Goldman Sachs n'entend pas renoncer à verser des bonus à ses cadres

Goldman Sachs, "la banque que tout le monde aime détester" comme la décrit le Wall Street Journal

AFP
10 octobre 2009

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Photo du PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein

 

NEW YORK — Le PDG de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs Lloyd Blankfein n'entend pas renoncer à récompenser ses meilleurs éléments avec de généreux bonus, a-t-il prévenu, arguant de son "obligation" à garder ses employés "contents".

"Au coeur du succès de la performance, des succès et de la longévité de Goldman pendant (la crise financière), il y a, à part la chance, le fait que nous nous sommes mis en position d'avoir plus de chance grâce à nos employés", a souligné M. Blankfein dans un entretien publié samedi par le Wall Street Journal.

"J'ai l'obligation de garder l'entreprise et cette marque intacte", a-t-il enchaîné.

M. Blankfein, qui s'est exprimé à plusieurs reprises sur la moralisation des rémunérations des cadres et acteurs de marché, plaidant notamment pour qu'elle soit conçue sur le long terme et largement versée en actions, a également avancé un argument inédit: les bonus accumulés dans la banques permettent à ses employés d'accumuler rapidement de la richesse, et par voie de conséquence de se retirer tôt des affaires pour faire carrière dans le service public.

"Je parie que, quand les choses se seront calmées, on trouvera de nouveau que c'est positif que les gens mettent de côté leur recherche de richesse personnelle pour aller se mettre au service du gouvernement", a dit M. Blankfein.

Goldman Sachs, "la banque que tout le monde aime détester" comme la décrit le Wall Street Journal, est en effet un réservoir de dirigeants du Trésor et autres responsables politiques. Sont notamment issus de ses rangs l'ancien secrétaire au Trésor Henry Paulson et l'actuel gouverneur du New Jersey (est) Jon Corzine.

Le mois dernier, M. Blankfein avait estimé que, "par bien des aspects, une grande part (des controverses sur les primes versées dans les banques) est compréhensible et justifiée". "Il y a peu de justification pour le versement de rémunérations discrétionnaires (ndlr: primes) démesurées quand une institution financière a perdu de l'argent dans l'année", avait-il dit.

Chez Goldman Sachs, les frais de rémunération ont représenté 49% du chiffre d'affaires durant le premier semestre, atteignant 6,65 milliards au deuxième trimestre, en hausse de 47% par rapport à la période équivalente de 2008, alors que le bénéfice net voyait sa progression limitée à 33%.