Retour à :   Plan du site - MétéoPolitique - Fiche: Économie & FinanceAnalyses et Opinions - Grèce

Dette de la Grèce: AléxisTsipras ne capitule pas, il poursuit sa stratégie

Dans le cadre de la renégociation de la dette de l'État grec, le gouvernement a fait connaître ses propositions aux créanciers européens le 9 juillet 2015. Dès le lendemain matin, comme chaque fois depuis des semaines, la propagande médiatique se déchaîne : Tsipras aurait capitulé, cédé, renoncé etc… Tout est fait pour humilier la Grèce. Pourtant, face à un véritable blocus financier visant à mettre le pays à genoux et sans autre rapport de force que son peuple, la Grèce résiste pied à pied. Les propositions comportent certes des concessions. Beaucoup sont d’ailleurs graduées dans le temps et conditionnelles à la situation économique. Mais l’essentiel est ailleurs : elles sont assorties d’une réforme fiscale qui taxe les hauts revenus et surtout d’une aide financière importante et d’un rééchelonnement de la dette.

Réunion préparatoire aux négociations: (de gauche vers la droite)  le premier ministre grec, Alexis Tsipras, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, la chancelière allemande, Angela Merkel le président français, François Hollande, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi

 

Texte par Guillaume ETIÉVANT
Secrétaire national du Parti de Gauche de France

Le gouvernement Grec a fait connaître hier soir ses propositions.


Ce matin, comme à chaque fois depuis des semaines, la propagande médiatique se déchaine : Tsipras aurait capitulé, cédé, renoncé etc…Tout est fait pour humilier la Grèce.

Pourtant, face à un véritable blocus financier visant à mettre le pays à genoux et sans autre rapport de force que son peuple, la Grèce résiste pied à pied. Les propositions comportent certes des concessions. Beaucoup sont d’ailleurs graduées dans le temps et conditionnelles à la situation économique. Mais l’essentiel est ailleurs : elles sont assorties d’une réforme fiscale qui taxe les hauts revenus et surtout d’une aide financière importante et d’un rééchelonnement de la dette.

En maintenant coûte que coûte cette revendication centrale sur la table, Tsipras n’agit pas seulement pour la Grèce mais pour tous les peuples étranglés par la dette. Le gouvernement Grec maintient ainsi son refus du mémorandum et fait face au désordre austéritaire.

D’ici dimanche,  la bataille va se dérouler sur ce point que Berlin semble déjà vouloir refuser. S’il veut respecter ses déclarations récentes, François Hollande devra, cette fois, choisir nettement son camp.

Le gouvernement Grec a fait connaître hier soir ses propositions.


Ce matin, comme à chaque fois depuis des semaines, la propagande médiatique se déchaine : Tsipras aurait capitulé, cédé, renoncé etc…Tout est fait pour humilier la Grèce.

Pourtant, face à un véritable blocus financier visant à mettre le pays à genoux et sans autre rapport de force que son peuple, la Grèce résiste pied à pied. Les propositions comportent certes des concessions. Beaucoup sont d’ailleurs graduées dans le temps et conditionnelles à la situation économique. Mais l’essentiel est ailleurs : elles sont assorties d’une réforme fiscale qui taxe les hauts revenus et surtout d’une aide financière importante et d’un rééchelonnement de la dette.

En maintenant coûte que coûte cette revendication centrale sur la table, Tsipras n’agit pas seulement pour la Grèce mais pour tous les peuples étranglés par la dette. Le gouvernement Grec maintient ainsi son refus du mémorandum et fait face au désordre austéritaire.

D’ici dimanche,  la bataille va se dérouler sur ce point que Berlin semble déjà vouloir refuser. S’il veut respecter ses déclarations récentes, François Hollande devra, cette fois, choisir nettement son camp.

A peine la nouvelle proposition du gouvernement grec était-elle sur la table, que le mot « capitulation » s’affichait sur tous les gros titres de la presse. Chaque semaine, les médias dominants croient voir leur rêve se réaliser : aucune alternative à l’austérité ne serait possible en Europe, et il faudrait que Syriza échoue pour signer la preuve définitive de cette impossibilité. Tsipras est remaquillé en traître, et à sa suite c’est toute l’autre gauche qui est salie par ces attaques.

A lire l’accord proposé le 9 juillet 2015 par la Grèce, on ne voit pourtant pas de rupture avec la stratégie jusqu’à présent déployée par Tsipras.  Elle contient au final peu de reculs par rapport à la position du 22 juin refusée par l’Eurogroupe:

Sur la TVA c’est la même chose;

Sur le marché du travail c’est la même chose également;

L’excédent budgétaire primaire prévu est plus élevé, mais c’est grâce à une hausse des impôts et pas à une baisse des dépenses;

Les privatisations vont se poursuivre mais c’était déjà prévu dans la position du 22 juin 2015;

Le vrai recul concerne la réforme des retraites (mesures d’économies de 0,25 à 0,5% du PIB sur les retraites dès 2015 et 1% à partir de 2016), mais il faut noter que jusqu’en 2019 le système d’aide aux retraites les plus faibles est maintenu;

En échange Syriza maintient à la lettre ses exigences:  rééchelonnement de la dette, plan d’aide de 53 milliards$ sur trois ans, et déblocage du « plan Juncker ».

En bref, Syriza poursuit la même stratégie qu’avant.

 On peut bien sûr la contester, mais elle correspond au choix des électeurs de Syriza: une ligne de crête entre le refus de l’austérité et le maintien dans la zone euro. Tsipras n’a pas de mandat pour sortir de l’euro.  Son nouveau plan n’est en aucun cas une trahison par rapport au vote de dimanche le 5 juillet 2015, puisque les Grecs se sont par leur vote opposés aux propositions de l’Eurogroupe du 25 juin mais pas aux propositions de Syriza du 22 juin 2015.

Le cœur de tout cela, c’est la dette. Si Syriza obtient un rééchelonnement, il s’agira d’un pas en avant considérable pour son peuple. C’est la dette qui étrangle les Grecs, qui ont déjà fait tant d’efforts que le budget de la Grèce est aujourd’hui en excédent primaire, ce qui n’est pas arrivé à la France depuis dix ans.

S’il gagne sur la question de la dette, Tsipras dessinera un nouveau futur aux peuples européens. En desserrant l’étau financier par sa demande d’un plan de financement sur trois ans et de rééchelonnement de la dette, il se donnera le temps de mettre en œuvre son programme et de respecter, jusqu’au bout, son mandat.

En maintenant coûte que coûte cette revendication centrale sur la table, Aléxis Tsipras n’agit pas seulement pour la Grèce mais pour tous les peuples étranglés par la dette. Le gouvernement grec maintient ainsi son refus du mémorandum et fait face au désordre austéritaire.

D’ici dimanche,  la bataille va se dérouler sur ce point que Berlin semble déjà vouloir refuser. S’il veut respecter ses déclarations récentes, François Hollande devra, cette fois, choisir nettement son camp.

Syriza est un espoir immense pour les peuples européens.

Ne participons pas à la campagne de dénigrement qui vise des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

Source: Le Blog de Guillaume Etievant, secrétaire national du Parti de Gauche à l’économie et au travail. Il est aussi expert auprès des comités d’entreprise et des organisations syndicales (JDS Experts),   Il est membre du bureau de la Fondation Copernic, pour laquelle il a corédigé les ouvrages Changer vraiment ! Quelles politiques économiques de gauche ? (Syllepse) et Que faire de l'Europe? (Les liens qui libèrent).

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 11 juillet 2015

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet: