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Fin de l'hégémonie du dollar états-unien
Les pays émergents refusent de se laisser dépouiller

Depuis 2009, MétéoPolitique vous en parle occasionnellement. Bientôt le dollar $ vaudra beaucoup moins dans l'économie mondiale et il y aura de graves répercussions ici au Canada. Après l’ébranlement durable de l’organisation financière mondiale, la défaillance généralisée des économies réelles, la mise en péril des puissances publiques (nationales, régionales, locales), voici la mise sur pied de la quatrième phase de la crise économique et systémique en cours : une contre-attaque envers l'empire du roi-dollar. - JosPublic

 

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Le camouflet des pays émergents à l’hégémonie américaine

 
 

En annonçant à Fortaleza (Brésil), la création de leur propre banque de développement et de leur propre fonds de devises, les pays émergents des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud) sont en passe non seulement de torpiller l’ordre monétaire international, mais de déclencher une révolution géopolitique à l’échelle planétaire.

Car si le projet des BRICS va à son terme, c’est bien l’hégémonie américaine héritée de la Seconde guerre mondiale et l’omnipotence du roi-dollar consacrée lors des accords de Bretton Woods en 1944 ( 01 ) qui seront battues en brèche.

Résumons succinctement les conditions techniques de l’opération :

  • la Nouvelle banque de développement (NBD) aura un capital initial autorisé de 100 milliards de dollars ;

  • chaque pays membre participera selon ses moyens ; d’autres pays pourront s’adjoindre à la fine équipe, mais les BRICS se réserveront une part de contrôle minimum de 55% du total.

  • l’ensemble sera opérationnel avant la prochaine réunion des BRICS, dès 2015 ; le siège de la banque sera situé à Shangaï ;

  • les échanges entre les pays membres s’effectueront directement dans l’une ou l’autre des monnaies de leur cru (et non plus en passant par le billet vert USA).

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Les conséquences géopolitiques

 
 

Les conséquences de ces décisions sont sans appel pour le vieil ordre occidental chancelant :

  • Le dollar y perd son hégémonie de monnaie-étalon qui permettait entre autres aux États-Unis de faire financer leur énorme dette par les autres pays ;
     

  • la Banque mondiale et le FMI, pièces maîtresses du système occidental, perdent une grande part de leurs moyens exclusifs de pression ;
     

  • L’arme de dissuasion financière dont disposait exclusivement Washington voit sa force d’impact considérablement réduite ;
     

  • un bouleversement d’envergure en matière de répartition des ressources mondiales apparaît comme de plus en plus probable à assez brève échéance (notons que lors du sommet de Fortaleza, Vladimir Poutine a aussi proposé une association énergétique à ses partenaires).

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Vers un nouvel ordre monétaire international

 
 

Le camp occidental tente bien sûr de faire bonne figure devant l’annonce. Quand ils ne font pas silence, ses médias s’emploient à essayer d’en banaliser la portée. Mais le camouflet est cuisant pour le vieux système néolibéral septuagénaire. Et la réponse de Vladimir Poutine aux sanctions américaines et européennes, cinglante.

Pour tout dire, il ne fallait pas être fin analyste pour savoir que les mesures radicales prises par les BRICS pendaient depuis longtemps aux nez du suzerain américain et de ses commensaux européens.

Déjà en 2009, Robert Fisk expliquait que les insatisfaits du système proposait d’utiliser « un panier de monnaies, dont le yen japonais et le yuan chinois, l’euro, l’or et la nouvelle devise commune que doivent adopter les nations appartenant au Conseil de Coopération du Golfe, incluant l’Arabie Saoudite, Abu Dhabi, le Koweït et le Qatar ». Pour appuyer ses affirmations, Robert Fisk s’appuyait sur des « réunions secrètes », mollement démenties par les intéressés, et confirmés par des sources bancaires du Golfe et de Hong Kong.

L’échéance entendue peut paraître lointaine (2018), mais les hostilités n’attendront évidemment pas pour éclater. Et cette nouvelle est un coin meurtrier d’ores et déjà enfoncé dans les flancs du vacillant maître de l’Empire : les États-Unis-d’Amérique.

D’autant que d’autres pays dits émergents (le Brésil, l’Inde) ont déjà participé à des règlements de pétrole hors dollar. L’Iran elle-même s’est fait un plaisir de rajouter de l’huile sur le feu en annonçant que « ses réserves de devises étrangères seraient désormais conservées en euros plutôt qu’en dollars ».

Pire, note Robert Fisk, « certains financiers israéliens ont témoigné depuis 2007 leur intérêt pour des investissements non libellés en dollars dans des banques arabes ».

Pour faire beaucoup, ça fait beaucoup ! « Des sources chinoises du secteur bancaire indiquent que les discussions sont allées trop loin pour être désormais bloquées », assène Robert Fisk. ( 02 )

Puis ce tout récent accord gazier entre la Russie et la Chine ( 03 ), précipité par les manigances de l’Otan en Ukraine (après l’Irak, la Libye, la Syrie...).

Il faut aussi tenir compte des inconséquences financières de la banque "Federal" états-unienne qui, en janvier 2014, firent vaciller les monnaies des BRICS.

Une station de Gazprom en Ukraine

En décrétant leur émancipation, les pays émergents ouvrent la voie à une refondation de l’ordre monétaire global, condition sine qua non à l’avènement du monde d’après.

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"Les États-Unis-d'Amérique parasitent l'économie globale"
déclare Vladimir Poutine premier ministre de la Russie

 
 

Août 2011. Le président russe, Vladimir Poutine, qui a souvent critiqué la politique de change extérieure des États-Unis, a noté que la Russie détient une grande quantité d'obligations et de bonds du trésor états-uniens. «Si, là-bas (en Amérique), il ya un dysfonctionnement systémique, cela va affecter tout le monde ", a déclaré M. Poutine.

Après la dernière guerre mondiale, une entente entre les pays faisait en sorte que tous les achats de pétrole devaient se payer en dollars états-unien.

Avec le temps et le manque d'or, il fut convenu que le dollar deviendrait l'étalon international.

Depuis, un groupe de pays a commencé à prendre du recul et permettre, comme l'a fait l'Iran, de se faire payer le pétrole en argent autre que le dollar. Il ne fallait pas croire que les États-Unis-d'Amérique laisseraient aller. Depuis les médias accrochés aux basques des états-uniens nous présentent l'Iran comme étant le Grand Satan qui voudrait la bombe atomique. Voilà une belle diversion...tiens tiens!

Comme pour l’Empire Romain en déclin, les États-Unis sont impliqués dans tellement de conflits que les finances ne suivent plus, 104 en 2014. À cet égard, voici les trois trappes déployées par l'administration Obama :

1. faire démissionner le directeur du Fonds monétaire international FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui s’était publiquement prononcé pour une nouvelle monnaie gérée par le FMI. Ce qui fut fait en lui tendant un piège basé sur une de ses faiblesses; ( 04 )
 

2. l'attaque des firmes de cotations états-uniennes contre la valeur de la monnaie européenne (l’Euro). Ce qui fut fait, la Grèce a été le premier pays européen à en souffrir; ( 05 )

3.
Lorsque Mouammar Kadhafi, président de la Libye, a vendu tous ses dollars états-uniens en échange d'or pour se prémunir contre la fluctuation appréhendée du dollar états-unien, et qu'il a offert aux pays africains de créer les États-Unis d'Afrique avec leur propre banque et leur propre argent, qu'est-ce qui fut fait? Son pays a été détruit et lui assassiné ( 06 ).


Commentaire
de
JosPublic

On comprend mieux ce qui se joue en Ukraine en ce moment, au-delà de la guerre d'oléoducs du gaz et du positionnement de bases de l'OTAN en Ukraine, c'est une façon de piéger Vladimir Poutine dans une guerre de terrain, puisqu'il est l'un des promoteurs d'un nouvel étalon pour l'argent international. Il n'est pas le seul mécontent, les pays émergents ne veulent plus être dépouillés par les États-Unis.

Il est facile de comprendre que chaque fois que les États-uniens épongent un déficit en imprimant d'autres billets de banque, la valeur de chaque billet diminue. En pratique, on peut dire que les États-uniens font financer leur guerre par les autres pays et se gardent le pouvoir armé.

Mais tout cela devrait changer d'ici 2018, le dollar ne sera plus qu'une monnaie parmi tant d'autres. Peu importe ce que feront les États-Unis et leur menace de guerre, à moins qu'ils soient assez fous pour faire exploser la planète par le nucléaire, car ils n'ont plus les moyens de diriger comme ils le font présentement des «opérations spéciales» ou des guerres secrètes dans 124 pays ( 07 ).

Donc, malgré tous les gestes agressifs posés par les États-Unis, à ce jour leur stratégie a échoué et la Russie n'a pas renoncé à imposer une nouvelle monnaie mondiale. Lors d'une réunion du G20, l'ex-président russe Dmitri Medvedev avait même osé remettre à chacun des participants une pièce type de cette nouvelle monnaie à laquelle plusieurs pays s’étaient montrés intéressés dont la République de Chine. Un empressement au changement que ne partagent pas les États-Unis-d'Amérique. ( 08 )

Je nous souhaite que la Caisse de dépôt et placement du Québec, que nos fonds de retraite, les placements REER et autres voient venir le coup. Ça va saigner nos portefeuilles.

«

Des pays comme la Russie et la Chine détiennent une part importante de leurs réserves dans des titres américains ... Il devrait y avoir d'autres monnaies de réserve.
                                                              - Vladimir Poutine

»
 

Dé-dollarisation du pétrole : un bouleversement financier aux conséquences géopolitiques considérables
par Robert Fisk
Journal The Independent
le 7 octobre 2009
traduction par Contre Info

 
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Le plan de dé-dollarisation du marché pétrolier discuté en public et en secret pendant au moins deux ans et largement démenti hier par les suspects habituels - en tête desquels l’Arabie saoudite comme on pouvait s’y attendre - reflète le ressentiment croissant au Moyen-Orient, en Europe et en Chine envers des décennies de domination politique et économique américaine.

Nulle part ailleurs au monde, cette décision ne revêt une importance symbolique plus grande qu’au Moyen-Orient, où les Émirats Arabes Unis détiennent à eux seuls 900 milliards de dollars en réserve de devises et où l’Arabie saoudite a discrètement coordonné avec les Russes sa défense, ses armements et ses politiques pétrolières depuis 2007.

Cela n’indique pas le début d’une guerre commerciale avec les USA - pas encore - mais les régimes arabes du Golfe sont de plus en plus rétifs vis-à-vis de leur dépendance économique et politique à Washington depuis de nombreuses années.

Sur les 7 200 milliards de dollars de réserves internationales, 2 100 milliards sont détenus par les pays arabes, et environ 2 300 milliards par la Chine. Les nations intéressées à l’abandon du dollar dans le commerce pétrolier sont présumées détenir plus de 80% des réserves internationales en dollars.

Les démentis de l’Arabie saoudite ont été considérés par les banquiers arabes comme relevant des us et coutumes politiques du Golfe. Les Saoudiens avaient persisté à nier que l’Irak ait envahi le Koweït en 1990 - alors même que les légions de Saddam Hussein se tenaient à la frontière saoudienne, jusqu’à ce que les États-Unis diffusent dans le monde entier l’information de l’agression irakienne.

Les banquiers saoudiens sont bien conscients que d’ici à neuf ans - le délai de transition prévu pour l’abandon du dollar dans le commerce du pétrole au profit des devises japonaise et chinoise, de l’euro, l’or et d’une éventuelle nouvelle monnaie du Golfe - La Chine aura doublé son PIB, pour atteindre les 10 000 milliards de dollars (en supposant un taux de croissance de 7%), et que les États-Unis pourraient alors ne plus peser que 20% du PIB mondial.

Des changements aussi radicaux dans l’économie et la finance, encouragés par la dé-dollarisation du pétrole, auront d’énormes répercussions politiques au Moyen-Orient, en particulier si la rivalité des superpuissances économiques américaine et chinoise devient prédominante pour le monde arabe.

Le soutien économique apporté à Israël par les USA sera-t-il encore aussi loyal dans neuf ans si la Chine et les pays Arabes sont devenus les forces motrices dans les marchés financiers mondiaux ?

De fait - ayant peut-être cela en tête - certains financiers israéliens ont témoigné au cours des deux dernières années leur intérêt pour des investissements non libellés en dollars dans des banques arabes. Chaque fois qu’un changement de cette ampleur se déroule sur plusieurs années, il doit être amorcé en secret.

On ne peut nier que ce projet de négoce pétrolier hors du dollar ait de profonds motifs politiques. L’effondrement de l’Union soviétique a permis aux États-Unis de dominer le Moyen-Orient, plus que toute autre région du monde, et les Arabes - qui ne peuvent plus envisager un boycott pétrolier du type de celui qu’ils imposèrent à l’occident après la guerre de 1973 au Moyen-Orient - sont toujours désireux de prouver qu’ils peuvent utiliser leur pouvoir économique pour impulser des changements.

L’offre faite par l’Arabie Saoudite et la Ligue Arabe de reconnaître Israël et son besoin de sécurité en échange d’un retrait israélien des territoires arabes occupés n’a pas - d’après les Saoudiens eux-mêmes - une durée de validité indéterminée. Si elle est ignorée ou repoussée, ils peuvent alors rechercher d’autres alliés, par le biais de nouvelles institutions financières, pour imposer la naissance d’un nouveau Moyen-Orient. La Chine sera heureuse de les y aider.

Sources:  The Independent pour Alexander Lebedev; Politis.france pour un groupe de journalistes indépendants; MétéoPolitique pour JosPublic

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 25 juillet 2014

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Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

À propos des "Accords de Bretton Woods" en 1944 - Sur Wikipédia

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02

 
 

Dé-dollarisation du pétrole : un bouleversement financier aux conséquences géopolitiques considérables par Robert Fisk - Journal The Independent le 7 octobre 2009. Traduction par Contre Info

 
 

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03

 

Gaz : un accord à 400 milliards de dollars entre la Chine et la Russie - Sur le journal Le monde France, le 21 mai 2014

 

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04

 
 
 
 
 
 

Barak Hussein Obama

 
 
 
 
 

Obama, la guerre financière et l’élimination de DSK - par Thierry Meyssan

On ne peut comprendre la chute de Dominique Strauss-Kahn sans la replacer dans le contexte du projet qu’il incarnait de création d’une nouvelle monnaie de réserve internationale prévue pour aujourd’hui 26 mai 2011. Un projet paradoxalement attendu par les États émergents tout autant que par la finance apatride, mais refusé par le complexe militaro industriel israélo-états-unien. Thierry Meyssan lève le voile sur le coup-fourré de l’administration Obama pour ne pas tenir ses engagements. Réseau  Voltaire | 26 mai 2011

 
 
 
 
 
 

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05

 
 
 
 

Économie : quel contre-pouvoir face aux agences de notation ? En dégradant vendredi 5 juillet la note de la dette publique américaine, passée de AAA à AA+, Standard & Poor's a provoqué la crainte, voire la panique, d’un krach et alimenté les crispations contre les agences de notation. De plus en plus de voix s'élèvent contre ce qui apparaît comme une forme de dictature de ces institutions. - Sur TV5Monde, le 8 août 2011

 
 
 
 

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06

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Jean-Paul POUGALA
un écrivain directeur de l’Institut d’Études Géostratégiques et professeur à l'Université de la Diplomatie de Genève

 

Par l'ONU on bombarde la Libye en notre nom
À l'avant plan, la France et les USA défendent leurs intérêts

Objectif principal: détruire la création des États-Unis-d'Afrique, son fonds monétaire africain, sa banque de développement africaine. Les États africains doivent quitter les Nations Unies afin de marquer leur réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ?

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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07

 
 
 
 
 
 
 

Une troisième guerre mondiale se profile à l'horizon!Selon Daniel Ellsberg - Sur MétéoPolitique

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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08

Vers le texte : La guerre de la monnaie ou devise mondiale - Sur MétéoPolitique

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