Retour à :  MétéoPolitique  Plan du site  -  Grippe A (H1N1)-Porcine/Mexicaine  -  Ce qu'en disent les élus.es  -  M Yves BOLDUC

Campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1

Réponse de M Yves BOLDUC
Député provincial du comté de Jean-Talon
et Ministre de la Santé et des Services sociaux
Assemblée nationale, Journal des débats, période des question des députés.es
Cahier Vol. 41 N° 69
4 novembre 2009

Mme Marois: Merci, M. le Président. Vous allez excuser ma voix.

À partir d'aujourd'hui, nous allons donner des coupons aux personnes qui veulent se faire vacciner. En fait, on va en finir avec les images qui tournent en boucle à la télé, qui montrent des femmes enceintes avec leurs enfants, au froid, qui attendent le vaccin. Désormais, les parents vont recevoir un coupon. Ils vont faire la file dès 6 heures le matin, et ceux qui n'auront pas de coupon retourneront à la maison ou au travail bredouilles plutôt que de rester dans la file d'attente.

Les petits coupons, ils ne permettront pas une chose cependant, M. le Président, c'est de régler le vrai problème. Le rythme de vaccination n'est pas suffisamment rapide, M. le Président. En fait, la cause, c'est que nous n'avons pas suffisamment de doses. Nous avons fait un petit calcul, M. le Président. Si l'objectif du gouvernement du Québec est de vacciner au moins 75 % de la population entre la fin octobre et le 23 décembre, soit 10 semaines, on devra vacciner près de 98 000 personnes par jour, sept jours semaine.

Est-ce que le ministre peut nous dire combien de personnes ont été vaccinées jusqu'à maintenant?

Le Président: M. le ministre de la santé et des services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, actuellement, les doses qu'on a reçues sont en train d'être données. Donc, on estime actuellement entre 700 000 et 800 000 personnes qui sont en train de recevoir les doses. Là, ce qu'il faut comprendre, il faut les donner au fur et à mesure des semaines qu'on les reçoit, et je peux vous dire qu'excepté la région de Montréal, qui a pris un léger retard, toutes les régions donnent les doses de façon maximale, le plus rapidement possible.

Le Président: En complémentaire, Mme la chef de l'opposition officielle.

Mme Pauline Marois

Mme Marois: M. le Président, je comprends que le ministre ne sait pas combien de personnes ont été vaccinées jusqu'à maintenant. C'est inquiétant.

Est-ce que le premier ministre, lui, peut expliquer à la population pourquoi le ministre ne sait pas, pourquoi nous n'avons pas suffisamment de doses, M. le Président, et qu'est-ce qu'il fera pour répondre aux inquiétudes de la population du Québec, M. le Président?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, on a reçu notre quote-part de doses tel qu'il a été distribué au niveau canadien, c'est-à-dire environ 22,18 %. Le petit pourcentage de différence, c'est tout simplement qu'on en a envoyé un peu plus dans le Grand Nord canadien.

Une fois qu'on a dit ça, tous nos centres ont reçu leurs doses qu'ils devaient recevoir, et actuellement ils sont en train de faire la vaccination, qu'on doit répartir sur la semaine pour utiliser au mieux nos ressources. Il n'y aura pas de doses accumulées. La consigne est très claire: au fur et à mesure qu'on reçoit les doses, on doit les donner dans la semaine pour vacciner au maximum notre population. Et également nos doses sont réparties par régions pour aller chercher la plus grande équité possible. Le principe, c'est l'équité. Le problème...

Le Président: En terminant.

M. Bolduc: ...ce ne sont pas les ressources pour le donner. Nous avons assez de vaccins...

Le Président: En deuxième complémentaire, Mme la chef de l'opposition officielle.

Mme Pauline Marois

Mme Marois: Recevoir sa quote-part, c'est une chose. Vacciner, c'en est une autre, M. le Président. Et, malgré tout le dévouement du personnel de la santé, il y a des inquiétudes.

Est-ce que le premier ministre peut nous garantir, lui, que tout le monde pourra être vacciné avant la période des fêtes, M. le Président?

Le Président: M. le premier ministre.

M. Jean Charest

M. Charest: D'abord, quelques précisions sur l'opération de vaccination. Le vaccin, il fallait l'inventer, il fallait le créer, et ça, c'est une première étape qui a été franchie. Aussitôt que le vaccin a été créé, il faut le fabriquer, et c'est ce qui est en train d'être fait, et, au fur et à mesure où le vaccin est fabriqué, M. le Président, il est distribué, et il est distribué de manière équitable à travers le Canada.

Alors, on cherche à aller le plus rapidement possible ensuite pour vacciner les gens, en commençant avec les groupes prioritaires. Les groupes prioritaires, c'est les femmes enceintes, les enfants de six mois à cinq ans, les gens qui souffrent de maladies chroniques. C'est également les gens qui livrent des services essentiels, entre autres, dans le réseau de la santé.

Le Président: En terminant.

M. Charest: Il y a environ 300 sites à travers le Québec, et on va aller le plus rapidement possible pour tout le monde, M. le Président.

Le Président: En troisième complémentaire, Mme la chef de l'opposition officielle.

Mme Pauline Marois

Mme Marois: Aller le plus rapidement possible n'est pas suffisant, M. le Président. Ma question est claire, elle est simple: Est-ce que le premier ministre peut garantir à la population québécoise qu'elle aura accès à un vaccin d'ici la période des fêtes, M. le Président? Simple comme question: Est-ce que le premier ministre peut s'y engager?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, lorsqu'on calcule les doses qui vont... à venir... qui vont venir dans les prochaines semaines, on va être en mesure de vacciner toute la population du Québec. À moins d'un imprévu qu'on ne peut vraiment pas prévoir, c'est prévu qu'on va être capables de tout vacciner la population du Québec. Mais, il faut comprendre, c'est la plus grande opération jamais vue dans le monde au niveau sanitaire. C'est le monde entier qui doit être vacciné. Il doit faire les préventions pour la grippe A (H1N1). C'est la même chose au Québec. On essaie de tout prévoir, mais il peut y avoir des choses qu'à un moment donné on n'est pas capables de calculer. Mais on sait actuellement que, ce qu'on prévoit, on va être capables de vacciner toute la population du Québec avant les fêtes.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, il y a beaucoup de Québécois qui sont inquiets actuellement. Il y a des mamans et des papas qui prennent une journée de congé avec leurs enfants et qui vont se mettre en ligne pendant des heures pour avoir le précieux vaccin. Ils se font dire par le ministre: Restez calmes, soyez respectueux des autres, attendez votre tour, il va venir. Et ces mêmes parents apprennent, par les journalistes encore une fois, que des détenus ont été vaccinés, vaccin auquel ils ont droit comme tout le monde, mais ce n'est pas leur tour, M. le Président, ils ne sont pas un groupe prioritaire. Le premier ministre ne les a pas mentionnés tout à l'heure dans sa réponse.

Alors, le ministre de la Santé répond quoi, ce matin, aux parents qui attendent et aux autres, et aux autres qui attendent patiemment leur vaccin et qui apprennent, assez furieux d'ailleurs, que des détenus ont été vaccinés avant que ce soit leur tour?

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, c'est une situation, que j'ai dit ce matin, qui était inacceptable. C'est une erreur qui s'est produite. Ils ont été considérés dans la mauvaise catégorie et on va l'expliquer très simplement.

Dans les consignes, les gens qui sont à domicile, incapables de se déplacer, qui sont captifs de leur domicile, étaient supposés de recevoir la vaccination, et il y a un CSS qui a fait une mauvaise interprétation, et on a corrigé aujourd'hui, et la consigne est très claire: ils seront vaccinés, il seront vaccinés à leur tour, selon leur priorité.

Le Président: En question complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, le ministre fait le choix...

Des voix: ...

Le Président: Un instant, s'il vous plaît! S'il vous plaît, entendre la question. M. le député de Marie-Victorin, en complémentaire.

M. Drainville: M. le Président, le ministre a fait le choix d'avoir 19 plans régionaux plutôt qu'un seul plan national, le sien, et c'est pour ça que c'est la pagaille depuis. Il a décidé de décentraliser aux diverses régions le soin de se donner un plan de vaccination. C'est pour ça qu'on arrive avec des erreurs comme celle-là. Là, on apprend que des enfants du Centre mère-enfant de Québec, des enfants atteints du cancer notamment, ne peuvent pas recevoir le vaccin dans l'hôpital.

Qu'est-ce que le ministre répond aux parents qui se voient refuser le vaccin pour leurs enfants à la santé fragile...

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, deux aspects. Premier aspect: il y a un plan national qui est très bien conçu, un plan régional qui est très bien conçu, et un plan local qui est très bien conçu. C'est la meilleure façon d'agir, le plus rapidement, dans notre population. Pour ce qu'il s'agit des cas d'enfants malades dans les institutions, d'enfants malades qui ne peuvent pas sortir, on va avoir des équipes qui peuvent aller les vacciner sur place. Advenant le cas qu'il y a une erreur qui se produit, on va la corriger le plus rapidement possible. On veut offrir à notre population à risque les meilleurs services et la vaccination le plus tôt possible.

Le Président: En question complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.

M. Bernard Drainville

M. Drainville: M. le Président, je vais vous lire un témoignage d'une dame de la région de Québec:

«Cette semaine, mon conjoint [...] passe à l'hôpital pour y recevoir des traitements de chimiothérapie. S'ils le gardent à l'hôpital toute la semaine, vous vous doutez bien que ce n'est pas de la "petite" [chimio].

«Son médecin lui suggère fortement de recevoir le vaccin. Mais voilà, les hôpitaux n'ont pas de doses du vaccin. Lorsqu'il sortira de l'hôpital, son système immunitaire sera bousillé, au plus bas. S'il désire recevoir le vaccin, il devra...» Il va devoir faire la file! «Que croyez-vous qu'il arrivera s'il doit attendre des heures?»

Dans le Québec d'aujourd'hui, M. le Président, est-ce qu'il n'y a pas une façon plus humaine de faire les...

Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Yves Bolduc

M. Bolduc: M. le Président, je comprends le cas puis je pense que c'est important qu'on y accorde toute la considération possible. On va évaluer les personnes dans ce type de situation là et on va s'adapter. On a des équipes qui peuvent aller vacciner des clientèles plus vulnérables à l'endroit où ils peuvent... ils doivent le recevoir. On va regarder le cas et les cas similaires et on va s'adapter. Ce ne sera pas un système parfait, mais on va essayer de l'améliorer, le plus rapidement possible, afin que chacun reçoive la vaccination.