé passe son temps à nous faire la morale en disant: Il faut respecter l'ordre de vaccination.

M. le Président, on entend toutes sortes de rumeurs, il y a toutes sortes d'informations qui circulent au sujet de directions d'établissement ou de conseils d'administration qui auraient obtenu des passe-droits pour eux-mêmes ou pour leur famille. Or, pour mettre fin à toutes ces rumeurs, est-ce que le ministre peut nous dire quelles vérifications il a faites au sujet des passe-droits, est-ce qu'il peut déposer les documents qui font état de ces vérifications, et est-ce qu'il peut garantir à la population du Québec qu'il n'y aura pas d'autres cas de passe-droits dans cette campagne de vaccination qui crée beaucoup de frustration et pour laquelle il manque de vaccins, malheureusement?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: Dans un premier temps, M. le Président, vous comprendrez qu'en situation de crise on met toute notre énergie pour d'abord s'occuper des affaires qui sont importantes pour la population; donc, on s'occupe de la vaccination. On nous a fait mention qu'il y a eu, oui, des cas d'exception, et c'est exceptionnel et anecdotique, de personnes qui ont été vaccinées, qui n'auraient peut-être pas dû l'être.

Là, je voudrais rappeler l'histoire un peu de ce qui s'est passé au niveau de la vaccination. Au début, il y a peu de gens qui voulaient se faire vacciner, seulement que 30 % à 40 %; donc, on avait été plus larges, à ce moment-là, de ce qu'on avait fait mention, c'est peut-être d'accélérer la vaccination pour certains groupes qui le désiraient, dont, entre autres, les accompagnateurs. Depuis ce temps-là, on en était arrivés à une population qui veut être plus vaccinée, donc on a restreint les règles. Et je peux vous dire: Il n'y a jamais eu d'autorisation de passe-droits. On déplore la citation... la situation par rapport aux passe-droits. Mais, plutôt que de faire de la chasse aux sorcières, nous allons plutôt consacrer toute notre énergie pour les patients qui actuellement ont besoin de la vaccination puis qui ont besoin de soins.

Mme Maltais: Alors, pendant qu'on vaccine des membres de conseils d'administration, à Québec, hier, des gens de 50, 60 ans qui souffrent de maladies chroniques ont attendu des heures, puis ils sont retournés chez eux sans vaccin. Des centaines de personnes qui avaient bien lu leur petit papier jaune, qui suivaient les consignes de l'agence et celles d'Info-Santé, se sont fait refuser la vaccination parce que la consigne avait changé le vendredi après-midi. Et je vais citer le ministre de la Santé: «On va vérifier et on va donner la bonne information.»

Il serait temps, M. le Président. Quand est-ce qu'on va donner la bonne information aux gens? À la fin de l'opération, peut-être?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: Merci, M. le Président. Je remercie la députée de Taschereau. Je pense qu'il y a un message à faire à la population: c'est une opération qui est évolutive, et ça change. Également, la plupart des messages qu'on fait, c'est qu'on devance la vaccination pour certains groupes et on s'adapte selon la nouvelle épidémiologie. Dans le cas qui s'est passé à Québec, encore là, on déplore la situation. Les gens avaient de l'information qui datait de trois semaines. L'information avait été faite que les groupes étaient changés, dont entre autres, compte tenu du manque de vaccins, qu'on ne voulait pas faire déplacer les populations pour rien, on avait décidé de segmenter le groupe qui était... qui devait se faire vacciner. Une fois qu'on a dit ça, hier matin, on a constaté la problématique. On a constaté également que les gens ne venaient pas autant que ça devrait. On a fait changer la consigne...

Le Président: En terminant.

M. Bolduc: ...et, depuis ce matin, la consigne est claire et est publicisée. Message pour la population...

Le Président: En question complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.

M. Stéphane Bédard

M. Bédard: Merci, M. le Président. Ce qui est évolutif, c'est l'improvisation. À Chicoutimi et dans ses environs, la plupart... un nombre important de groupes prioritaires ne sont pas encore vaccinés. M. le Président, depuis mercredi soir, il n'y a plus de vaccins, ni jeudi, ni vendredi, ni samedi, ni dimanche. Hier, les vaccins ont été redonnés, et c'est terminé pour le reste de la semaine. Les seules personnes qui peuvent être vaccinées actuellement, ce sont les femmes enceintes. Donc, tout le reste de la population et les enfants de moins de cinq ans ne sont pas vaccinés. Pourquoi? Et à quand on va avoir des vaccins aux alentours... à Chicoutimi et aux alentours?

Le Président: M. le ministre de la de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, mon collègue du Saguenay―Lac-Saint-Jean, pratiquement confrère ― moi, je viens du Lac-Saint-Jean ― ...un des endroits où que la vaccination a le mieux fonctionné dans tout le Québec, c'est le Saguenay―Lac-Saint-Jean. La raison... la raison pour laquelle... la raison pour laquelle il n'y a pas de vaccins, c'est la situation que déplorait le député de Marie-Victorin la semaine passée. Y a-t-il des vaccins qui sont en stock? La réponse, c'est non, parce que les patients... les patients ont reçu les vaccins directement dans le bras...

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît!

Une voix: ...

Le Président: Non, un instant. Un instant, s'il vous plaît.

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît!

Une voix: ...

Le Président: Vous allez me laisser le temps que... On va vous entendre. Un instant. Premièrement, j'allais indiquer que c'était trop bruyant pendant la réponse du ministre. On interpelle le ministre pendant qu'il répond. Il faut l'entendre répondre. Il ne reste que quelques secondes à sa... Vous avez dit que vous étiez sur une question de règlement.

M. Bédard: ...la question est: À quand on va avoir des vaccins à Chicoutimi?

Le Président: Très bien.

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît! Un instant! Là, il y a trois personnes debout. Normalement, il y en a une. M. le ministre, je vous garde votre temps de parole, là, vous pouvez vous asseoir. M. le leader va intervenir sur une question de règlement. M. le leader du gouvernement.

M. Dupuis: En vertu de... En vertu de l'article 2 du règlement, qui... Vous qui êtes responsable du décorum dans l'Assemblée, je pense que vous devriez indiquer au leader de l'opposition officielle ― d'ailleurs, je me lève pour lui permettre de se calmer ― vous devriez indiquer au leader de l'opposition officielle qu'il peut... M. le Président, qu'il pourra poser toutes les questions...

Des voix: ...

Le Président: S'il vous plaît! Alors, je ne voudrais pas qu'on s'enlise trop longtemps là-dedans. C'est une période de questions. M. le leader du gouvernement.

M. Dupuis: M. le Président, simplement pour faire réaliser au député de... au leader de l'opposition officielle qu'il aura tout le temps de poser toutes les questions qu'il veut. Qu'il laisse simplement répondre le ministre, puis il reviendra.

Le Président: M. le leader de l'opposition officielle.

n (14 h 40) n

M. Bédard: ...l'assurer qu'on va se calmer quand les enfants de moins de cinq ans vont avoir eu des...

Le Président: Voilà. Alors, M. le ministre, il vous reste 22 secondes à la question posée.

M. Bolduc: M. le Président, quand des cliniques de vaccination ferment, c'est parce qu'on a épuisé tous les vaccins qui étaient disponibles. Donc, c'est un signe de succès, ça veut dire qu'on n'a pas rien retardé. Et l'approche... et les proches... Et la vaccination va recommencer dès qu'on va avoir les nouvelles arrivées de vaccins. Et je peux vous promettre qu'on va essayer de les donner le plus rapidement possible, car c'est un critère de succès. La population doit être vaccinée...