Implantation d'un État policier au Canada
Nouvelle noirceur et gros mensonge au Canada
Tony Clement tente de contrôler la circulation de l'information
Obscurantisme chez les réformistes de Stephen Harper et Tony Clement

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Le texte de base
"La nouvelle noirceur"
et  Gros mensonge
Le gouvernement Conservateur souhaite l'implantation d'un État policier
À ce propos, le coup de gueule de JosPublic

Journal Le Devoir
Page  28
Publié le 28 juillet 2010 et le 4 août 2010


et
JosPublic
Publié sur MétéoPolitique
le 28 juillet 2010

"La nouvelle noirceur" par Manon Cornellier

Les Lumières en étaient persuadées. La large diffusion de la connaissance était essentielle au progrès et à l'atteinte de la véritable liberté. Pour elles, ceux qui se targuaient de pouvoir nier le savoir ou de restreindre sa diffusion afin de protéger leurs intérêts ou d'imposer leurs théories fausses n'avaient qu'un nom: obscurantistes.

Trois siècles plus tard, on y est encore, un peu étonnés et attristés. C'est que l'obscurantisme ne nous a jamais vraiment quittés, sa manifestation la plus frappante et inquiétante étant l'intégrisme religieux de tout poil. Ce n'est pas la seule cependant. On est forcés de constater que, sous une forme différente, il est présent dans la sphère politique, où plusieurs partis tentent, au détriment des faits, d'imposer leurs dogmes et leur idéologie.

Les conservateurs de Stephen Harper voguent près de ces eaux. Car comment ne pas en arriver à cette conclusion quand on voit le refus de ce gouvernement d'accepter les faits et les études de ses fonctionnaires pour mieux imposer sa logique répressive en matière de justice? Que dire des fonds pour les groupes de femmes qui ne peuvent plus servir à de la recherche? Ceux aussi qu'on a retirés à la Commission du droit du Canada? Ou encore l'incertitude financière dans laquelle on laisse le principal bailleur de fonds de la recherche sur les changements climatiques au Canada, la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère, poussant ainsi des chercheurs à poursuivre leurs travaux ailleurs?

La dernière démonstration de cet esprit obtus et rébarbatif à la science est la décision touchant la conduite du recensement de 2011. Le gouvernement a décidé que la réponse au questionnaire long ne serait plus obligatoire. Ses raisons sont les suivantes. Selon lui, il est inadmissible qu'on menace un citoyen de prison ou même d'une amende pour ne pas répondre au questionnaire long du recensement. Mais comme le ministre de l'Industrie l'a dit en comité hier, éliminer la peine de prison ne suffirait pas à calmer ses inquiétudes. Trop de questions, selon Tony Clement, sont intrusives.

Ce qu'il omet de dire est que le questionnaire est approuvé par le gouvernement. Il n'a qu'à en retirer les questions qui le gênent. Et la fameuse peine de prison qu'il trouve si odieuse, il la garde bel et bien en vigueur pour ceux qui bouderaient le questionnaire court envoyé dans tous les foyers. Soudainement, ça ne semble plus le déranger.

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Dans tout ce débat, le gouvernement joue sur la peur des excès de l'État et entretient l'ignorance des faits quand il ne les déforme pas totalement. Le gouvernement est déterminé à garder le cap et, s'il trouve toujours un prétexte pour rejeter les solutions les plus simples, c'est parce que ses supposées objections au caractère obligatoire du questionnaire long ne sont qu'un paravent. Ce dont le gouvernement ne veut plus, ce sont ces données précises, détaillées et surtout crédibles qui viennent contredire trop souvent ses politiques ou qui ont le défaut de braquer les projecteurs sur des problèmes qu'il préférerait ignorer.

Et cette attitude est fondamentalement idéologique, conforme à la philosophie libertarienne de Stephen Harper et de plusieurs de ses députés. Pour les libertariens, l'État doit être réduit au minimum, surtout l'État providence. Or, comment justifier retrait ou inaction quand vous avez des données qui vous montrent que le fossé entre riches et pauvres s'élargit, que les plus récents immigrants prennent plus de temps à combler l'écart avec les Canadiens de souche, que la comparaison entre la situation des autochtones et du reste des Canadiens est toujours aussi désolante?

Au cours des derniers jours, nombre de conservateurs se sont plaints de questions obligatoires sur le logement, le temps de transport entre la maison et le bureau ou encore sur les rénovations domiciliaires. Mais on ne peut pas savoir où se concentrent les mal-logés si on ne pose pas la question ou si on se retrouve avec un taux de réponses anormalement bas dans certains quartiers défavorisés, ce que risque d'entraîner le caractère volontaire du questionnaire. Comment planifier le transport en commun en milieu urbain si on ignore les habitudes et les besoins de la population? Et comment les conservateurs auraient-ils pu planifier leur propre programme de rénovations domiciliaires sans l'information adéquate?

Sans données solides, impossible d'élaborer des politiques publiques conséquentes. Le ministre de l'Agriculture, Gerry Reitz, semble l'avoir compris puisqu'il s'est opposé à ce qu'on mette fin au caractère obligatoire du recensement agricole. Quoi qu'en disent certains, les sondages ne peuvent combler le vide, à moins de vouloir offrir une gestion épidermique et purement électoraliste.

On en revient donc aux dogmes et à l'idéologie des conservateurs. Pour eux, de grands pans de l'État n'ont pas de raison d'être et devraient éventuellement disparaître. La meilleure façon d'y parvenir est de faire disparaître des écrans radars statistiques les problèmes qui justifient actuellement l'action gouvernementale dans une foule de domaines. Pour ça, il faut miner la crédibilité de l'information à sa source et miser sur l'ignorance.

Cette affaire du recensement va dans ce sens, dernier symptôme et symbole de cette nouvelle noirceur qui nous guette.

 

Gros mensonge

À écouter les conservateurs, cet été, ils n'avaient d'autre souci que la protection de nos renseignements personnels. Le ministre de l'Industrie, Tony Clement, n'en démordait pas la semaine dernière.

La réponse au questionnaire long du recensement de 2011 ne sera pas obligatoire car le gouvernement a voulu trouver un juste équilibre entre la protection de la vie privée des Canadiens et la collecte de données par Statistique Canada.

Une semaine plus tard, cependant, son collègue Stockwell Day évoque avec envie ces pays qui collectent leurs statistiques sans avoir à tenir de recensements quinquennaux. «Comme vous le savez, des pays comme la Norvège et le Danemark ont abandonné ce type de collecte d'informations il y a des années. La Grande-Bretagne et l'Allemagne ont indiqué récemment que ce serait leur dernier cycle de collecte de ce type. Des capacités de collecte et d'intégration de données qui n'existaient même pas en 2001 sont maintenant disponibles», a dit le président du Conseil du Trésor en conférence de presse.

Revenant plusieurs fois sur le sujet, il a ajouté: «Nous pensons que la collecte de données dans des délais opportuns est possible et qu'elle se produit dans certains pays. En fait, cela se produit au Canada, et c'est la direction que nous devrions prendre.» Mais il s'est bien gardé de répondre quand on lui a demandé s'il souhaitait avoir accès aux bases de données des ministères fédéraux.

Ce que M. Day ne dit pas, c'est que les systèmes danois et norvégien sont des modèles d'empiètement sur la vie privée. Ces pays ont des registres détaillés afin de traquer le moindre changement d'adresse, d'emploi, d'école ou même de niveau de revenus, changements que les citoyens sont obligés de rapporter à l'État.

***

Ces banques de données administratives n'ont pas été créées pour remplacer le recensement, mais leur existence a incité les gouvernements des pays scandinaves à se rabattre sur elles pour combler leur besoin en données, tout en s'épargnant les frais d'un recensement. Depuis, les dossiers gouvernementaux sur la santé, le revenu, l'éducation, l'état civil, le logement, l'immigration peuvent être croisés à des fins statistiques sans que l'État ait à en informer les citoyens.

On est bien loin de la protection de la vie privée invoquée par le ministre Clement la semaine dernière. Les pays qui ont abandonné la méthode de recensement traditionnelle ont tous des registres à participation obligatoire. Aux dires mêmes de l'ancien statisticien en chef, Ivan Fellegi, il s'agit d'une méthode beaucoup plus envahissante que celle, à la confidentialité éprouvée, de Statistique Canada.

Au Canada, les ministères fédéraux collectent une masse de renseignements personnels, mais s'ils peuvent s'en servir «à d'autres fins que celles pour lesquelles ils ont été recueillis», c'est «uniquement dans des circonstances bien précises», note Anne-Marie Hayden, du Commissariat à l'information. Et ces circonstances sont clairement énumérées dans la Loi sur la protection des renseignements personnels.

Bref, les ministères ne peuvent s'échanger ces données par simple commodité. La communication des renseignements doit en général se faire en vertu des dispositions d'une loi fédérale. On est heureux de l'apprendre, car cela veut dire que le gouvernement ne pourra pas chambouler le système sans modifier les lois et, par conséquent, passer par le processus parlementaire. Mais on ne pourra pas dire qu'on n'a pas été prévenu.

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Au Canada, la collecte d'information doit avoir un but et un usage. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas abus ou dérapages, mais le modèle canadien, avec son «vilain» questionnaire de recensement obligatoire, est beaucoup plus loin du Big Brother que le système scandinave. En rêvant à ce dernier à voix haute, le ministre Day ne fait que montrer ses vraies couleurs et celles de ses collègues.

La protection de la vie privée est le dernier de leurs soucis. On soupçonne que ce qu'ils veulent est de pouvoir ignorer ou taire les données à leur convenance, comme l'ont révélé quelques-unes des répliques de M. Day hier.

À un journaliste qui l'interrogeait sur la logique, en ces temps de déficit, de dépenser des milliards en nouvelles prisons alors que le taux de criminalité est à la baisse, il a rétorqué: «Nous sommes très préoccupés par l'augmentation du nombre de crimes qui ne sont pas rapportés.» Du coup, pour justifier l'orientation de son gouvernement, il a fait fi des chiffres rendus publics le 20 juillet dernier par Statistique Canada, selon lesquels «le volume et la gravité des crimes déclarés par la police ont reculé en 2009, poursuivant la tendance à la baisse observée au cours des dix dernières années».

Le bureau du ministre de la Justice a fait savoir plus tard à la presse que le ministre Day faisait référence, sans pouvoir nous le dire, à une enquête de Statistique Canada portant sur la victimisation des Canadiens selon laquelle à peine 34 % des crimes ont été portés à l'attention de la police en 2004. Mais depuis quand planifie-t-on la construction de prisons sur la base de crimes non rapportés et qui, par conséquent, ne donneront pas lieu à des poursuites ni à un éventuel emprisonnement?

Quand un gouvernement traite des données fiables de la sorte, on ne s'étonne plus qu'il cherche à en tarir la source.
 

Réaction de JosPublic

Monsieur Harper et Monsieur Clement

Enfin des politiciens qui se tiennent debout. Enfin des politiciens et politiciennes qui nous comprennent et nous permettent de pouvoir rester dans le confort de l’ignorance. Devenir des abonnés de Radio X pour ne pas être obligés de faire l’effort de comprendre les mots émis par Radio-Canada et ses snobinards instruits. Merci de nous permettre de nous conforter de tout savoir sur la vie, puisque nos parents et notre communauté nous auraient transmis le gros bon sens! Fiers d’avoir reçu une culture scientifique basée sur l’ignorance bien involontaire de nos ancêtres. Merci de soutenir l’incompétence généralisée et de faire des citoyens analphabètes du vivre sur Terre, sans comprendre que l’Humanité ne survivra qu’en partageant la connaissance. Merci de nous laisser vivre comme un nénuphar sur l’étang, produisant un bébé par jour tout en ignorant la grandeur de l’étang. Incapables d’arrêter leurs pulsions, les nénuphars s’autodétruiront par manque de nourriture et d’eau lorsqu’ils occuperont tout l’étang.

Vivement le retour au Duplessisme et qu’on revienne au conservatisme d’antan, c'était tellement mieux sans ministère de l’environnement, de l’éducation, sans les Centres de recherche universitaire. Merci de nous éviter de brasser des papiers et de devoir lire, pas de formulaire à remplir. Oh! Dieu de la liberté libérez-nous du cochez oui, cochez non. Merci de  tout faire pour nous remettre à chaque matin devant la clôture des compagnies ou des villes pour que nous puissions comme nos pères tenter de se faire embaucher pour la journée, enfin libérés des syndicats et des coopératives, ces méchants communissssses. Merci de vouloir ramener nos femmes à la maison, de pouvoir les battre et donner la fessée à nos enfants. Merci d'être contre l'avortement légalisé et de permettre le retour des broches à tricoter pour avorter nos filles porteuses du péché originel. Enfin le retour du ramancheur et de l’arracheur de dents : tout cela pour conforter notre nombrilisme primaire. Moi, moi, moi, nombril, pipi, caca, bobo.

Les conservateurs jouent aux grands, mais ne sont que des enfants qui refusent de devenir des adultes. Comme l’enfant qui mettait des paquets de cigarettes vides et aplatis attachés avec des épingles à linge après les roues de son bicycle, mécanisme faisant un bruit écoeurant les parents qui les envoyaient jouer dans l'trafic. D'ailleurs on les revoit aujourd'hui ces enfants ayant oublié de grandir, se promener en Harley-Davidson, ou voiture sans silencieux mais avec double muffler pour se faire voir et surtout se faire entendre sur la rue principale de son village.

Ô mon député Blainey, guidez-moi dans le futur tunnel de l’obscurantisme que vous nous creusez, j’ai tellement besoin qu’on me prenne par la main, moi innocent parmi les innocents!

Trio de buses!!!  (buse : oiseau sot et ignorant)

JosPublic