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Grippe A (H1N1)
Ottawa tente de dissiper la confusion

Société Radio-Canada Information
Publié le 1er octobre 2009

 

L'Agence de la santé publique du Canada a mis en doute, mercredi, les conclusions préliminaires d'études établissant un lien entre le vaccin contre la grippe saisonnière et la grippe A (H1N1).

L'organisme réagissait à quatre études canadiennes, dont faisait état la CBC la semaine dernière mais qui n'ont pas encore été publiées, qui semblaient indiquer que le fait d'avoir reçu un vaccin contre la grippe saisonnière par le passé doublait le risque d'être infecté du virus A (H1N1).

Les études en question

Les études ont été réalisées par le docteur Gaston de Serres, de l'Université Laval, et par la docteure Danuta Skowronski, du British Colombia Centre for Disease Control. Leur constat provient d'observations faites auprès de quelque 2000 patients canadiens hospitalisés à cause de la grippe A (H1N1). Les cas observés étaient toutefois bénins. Certains des sujets s'étaient fait vacciner contre la grippe saisonnière l'an dernier. Le travail des chercheurs est présentement devant le comité d'un journal scientifique.

Le directeur de l'Agence, le docteur David Butler-Jones, a notamment fait valoir qu'aucune étude internationale ne corroborait les données préliminaires de ces études. Il a ajouté que l'organisme a demandé un examen indépendant des études et qu'il partagera ses conclusions avec ces auteurs de même qu'avec les provinces et territoires au cours des prochains jours. Ces études pourraient être rendues publiques la semaine prochaine.

Les chercheurs eux-mêmes soulignaient d'ailleurs que les conclusions de l'étude, menée auprès de 2000 sujets, n'étaient pour l'instant qu'hypothétiques et qu'elles n'avaient pas été validées par des experts indépendants.

Ottawa d'accord avec les provinces

Même si peu de professionnels canadiens de la santé publique ont lu les études en question, leur influence sur les politiques publiques se fait néanmoins sentir. La plupart des provinces canadiennes, dont le Québec, ont décidé d'étaler ou encore de retarder la période de vaccination contre la grippe saisonnière pour la mener après celle contre la grippe A (H1N1).

L'Agence s'est dite en accord avec leur décision. Le docteur David Butler-Jones a indiqué qu'il y avait déjà des cas de H1N1 alors que le pic de la saison de la grippe saisonnière n'arrive que plus tard.

Au Québec, la campagne contre la grippe A (H1N1) débutera le 15 novembre, tandis que celle contre la grippe saisonnière est reportée à janvier 2010. Les personnes les plus à risque de ressentir les effets de la grippe saisonnière, comme les personnes âgées, recevront toutefois le vaccin contre cette grippe avant le 15 novembre.

Les compagnies pharmaceutiques protégées par Ottawa

L'Agence de la santé publique du Canada est également revenue sur la fiabilité du vaccin contre la grippe A (H1N1).

Les Canadiens qui auraient des problèmes de santé résultant du vaccin pourront poursuivre les compagnies pharmaceutiques. C'est toutefois le gouvernement fédéral qui réglera la facture si le tribunal accepte d'accorder des dommages. Le Canada suit ainsi l'exemple de plusieurs pays, dont les États-Unis. Les cas de négligence professionnelle feront toutefois exception.

Une controverse a éclaté ces dernières semaines quand des professionnels de la santé de divers pays ont estimé lors de consultations que les risques associés à ce vaccin dépassaient les bénéfices possibles. Aucune consultation de ce type n'a été menée au Canada. Selon l'Agence, les avantages du vaccin dépassent au contraire les effets secondaires potentiels.

Le point sur les futures mères

Au Québec, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a pour sa part dressé un bilan du nombre de femmes enceintes ayant cessé d'exercer leur emploi pour éviter d'entrer en contact avec le virus de la grippe A (H1N1).

La CSST a précisé que, depuis le 1er septembre, 675 femmes enceintes, issues essentiellement du monde de l'éducation et de la santé, avaient bénéficié d'un retrait préventif ou avaient été réaffectées à d'autres fonctions sur recommandation de leur médecin. Cette pratique découle d'une recommandation du ministère de la Santé, qui reconnaît que les femmes enceintes sont une tranche de la population plus à risque.

 

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