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Grippe A : Le Tamiflu provoquerait des effets secondaires néfastes chez les enfants
Les médicaments anti-grippe comme le Tamiflu ne devraient pas être prescrit aux enfants
les effets indésirables l’emportant sur les bénéfices, selon des médecins britanniques.

News-Assurance.com, Liberté et AFP
Florence Karel et Farid Belgacem

 
August 11, 2009

 

Les auteurs d’une étude publiée en ligne le 10 août 2009 par le British Medical Journal (BMJ) appellent le département de la santé britannique à reconsidérer de façon urgente leur politique actuelle dans le cadre de la pandémie due nouveau virus A (H1N1). Selon le Dr Carl Henegan, médecin généraliste et expert du John Radcliffe Hospital à Oxford (Royaume-Uni), l’un des auteurs de cette étude, la politique actuelle de donner du Tamiflu pour une maladie relativement bénigne est une “stratégie inappropriée”.

Les effets néfastes d’une prescription pour usage constant ou routinier (systématique) - telle qu’elle est pratiquée en ce moment en Angleterre - l’emportent sur les bienfaits d’une réduction d’un jour et demi de la durée des symptômes, d’après lui.

Le Tamiflu peut être obtenu facilement sans ordonnance dans ce pays.

L’étude, qui repose sur l’analyse de données disponibles issues d’essais comparatifs des inhibiteurs de la neuraminidase chez les enfants, souligne que le Tamiflu peut causer des vomissements chez certains enfants, pouvant conduire à une déshydratation et des complications. Selon l’étude encore, le médicament a peu ou pas d’effets sur les crises d’asthmes ou l’exacerbation de ses symptômes, sur l’augmentation des otites et le besoin de recourir aux antibiotiques chez les enfants.

La publication de l’étude intervient un peu plus d’une semaine après que d’autres recherches ont souligné que les enfants ayant reçu préventivement du Tamiflu ont eu des effets secondaires incluant nausées et cauchemars.

Ainsi l’agence sanitaire britannique, la Health Protection Agency (HPA), rapportait que plus de la moitié des 248 jeunes élèves qui avaient eu de Tamiflu, après qu’un de leurs camarades eut contracté la “grippe porcine”, ont souffert d’effets secondaires tels nausées, insomnies et cauchemars.

“D’après l’OMS, 50% des patients touchés par la grippe (saisonnière ou porcine) ont des symptômes de nausée ou de troubles de la digestion provoqués par la maladie”, a indiqué à l’AFP une porte-parole du groupe pharmaceutique suisse Roche. “Des études cliniques auprès d’enfants traités par Tamiflu ont démontré des effets secondaires comme la nausée, mais ceux-ci sont modérés et il est très rare qu’il faille interrompre pour cette raison un traitement avec le Tamiflu”, a-t-elle ajouté.

Le Tamiflu peut être prescrit à partir de l’âge de 1 an dans son dosage pédiatrique de 30 mg ou 45 mg en fonction du poids de l’enfant, les capsules de 75 mg étant réservées aux adultes à partir de 18 ans, selon la porte-parole.

Ces médicaments viennent de montrer leur limite

Cette nouvelle, qui tombe à quelques semaines de l’automne, période durant laquelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit une pandémie dans le monde, risque de remettre en cause toute la stratégie du ministère de la Santé et autres pouvoirs publics sensibilisés sur le sujet, et ce, du fait que tous les traitements préconisés au départ n’ont pas d’effet positif escompté sur les enfants, premières victimes et dangereusement exposés au virus H1N1. Bien avant, la Health Protection Agency (HPA), l’agence sanitaire britannique, avait rapporté que plus de la moitié des 248 jeunes élèves ayant eu préventivement du Tamiflu, après qu'un de leurs camarades eut contracté la grippe porcine, ont souffert d'effets secondaires tels les nausées, les insomnies et les cauchemars, et ce, sans compter de sévères symptômes d'ordre psychiatrique (hallucinations, comportement anormal et 12 décès constatés chez des enfants japonais de moins de 16 ans traités par Tamiflu il y a près de dix ans). Parallèlement, des autorités sanitaires soutiennent que le médicament (Tamiflu) n’était pas la cause de ces décès puisque 11 millions d'enfants avaient été traités par le même médicament au Japon entre 2001 et 2005.

Et c’est devant cette complexité à prononcer un verdict sans appel contre l’effet négatif du Tamiflu que le Dr Carl Henegan, expert du John Radcliffe Hospital à Oxford (Royaume-Uni), un des auteurs de l'étude, a avoué que la politique britannique de distribution du Tamiflu face à une maladie relativement bénigne est “une stratégie inappropriée”. Car, relèvent aussi des médecins, le simple Paracétamol suffit pour soigner la nouvelle grippe. Du coup, note-t-on, “les effets néfastes d'une prescription systématique telle que celle pratiquée en ce moment en Angleterre l’emportent sur les bienfaits comme la réduction d'un jour et demi de la durée des symptômes et la réduction de la transmission de la grippe de 8%”. Cela étant dit, la vente du Tamiflu sans ordonnance et sans consulter un médecin en Angleterre est un facteur favorisant les risques d’apparition de résistances au traitement.
 
D’où l’appel à la prudence quant à l’usage de ce médicament et autres antiviraux dans les circonstances actuelles. La réaction de la firme pharmaceutique Roche, productrice du Tamiflu, ne s’est pas fait attendre : la grippe en général occasionne nausées et troubles digestifs, a-t-on plaidé. “Des études cliniques auprès d’enfants traités par le Tamiflu ont démontré des effets secondaires comme la nausée, mais ceux-ci sont modérés, et il est très rare qu'il faille interrompre pour cette raison un traitement avec le Tamiflu”, a indiqué une porte-parole de Roche.

Une polémique de plus qui éclate en Europe et qui risque de porter un coup dur aux stratégies mises en branle dans les pays émergents comme l’Algérie. Selon l’OMS, qui a publié hier des statistiques officielles, la grippe porcine a tué 1 462 personnes sur les 177 457 cas répertoriés dans 170 pays et territoires, contre 1 154 morts sur 162 380 malades le 5 août dernier. “Le virus pandémique semble avoir atteint un pic et est en train de décliner dans plusieurs pays tempérés de l'hémisphère sud”, a encore affirmé l’OMS.

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