Une étude de la Croix-Rouge montre les conséquences sociales de la crise en Europe
La situation au Québec est similaire
ci-dessous Montréal et Québec

Associated Press
et le nouvel Observateur
Économie
Le journal La Presse et Le Soleil
Publié le 20 octobre 2009

 

La faim et d'autres problèmes liés à la crise économique sont récemment apparus dans plusieurs pays européens, dont certains, telles que l'Espagne ou l'Italie, figurent pourtant parmi les plus riches du monde, selon une étude de la Croix-Rouge internationale diffusée le 19 octobre 2009.

Cette étude de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge menée dans plus de quarante pays révèle l'existence de problèmes témoignant des graves conséquences de la crise économique sur la vie quotidienne de leurs habitants.

"Ce qui est le plus frappant, c'est que plus des deux tiers des sociétés nationales (de la Croix-Rouge, NDLR) de l'Union européenne évoquent une aide alimentaire", souligne l'étude, citant une demande de denrées alimentaires dans des pays comme l'Espagne ou l'Italie. En Espagne, la Croix-Rouge a ainsi distribué de la nourriture dans le cadre d'un programme de l'UE destiné à 500.000 personnes.

De même, en Islande, pays durement frappé par la crise financière, "chaque foyer a été affecté d'une manière ou d'une autre, et des personnes qui n'avaient jamais approché la société nationale auparavant demandent maintenant son aide". La nourriture et des vêtements figurent parmi les denrées distribuées par la Croix-Rouge dans le pays.

Dans plusieurs pays, la Croix-Rouge indique également avoir reçu une augmentation des demandes d'argent en liquide "pour payer des dettes ou l'électricité et d'autres factures", selon l'étude.

Selon Georg Habsbourg, président de la Croix-Rouge hongroise, la plupart des gouvernements européens sous-estiment ces problèmes et doivent réagir dès maintenant. "Il y a un gros problème qui arrive", a-t-il déclaré à l'Associated Press. "A la Croix-Rouge, on peut le sentir avant que les statistiques le montrent".
 

Moisson Montréal en banqueroute alimentaire

A Québec, depuis juin 2009 c'est la ruée vers les banques alimentaires

Marcel (nom fictif) est au chômage depuis quelques mois. Père de trois enfants, il doit se résoudre à aller cogner à la porte de
la Société Saint-Vincent-de-Paul pour garnir le garde-manger. «Je n'ai pas le choix, avec le chômage je n'arrive pas», lance-t-il, peu bavard, en empoignant ses précieux sacs de nourriture.

C'était jour de distribution mardi matin dans les locaux de la Société Saint-Vincent-de-Paul situés sur la rue Saint-François dans le quartier Saint-Roch. À 7h30, une heure avant l'ouverture des locaux, les gens attendaient déjà en file, indique Gérard Plante, président de cette section locale de la Société. «Depuis une quinzaine d'années, le nombre de personnes qui viennent ici a plus que triplé.»

Les chômeurs sont aussi plus nombreux, ajoute-t-il. «Avant, c'était beaucoup des gens sur l'aide sociale. Maintenant, on a aussi des chômeurs, c'est nouveau.»  

Le coup de pouce apporté par l'équipe de bénévoles de M. Plante est d'autant plus apprécié qu'il est l'un des rares à survenir au cours de l'été. «J'ai fait plusieurs appels, c'est le seul endroit que j'ai trouvé», lance un homme rencontré mardi matin, qui a préféré ne pas s'identifier. «Les autres comptoirs alimentaires sont fermés. Les ressources devraient être mieux réparties, surtout l'été.»

Pendant que les touristes s'émerveillent devant le Moulin à images et le Cirque du Soleil, ce dernier a tenu à rappeler que des gens peinent à manger à leur faim, en plein mois de juillet.

«C'est beau d'investir dans des activités pour les touristes, mais la Ville devrait redistribuer une partie des profits dans des organismes comme la Société Saint-Vincent-de-Paul», dit-il.

Mardi matin, des gens se sont d'ailleurs rivé le nez à une porte close. Le comptoir alimentaire, qui devait être ouvert tout l'avant-midi, a dû fermer ses portes plus tôt que prévu. Tout le stock de nourriture a été écoulé en moins de deux heures.