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L'Allemagne fait un coup d'État économique pour renverser le gouvernement grec (13 juillet 2015)
Tuer le projet européen pour les intérêts de quelques créanciers.
La probité d'Aléxis Tsipras
Syriza une coalition politique menacée par l'Allemagne

 

Supposons que vous considérez qu'Aléxis Tsipras est un "twitt" incompétent. Supposons que vous souhaitez de tout coeur voir Syriza perdre le pouvoir et être exclu du gouvernement. Supposons que vous accueillez la possibilité de pousser ces ennuyeux grecs hors de l'Euro? Malgré tout, rien ne justifie une liste aussi folle de revendications telles qu'exigées par l'Eurogroupe envers la Grèce.

L'Allemagne fait un coup d'État économique pour renverser le gouvernement grec (13 juillet 2015)
Tuer le projet européen pour les intérêts de quelques créanciers.
La probité d'Aléxis Tsipras
Syriza une coalition politique menacée par l'Allemagne

 

 

Texte par
Paul KRUGMAN

Chroniqueur économique au New York Times

Le "hashtag" à la mode "ThisIsACoup" démontre bien toute la folie de la situation et cela va au-delà de la pure et dure vengeance. Détruire la souveraineté nationale et n'offrir aucun espoir de soulagement des effets de l'austérité représente une offre destinée à être refusée par les grecs; mais malgré cela, c'est une trahison grotesque de toutes les bases sur lesquelles le projet Européen était censé reposer.

Y-a-t-il quelque chose qui pourrait retirer l'Europe du bord du gouffre ? Il est dit que Mario Draghi président de la banque centrale européenne (BCE) tente de réintroduire un peu de raison, que François Hollande, président de la France, montre enfin un peu de résistance au jeu de l'Allemagne avec son discours de "moralité économique" qu'il n'a jamais combattu avant aujourd'hui. Mais une grande partie du dommage a déjà été faite. Qui fera confiance aux supposées bonnes intentions de l'Allemagne après cela.

En quelque sorte, les aspects économiques sont presque devenus secondaires. Mais encore, soyons clairs: ce que nous avons appris ces dernières deux semaines c'est qu'être membre de la zone euro signifie que les créanciers peuvent détruire votre économie si vous sortez de leur ligne de pensée. Ce positionnement politique n'a aucune incidence sur l'économie sous-jacente de l'austérité.

Il est aussi vrai que l'imposition sévère de l'austérité sans allégement de la dette est une politique vouée à l'échec. Et cela signifie que même une complète capitulation grecque serait une voie sans issue. Désolé, mais c'est le genre de question que l'on doit maintenant se poser: Si la Grèce tente une sortie victorieuse de l'Euro, est-ce que l'Allemagne va tout faire pour la faire échouer?

Le projet européen, un projet que j'ai toujours salué et soutenu - a tout simplement reçu un coup terrible, peut-être fatal.

Et quoi que vous pensiez de Syriza ou de la Grèce, ce ne sont pas les grecs qui l'on donné.

 

Source: Texte original «Killing the European Project», July 12, 2015. New York Times pour Arthur Ochs Sulzberger Jr

Choix de photos, mise en page, références, titrage et traduction de l'anglais par : JosPublic
Publication : 13 juillet 2015

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