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Jour du référendum Grec sur la dette de l'État et discours du Premier ministre
Grèce: La journée historique du 5 juillet 2015

Près de 10 millions de Grecs inscrits sur les listes électorales étaient invités à voter dimanche dans 19 159 bureaux de vote à travers tout le pays. Et c'est le "non" qui l'a emporté, confirmant ainsi la position du gouvernement face à ses créanciers. Ce dernier se dit désormais prêt à de nouvelles négociations même si Berlin s'annonce déjà sans pitié, à l'image de son ministre de l'Economie qui a déclaré qu'Alexis Tsipras "a coupé les derniers ponts" avec l'Europe. Mais la négociation reprend le 6 juillet 2015 comme le souhaitait le gouvernement Grec.

 

6 heures
Am.

Les bureaux de vote ont ouvert à 6 heures du matin (7 heures, heure locale) dimanche, pour un référendum portant sur l'acceptation ou non par les électeurs de la dernière proposition de réformes formulée par les créanciers du pays (BCE, UE, FMI). Les quatre derniers sondages publiés ne promettent un triomphe à personne : trois donnent l'avantage au oui, un au non, mais avec des avances respectives de 1,4 point au plus.

6 h 45.

Pawel Tokarski

L'Europe et ses dirigeants attendent avec fébrilité l'issue d'un référendum en Grèce lourd de conséquences pour l'avenir du continent. Le scrutin, qui pourrait aboutir, selon certains, à une sortie de la Grèce de la zone euro, va "déterminer la future trajectoire de l'intégration européenne", assure Pawel Tokarski, analyste de la Fondation Sciences et Politique (SWP) à Berlin.

9 h 30.

Alexis Tsipras a déclaré, après avoir voté au référendum, que "personne ne pouvait ignorer le message de détermination d'un peuple à prendre son destin entre ses mains". L'air détendu, en chemise blanche et pantalon gris, il a fait cette brève déclaration après avoir voté dans une école du quartier de Kipseli (nord d'Athènes) où il réside. Son gouvernement fait campagne pour le non.

Le Premier ministre grec a tenté de faire passer aux électeurs son propre "optimisme", se disant "confiant que, demain, nous ouvrirons un chemin pour tous les peuples d'Europe, une voie de retour aux valeurs fondatrices de la démocratie et de la solidarité en Europe, en envoyant un message fort de volonté non seulement de rester en Europe mais de vivre avec dignité en Europe". "Aujourd'hui est un jour de fête et de joie", a-t-il assuré.

10 heures.

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis - seul dans le gouvernement à avoir promis de démissionner en cas de victoire du oui - a voté au référendum. Samedi, il a accusé les créanciers du pays de "terrorisme" et de vouloir "humilier les Grecs". "Ce qu'ils font avec la Grèce a un nom : terrorisme", accuse Yanis Varoufakis, connu pour sa liberté de ton, dans un entretien au quotidien espagnol El Mundo.

12 heures.

Le ministre français de l'Économie, Emmanuel Macron, estime que, "quel que soit le vote, nous devons dès demain reprendre les discussions politiques", et non "céder à la tentation d'"écraser un peuple". Participant à un colloque économique à Aix-en-Provence, le ministre a ajouté : "Même si le non grec devait l'emporter, notre responsabilité sera de ne pas faire le traité de Versailles de la zone euro." 

Le traité de Versailles, signé à la fin de la Première Guerre mondiale, imposait à l'Allemagne des conditions très dures, qui ont favorisé l'ascension du nazisme."Je ne m'habitue pas ni au cynisme des dirigeants grecs qui ont posé une question biaisée", ni aux "propos populistes d'aucuns qui, parce que l'opinion publique le leur demande, considèrent que la solution à tous nos problèmes serait de sortir la Grèce de la zone euro", a aussi déclaré Emmanuel Macron, dans un fervent plaidoyer pro-européen. "Nous avons besoin d'un peuple grec responsable qui sache qu'il ne vote pas simplement pour la Grèce mais pour toute la zone euro, et nous, nous avons besoin d'être solidaires", a-t-il dit, en jugeant que les dirigeants grecs comme leurs partenaires européens avaient "coproduit" la crise en Grèce.

13 heures.

Jean-Luc Mélenchon a appelé dimanche la France à "empêcher l'expulsion de la Grèce de la zone euro", quel que soit le résultat du référendum dimanche soir. "Que ce soit oui ou que ce soit non en Grèce, la France doit empêcher l'expulsion de la Grèce de l'Union européenne et de la zone euro, c'est-à-dire doit reformuler les conditions de survie à l'intérieur de ces deux entités qui permettent à la Grèce de vivre".

"Sinon, alors il faut commencer à poser la question de savoir ce qu'on fait là", a-t-il dit. "La souveraineté nationale, c'est la souveraineté populaire, la République fonde la nation, rien n'est au-dessus du droit du peuple", a-t-il ajouté.

14 heures.

Le chef du gouvernement conservateur espagnol, Mariano Rajoy, se disant persuadé que l'avenir dans la région "ne sera pas facile". "La Grèce fait partie de l'Union européenne, et aussi de la zone euro, et j'espère qu'elle le restera", a déclaré M. Rajoy lors du discours de clôture d'un campus organisé par la Faes, un think tank conservateur

 Le chef du gouvernement a rappelé, comme à d'autres occasions, que la Grèce avait profité du soutien européen, des aides financières représentant 200 milliards d'euros, selon lui, et a insisté sur le fait que "l'Europe a toujours été solidaire et le restera". "Mais l'euro n'est pas et ne peut pas être un club à la carte, il y a des normes et des règles destinées à assurer sa survie", a-t-il affirmé. "L'avenir ne sera pas facile, quel que soit le résultat du référendum", a-t-il encore estimé.

16 h 30.

Que ce soit le oui ou le non qui l'emporte, le résultat du référendum grec apportera davantage de nouveaux problèmes que de solutions, explique notre envoyé spécial à Athènes. Si c'est le oui qui gagne, Alexis Tsipras s'est engagé à respecter le choix de ses concitoyens.

Si son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a d'ores et déjà annoncé qu'il démissionnerait, nul ne sait quelle sera l'attitude du Premier ministre, qui soutient le non. Mais il faudra agir vite, car, dès lundi, les liquidités manqueront et, sans un réapprovisionnement de la BCE, les distributeurs ne pourront plus accorder 60 euros par jour aux Grecs.

Alexis Tsipras se présentera-t-il à Bruxelles aux premières heures pour accepter les conditions des créditeurs qui ont provoqué le référendum ? Rien n'est moins sûr, car l'Allemagne a retiré le plan d'aide et, même pour signer une reddition sans condition, le gouvernement Tsipras n'a plus d'interlocuteur en Europe. Si le Premier ministre grec démissionne, un gouvernement d'unité nationale verra-t-il le jour ? Là encore, les divisions de l'opposition ne permettent pas de l'affirmer.

Si c'est le non qui l'emporte, Tsipras avait annoncé qu'un accord serait signé en 48 heures et que les banques rouvriraient mardi. Sauf que l'Europe exclura immédiatement Athènes du programme d'aide. Et la BCE cessera de fournir des liquidités. Les banques seront en faillite en quelques heures. Athènes pourrait alors imprimer une monnaie parallèle à l'euro à usage interne, mais c'est tout l'appareil économique, ou ce qu'il en reste, qui se paralysera en quelques jours. Plus le temps passe, plus le référendum apparaît comme un choix... entre la peste et le choléra. C'est le propre d'un débat public en démocratie

18 heures.

Les bureaux de vote ont fermé, le scrutin est clos.

18 h 15. 

Chancelière Angela Merkel d'Allemagne et le Président de France François Hollande auront lundi soir à l'Élysée "un entretien suivi d'un dîner de travail pour évaluer les conséquences du référendum en Grèce", a annoncé dimanche la présidence française.

 "Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la coopération permanente entre la France et l'Allemagne pour contribuer à une solution durable en Grèce", précise l'Élysée dans un communiqué.

18 h 30.

Le non au plan des créanciers l'emporterait selon deux sondages à la sortie des urnes et selon un sondage réalisé par téléphone.

Les résultats semblent néanmoins serrés.

Un sondage de la chaîne Star donne au non une fourchette entre 49 et 54 % contre 46 à 51 % au oui. La chaîne Mega donne entre 49,5 et 53,5 % au non et entre 46,5 % et 50,5 % pour le oui.

19 h 00.

Le ministre de la Défense, Panos Kammenos, a estimé que "le peuple grec a prouvé qu'il n'est pas soumis au chantage", sur son compte Twitter, réagissant à la publication de plusieurs sondages donnant un léger avantage au non au référendum.

19 h 15.

Le gouvernement a annoncé l'"intensification des initiatives à partir de ce soir pour arriver à un accord". Le porte-parole du gouvernement grec Gabriel Sakellaridis a assuré dimanche que "les initiatives pour arriver à un accord" entre Athènes et ses créanciers UE et FMI "allaient s'intensifier à partir de ce soir", à l'issue du référendum qui placerait le non en tête selon des sondages.

"Un grand travail de préparation a été fait pour arriver à un accord (...) la Banque de Grèce va envoyer une demande ce soir à la BCE, nous pensons qu'il y a des arguments solides pour faire remonter (le plafond de) l'ELA", l'aide d'urgence aux banques grecques qui sont fermées depuis une semaine et risquent de manquer rapidement de fonds.

19 h 30.

Les directeurs du Trésor des pays de la zone euro ont prévu de se réunir lundi, selon une source européenne.

19 h 35. 

La Banque de Grèce "va demander dimanche soir à la BCE" de remonter le plafond des aides d'urgence, a annoncé le gouvernement.

20 h 00. Le non était en tête à 60,54% des voix sur plus 20% des bulletins de vote dépouillés. Peu avant 21h00 locales, un peu moins de deux heures après la fin du scrutin, quelque 23,26% des bulletins de vote avaient été dépouillés et donnaient le non en tête à 60,54% contre 39,46% au oui.

20 h 15.

Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche en France, a appelé dimanche sur Twitter à un rassemblement pour célébrer la probable victoire du "non" au référendum en Grèce. "Rassemblement ce soir à 21h30 place de la République à Paris pour fêter le "non" grec au référendum", a twitté l'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2012.

20 h 30.

Des centaines de partisans du "non" ont commencé à se rassembler dimanche soir sur la place Syntagma, dans le centre d'Athènes, pour manifester leur joie, deux heures après la victoire de leur camp au référendum.

Tenant des drapeaux grecs et des pancartes frappés du non, les manifestants affluaient sur la place Syntagma en bas du Parlement en scandant des slogans contre l'austérité.

20 h 40.

La Grèce a fait un "pas vers la sortie de la zone euro", a estimé un vice-ministre russe de l'Economie, Alexeï Likhatchev. "On ne peut pas ne pas comprendre" qu'il s'agit d'un "pas vers la sortie de la zone euro", a déclaré M. Likhatchev, cité par l'agence officielle TASS, tout en précisant qu'il était prématuré de dire que la Grèce "irait jusqu'au bout du chemin".

20 h 45.

Les Européens doivent "recommencer à chercher un accord", pour sortir du "labyrinthe grec", a réagi dimanche soir le ministre italien des Affaires étrangères. "Désormais il est juste de recommencer à chercher un accord. Mais du labyrinthe grec on ne sort pas avec une Europe faible et sans croissance", a commenté le chef de la diplomatie, Paolo Gentiloni, dans une première réaction d'un membre du gouvernement italien.

20 h 50.

Le "non" à 61,21 % sur la moitié des bulletins dépouillés, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

21 h 10.

Pablo Iglesias salue "la victoire de la démocratie" en Grèce. Le chef du parti antilibéral espagnol Podemos, allié du grec Syriza, a estimé dimanche soir que la "démocratie l'a emporté en Grèce", après la publication de résultats partiels faisant état d'une victoire du non. "Aujourd'hui en Grèce la démocratie l'a emporté", a déclaré sur son compte Twitter, Pablo Iglesias, qui samedi avait appelé à voter non. "La joie se respire au siège de Syriza", a de son côté déclaré Rafael Mayoral, un autre dirigeant de Podemos, depuis la Grèce.

21 h 20.

L'euro baisse face au dollar. L'euro reculait face au dollar : un euro valait 1,0987 dollar vers 19H10 GMT, en baisse de 1,20% comparé à vendredi soir, dans les échanges électroniques précédant l'ouverture des marchés asiatiques. Un peu plus tôt, la monnaie unique était descendue jusqu'à 1,0963 dollar (-1,58%)

21 h 25.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'est entretenu dimanche soir au téléphone avec le président français François Hollande. Selon la télévision publique Ert, l'entretien entre les deux dirigeants a porté sur les moyens "de tonifier les négociations" entre Athènes et ses créanciers, UE et FMI, après l'échec des discussions lors de l'Eurogroupe (réunion des ministres des Finances de la zone euro) le 25 juin, qui avait précédé l'annonce du référendum.

21 h 35.

Le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel a déclaré dimanche que de nouvelles négociations des Européens avec Athènes paraissaient "difficilement imaginables". "Après le refus des règles du jeu de la zone euro, tel qu'il s'exprime par le vote non, des négociations sur des programmes d'aide chiffrés en milliards paraissent difficilement imaginables", a déclaré le ministre, vice-chancelier du gouvernement d'Angela Merkel, au quotidien Tagesspiegel

Le Premier ministre grec Aléxis Tsipras a "coupé les derniers ponts" entre son pays et l'Europe, a-t-il accusé.

21 h 55.

La victoire du non en Grèce est "un outil qui servira à tendre une main coopérative à nos partenaires", a affirmé le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis. Il a assuré que, dès lundi, le gouvernement va oeuvrer pour "trouver un terrain d'entente" avec l'UE et le FMI. "Nous allons négocier d'une manière positive avec la Banque centrale européenne et la Commission européenne", a affirmé le ministre alors que près de deux tiers des bulletins dépouillés donnent une nette avance du non à 61%, contre 38% pour le oui.

22 h 15.

Le chef de l'opposition conservatrice et ex-Premier ministre Antonis Samaras démissionne: "Je comprends que notre parti a besoin d'un nouveau départ, dès aujourd'hui je démissionne de la direction", a indiqué Antonis Samaras, qui avait été Premier ministre au pic de la crise, entre juin 2012 et janvier 2015, avant d'être battu par l'actuel Premier ministre Alexis Tsipras.

22 h 36.

Alexis Tsipras après le NON Grec - Discours traduit Français - 5 Juillet 2015
"Vous me donnez l'ordre de continuer avec l'Europe, pas d'aller vers la rupture" 

Aléxis Tsipras a réagi à la victoire du "non" dimanche soir, assurant que ce choix du peuple grec lui donne le droit de renégocier et non d'engager "une rupture" avec l'UE. "Il existe des solutions justes et viables. Je suis certain que la BCE comprend la dimension humanitaire de la crise dans notre pays", a-t-il souligné, répétant qu'il attendait un rééchelonnement de la dette nationale. "Quand un peuple a confiance, il peut surmonter de grandes difficultés, je vous remercie, indépendamment de ce que vous avez voté aujourd'hui", a-t-il aussi déclaré.

23 heures

Le président du Conseil européen confirme la tenue d'un sommet de la zone euro mardi à Bruxelles. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé la convocation mardi à 18h d'un sommet de la zone euro à Bruxelles, "pour discuter de la situation après le referendum en Grèce", dans un tweet dimanche.

23 h 16

La Commission européenne "respecte le résultat" du référendum. Jean-Claude Juncker aura lundi une conférence téléphonique avec le président du Conseil européen Donald Tusk, celui de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem et le patron de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, a précisé la Commission dans un communiqué. M. Juncker s'exprimera le lendemain devant le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg.

Sources: Marianne pour Yves de Chaisemartin et Maurice Szafran; L'expansion pour Mags & News; Ici Radio-Canada pour La société CBC/Radio-Canada; Agence de presse Reuters pour David Thompson (The Woodbridge Company au Canada) ; Agence France-Presse; Le Monde pour le Groupe Le Monde; Le Figaro pour Serge Dassault sénateur de France.

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 6 juillet 2015

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