Retour à :  MétéoPolitique  Plan du site  -  Grippe A (H1N1)-Porcine/Mexicaine  -  Ce qu'en disent les élus.es  -  M Yves BOLDUC

 Motion proposant que l'Assemblée dénonce la gestion de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) par le gouvernement
Affaires inscrites par les députés de l'opposition.

Intervention de M. Yves BOLDUC
Député provincial du comté de Jean-Talon
et Ministre de la Santé et des Services sociaux
Assemblée nationale, Journal des débats, période des question des députés.es
Cahier Vol. 41 N° 69
4 novembre 2009

Le Vice-Président (M. Gendron): Alors, je cède maintenant la parole à M. le ministre de la Santé et des Services sociaux pour la poursuite du débat sur cette motion inscrite aux affaires du jour. M. le ministre de la Santé et des Services sociaux, à vous la parole.

M. Bolduc: Merci, M. le Président. Je ne dirai pas qu'est-ce que je vais faire, on va dire qu'est-ce qu'on a fait. Parce qu'à cette heure-ci il n'y a pas de liste d'attente pour les gens qui se font vacciner. Donc, la problématique est pratiquement entièrement résolue parce que justement on a agi, on n'a pas attendu, on n'a pas juste... fait juste parler, on a donné des consignes claires, et aujourd'hui ça donne des résultats tangibles. Et je pense que le Québec peut être fier que le Québec est une des provinces où ça va le mieux au niveau de la vaccination.

Et le député de Marie-Victorin ira voir la télévision. Actuellement, les reportages sont très positifs, où, comme de fait, les gens sont satisfaits parce qu'on a pris les moyens nécessaires pour qu'ils n'attendent plus. Quand il parle d'installer des toilettes, d'installer des protections pour les gens, on a fait mieux que ça, on les a enlevées, les listes d'attente. Donc, on ne veut même pas que les gens attendent dehors, donc on n'a pas besoin de leur installer des toilettes. Ça, je pense que c'est un concept très intéressant.

M. le Président, il faut quand même commencer l'histoire. Le Québec vit la plus grande opération jamais vécue au niveau de la santé. On doit vacciner le plus rapidement possible le plus... toute la population du Québec. C'est-à-dire, ça peut aller jusqu'à 7,7 millions de personnes qui ont besoin d'être vaccinées, dans un délai record, en quelques semaines, et tout ça, en essayant de prioriser certaines clientèles qui en ont plus besoin.

Refaire un peu l'histoire. Au mois de mars, on a un nouveau virus qui est apparu, le H1N1, qui est apparu au Mexique. Par la suite, il est venu ici, au Québec. Il a fallu découvrir le virus, par la suite il a fallu inventer un vaccin et par la suite il a fallu fabriquer un vaccin.

Cette pandémie, pour vous montrer l'importance de cette pandémie, c'est la quatrième pandémie depuis 1918. La première, en 1918, on a eu la grippe espagnole, qui a fait, écoutez-moi, 50 millions de morts. En 1957, on a eu la grippe asiatique, qui a fait environ 5 millions de morts. En 1968, on a eu la grippe de Hong Kong, qui a fait 5 millions de morts. Actuellement, c'est la quatrième grande pandémie dans le monde, et on pourrait prévoir qu'il pourrait y avoir plusieurs morts si ce n'était pas des nouvelles avancées technologiques, de la découverte rapide du virus et de la vaccination.

J'en profite... Puis c'est un message que je vais refaire. On l'a dit à la population. Le député de Marie-Victorin, le député de Mercier ont été avec moi pour la vaccination. On l'a dit puis on le redit à la population: Le meilleur moyen de prévention, c'est de se faire vacciner. Auparavant, avant qu'on se fasse vacciner, quand on l'a fait ensemble, on avait un problème: la population ne saisissait pas le message. C'était au niveau mondial. Mais, suite au décès du jeune garçon à Toronto et de la jeune fille également, en Ontario, de 12 ans, la population a réalisé rapidement que c'était important d'être vacciné. D'où le changement au niveau de nos stratégies.

Ce qui s'est passé au début, c'est qu'il fallait convaincre la population, puis on avait mis en place tout ce qu'il fallait pour réussir à convaincre la population, mais la population ne venait pas. Mais soudainement la population a changé, et, en l'espace de 48 heures, il y a eu une affluence très marquée dans nos centres de vaccination, et d'où une des problématiques qu'on a eues, il fallait répondre à cela rapidement.

La semaine dernière, il y a eu des problèmes à quelques endroits, et rapidement on y a répondu, là, le député de Marie-Victorin l'a signalé. À Gatineau, vendredi, on avait réglé la problématique au niveau des coupons.

En début de semaine, lorsqu'on a vu qu'il y avait une aussi grande affluence qu'auparavant, la décision a été prise de mettre en place le même système pour justement ne pas avoir de liste d'attente. Au début de la semaine, quand on a constaté, on a réagi rapidement. Déjà hier, mardi, en moins de 24 heures, on avait commencé à mettre en place des mesures, mais en cours de journée.

Ce matin, pour vous montrer notre rapidité de réaction, ce matin, tous les endroits où il était nécessaire d'avoir une file d'attente parce qu'il y avait trop de personnes pour le nombre de vaccins qu'on avait, on a demandé à ce que l'on utilise le système des coupons. Aujourd'hui, à cette heure-ci, la situation semble réglée.

Je voudrais revenir un petit peu en arrière, M. le Président. Non seulement le Québec procède présentement à la plus vaste opération de vaccination de son histoire, le gouvernement du Québec a agi de façon préventive en produisant depuis 2006 le Plan québécois de lutte à une pandémie d'influenza, dont la Mission santé, afin de mieux préparer le Québec à intervenir en cas de menace à la santé publique. Ce que ça veut dire, c'est que, depuis 2006, nos équipes sont au travail au niveau national, au niveau régional et au niveau local au cas où on aurait une pandémie à laquelle on pourrait répondre.

Quand les gens disent que c'est mal coordonné, c'est faux. Ça a été bien coordonné, mais vous savez qu'au Québec, avec le grand territoire qu'on a, le nombre de régions qu'on a et le nombre de CSS qu'on a, c'est normal qu'il puisse y avoir certains ratés. Il faut les corriger rapidement, et c'est ça, le message qui est important. Si vous regardez la vaccination actuelle, la majorité des endroits, ça a très bien été. La fluidité au niveau de l'affluence des gens, les gens recevaient leurs vaccins dans un délai raisonnable. Il y a eu quelques endroits où il a fallu apporter des correctifs.

Les objectifs de la vaccination qui sont déterminés dans notre plan de préparation en pandémie visent à diminuer les décès liés à la grippe A (H1N1), à maintenir les services de santé. Là-dessus, M. le Président, je voudrais faire un mot. Pourquoi on a fait ce plan de pandémie là? C'est pour éviter des morts, et puis ça, je pense que la population est en mesure de le saisir, comme le député de Marie-Victorin lorsque nous en avions discuté. La grande complication qu'on a au niveau de la grippe A (H1N1), c'est un nombre élevé de décès et un nombre élevé de séquelles au niveau des gens. Donc, l'importance à ce moment-ci, c'est d'agir le plus rapidement possible pour les vacciner.

De plus, ce que nous avons mis en place dans notre plan de pandémie, c'est tout simplement d'être capables de soigner les gens qui vont être malades. Actuellement, notre nombre de cas augmente, nous sommes capables de suffire à la demande, mais il fallait prévoir également un plan qui nous prévoyait d'augmenter les capacités du réseau de la santé de façon très rapide. Là-dessus, je veux rassurer les Québécois: actuellement, nos équipes dans tous les établissements de santé ou dans les soins à domicile sont en train de mettre en place un plan qui, advenant une grande affluence de patients malades, on serait capable d'augmenter la capacité du réseau de la santé pour répondre aux besoins, d'aller jusqu'à ouvrir 4 800 lits. En plus, on pourrait doubler notre capacité au niveau des soins intensifs et en plus on peut ouvrir des cliniques qu'on appelle des sites non traditionnels pour pouvoir s'occuper des patients qui sont malades mais qui n'ont pas besoin d'être hospitalisés.

Donc, c'est un plan qui a été préparé depuis 2006. Qu'est-ce que ça implique? Ça veut dire que chacune des régions, chacune des villes est capable d'ouvrir très rapidement des ressources supplémentaires pour être capable de répondre aux besoins.

Tantôt, le député de Marie-Victorin a dit: Bien, on devrait avoir une grande consigne nationale, et tout le monde devrait être pareil. M. le Président, on ne peut pas tous être pareils, tout simplement parce que chacune des régions a ses particularités auxquelles on doit répondre. Si à un endroit il y a plus de gens malades, à ce moment-là, il faut être capable d'ouvrir plus de ressources. Si, exemple, une clientèle est vaccinée plus rapidement dans un secteur, j'espère que le député de Marie-Victorin ne nous demandera pas de les ralentir parce qu'un autre endroit a plus de cette clientèle-là et qu'eux autres ça va prendre plus de temps.

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L'objectif, c'est de vacciner notre clientèle le plus rapidement possible en visant la bonne clientèle cible, c'est-à-dire les plus vulnérables. C'est pourquoi sa demande de dire que tout le monde soit pareil est irréaliste, mais, beaucoup plus encore qu'irréaliste, ça voudrait dire que ce serait au détriment de certaines clientèles qui pourraient être prises en charge plus rapidement.

Quand il a parlé tantôt également au niveau de l'organisation du service: Tout le monde devrait être pareil, on devrait ouvrir les cliniques puis distribuer les vaccins, bien, je pense qu'on l'a assez dit, notre problème, ce n'est pas un problème de distribution et de vaccination, c'est un problème de quantité de vaccins. Donc, si on les donnait dans les cliniques, il arriverait ce qui s'est passé en Alberta, c'est-à-dire qu'il y aurait des patients qui ne sont pas nécessairement les patients qui ont besoin d'être vaccinés dans un premier temps qui recevraient, ce qui fait que ça pénaliserait les clientèles vulnérables. En plus, probablement qu'on manquerait de vaccins encore plus rapidement, et les gens qui auraient besoin d'être vaccinés ne seraient pas capables de l'avoir. Je pense que c'est quelque chose d'important de comprendre, c'est que notre organisation qu'on a faite au Québec, jusqu'à maintenant, de ce qu'on voit aujourd'hui, c'est probablement l'organisation la plus efficace.

Ce qu'on voit également dans les autres provinces, ceux qui n'ont pas utilisé les centres de vaccination massive ont été obligés d'utiliser des cliniques et d'autres types de professionnels, tandis que nos centres de vaccination massive nous permettent de vacciner le maximum de personnes dans un minimum de temps, tout en visant les clientèles vulnérables.

Quand on parle des vaccins... Tantôt, il a glissé le mot: Pourquoi est-ce qu'on ne vaccine pas plus? La raison est très, très simple: la fabrication des vaccins a été débutée il y a un certain temps, et ça prend un... encore là un délai avant qu'on puisse les avoir et qu'on puisse, nous autres, pouvoir les distribuer. Au niveau du Canada, c'est très clair, on a très bien travaillé notre dossier. On a notre répartition équitable au niveau des vaccins, on a notre proportion, qui est tout à fait acceptable, et les vaccins sont délivrés à peu près en même temps dans toutes les provinces.

Pour nous, au niveau du Québec, ce que ça veut dire, c'est qu'on a eu un apport de vaccins d'environ 430 000 vaccins par semaine au cours des trois prochaines semaines, ce qui va nous permettre, au cours... je vous dirais, jusqu'à la semaine prochaine, de réussir à vacciner plus de 1 million de Québécois. Pourquoi est-ce qu'on a réussi à vacciner plus de 1 million de Québécois? La raison est très simple: parce qu'on était bien organisés.

Puis là je ramène un message qui, pour moi, est important: le Québec était très bien préparé. Il y a eu, comme je disais, des imprévus auxquels il a fallu faire face et auxquels on a répondu très rapidement, mais actuellement on peut dire que notre façon de procéder est la plus efficace pour, encore là, atteindre le maximum de personnes en un minimum de temps puis atteindre les bonnes clientèles.

Quand le député de Marie-Victorin tantôt disait: Est-ce que nos communications avec le fédéral étaient bonnes?, nos communications avec le fédéral étaient excellentes. Le plan a été préparé en collaboration avec eux autres, et, à tout moment, on savait où on s'en allait. Et je peux vous dire que je parle très régulièrement avec la ministre fédérale qui nous informe, tant au niveau de notre approvisionnement en vaccins que des différentes problématiques qui se passent dans les différentes provinces, pour que, nous autres, au Québec, on puisse encore mieux s'y préparer.

Mes derniers messages, M. le Président, je les ferais pour la population: c'est de rappeler à la population que la grippe A (H1N1) est la condition la plus sérieuse qu'on a vécue au niveau des dernières années. Elle a un grand impact sur la population et sur chacun des citoyens. C'est une épidémie qui est mortelle, c'est une épidémie qui est très contagieuse. Le meilleur moyen de prévention demeure la vaccination le plus... puis les gens, on va faire... on va faire en sorte que ça aille le plus rapidement possible.

Le dernier conseil que je donnerais à la population, c'est que, oui, il y a des asymétries dans les différentes régions, mais c'est pour le mieux, parce qu'on veut vacciner le plus rapidement possible leurs clientèles cibles. Pour savoir exactement en quoi concerne leurs cas à eux autres, ils doivent regarder sur notre site Internet, dans les journaux, et, où ils demeurent, ils vont pouvoir avoir l'information sur quand ils vont pouvoir être vaccinés.

Là-dessus, M. le Président, je pense, c'est le dernier message: si le Québec est solidaire, si on travaille tous ensemble ― nos travailleurs de la santé sont dévoués actuellement, ils consacrent toute leur énergie à cette pandémie qui est la grippe A (H1N1) ― je suis certain qu'on va éviter beaucoup de décès ici, au Québec. Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Gendron): Alors, je vous remercie, M. le ministre de la Santé et des Services sociaux