Retour à : Plan du site - Entrée de MétéoPolitique - Santé - Fiche: Grippe A (H1N1) - Regard sur la grippe

Grippe A: nouvelles accusations contre l'OMS
l'Organisation mondiale de la santé

7,4 millions de décès annoncés. 18 114 dénombrés, au final, depuis avril 2009. Les critiques sur la manière dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a répondu à la pandémie grippale sont montées d'un cran avec la publication coordonnée d'une enquête menée conjointement par le British Medical Journal (BMJ) et le Bureau of Investigative Journalism de Londres, et du rapport adopté le même jour par la commission de la santé de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

 

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Éthique

Industrie pharmaceutique et chercheure.es

Organisation mondiale de la santé

Résumé: une pandémie "officialisée" il y a un an

Résumé:  Une pandémie "officialisée" il y a un an 

24 avril 2009: Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), lance une alerte internationale de santé publique après l'apparition de cas de grippe liés à un nouveau virus A(H1N1), aux États-unis et au Mexique;

11 juin 2009: L'OMS annonce une pandémie grippale et le passage au niveau d'alerte maximum 6;

Depuis, la gestion de la pandémie est attaquée de toute part, et pour cause : en retirant le critère de mortalité du phasage de la mise en œuvre de sa stratégie de gestion face à tout virus nouveau, l'OMS nous condamne à l'« alerte sanitaire mondiale » à perpétuité.

Comment l'Organisation mondiale de la santé a-t-elle élaboré sa stratégie de réponse aux pandémies grippales que l'on observe depuis près d'un siècle ? Sur quelle définition précise et reconnue de l'épidémie à combattre ? Voici comment l'OMS s'est fourvoyée dans sa démarche.

Les faits en 5 points

1.  En modifiant sa définition d'une « pandémie de grippe »

En surfant sur le site de l'OMS, raconte le cardiologue Gérard Bapt, j'ai remarqué que l'organisation avait changé sa définition de la notion de pandémie virale.

Avant le 4 mai 2009, la définition d'une pandémie virale était la suivante :

« Une pandémie de grippe se produit lorsqu'apparaît un nouveau sous-type de virus dont personne n'est à l'abri. Plusieurs épidémies peuvent se déclarer simultanément dans le monde, provoquant un grand nombre de cas et de décès. »

Le site renvoie à la « check-list » qui précise des recommandations aux Etats et dit notamment que :

« même dans l'hypothèse la plus modérée, on dénombrera quelques 7,4 millions de décès dans le monde, dans un laps de temps très bref… »

2. En déclenchant l'alerte maximale très tôt

Après le 4 mai 2009, sur le même site, les notions de morbidité et de mortalité ont disparu. Lorsque Margaret Chan, directrice général de l'OMS déclenche, le 11 mars 2009, la phase 6 de la pandémie grippale, la plus haute cote, alors que 144 décès sont attribués à la grippe A dans le monde.

Cette déclaration n'aurait pu être faite sans le changement de définition, excluant la prise en considération de la mortalité. Le Center of Disease Control américain estimait dès le 23 avril 2009 que ce virus ferait beaucoup moins de morts qu'une grippe saisonnière.

Mais les mêmes prévisions en nombre de morts apparaissent toujours dans la « check-list » des recommandations aux Etats, ainsi déconnectées de la définition de la pandémie et entretenant le catastrophisme.

3. En changeant les règles de l'expertise du virus

Le 24 avril 2009, jour de « l'alerte sanitaire mondiale » proclamée par l'OMS, quinze cas de grippe étaient attribués au H1N1 type A.

Richard Besser, le directeur du Center of Disease Control déclarait :

« Nous allons expertiser le nouveau virus selon trois dimensions : Est-il nouveau pour la population ? Cause-t-il des affections sévères ? Est-il aisément transmissible ? »

Hélas, quelques jours plus tard, le 4 mai 2009, les bases sur lesquelles l'expertise devait être conduite allaient être bouleversées : la notion de sévérité de la pandémie disparaissait de la définition officielle de la pandémie. On venait de changer les règles du jeu en cours de partie !

C'est au bout d'une longue maturation que l'OMS en est arrivée à ce changement, prenant prétexte du nouveau règlement sanitaire international. Les efforts des firmes productrices de vaccins et de certains experts n'y ont toutefois pas manqué!

Personnes intervenantes

Bapt, Gérard  - médecin cardiologue et homme politique français

Bronner, Anne - de la Direction générale de l'alimentation de France

Chan, Margaret - médecin, directrice générale de l'OMS

Flynn, Paul - parlementaire britannique siégeant au Conseil de l'Europe

Hayden, Frederick - professeur et médecin de l'université de Virginie Charlottesville USA

Laval, Arlette - membre de l'École nationale vétérinaire de Nantes en France

Lavanchy, Daniel - médecin fonctionnaire pour le gouvernement Belge

Malpani, Rohit - représentant d'Oxfam

Nicholson, Karl - professeur et medecin du Leicester Royal Infirmary. Angleterre

Osterhaus, Albert - professeur et medecin de l'université Erasme, Rotterdam Pays-Bas

Snacken, René - médecin belge spécialiste de l'influenza

Organisations intervenantes

Conseil de l'Europe

Center of Disease Control USA

Groupe de travail scientifique européen sur la grippe

Institut de Veille Sanitaire (INVS-France)

Massachussets Institute of Technology

Organisation mondiale de la Santé

Roche et GlaxoSmithKline

Sources

Boursorama - France

British Medical Journal (BMJ)
Journaliste Deborah Cohen

Bureau of Investigative Journalism de Londres
Journaliste Philip Carter

France 24 H et AFP

Journal Le Monde - France
Journaliste Paul Benkimoun

Journal Le Nouvel Observateur - France

Résumé et commentaires par JosPublic
Pour MétéoPolitique
En ligne le 7 juin 2010