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Le journal Le Figaro de France sombre dans le mensonge pur et simple

Avant de pondre un titre semblable, vous imaginez bien que JosPublic a fait ses recherches.  En octobre 2015, le Figaro coiffe un texte d'un titre qui affirme qu'il n'y aura pas de surveillance des élections au Venezuela en décembre 2015.  À mon grand dam j'ai découvert que ce journal d'une grande renommée en Europe est en guerre ouverte contre tout ce qui penche un peu vers la gauche politique depuis le début des années 2000, alors imaginez son aversion pour le gouvernement vénézuélien.  Vous direz que c'est le droit éditorial d'un propriétaire d'exprimer son opinion et j'en suis.  Mais lorsque le propriétaire commande des textes et les présente comme si c'était de la nouvelle, il y de a quoi s'offusquer.  Lorsqu'en plus le texte ment à pleines dents, cela dépasse l'opinion éditoriale, sombre dans la démonisation, invite à l'indignation et voici donc les faits:

Scène de la vie quotidienne au Venezuela. Des passants devant des murales graffitées, représentant Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar y Palacios communément nommé
Simón Bolívar

 

   

Texte par JosPublic

 
   
 

Encouragée par la victoire du néo-libéral Mauricio Macri en Argentine et les manœuvres de la droite brésilienne pour destituer la présidente du Brésil Dilma Roussef, la droite vénézuélienne de son côté espère remporter la majorité des 167 sièges de l’Assemblée nationale lors des législatives du 6 décembre 2015. 

La domination médiatique de la pensée de droite chez les propriétaires de médias autant au Venezuela que dans les pays cherchant à s'approprier le pétrole d'autres pays leur permet de se contenter d'un minimum de publicité pour développer leurs campagnes électorales. 

Pour augmenter le mécontentement chez les électeurs vénézuéliens, le secteur privé a depuis quelques années inventées des fausses pénuries de produits courants. 

Ils achètent des produits subventionnés par le gouvernement vénézuélien, qui veut les rendre accessibles à la population de la classe moyenne et pauvre. Au lieu de les vendre aux Vénézuéliens, ils les revendent souvent au double du prix en Colombie

Cette sale guerre économique est menée non seulement contre le gouvernement, mais aussi contre les coopératives offrant des services publics comme "la santé" ou des produits agricoles.

Finalement l'opposition mise sur le mécontentement du consommateur des classes aisées et riches et sur la diminution de la valeur du peso.

Dans leur campagne de dénigrement du système électoral vénézuélien, avec la participation du journal Le Figaro, ils s'attaquent à un système qui est pourtant selon l’ex-président états-unien Jimmy Carter « le meilleur système électoral » parmi les 92 qu’il a observés dans le monde ( 1 ).

Rien n'y fait, les médias occidentaux ont repris les allégations des partis de la droite locale sur « l’absence d’observateurs internationaux ».  Quant aux bolivariens au pouvoir, il est difficile d'être plus démocratique; l’actuel pouvoir vénézuélien tire sa légitimité des 18 processus électoraux sur 19 qu’il a remportés lors des 15 dernières années.  Rien n'y fait, le Venezuela est toujours vu comme un pays non démocratique pour les propriétaires de médias internationaux et ils publient leurs textes en fonction de cette vision. 

 

En réalité ils se battent contre un pays qui a fait de la répartition de la richesse une priorité nationale.  Sur le plan électoral, le camp bolivarien mène une intense campagne de terrain pour mobiliser ses partisans et minimiser les abstentions.

 
   
 

Selon le Figaro, le Tribunal supremo electoral (TSE) brésilien a offert à l'Union des nations sud-américaines UNASUR la candidature de Nelson Jobim, un ex-ministre dans deux gouvernements brésiliens, à la tête de la commission du suivi électoral. 

Le Conseil national électoral vénézuélien (Consejo nacional electoral) a refusé la candidature.

Le journaliste n'explique pas pourquoi et laisse entendre que ce geste de choix légitime entache tout le processus électoral comme s'il n'y avait rien d'autre que l'intervention brésilienne. Il ne nous explique pas le jeu de la droite brésilienne pour faire tomber la présidente.

Peut-être que les Vénézuéliens ne tenaient pas à avoir à la tête d'un organisme de surveillance électorale, des personnes qui sont en lutte chez eux dans un imbroglio de corruption internationale qui remonte jusqu'à Montréal au Canada. ( 02 )

 

Le rédacteur du texte cite quelqu'un ? Qu'il ne nomme pas et qui dit «C'est une très mauvaise nouvelle… Nelson Jobim aurait pu donner une crédibilité internationale à ces élections. Il a été proposé par les ministres des Affaires étrangères de l'UNASUR.» 

La candidature aurait été approuvée par la présidente de la République brésilienne, Dilma Rousseff, la candidature de Jobim aurait l'appui de l'ensemble des membres de l'UNASUR et tout cela aurait été ignoré par les autorités vénézuéliennes qui ont mis un veto à cette désignation.  Le TSE brésilien rappelle également qu'il a tout fait pour que la mission soit définie par un accord entre l'UNASUR et le Conseil électoral vénézuélien permettant d'observer les différentes étapes du processus et de vérifier que les conditions institutionnelles garantissent l'équité dans la compétition électorale.

JosPublic est ravi d'apprendre que le TSE brésilien a prodigué ses recommandations éclairées à l'UNASUR, mais vraiment crier au vol démocratique parce que leur candidat n'a pas été retenu est hautement suspicieux.  Il y a 12 pays dans l'UNASUR, en quoi le refus du candidat proposé par les Brésiliens entacherait le processus électoral? Pour qui se prennent-ils?  Des parangons de l'honnêteté électorale ?

Alors voici la perle que le titreur du journal a trouvée pour influencer ceux et celles qui ne se poseront pas trop de questions sur l'ensemble de la situation ou qui ne liront pas le texte, le titre leur étant suffisant.
( 03 )

 
   

Législatives au Venezuela :
vers un scrutin sans observateurs internationaux
 

Certains se demanderont mais quels intérêts le journaliste et le titreur servent-ils?  Voici la réponse sans équivoque. Il faut savoir que le propriétaire du journal Le Figaro se nomme Serge Dassault.  En plus de posséder 70 médias, il est sénateur à l'Assemblée de la France.  En tant que politicien, il est toujours apparu sur les listes électorales de la droite politique en France. 

Le 30 septembre 2004, en entrevue avec les journalistes du Nouvel Observateur il a expliqué que les journaux doivent diffuser des « idées saines », car « nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ».   Dassault, le nouveau patron de la Socpresse ajouta « J'espère que vous allez cesser de former des journalistes de gauche ! » à des responsables du Centre de formation des journalistes.

 
«

Dans les faits, des 92 élections que le Centre a supervisées je dis que le processus électoral au Venezuela est le meilleur au monde
                                      
 -
Jimmy Carter
                                            - ex-président des États-Unis-d'Amérique

»
 
   
 

L’UNASUR, Organisme qui regroupe les 12 pays du continent – a déployé sur place 60 experts placés sous l’autorité de l’ex-président dominicain Leonel Fernandez, a procédé aux essais techniques des machines de vote et a vérifié la disponibilité du matériel électoral.  Dix-neuf millions d’électeurs et électrices inscrit(e)s au registre national électoral sont appelé(e)s à voter dans un des 40 601 bureaux. 

 Le Venezuela est le seul pays du monde qui donne les résultats officiels le soir même du scrutin, grâce au vote électronique, lorsque le nombre de votes comptabilisés est suffisant pour donner des tendances irréversibles.  C’est aussi un des rares pays qui acceptent des missions internationales d’observation.  Ce n’est pas le cas des États-Unis, du Canada ou des pays européens, qu’on imagine mal accepter des observateurs latino-américains.

Un autre organisme important, le Collège des Experts Électoraux latino-américains, est à pied d’œuvre au Venezuela, à l’invitation du Centre National Électoral.

Leonel Fermandez (ex-président dominicain) – chef de la Mission Électorale de l’UNASUR et Ernesto Samper (ex-président colombien et Secrétaire général de l’UNASUR) examinent le système de vote.

Le CEELA est formé d’ex-ou d’actuels présidents, vice-présidents latino-américains ainsi que de magistrats électoraux expérimentés en la matière ( 04 ).  Leur porte-parole, Nicanor Mosquera, a salué la participation des divers partis politiques aux vérifications organisées par le Centre National Électoral: “8 mille des 49 mille machines ont été révisées au hasard, selon les pourcentages techniques établis. Nous sommes certains que les résultats reflèteront la décision des électeurs”.

Le 3 décembre 2015, d’autres observateurs internationaux invités par le CNE – les ex-présidents d’Espagne José Luis Rodriguez Zapatero et du Panama, Martin Torrijos  – ont déclaré à Caracas « partager des impressions très positives sur le déroulement du processus électoral, contrairement à l’image que donnent les médias internationaux ». ( 05 ) 

Après avoir lu le texte du journal Le Figaro de France, impossible de conclure dans la nuance.  Le journaliste a menti.  Je me dis donc: voilà donc un autre grand média dont il faudra se protéger des élucubrations.  La bataille n'est pas perdue, car de nouveaux médias naissent sur internet et permettent de confronter non seulement les points de vues, mais surtout les faits. 

Ce qui est fondamental en journalisme.... Élémentaire mon cher Watson disait le grand détective.

                                                                                                       - JosPublic

 

Source: Le Figaro de France pour Serge Dassault, sénateur français; Thierry Deronne de Caracas pour  Venezuela infos.

Choix de photos, commentaire et extraits de textes, références et titrage par : JosPublic
Publication : 5 décembre 2015

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Simón Bolívar
Père politique de la nation
Vénézuélienne

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Évaluation du système électoral vénézuélien par Jimmy Carter,« le meilleur système électoral sur 92 observés »

 

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02

 

Un vaste scandale qui résonne jusqu’au Québec. Des pots-de-vin autour d’une vieille raffinerie revendue 17 fois plus cher - Sur Journal de Montréal et Québec, le 28 novembre 2015

Dilma Rousseff menacée de destitution : le Brésil plonge dans la tourmente - L'Observateur, le 3 décembre 2015 -

 

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03

 

Législatives au Venezuela : vers un scrutin sans observateurs internationaux - Sur Le Figaro, le 26 octobre 2015

 

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04

 

CNE firma acuerdo con el Consejo de Expertos Electorales Latinoamericanos - El Correo del Orinoco, 11 noviembre 2015

 

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05

 

Invitados internacionales corroboran campaña mediática contra Venezuela - Prensa Latina, 3 décembre 2015

 

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